Culture

Noah Baumbach: «Je voulais faire "Frances Ha" en noir et blanc parce que c'est beau!»

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 19.08.2013 à 17 h 22

Révélé en France par «Les Berkman se séparent» et ses collaborations avec Wes Anderson, le cinéaste américain revient avec son septième film, portrait d'une jeune femme entre New York et Paris nourri de références cinéphiles. Il s'est livré au jeu de l'entretien tablette de Slate, où les questions sont remplacées par des vidéos, des photos, des chansons...

Mickey Sumner et Greta Gerwig dans «Frances Ha»

Mickey Sumner et Greta Gerwig dans «Frances Ha»

La carrière de Noah Baumbach oscille entre deux âges. Années 90, trois films sur les vingt-trentenaires, jamais sortis en France: le superbe Kicking and Screaming, tourné à 24 ans, Mr. Jealousy et Highball, répudié à sa sortie. Années 2000-2010, trois films abordant les tourments de l'âge (supposément un peu plus) mûr: Les Berkman se séparent —où les ados, dont un Jesse Eisenberg quasiment débutant, jouaient aussi un grand rôle—, Margot at the Wedding et Greenberg, qui ont commencé à lui valoir une petite réputation de ce côté-ci de l'Atlantique.

D'autant qu'entretemps, Baumbach avait coécrit un des plus beaux films de la décennie 2000, La Vie aquatique de Wes Anderson, collaboration réitérée un peu plus tard sur Fantastic Mr. Fox. Si les cinémas des deux hommes ont des points communs —une élégante mélancolie et des BO toujours impeccablement assemblées—, celui de Baumbach est cependant plus ancré dans la vie quotidienne, et parfois plus dur envers ses personnages.

La vie quotidienne, Frances Ha, son nouveau film, présenté cette année au Festival de Berlin et qui sort le 3 juillet en France, ne parle d'ailleurs que de ça. Son héroïne éponyme, incarnée par la compagne du cinéaste, Greta Gerwig, y trimballe son indécision professionnelle, sentimentale et amicale, de colocations en retour sur son ancien campus ou chez ses parents.

Filmé dans un beau noir et blanc, nourri de références, Frances Ha pourrait n'être qu'une petite dissertation cinéphile sur la jeunesse d'aujourd'hui, mais sublime ces fétiches grâce à un sens très sûr du montage, alternant entre scènes étirées et fragments du quotidien collés bout-à-bout, et à la prestation parfaite de Greta Gerwig, seule en haut de l'affiche après avoir impeccablement épaulé Ben Stiller dans Greenberg.

Un épisode du film la montre partant sur un coup de tête passer un week-end dans le VIe arrondissement de Paris, tellement Nouvelle Vague, celle que vénère Baumbach. Nous avons donc joué avec le cinéaste au jeu de l'entretien tablette (où les questions sont remplacées par des extraits de films, des chansons, des couvertures de livres...) sur le thème New York-Paris.

Partir

Après une série de films ayant pour héros des quadras, Baumbach renoue, avec Frances Ha, avec les personnages de jeunes adultes indécis de Kicking and Screaming. Ce dernier racontait le destin d'un quatuor d'amis qui ne pouvait se résoudre à quitter la fac après le diplôme, au point d'emménager dans une maison commune le long du campus ou de ne pas réussir à prendre l'avion pour une autre ville. Frances a beaucoup plus la bougeotte, mais la même incertitude sur sa vie future, son départ dans la vie.

«Je ne songeais pas à la relation entre Frances et Kicking and Screaming pendant le tournage, même si je suis bien sûr conscient que j’ai écrit sur le même âge de la vie —dans une perspective différente puisque, quand j’ai réalisé Kicking and Screaming, j’avais à peu près l’âge de mes personnages, alors que maintenant je regarde cela rétrospectivement.

Dans les deux cas, je ne pensais pas en termes de génération, mais plus spécifiquement de personnages, d'émotions, de psychologie. Je ne songeais pas à tirer le portrait d’un groupe d'âge.

Peut-être que certaines personnes visent à être «la voix d’une génération», mais je ne saurais pas approcher un film de ce point de vue. C’est plus une approche de ceux qui écrivent sur les films ou les livres que de ceux qui les font.»

New York

Difficile de voir un film en noir et blanc sur la vie sentimentale de jeunes New-Yorkais sans penser au Manhattan de Woody Allen —qui a d'ailleurs mis en couple dans son dernier film, To Rome with Love, Greta Gerwig et Jesse Eisenberg.

«Bien sûr, j’en étais conscient: j’aime Manhattan et j’ai grandi avec les films de Woody Allen. La photo de Gordon Willis est très belle, comme elle l'est aussi dans Broadway Danny Rose. Mais j’étais concentré sur l'objectif de faire le meilleur film possible et je ne me souciais pas de la tradition où je pourrais m’inscrire.

Le choix du noir et blanc était égoïste: je voulais faire un film en noir et blanc parce que c’est beau! Je pense que beaucoup de réalisateurs en ont envie pour des raisons évidentes de photogénie. J’avais tourné Greenberg à Los Angeles et une part importante du film reposait sur la lumière là-bas: là, le noir et blanc me permettait de revenir à New York et de le voir d’une nouvelle façon.»

L'an dernier, Greta Gerwig était l'héroïne de Damsels in Distress de Whit Stillman. Auteur dans les années 90 de trois très beaux films sur les tourments sentimentaux d'une certaine jeunesse aisée américaine (Metropolitan, Barcelona et Les Derniers jours du disco), ce dernier avait alors pour acteur fétiche Chris Eigeman, qui occupe un grand rôle dans les premiers Noah Baumbach.

«Whit avait sorti Metropolitan et Barcelona avant Kicking and Screaming. Metropolitan a été très inspirant pour moi: je crois que j’étais encore à la fac et que je réfléchissais alors à ce que cela signifiait de vouloir devenir réalisateur.

Il y avait quelque chose dans ce film de très intime, très clairement fait de manière indépendante et sans beaucoup d’argent, mais aussi avec une perspective très ample dans sa façon de décrire New York. Je l’avais trouvé drôle, personnel et unique. Pareil pour Barcelona, ensuite: cela ne ressemblait à rien d’autre.»

La géographie des films de Baumbach est souvent très précisement délimitée et restreinte: Park Slope, un quartier de Brooklyn, dans Les Berkman se séparent, par exemple. Frances Ha, lui, est scandé en chapitres dont les titres sont les différentes adresses où vit l'héroïne.

«L'idée des chapitres évoque bien sûr les films muets, à cause du noir et blanc, mais j'aime aussi la façon assez drôle dont Kubrick les utilise dans Barry Lyndon, avec des titres de chapitres très longs qui racontent toute l'action —Godard fait la même chose dans Vivre sa vie. J’avais cette idée que le film pourrait se découper ainsi, et celle d’utiliser des adresses pour cela est venue plus tard.

Aussi bien dans Les Berkman se séparent que dans Frances Ha ou Greenberg, l’aspect anthropologique est très important pour moi. Tous les chapitres de Frances ont été choisis très tôt en se demandant: «Où irait-elle vivre maintenant? Où pourrait-elle se permettre de vivre?» Il s'agissait presque d'une décision pratique.

C’est une ville que je connais très bien, j’ai mes propres rapports avec tous ces endroits: il était donc très important pour moi que les adresse collent avec l’anthropologie du personnage, même si je les cherchais aussi pour des raisons visuelles ou techniques. Si le film se passe à New York, il doit vraiment se passer à New York.»

Avec ses histoires de coeur, d'appart' et de fric à New York, sans oublier la présence d'Adam Driver dans un second rôle, Frances Ha fait inévitablement penser à Girls, la série de Lena Dunham —d'autant que l'actrice est amie dans la vraie vie avec Greta Gerwig.

«Girls n’était pas encore à l’écran quand nous avons tourné Frances, en 2011, donc la comparaison ne pouvait pas exister à l’époque. J’aime Girls, Lena a une voix singulière, mais je ne regarde pas beaucoup de séries télé et je ne sais pas si le rythme et les défis d’une série sont quelque chose auxquelles je m’attacherais.

J’aime l’idée de faire un jour un long film pour la télévision, quelque chose de six heures du genre Fanny et Alexandre, mais le mouvement perpétuel de la télévision ne me correspond pas en tant que spectateur, et sans doute pas en tant que réalisateur. Un épisode est fait pour vous donner envie d’en regarder d’un autre, lui même fait pour vous donner envie d’en regarder un autre... C’est une drogue différente des films. Laquelle, je ne sais pas, je n’en ai pas pris assez!

C’est quelque chose que l’on a un peu oublié, car nous sommes dans une grande période pour la télévision, et peut-être une moins grande en ce qui concerne Hollywood, d’où tout ce discours sur "Les séries télé sont les nouveaux films". Elles ne le sont pas: six saisons des Sopranos, aussi excellentes soient-elles, ne constituent pas la même expérience qu’un film d’une heure et demie.»

Noah Baumbach a pourtant failli être l'auteur d'une série télé puisqu'il a travaillé récemment, là aussi pour HBO, sur une adaptation avortée des Corrections de Jonathan Franzen.

«J'aimais les personnages et je trouvais amusante la façon épique qu'avait le livre de faire se déchirer puis se rassembler cette famille. Les Corrections aurait été une série télé de format “classique”: nous aurions couvert l’ensemble du livre mais nous y aurions ajouté d'autres intrigues.

C'était un projet ouvertement ambitieux et sans doute trop cher, ce qui est la vraie raison de son arrêt. Mais c’était une bonne expérience: j’ai beaucoup aimé travailler avec Jonathan Franzen et HBO et j’ai eu l’impression, quand elle s’est terminée prématurément, que personne ne se disait qu’elle devrait se poursuivre.

Je ne pense pas que nous verrons les scènes tournées et je ne le veux pas, car nous n'avons jamais terminé le pilote. Je sais que nous sommes dans un monde de contenus, de morceaux et d’extraits, mais je crois en la volonté de faire les choses d'un bloc et je ne ressens pas le besoin de voir la moindre petite chose que quelqu’un a tourné. Si nous avions bouclé un épisode entier, je l'aurais peut-être fait projeter, comme un témoignage de ce qui aurait pu exister, mais nous ne sommes pas allés jusque là.»

Ils sont jeunes, new-yorkais, élégants et eux aussi aiment le noir et blanc: quelques semaines avant la sortie française de Frances Ha, Vampire Weekend vient de sortir son troisième album, Modern Vampires of the City. S'il était paru plus tôt, on aurait bien vu le mélancolique Step figurer sur la BO de Frances Ha, Noah Baumbach étant connu pour ses BO ciselées, entre chansons pop, musique classique et reprise de thèmes d'autres films.

«Je n’ai pas entendu le nouvel album mais j’aime le groupe, j’ai leur premier disque. Quand j'étais ado, dans les années 80, j'aimais bien des choses comme Fleetwood Mac, Paul Simon, James Taylor ou Peter Gabriel, mais les enfants cools étaient intéressés par des choses beaucoup plus blues, influencées par les Stones ou Led Zeppelin, et je me sentais un peu méprisé de les aimer. Maintenant, on dirait qu’il n’y a pas de disque plus inspirant que Graceland, qui est sorti quand j’étais ado, et Fleetwood Mac est tellement influent! Et je pense que Vampire Weekend est à fond là-dedans...

Quand j’ai mis The Chauffeur de Duran Duran dans Greenberg, j’avais envie d'insérer cette chanson dans un film depuis longtemps: finalement, j’ai juste fait en sorte que le personnage lui-même la joue et insiste pour que les autres l’écoutent… J’aime les choses les plus typiques de Rio, comme la chanson-titre, Hungry Like The Wolf ou Lonely In Your Nightmare, mais The Chauffeur sonne différemment, comme du Joy Division...

Quand j’écrivais Greenberg, j’écoutais beaucoup l’album Sound of Silver de LCD Soundsystem: j’étais en voiture à Los Angeles en voiture et j’ai entendu la chanson New York I Love You But You Bringing Me Down et cela m’a rappelé New York, à la fois mes problèmes avec la ville et pourquoi je l’aime. J’ai demandé à James Murphy de composer la musique du film et il s’est avéré qu’elle ne ressemblait pas du tout à LCD Soundsystem.

D’une certaine façon, c’était un processus intéressant parce que la musique qui avait influencé l’écriture du scénario ne collait pas avec le film fini, alors que j’avais pris le même artiste. Parfois, dans certains films, on dirait presque que des chansons collent trop bien aux scènes et les “écrasent”, comme si on rajoutait du sucre sur du sucre…»

Paris

C'est sans doute la scène la plus emblématique, et la plus cinéphile, de Frances Ha: Greta Gerwig dévale à toute vitesse un trottoir de New York avec en fond sonore Modern Love de David Bowie. Une scène dupliquée de Mauvais Sang de Leos Carax: le plaisir, pour le cinéaste, de filmer son actrice se double de celui de la référence.

«J’avais vu le film… [il s’interrompt pour regarder plus attentivement la scène] Cette scène est tellement bien… Elle va de gauche à droite, dans mon film, nous allons dans l’autre sens. Quand nous avons écrit la scène, c’était surtout une façon pour le personnage de Greta d’exprimer ce sentiment de vivre une belle journée à New York, avec un temps parfait: vous rentrez du travail, ou vous sortez de chez vous pour boire un verre, vous allez rencontrer quelqu’un, la ville semble si géniale, à son meilleur ce jour-là...

Je me souvenais de la scène de Mauvais sang, que j’avais vu il y a longtemps déjà, je l’avais en mémoire, mais au moment du tournage je n’avais pas dans l’idée d’utiliser Modern Love, ni de chanson précise en tête. J’ai ma propre relation à Modern Love: quand j’étais gamin, je n’arrivais pas à me détacher de cette chanson, qui était la première de l’album, et je la jouais en boucle. Au montage, je me suis dit "Bon, je dois essayer Modern Love" [rire], et bien sûr, cela collait si bien pour moi, et avec les images...

C'était comme un hommage rétrospectif au film de Leos et ce qu’il fait si brillamment, comme avec la scène de l'accordéon dans Holy Motors: créer un moment qui semble parfait sans même qu'il ait besoin de faire partie de l’histoire, comme quelqu’un qui vous donnerait une accolade quand vous ne savez pas que vous en avez besoin. C’est comme quand j’ai utilisé la musique de Delerue: cela me permettait de glisser une référence à d’autres films tout en ayant l’impression que dans le contexte de Frances, elle pourrait donner quelque chose de différent.»

Baumbach a en effet aussi glissé dans la BO des extraits de celle d'Une belle fille comme moi de François Truffaut par Georges Delerue (1972), après avoir déjà utilisé celle de Jules et Jim dans Mr. Jealousy ou une référence à L'Enfant sauvage dans Les Berkman se séparent.

«Il y a des Truffaut que j’aime moins: j’étais perplexe quand j’ai vu Une belle fille comme moi, c’est un film étrange. Avant que j'aie vu tous ses films, on m’avait dit qu'il se faisait plus conventionnel sur la fin alors que Godard était le Vrai Artiste qui devenait de plus en dingue, mais j’aime beaucoup La Chambre verte, La Femme d’à côté ou Adèle H., qui font partie de ses derniers.

Son enthousiasme comme réalisateur transpire de ses films d’une façon qu’il est difficile d’égaler. Dans Jules et Jim, quand les deux tombent amoureux de Catherine, vous le sentez lui tomber amoureux du film quand il le fait, au moment où il le tourne… Comme chez Scorsese, où vous sentez cette excitation de filmer au moment où on il le fait à tel point que cela est incorporé au récit et vous communique son énergie.

Ce que j’aime tellement dans sa carrière —et cela vaut aussi pour Rohmer, pour Allen, pour Bergman, probablement pour la plupart des grands cinéastes—, c’est qu’il a un style inimitable mais que certains de ses films sont plus sombres, d’autres plus drôles, d’autres plus sérieux, d’autres plus joyeux… Ils représentent toutes nos facettes et toutes celles de la vie, avec l’accent mis sur l’une ou l’autre à chaque fois. De la même façon, je me dis que certains de mes films sont plus des comédies, d’autres plus des drames, et que ce genre de carrière est excitant.»

Indécise et impulsive, bavarde et lunaire, toujours entre deux maisons à en perdre la raison, Frances fait penser aux héroïnes de Rohmer, comme Louise dans Les Nuits de la pleine lune. Un cinéaste que Noah Baumbach apprécie énormément, au point qu'il a appelé le fils qu'il a eu avec l'actrice Jennifer Jason Leigh... Rohmer.

«J’ai vu Les Nuits de la pleine lune il y a quelques années déjà, et je l’avais beaucoup aimé, mais je ne m’en souviens plus très bien. Je me rappelle que l’actrice est morte jeune, elle est si belle et elle joue si bien dans le film...

Je pensais plus spécifiquement à deux films de Rohmer que j’avais vus plus récemment, Le Rayon vert et Conte d’hiver. Mais il a fait tellement de films sur des jeunes femmes qui sont à la fois charmantes et compliquées, frustrantes et adorables que, de la même façon que quand vous faites un film en noir et blanc à New York, vous vous souvenez qu’il y a eu Manhattan avant vous, quand vous faites le portrait d’une jeune femme dans une ville, vous pensez forcément à Rohmer.»

Partir (bis)

«Je n'ai pas aimé quitter la fac. Ou quitter New York pour faire ce film. Ou quitter le film. [...] Un film, c'est quelque chose que je peux organiser. C'est mon petit monde parfait et complaisant», déclarait Baumbach en 1996 à Newsweek, dans un dossier sur «les nouveaux visages de 1996» où figuraient également Benicio Del Toro ou Kate Winslet.

«C’était quelque chose genre "Les dix nouvelles têtes", non? Je ne me souviens pas des autres [rire], mais Hillary est très belle dessus…

Quand j’étais plus jeune, réaliser un film était une façon de m’échapper totalement, je préférais cela à tout autre chose. J’adore toujours réaliser des films et il n’y a rien que je préférerais plus faire, mais il m’est devenu plus facile de faire la part des choses.

Quand j’ai tourné Kicking and Screaming, je ne pouvais pas travailler toute la journée puis réussir à me relaxer, sortir dîner, m’amuser, je me forçais à rester dans l’état d’esprit du film. Maintenant, j’aime être concentré quand je fais le film, mais j’aime aussi m’en détacher, boire un verre avec des amis sans en parler. C’est ce qui a changé: j’ai régulé ma propre complaisance, mes obsessions, alors que j'étais plus compliqué avant.»

Propos recueillis par Jean-Marie Pottier

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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