Monde

Le jour où Nelson Mandela a été libéré

Ariane Bonzon, mis à jour le 06.12.2013 à 0 h 39

Ariane Bonzon était correspondante pour RFI en Afrique du Sud lors de ce fameux 11 février 1990. Elle se souvient.

Le 11 février 1990. REUTERS/Paul Velasco

Le 11 février 1990. REUTERS/Paul Velasco

Une monstrueuse cavalcade, une ambiance euphorique, une désorganisation complète.

A piocher dans mes souvenirs du 11 février 1990, 16h15, aux portes du pénitencier de Paarl, c’est ce mélange d’excitation populaire et de tension professionnelle que je retrouve.

Et puis le retard de Winnie: voilà 27 ans que l’épouse de Nelson Mandela attend ce jour, et pourtant elle a une fois de plus réussi à ne pas être à l’heure, m’étais-je dit.

J'appris plus tard que ce retard était dû à un véritable bras de fer qui opposait Winnie aux responsables de l'ANC. Ces derniers avaient essayé jusqu'à la dernière minute de convaincre Mandela de ne pas sortir de prison au bras de Winnie. Elle et ses gardes du corps étant alors accusés de multiples exactions et du meurtre d'un jeune homme à Soweto. Finalement, Winnie l'a emporté. Et sans doute Mandela a-t-il alors eu raison de trancher en sa faveur, car, bien plus radicale que son mari, elle restait une figure très populaire.

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Il y eut aussi notre gratitude de journalistes pour ce confrère de la South African Broadcast Corporation (SABC) parvenu à téléphoner à Nelson pour le convaincre de sortir de sa voiture et de franchir à pied les derniers mètres qui le séparaient de la liberté, et la rage des photographes à cause du contre-jour car Mandela avait le soleil dans le dos, et encore le recul de Nelson, un peu effrayé, lorsqu’un journaliste brandit sous son nez un long micro entouré de fourrure. Il racontera plus tard qu’il s’était demandé quelle «arme dernier cri» se cachait dans ce long objet velu.

Et puis, aussi, les chants des milliers d’hommes et de femmes venus accueillir leur héros, leur danse saccadée, ce martèlement de pieds si particulier que les Sud-africains ont hérité des mineurs de retour du puits.

La chaleur, enfin, de l’été austral tandis que très vite le couple s’engouffra dans la voiture de l’ANC (Congrès national africain, le parti de Nelson Mandela) en direction du Cap. Mandela devait y prononcer ce discours dans lequel il reprenait les paroles du rêve de Martin Luther King.

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