Monde

Bruxelles, je t'aime moi non plus

Cédric Vallet, mis à jour le 04.07.2013 à 10 h 58

Ville sale et désorganisée pour les uns, ville verte pour les autres, la capitale belgo-européenne défraye la chronique, mais sa complexité et ses paradoxes sont souvent occultés. Petit tour d’horizon d’une (petite) capitale européenne souvent mal connue.

La Grand-Place de Bruxelles, en août 2012. REUTERS/François Lenoir.

La Grand-Place de Bruxelles, en août 2012. REUTERS/François Lenoir.

Ces derniers mois, deux articles de la presse française ont proposé à leurs lecteurs des visions contradictoires de Bruxelles. Dans Les Inrockuptibles, on découvrait une Bruxelles écolo et durable, en lice pour le titre de «capitale verte européenne 2015». Dans Libération, Jean Quatremer décrivait lui une «Bruxelles pas belle», congestionnée, incohérente, paralysée et sale... déclenchant une vive polémique, qui n'en finit pas de rebondir. Ces derniers jours, Fadilaa Lanaan, la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles répondait au journaliste français en lançant son opération «Bruxelles je t'aime», suscitant la raillerie sur les réseaux sociaux.

Mais de quelle Bruxelles parle-t-on? De celle des 53.000 Français qui, en grand partie, vivent dans les quartiers cossus du sud-est de la ville? De celle des travailleurs qui, le soir venu, rentrent dans leur domicile wallon ou flamand? De celle des fonctionnaires européens? Ou de celle des nombreux migrants hors Union européenne qui s’installent davantage dans les quartiers pauvres de la ville?

Car Bruxelles est une ville complexe qui ne saurait se résumer aux quelques quartiers de prédilection des expatriés. Voici quelques éléments pour mieux comprendre cette ville paradoxale… et ses habitants.


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1. Une ville riche, des habitants pauvres

Cela échappe parfois aux expatriés installés à Bruxelles, mais la capitale belge est une ville aux habitants pauvres. Certes, la région de Bruxelles-Capitale est riche, grâce à son économie de service et ses activités internationales. Quant aux Belges, il viennent en grand nombre y travailler la journée puis rentrent chez eux, en Flandre ou en Wallonie, le soir. On les appelle les «navetteurs», au nombre de 334.000 en 2011.

Mais les Bruxellois, eux, sont pauvres. Selon le rapport 2012 sur l'état de la pauvreté dans la ville, 28,3% des Bruxellois vivent sous le «seuil de risque de pauvreté» (973 euros par mois pour une personne isolée), contre 14,4% dans le reste de la Belgique.

L'indicateur le plus préoccupant est le taux de chômage. En avril dernier, il baissait légèrement... tout en restant supérieur à la barre symbolique des 20% (20,1%). Dans certaines communes de Bruxelles-Capitale (Molenbeek Saint-Jean, Saint-Josse), ce taux avoisine les 30%. Et lorsqu'on affine la recherche aux quartiers de Bruxelles, le chômage dépasse parfois les 40% dans certaines zones de l'ouest.

Mais le drame de Bruxelles, c'est le chômage des jeunes. 29,8% des jeunes Bruxellois étaient au chômage en avril. Là encore, dans les quartiers les plus touchés par ce chômage endémique, plus de 50% des jeunes sont sans emploi.

Comment expliquer ce taux de chômage élevé dans une ville qui produit des richesses? Pour Sarah Luyten, de l'Observatoire bruxellois de la santé et du social, les causes sont connues depuis longtemps:

«A Bruxelles, il y a beaucoup d'emplois de services avec des salaires élevés. Mais ces emplois ne profitent pas aux Bruxellois: beaucoup d'habitants sont précarisés avec un faible niveau de diplômes. Il y a peu d'emplois peu qualifiés à Bruxelles.»

2. Une ville de bureaux, bien plus que Paris

Il n'aura échappé à personne que Bruxelles est une ville au paysage fortement marqué par l’administratif. Horreurs architecturales pour les uns, beauté mélancolique post-moderne pour les autres. Chacun tranchera…

Faire un tour en voiture du centre-ville, via «la petite ceinture», donne un aperçu saisissant de la place qu’occupent les bureaux à Bruxelles. La «densité bureaucratique» est largement supérieure à celle de Paris, comme l'explique Michel De Beule, urbaniste responsable de l'Observatoire des bureaux:

«A Bruxelles, on compte 13 mètres carrés de bureaux par habitants. A Paris, ce chiffre est de 3 mètres carrés par habitant.»

Lorsqu'on navigue sur le site Bruciel, on peut voir cette tâche de bureaux s'étendre au fil des décennies. Car l'histoire de l'expansion des bureaux à Bruxelles ne date pas d'hier.

En 1952 s'achevaient plusieurs années de travaux visant à créer une «jonction» ferroviaire souterraine entre le sud et le nord de Bruxelles. Un moment traumatique pour la ville et ses habitants.

«La ville a été éventrée et ne s'en est jamais remise», affirme Michel De Beule. Des travaux gigantesques, des quartiers rasés. «Puis on a comblé les trous, vaille que vaille.» Des espaces vacants que l’on remplit alors de bureaux, à l’image de cette immense «cité administrative» aujourd’hui à l’abandon. «Car à l'époque, on utilisait Bruxelles à des fins politiques», ajoute l’urbaniste.

Le but était d'en faire une capitale administrative et politique, où l'on vient travailler avant de rentrer chez soi, en Flandre ou en Wallonie, le soir. D'où le développement concomitant de grandes autoroutes pénétrant profondément dans la ville. Puis ce «paysage administratif» s'est déplacé vers l'est, avec le développement des institutions européennes.

Depuis que la région de Bruxelles-capitale a été créée en 1989, devenant une entité à part entière dotée de son propre gouvernement, Michel De Beule observe qu'il y a eu «des changements». Il constate par exemple que des bureaux obsolètes sont transformés en logements. Ce qui n'empêche nullement à des projets pharaoniques d'émerger et de créer de vives tensions, à l'image des «tours Victor», 100.000 mètres carrés de bureaux près de la gare du Midi.

Des bureaux, toujours des bureaux… Qui rapportent davantage que le logement aux promoteurs immobiliers. Pourtant, sur les 13 millions de mètres carrés de bureaux que compte Bruxelles, 9% sont inoccupés. Un chiffre en baisse mais d'importance.

3. Des pauvres à l'ouest (et au centre)

Bruxelles a ses quartiers riches et ses quartiers pauvres. Rien de très original.

Ce qui l'est davantage, c'est la structuration de la ville sur un modèle très éloigné des villes françaises. Ici, pas de banlieues chaudes. «Il n'y a pas eu en Belgique de politique des grands ensemble dans l'après-guerre, observe Mathieu Van Criekingen, géographe à l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Historiquement, les quartiers populaires et ouvriers se situent au centre, à l'ouest et à l'intérieur du centre-ville.»

En gros, des quartiers qui collent au cours d’eau de la ville, le «canal Bruxelles-Charleroi». Car si Bruxelles a perdu sa rivière (la Senne fut voûtée au 19ème siècle), elle possède un canal, qui fut construit pour acheminer le charbon des bassins miniers de la région de Charleroi. «C'est autour du canal que se sont développées les industries», explique Michel De Beule. Ce qui correspond à peu près à ce qu'aujourd'hui on appelle le «croissant pauvre», qui enlace Bruxelles de l'ouest vers le nord.

Cette zone est toujours composée de quartiers populaires, peuplés d'ouvriers du tertiaire ou de chômeurs. Une part non négligeable de ses habitants sont d'origine immigrée hors Union européenne, souvent venus du Maroc ou de la Turquie. «Ces quartiers à moindre valeur foncière ont été investis par des populations immigrées qui ont acheté et sont restées», détaille Michel De Beule.

Même si peu de monde, à Bruxelles, ose parler de «quartiers ghettos», car les services publics et parapublics ne les ont pas désertés, il existe tout de même une «frontière symbolique». Celle du canal qui, selon Mathieu Van Criekingen, «correspond très bien à des frontières sociales». Il est vrai que, pour nombre de Bruxellois, franchir le canal reste une aventure.

A l'ouest, les pauvres, donc. Quant aux riches, ils vivent à l’est et ont investi le sud de la ville, et notamment la commune d'Uccle, là où Bernard Arnault a son pied-à-terre. Une immense majorité des 53.000 Français de Bruxelles se sont d'ailleurs installés dans ces quartiers tranquilles.

Aujourd’hui, ces divisions est-ouest s’estompent cependant en partie. Les politiques de rénovation du bâti dans des quartiers pauvres, notamment le long du fameux canal, ont attiré des populations de la classe moyenne, avec pour conséquence une augmentation du prix des loyers.

«Alors qu’il s’agit des seuls quartiers accessibles quand on arrive à Bruxelles avec peu de ressources, on est en train de fermer cette porte d’entrée dans la ville», analyse Mathieu Van Criekingen. Selon lui, «on investit dans ces quartiers dans un sens qui favorise la gentrification». La conséquence est double: «Soit des sorties de Bruxelles, soit des ségrégations qui se jouent à des échelles de plus en plus fines, entre rues, ou entre immeubles d’une même rue.»

4. Un marché immobilier en trompe-l'oeil

Lorsqu’on arrive de Paris pour s’installer à Bruxelles, on souffle un peu à la vue de ces loyers relativement bon marché. Pourtant, aux yeux des Bruxellois, la réalité est tout autre. Entre les processus de gentrification, la construction de bureaux, la pression démographique et l’arrivée d’immigrés à hauts revenus, les prix de l’immobilier et, en particulier des loyers, ont augmenté à Bruxelles plus vite que le niveau de vie.

Le 26 mai dernier, une manifestation, organisée par plusieurs associations, dénonçait cette situation. Selon les organisateurs, près de la moitié de la population bruxelloise correspond aux critères pour l’obtention d’un logement social. Or, ces derniers ne représenteraient que 8% du parc de logements de la région. Des manifestants qui appellent à un encadrement des loyers et, en toute logique, à l’augmentation du parc de logements sociaux.

5. Un melting-pot belge?

Bruxelles est un camaïeu de cultures et de nationalités qui coexistent. «Une des villes les plus multiculturelles d’Europe», affirme Corinne Torrekens, sociologue à l’ULB, «surtout si l’on rapporte le phénomène au nombre d’habitants».

On compte environ 30% d’étrangers à Bruxelles, dont un tiers de «primo-arrivants» (en Belgique depuis moins de trois ans). Et quand on inclut les personnes d'origine étrangère (entendre par d’origine étrangère: qui n’étaient pas Belges à la naissance), on arrive à 47%/ Les Français sont les plus nombreux, suivis par les Marocains.

Et la ville continue de s’internationaliser: le nombre de nouveaux arrivants venus de l’étranger ne cesse d’augmenter alors que le «solde migratoire interne», donc les départs de Bruxelles vers la Flandre ou la Wallonie, est lui négatif. En majorité, ces départs sont le fait de la classe moyenne belge.

Il y a bien sûr les immigrés dits «du haut», donc les plus qualifiés, qui s’installent dans le cadre des activités internationales de la ville, à commencer par les institutions européennes. Et les autres, qui viennent du monde entier dans le cadre du regroupement familial, des études, de l’asile ou pour travailler.

Ces derniers, comme on l’a dit, s’installent majoritairement dans le «croissant pauvre» du centre et de l’ouest de la ville. Corinne Torrekens y voit une différence avec Paris «car ici, c’est au centre ville que la population d’origine étrangère est concentrée».

Alors que le débat sur l’intégration des étrangers ressurgit régulièrement en Belgique (un récent sondage de la RTBF révèle qu’une majorité de Belges estiment que les «populations d’origine étrangère sont peu ou mal intégrées»), Alexandre Ansay, lui, se veut «assez confiant» sur ce mélange à la Belge: «Rien ne permet de dire que ça ne fonctionne pas.»

Bien sûr, des tensions peuvent parfois surgir. «Il existe des stratégies d’évitement, et notamment du communautarisme doré», pointe par exemple le coordinateur, du «désarroi de travailleurs sociaux face à des problèmes culturels» ou de nouveaux phénomènes de «tensions entre anciens et nouveaux migrants». Corinne Torrekens note ainsi, parmi ces «tensions», les «émeutes à Matonge» de l’an passé. Ce quartier congolais avait connu quinze jours de manifestations ponctuées de quelques vitrines brisées et de voitures brûlées après l’élection, en République démocratique du Congo, de Joseph Kabila.

La sociologue pointe aussi la montée de l’islamophobie, dans une ville aux 80 mosquées, où la présence de l’Islam n’est pas négligeable. Pour elle, Bruxelles n’a pas inventé de «modèle» multiculturel. Les gens coexistent, rien de plus: «Jusqu’à présent, il n’y a pas de politique d’intégration avec un référentiel commun.» Pour Alexandre Ansay, ces éventuelles tensions n’ont rien d’insurmontable à condition que l’on tente de créer des «identités collectives».

Des drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission. REUTERS/Yves Herman.

6. Europe: Welcome to the bubble

L’Union européenne ne passe pas inaperçue à Bruxelles. Ses institutions accueillent environ 30.000 fonctionnaires ou contractuels autour desquels gravitent de très nombreux lobbystes (plus de 15.000). Les activités internationales de Bruxelles contribueraient à environ 14% du PIB de la région, avec près de 100.000 emplois.

Pour une ville d'environ un million d'habitants, la présence européenne à Bruxelles est massive. Sans elle, Bruxelles n'aurait pas le même visage.

Comment cette population aux hauts revenus s’intègre-t-elle à la ville? Julie Caillez, sociologue à l’ULB, se penche actuellement sur la question. «Comment se construit un milieu européen avec ses espaces, ses réseaux sociaux réservés ou symboliquement réservés à cette population?», s’interroge-t-elle. Elle rappelle que les Européens viennent avant tout à Bruxelles pour des raisons professionnelles: ils n’ont pas forcément dans l’idée de s’installer en Belgique.

C’est dans cette sphère qu’ils tisseront leurs réseaux sociaux, «car ils partagent des intérêts communs et des difficultés liées à leur situation d‘étrangers mobiles». Souvent, à leur arrivée, les Européens «sont en transit. Ils ne savent pas s’ils vont rester ou partir», ce qui les pousse à «créer des liens entre eux» et fait «qu’ils ont du mal à rencontrer des Belges».

Dès leurs premiers pas à Bruxelles, tout est organisé, pour leur intégration… au sein des communautés d’expatriés européens. De la fête entre jeunes stagiaires aux crèches, en passant par les clubs de sports, «ils sont complètement pris par ces institutions», affirme la sociologue. Au point, pour certains, d’évoquer la «bulle européenne».

Une ville à part, parallèle, décrite avec humour dans le cadre du blog et de la mini-série Eurobubble. Des premiers pas à Bruxelles déterminants pour les années à suivre. «Ces jeunes peuvent se laisser aspirer car ils arrivent et ne connaissent personne. Ils découvrent un monde plurilingue, attractif, où ils sont sur-sollicités tout en ayant besoin de créer du lien social», décrit la sociologue.

A leur arrivée, les jeunes eurocrates s’installent généralement dans le «quartier européen». A mesure qu’ils vieillissent, fondent une famille et doivent constater qu’ils ne partiront pas de sitôt, ils investissent les quartiers de l’est et du sud de Bruxelles. Même s’ils sont souvent montrés du doigt par les Bruxellois comme responsables de la montée des loyers, Julie Caillez nuance cette affirmation:

«Ils participent à la transformation de la ville mais n’en sont pas les initiateurs. Ils font comme les Belges et écoutent les conseils qu’on leur donne.»

7. En auto, on dépasse les vélos

Est-il utile de reparler des problèmes de mobilité à Bruxelles? Oui, car c’est certainement un des points noirs de la capitale européenne lorsqu’on parle de qualité de vie.

Les embouteillages y sont monstres et les transports en commun, malgré un réseau dense, ne sont pas franchement très efficaces (l’individu qui souhaite traverser la ville rapidement, le soir, sans prendre sa voiture, doit faire preuve de patience).

Longtemps, Bruxelles a misé sur la voiture et cela ne semble pas prêt de changer. «Le choix de la voiture résulte d’un non-choix», estime Mathieu Sonck, directeur d’Inter-environnement Bruxelles. «Il reflète l’incapacité des politiques à se mettre d’accord pour une politique de changement des habitudes.»

Un constat que partage en partie Michel Hubert, président de l’Institut interdisciplinaire de recherches sur Bruxelles au sein des Facultés universitaires Saint-Louis:

«Nous ne sommes pas entrés dans une logique de repartage de la surface au détriment de l’automobile, comme cela s’est fait dans des villes françaises avec la réintroduction du tramway.»

Parmi les raisons qui pourraient expliquer cet immobilisme, Mathieu Sonck dénonce les problèmes institutionnels d’une ville-région comme Bruxelles, où «six partis différents gouvernent ensemble et se mettent d’accord sur le plus petit dénominateur commun».

Des projets voient tout de même le jour, à commencer par le RER bruxellois, dont les travaux devraient prendre fin en 2019… ou 2022, ou même plus tard, car la «culture des travaux interminables» est bien ancrée en Belgique. Ce RER constitue «un enjeu important pour soulager la pression automobile», estime Michel Hubert.

Ce réseau n’a en revanche pas les faveurs de Mathieu Sonck, qui pense que «cela va créer un exode urbain en encourageant les classes moyennes à s’installer encore un peu plus en périphérie». Lui verrait bien à Bruxelles un «péage urbain» afin de pousser un peu plus concrètement «les gens à changer d’habitudes».

A Bruxelles, les bornes Villo! inspirées des Vélib’, se multiplient. Il n’empêche, c’est à ses risques et périls qu’on monte sur un deux-roues dans la capitale européenne, car il faut faire sa place au milieu des voitures. «La part modale du vélo à Bruxelles n’est que de 4%, explique Mathieu Sonck. Il y a des efforts à faire en termes d’espaces cyclables.»

Malgré le peu d'espaces cyclables et les collines bruxelloises usantes pour les mollets, l'association pro-vélo constate que, depuis la fin des années 90, «l'utilisation du vélo n'a cessé d'augmenter». Le nombre de cyclistes aurait été multiplié par 4,3 entre 1999 et 2011.

Un parc de Bruxelles, le 18 juin 2013. REUTERS/François Lenoir.

8. Bruxelles, ville verte?

Après Nantes et Copenhague, Bruxelles rêvait d'inscrire son nom au palmarès des «villes vertes» européennes. Pas évident, pour une ville décrite parfois comme sale et embouteillée, de postuler au rang de ville écolo. D'ailleurs, après quelques semaines d'espoir, il a fallu déchanter: cest Bristol qui sera la capitale verte de l'Europe en 2015.

Mais soyons honnêtes: même si les atouts de Bruxelles en termes de durabilité ne sautent pas aux yeux, ils existent. Il y a d'abord les espaces verts de la capitale belgo-européenne. Ses nombreux parcs, auxquels s'ajoute la surface de la forêt de Soignes (1.650 hectares), sont certainement de beaux atouts, qui rendent Bruxelles, malgré tout, pas si désagréable à vivre. Le développement de «quartiers durables» est aussi à souligner.

Mais c’est surtout dans le domaine de la consommation d’énergie que Bruxelles a fait des progrès. «Il est indéniable que la région de Bruxelles-capitale a fait des efforts en matière environnementale, déclare Mathieu Sonck d’Inter-environnement Bruxelles. «Une attention particulière est portée à la performance énergétique.» Sur le site Bruxelles Durable, on apprend que, grâce à un ensemble de mesures incitatives, la consommation énergétique a baissé de 16% par habitant depuis 2006.

Là où Bruxelles est très active, c’est dans le domaine du passif. A partir de 2015, toute nouvelle construction ou rénovation lourde devra adopter le «standard passif». Une véritable petite révolution dans le domaine de la consommation d’énergie.

Des progrès, donc… «De là à dire que Bruxelles est la ville la plus vertueuse d’Europe, il y a un pas», ajoute Mathieu Sonck. Le gros point noir qu’il relève est celui de la pollution de l’air par les particules fines, surtout issues des voitures diesel. Quant à Michel Hubert, de l’Institut de recherches interdisciplinaires sur Bruxelles, il estime que «c’est bien au niveau de la mobilité que le bât blesse.» C'est peut-être bien ce qui aura coûté à Bruxelles ce titre de «capitale verte».

Cédric Vallet

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