La fin des retraites
Il ne faut pas se voiler la face: la France ne pourra pas échapper aux lois de la démographie.
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Chacun l'a compris depuis longtemps pour son cas personnel: on goûtera de moins en moins à la retraite. Plus de pensionnés, moins de cotisants: la loi de la démographie est dure, mais c'est la loi. Elle va encore frapper, cette loi, et condamner la France à réformer, à nouveau, son système de retraite. Il n'y a aucun moyen d'y échapper. Le président de la République a rouvert le dossier lors de son discours de Versailles; il confirmait un ballon d'essai lancé par Brice Hortefeux, précédemment ministre des affaires Sociales, qui avait évoqué de retarder de 60 à 67 ans l'âge légal du départ. François Fillon a ensuite précisé qu'«un grand débat» serait ouvert à la mi-2010.
La France adore les grands débats. Sur les retraites, le premier date de 1991 avec la publication d'un Livre blanc demandé par le Premier ministre Michel Rocard. Les premières réformes ont été engagées ensuite en 1993, puis renforcées en 2003 et enfin en 2007 pour les régimes spéciaux. Mais cela ne suffit toujours pas. Le Conseil d'Orientation des retraites (COR), l'OCDE, ou bien encore la Commission européenne arrivent à la même conclusion: la sortie du marché du travail des grosses générations du baby-boom conjuguée avec l'allongement de la durée moyenne de vie conduit à une dégradation mathématique.
Un gros poids sur les épaules des jeunes
Ah mais la crise! Pourquoi faut-il garder les seniors au travail alors que les jeunes n'en trouvent pas? N'est-ce pas le moment, avec le chômage qui remonte, de faire le contraire ? D'ailleurs, les entreprises l'ont compris; pour abaisser leurs coûts, elles multiplient les départs en pré-retraite, financés le plus souvent par l'Etat. Est-ce bien cohérent?
La crise passera, la démographie restera. Le ratio qu'il faut avoir en tête est celui du nombre de «plus de 65 ans» divisé par la population en âge de travailler «entre 15 et 64 ans». Ce ratio est de 25% dans l'Union européenne, il va passer à 53% en 2060.
En clair, il y a quatre «travailleurs» pour financer un retraité, il n'y en aura plus que deux dans cinquante ans. C'est trop peser sur leurs épaules, aucun «contrat entre générations» n'y résistera.
Sans doute peut-on moduler un peu les lois démographiques, celles-ci reposent quand même sur des hypothèses. La fertilité des femmes, par exemple. Elle doit augmenter de 1,52 enfant par femme en moyenne aujourd'hui (1,85 en France) à 1,64 en 2060, selon Bruxelles. Peut être va-t-elle s'améliorer plus et plus vite. La durée de vie, ensuite. Les hommes vont gagner 8 ans et demi d'espérance de vie d'ici à 2060 pour une durée moyenne de vie qui montera à 84 ans et demi. Les femmes 6,9 ans pour une durée de 89 ans. Peut-être cette progression ralentira-t-elle. L'immigration enfin. Elle devrait reculer: de 1,680 million par an, le nombre d'entrants dans l'Union devrait revenir selon les modèles à 980.000 en 2020 et 800.000 en 2060. Peut être que les portes s'ouvriront plus largement, pour aider au financement des retraites justement. Mais au total, toutes les hypothèses passées en revue, le constat reste le même: il faut réviser le système.
Pénibilité, temps partiel, divorces... les véritables enjeux du débat
les Pas que notre système. C'est le côté cocasse de la crise que d'avoir plombé les systèmes par «capitalisation», où chacun met de côté son propre argent pour ses vieux jours (à l'inverse du système par «répartition» où l'argent du cotisant sert à payer immédiatement la pension des retraités). L'OCDE a calculé que la chute des cours de bourse a forcé à baisser les pensions de 23% dans les pays où ce système prédomine. Les plus frappés ont été les Etats-Unis, l'Irlande et l'Australie.
Mais les systèmes privés de retraites complémentaires ont perdu aussi 10% en Allemagne ou au Mexique. D'une certaine façon la crise met fin à la guerre idéologique entre la répartition et la capitalisation, entre le socialisme et le libéralisme, entre la gauche et la droite. La répartition l'emporte, du moins pour le régime de base.
Mais cette victoire est toute relative. Car si la crise a torpillé les systèmes par capitalisation, la démographie limite les systèmes par répartition. Elle force à baisser les pensions. En vérité, pour les maintenir, il faudrait pouvoir maintenir le ratio retraités/cotisants ce qui imposerait d'augmenter beaucoup la durée de cotisation et/ou de retarder le départ en retraite. C'est impossible et le Conseil d'Orientation des Retraites a démontré que tous les pays ont utilisé, en conséquence, les trois issues disponibles à la fois: revoir la durée, retarder l'âge et de départ et abaisser les pensions.
Le «grand débat» ne porte donc pas sur l'âge de départ à la retraite: fixé à 60 ans en 1982, il devra forcément bouger, au delà de 65 ans sans doute. Ni même sur l'allongement de la durée de cotisation jusque cet âge. Mais il devrait porter sur d'autres aspects négligés dans les précédentes réformes.
D'abord: l'uniformisation. Faut-il mettre fin aux multiples régimes créés après la Guerre et soumettre tout le monde au régime unique, ou pas? La question n'est pas si simple. Moralement, les «boulots pénibles», comme dans les mines ou à la SNCF, méritent un départ anticipé. Mais lesquels le sont encore vraiment? En revanche, les femmes qui ont dû travailler souvent à temps partiel et qui sont très appauvries lors des divorces de plus en plus fréquents, se retrouvent à la retraite dans des conditions de précarité. Il faudrait que le système de décote (par rapport à la durée de cotisation normale) soit revu en leur faveur.
Modèle suédois, modèle allemand
Ensuite, comment pérenniser le système? Avec trois sous-questions. 1) Peut-on sortir des réformes permanentes? 2) Ne peut-on imaginer des retraites «à la carte» qui laissent une grande liberté de choix, organise la souplesse (aller-retour, cumuls emploi-retraite...)? A la condition, bien entendu, de savoir très à l'avance les conséquences de ses choix. 3) Ne faut-il pas copier les Suédois qui ont indexé les pensions non sur les salaires ou sur les prix mais sur la croissance économique et l'évolution démographique. Plus celles-ci sont fortes et favorables, plus les recettes sont grandes pour payer les pensions, et inversement, de telle sorte que le système s'équilibre naturellement. En outre, chaque Suédois gagne des «points» dans son travail, ce qui laisse à chacun la liberté de choisir son départ en fonction des points acquis. Les Allemands ont depuis 1957 un dispositif semblable.
Le grand débat de 2010 nous sortira-t-il du même film sans cesse présenté depuis 1991 du «pourquoi faut-il travailler plus longtemps?», «Pourquoi faut-il encore retarder l'âge de départ?»?. Hélas! ces questions là sont tranchées. En revanche, réintroduire de la souplesse, de la prédiction et de l'intelligence dans un système national de répartition: voilà le vrai débat.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 30/06/2009 à 9h48












![[Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus» [Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/villepin_4_0.jpg)





























Merci pour ce tableau indispensable mais seulement comme première étape de pensée.
« la loi de la démographie est dure, mais c'est la loi. Elle va encore frapper, cette loi, et condamner la France à réformer, à nouveau, son système de retraite. Il n'y a aucun moyen d'y échapper »
Le propos est terrible. La loi qui frappe, qui condamne, sans échapatoire. On a envie de défendre la démographie, espérance de vie, meilleure santé, mais aussi la fatalité de l'âge se déplace vers un temps de retraite assez long pour qu'une tranche de vie active soit devenue le fait de beaucoup. Ce qui gêne c'est la présentation fataliste. Et pourtant le premier obstacle à la réflexion c'est le déni des réalités que les opposants, du PS aux syndicats en passant par tous les corps qui hurlent à la vitesse de la moindre mis en question du confort acquis.
1 - Une pédagogie indispensable
Dans cette optique votre argumentaire chiffré est pédagogiquement indispensable et on se demande par quelle malhonnêteté ou manipulation les uns ou les autres en viennent à nier ce tableau.
Personne ne disconviendra non plus dans cette perspective qu'il faut prévoir des ajustement de justice sauf que certains en prennent argument pour saboter toute réflexion. La question de la pénibilité si elle n'était pas référée aux « droits acquis » à la SNCF il y a un demi siècle serait sans doute résolue par une concertation des bonnes volontés. Là encore la conception des rapports de force interdit toute concertation sauf clandestine de la part des syndicats.
Mais vous allez plus loin à la fin de votre article en référence notamment aux exemples allemand et suédois et là vous ouvrez enfin la discussion. J'ajouterai à ce stade le fait que le Sens du bien commun doit, pour chaque pays ou communauté donner une logique, une cohérence propre aux questions du devenir de ses populations comme la question de la retraite.
Mais là on sent que la réflexion est quasi impossible en France du fait de ce refus de mise en cause des « droits acquis » et des crispations que ce terrorisme intellectuel fait peser sur la nation.
Et pourtant nous sommes encore loin du compte. Je voudrais en donner deux aspects, un qui concerne les racines de la question, l'autre ses perspectives.
La fin des retraites.
Oui le titre a un Sens positif lié à la remise en question, au dépassement de schémas obsolètes.
D'abord la question est liée à la conception des âges de la vie et la façon de les investir collectivement. Je vous recommande vivement le livre de Eric Deschavanne et Pierre-Henri Tavoillot philosophes, enseignants à la Sorbonne et animateurs du Collège de Philosophie paru chez Grasset. Il s'intitule « Philosophie des âges de la vie. »
Ils mettent en évidence que l'organisation de l'existence est liée à cette conception des âges et du Sens de la vie. Il est vrai qu'une sorte de confiscation sociale s'est faite dans un projet de normalisation où les figures du salariat et du statut de fonctionnaire sont apparues comme inhérentes à la nature humaine alors qu'il s'est agi d'une configuration circonstancielle très liée aux modèles industriels et bureaucratiques d'une époque qui fait tant de nostalgiques.
La retraite dont on parle est un sous-produit de cette réduction de l'humanité à une vision circonstancielle de l'existence. Les âges de la vie sont eux aussi réduits aux visions collectives qui se sont imposées ou ont été imposées selon un certain niveau de maturité collective, de civilisation donc. En gros la vie c'était une enfance vouée aux apprentissages et aux études, un âge adulte vouée à tenir ou obtenir un statut de salarié et enfin la retraite pour épuiser le reste de la vie et soigner les maux de l'âge. Une montée, un plateau et une descente. C'est très exactement dans ce schéma que le système de retraite que nous connaissons a été conçu. Et ce schéma est caduc, lourdement handicapant et sa défense porte gravement atteinte non seulement à notre humanité mais aussi à notre capacité à participer au monde qui vient.
Pour terminer une vision prospective de la question.
La retraite ne doit-elle pas être une question de prospective? Tout d'abord nous sommes en pleine mutation, grandes confusions, grandes inquiétudes, grandes résistances mais aussi grandes espérances et grandes responsabilités.
L'enfance d'abord. Elle ne doit plus avoir le monopole de la formation, de l'éducation, qui doivent perdurer tout au long de la vie. Il ne s'agit plus d'acquérir un diplôme, un titre, une place mais de faire des apprentissages de construction de soi et des compétences de socialisation, notament économiques. Grandir est une aspiration mais aussi une tâche qui réclame l'assistance des parents et figures d'autorité. Les savoirs académiques ne valent que dans les sociétés académiques. Le déphasage est de plus en plus patent, à l'heure d'internet notament.
L'âge adulte ensuite. Il est à ramener à cette période où un statut de subordination établi dans le contrat de travail se justifie par la nécessité de grandir encore dans la participation à la vie économique et sociale avec la charge en plus des enjeux familiaux et de l'éducation des enfants. Mais cette période ne doit durer qu'un temps, variable selon les personnes et les trajectoires. Dix ans ou quarante ans ou plus c'est selon. Mais cette phase ne se termine pas par une retraite mais par une autre période de la vie qui peut même durer 50 ans.
L'âge de la maturité est celui des engagements responsables autonomes et investis dans les affaires communes. Il est clair que les formes économiques n'ont plus rien à voir avec le salariat mais avec une « économie communautaire » lieu des engagements.
Après vient un temps pour le retrait et il est juste que la communauté assiste ceux qui ont à traverser un dernier temps de vie plus fragile.
Tout cela existe déjà dans un certain flou. L'éducation des enfants devra devenir plus pragmatique et le contact avec le monde est justement plus riche que jamais. Les statuts de salariés sont de moins en moins normalisés et au-delà de 50 ans et même avant deviennent incompatibles avec la maturité qui est le lot de beaucoup, plus que par le passé. Combien arrivent à 60 ans dans un emploi de salarié?. Ensuite l'engagement des séniors est de plus en plus marqué et la considération d'une autre période d'activité de plus en plus présente. Enfin les dépendances du grand âge sont maintenant en quête de solutions moins enfermantes.
La pension de retraite, concept du système antérieur, n'a plus sa place comme seul et unique revenu d'existence avant le grand âge. Comme envisager la réforme d'une conception aussi obsolète de l'existence au moment où tout bascule dans une nouvelle civilisation.
Alors la gestion raisonnable du système de retraite que l'on a déjà tant de peine à établir devient déraisonnable et même irrationnelle devant les réalités du monde qui vient. C'est de ces nouvelles réalités qu'il faut repartir quitte à ménager ensuite les transitions.
Bonjour,
n'y aurait-il pas un schisme ? nous payons des milliards d'euros de dettes aux banquiers et nous refusons le droit au repos à un vieux travailleur? ne devrions nous pas exiger de l'état qu'il reprenne la main sur la finance ? D'aucun me diront sûrement que nous ne sommes plus en mesure de le faire, je leur répondrai que l'abus de pouvoir dont nous avons été les témoins et les victimes qui a consisté à ratifier le traité de Lisbonne, nonobstant le refus du peuple français, n'empêchera pas les peuples d'europe, in fine, de se ré approprier leurs droits régaliens. Cette Europe des banquiers, dont Attali disait lui même qu' "ils ne servent à rien mais ils sont dangereux", n'est en aucun cas la bonne réponse au regard de son incapacité à augmenter le niveau de vie de ses ressortissants.
La pensée unique a ceci de terrible qu'elle est totalitaire d'une part et d'autre part, qu'elle finit par convaincre des personnes , qui ,de toute évidence savent argumenter.
Non, il n'y a pas de fatalité sur la question des retraites, il n'existe pas une seule solution ,contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire.
On peut choisir la facilité sans imagination, se baser sur de vieilles lunes, ou encore avoir une idée derrière la tête.
L'argument démographique est le plus contestable dans tout ce qui est avancé.
Les démographes ont la spécialité de se tromper, par ce que par nature leur science est très peu fiable, parce que les mouvements y sont extrêmement fréquents.
A moins d'avoir une boule de cristal, on ne peut absolument pas savoir ce qui se produira dans 20 ou 30 ans.
Exemple de l'infaillibilité de la démarche démographique : en 1993, nous nous sommes retrouvés à 60 dans des salles de TD, pour 40 places, parcequ'"on" avait prévu une baisse démographique "très conséquente" ( je cite ).
"On" avait tout simplement oublié d'intégrer dans les calculs, deux petites années où il y a eu un peu plus de naissances.
Autre argument: "tous les autres font pareil".ET alors, est-ce un argument?Oui, pour ceux qui n'en ont pas de valable, c'est l'argument ultime.
Il me semble qu'on devrait plutôt chercher des pistes du coté du nombre de cotisants, il me semble évident qu'en détruisant de l'emploi ou en le laissant détruire comme le fait le pouvoir, on ne peut bien évidemment pas parvenir à l'équilibre.
Il y a là dessous de sordides intérêts , je rappelle que le frère de notre Grand Timonier a un poste très important chez Mederic.
Étrange, non?
Je rappelle également que tous les déficits accumulés depuis deux ans , grâce ax cadeaux contre-productifs économiquement consentis aux petits copains, atteignent la somme faramineuse de 28 milliards,sans compter ce que va couter l'emprunt.
Il nous faut une gestion rigoureuse et non pas cette politique à la petite semaine.
On y verra peut-être plus clair à ce moment là.
Bon, vous vous enflammez mais vous proposez quoi ? Que chaque actif finance un retraité ?
Je trouve désolant cette antienne sur le rapport actif/inactif pour financer les retraites qui représente l'alibi cliché et superficiel de tous les pourfendeurs du système dit "intergénérationnel". Il est nécessaire aujourd'hui de convenir que c'est l'activité économique, donc la richesse produite (découlant évidemment du travail de tous) qui finance réellement le risque vieillesse. Ainsi, le rapport démographique des fonctionnaires (négatif aujoud'hui : autant de retraités que d'actifs) ne conduit nullement à une failllite du système puisque le financement est assuré par un prélèvement sur tous les éléments de la richesse nationale, dont les revenus des particuliers (l'Etat ne "cotise" annuellement qu'à concurrence de 14 % des pensions civiles servies !!!).
Pendant la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait affirmé sans scrupule que les régimes étaient équilibrés pour 20 ans avec la réforme Fillon !!! Aujourd'hui, la solution est dans la fuite en avant de l'allongement de la carrière professionnelle alors que ladite réforme Fillon n'a pas encore été mise en oeuvre (passage progressif de droits entiers à partir de 42 ans de cotisations au lieu de 40).
Cette réforme conduit déjà les générations montantes à travailler bien au-delà de 60 ans pour acquérir des droits complets à pension de base : un étudiant entrant dans la vie active à 26 ans (ou un jeune sans diplôme soumis aux aléas du marché du travail) devra ajouter 42 ans d'activité (soit un départ à 68 ans !!!) pour bénéficier d'une retraite entière. Un départ à 60 ans sera très fortement pénalisant pour le niveau de l'avantage vieillesse et représentera la part de gestion de la charge de ce risque social.
Pour oser parler de réforme des systèmes de retraite, il ne faut pas empoigner les jumelles par le mauvais côté pour voir petit. C'est une réforme globale qu'il faut imaginer :
. Le financement des retraites obligatoires (base et complémentaires) ne doit plus reposer, pour une large part, sur les charges patronales (qui doivent être abaissées pour favoriser l'emploi) mais plutôt sur un prélèvement sur le chiffre d'affaires des sociétés (C3S) issu du marché intérieur, importations (dont un moyen de lutte contre les délocalisations et le dumping social) et exportations, soit une assiette huit fois supérieure à la masse salariale. La notion de rapport actif et inactif (fausse justification d'une réforme) n'a plus aucun sens dans cette option.
. Les régimes de retraite complémentaire par répartition, dits "obligatoires" qui aujourd'hui sont totalement unifiés au plan des cotisations et prestations, doivent être restructurés et la gestion technique et administrative confiée au régime de base (CNAV ; moins de 2% de frais de gestion) pour en limiter les coûts de gestion (+ de 4% des prestations servies par chacun des régimes Arrco et Agirc) considérant que ces institutions ne gèrent que de manière redondante et très coûteuse le compte individuel retraite des salariés. Ceci n'empêche pas le maintien des structures de politique de gestion alors limitées aux Conseils d'administration de ces régimes. Cette restructuration que le bon sens rendra inéluctable un jour ou l'autre, permettrait d'offrir une meilleure lisibilité des droits des futurs retraités par la gestion d'un seul compte retraite et donnerait de la "marge" financière grâce aux économies de gestion réalisées (en soumettant évidemment les salariés concernés à un dispositif commun de GPEC).
. La question de la retraite doit être partagée par les secteurs publics et privés en imaginant un système unique de répartition basé sur une gestion des droits par points et financé par un prélèvement de type C3S décrit supra (que je définirais comme une contribution sociale intermédiaire ; CSI) pour la part pondérée et par les cotisations salariales des bénéficiaires. Les emplois publics se distinguent aujourd'hui par un revenu moyen d'activité supérieur au secteur privé et des charges retraite supérieures aux revenus d'activité car, fort heureusement pour eux, les retraités fonctionnaires oublient de décéder dans des "fourchettes d'âge convenables" économiquement. Ceci doit aussi inciter, dans le contexte actuel de déficit public abyssal, à la mutation des nouveaux emplois de service publics sous le statut de droit privé interprofessionnel sans que la qualité du service n'ait à en pâtir (cf le statut des employés de la Sécurité Sociale, du Pôle emploi, des régimes de retraite complémentaire).
Une réforme des système de retraite se doit d'être "équitable" au plan de l'égalité, cohérente économiquement et ne pas viser de fausses solutions du genre allongement de la durée de cotisations sans tenir compte du contexte d'emploi des seniors et des juniors !
L'exemple que vous prenez des fonctionnaires va à l'encontre de votre démonstration dans la mesure où leur système s'exonère de toute contrainte d'équilibre économique et financier, et ne peut fonctionner que tant qu'il y aura des contribuables, d'une part, et à condition que ses bénéficiaires restent une minorité pour qui la majorité paie. La richesse produite que vous évoquez est produite par... les actifs, et son niveau dépend bien du nombre d'actifs, et le nombre de retraités conditionne directement le niveau de la dépense. L'équilibre recherché doit prendre en compte ses deux composantes, le ratio actif/retraité étant une manière à la fois facile et pertinente de l'exprimer.
Cher Kerlan, vous me lisez à contresens. Les retraites des fonctionnaires sont équilibrées par la fiscalité assise sur le Revenu national et non par un quelconque ratio "actif/inactif". Les régimes de retraite des non salariés (commerçants, industriels, travailleurs indépendants, professions libérales, exploitants agricoles) sont équilibrées pour un tiers des prestations servies par la C3S (contribution sociale spécifique de solidarité ; ce qui vaut pour les "non non" peut sans aucun doute valoir pour les "vaches à lait" de salariés du privé) au taux de 0.13 % sur le Chiffre d'Affaires (intérieur et exportations) des sociétés présentant un CA HT de 750 000 €. La réforme de l'Assurance Maladie de Douste Blasy a porté cette C3S à 0.16 % pour combler une partie du déficit structurel et sans aucun cri du coeur des contributeurs. Le rendement exponentiel de cette contribution est ainsi connu et pourrait être élargi au premier euro marchand se situant au-delà des seuils de l'autoentrepreneur : 30 000 € pour le service ou 70 000 € pour le commerce). Celle-ci s'applique à un chiffre d'affaires "réalisé", soit une production vendue (à la différence des cotisations sociales qui sont dues tout au long du processus de processus de production et de formation des prix et avant vente), est à charge de l'entreprise (alors que la TVA est à charge du consommateur) et est très simple à collecter (on peut imaginer aisément un versement mensuel provisionnel à l'URSSAF) à partir des informations de la liasse fiscale. Le déficit social 2008 de 20 Mds € peut ainsi être couvert par une C3S de 0.50 % quasiment indolore en période de déflation et c'est le meilleur moyen de mettre notamment à contribution les importations chinoises et le "gain" des délocalisations au service de notre modèle social.
C'est aussi engager les vraies solutions au poids futur de la retraite et des autres risque sociaux plus que l'allongement irréaliste et improductif d'économies (quid de la charge du chômage ?) de l'âge de la retraite.
J'ajouterai Cher kerlan que la production des sociétés dites capitalistiques (fortement robotisées) et donc leur chiffre d'affaires, et au-delà la richesse nationale consolidée, ne se réalise plus avec des bras supplémentaires, constat qui ôte tout sens au rapport actif/inactif s'il fallait compléter l'argumentaire d'une ère post "30 glorieuses". Seules les sociétés à forte plus value injustifiée (pour exemple : le prix de vente d'une paire de lunettes correctives dépasse... le prix de vente d'une machine à laver sophistiquée !!!) vont renâcler, mais ce verbe sera conjugué au provisoire.
Je ne pense pas que les retraites des fonctionnaires soient « équilibrées par la fiscalité assise sur le Revenu national », mais simplement « payées par… » . Pour qu’il y ait équilibre, il faut que les deux postes recettes et dépenses soient à périmètre identique, ce qui est loin d’être le cas avec (en ordre de grandeur), 4 millions de bénéficiaires et 25 millions d’actifs contributeurs. Avec 25 millions de bénéficiaires, l’équation sera bien différente. C’est tout ce que je voulais souligner, sans prendre position sur la modification d’assiette ou de référence que vous proposez, qui n’est pas sans intérêt, et que voulait du reste évoquer la majorité actuelle avec la TVA, avant de se faire contrer par son opposition, et semble-t-il par les électeurs. Cela dit, je ne vous suis pas du tout à propos du distinguo que vous faîtes entre TVA payée par le consommateur et le prélèvement que vous proposez. Quand vous achetez un produit, vous payez à la fois la TVA et le prix HT du produit, lequel contient tous les coûts supportés par l’entreprise, y compris bien sûr les coûts de personnel ; cela dit, l’entreprise peut aussi faire absorber ce surcoût par son personnel, en pesant sur le salaire direct sans toucher au coût salarial global, charges incluses: foi d’expert et de praticien, ça se pratique partout. Ou bien un peu des deux. Cela dit, le fond du problème est bien le ratio entre richesse produite et richesse consommée, ou si l’on veut ratio entre richesse produite et part de cette richesse affectée aux retraites : on n’est pas loin du ratio actif/inactif, et votre proposition ne peut donner qu’un résultat de même allure générale, avec comme différence la part des produits importés, c’est vrai. Mais, compte tenu des contraintes UE et OMC, je ne vois pas d’autre voie que la TVA, ou un équivalent baptisé social, pour collecter cette manne, et en France, on l’a vu, ça a mauvaise presse. Cela dit l’idée de camoufler le prélèvement aux frais de l’entreprise comme vous le suggérez est peut-être une piste.
Je m'enflamme sur le fond et sur la forme. Je suis lassé de ce procédé qui consiste à déqualifier par avance TOUTE personne qui a un avis différent.On est bien là dans une pensé totalitaire, une pensée unique. Souvent l'argumentaire des tenants de la soit disant réforme, à l'instar de Fillon, c'est"il n'y a pas d'autres choix".
En première année de philo ou de psycho, nos chères têtes blondes apprennent qu'un discours basé sur UN seul argument est en quelque sorte un argumentaire à deux balles, comme ils disent. La vie est beaucoup plus complexe que cela, il n' y a pas une seule cause à un phénomène, c'est un ensemble de petits faits qui aboutissent à une grande conséquence.Les retraites obéissent aussi à ce schéma.
Donc, si vous me suivez, il y a forcément plusieurs solutions à un même problème sauf en maths, mais les maths sont une science exacte à 'inverse de la démographie ou de la question des retraites.
Voila pour la forme, le débat mérite mieux que les noms d'oiseaux ou les anathèmes.
En bon centriste, je n'aime pas les idéologies quelles qu'elles soient.
J'ai également le souci de proposer quand je critique.
La question des retraites est BEAUCOUP plus vaste que la simple question de la durée de cotisation, c'est l'un des éléments, pas le seul, ni le plus important.Nous ne devons pas laisser le débat se focaliser sur ce seul élément.
Je précise que je ne nie pas qu'il y ait besoin de réformer le système, du moins à court terme.
Seulement je ne crois pas aux grandes mesures inscrites dans l'airain et pour l'éternité.
On voit bien d'ailleurs que la solution préconisé, n'est pas la bonne, puisqu'on doit sans cesse repousser l'âge de retraite.
Mon point de vue est le suivant.
Il y a à la base une question de richesse et une de formation.
Et c'est là qu'il faut jouer car les deux sont liées.
A la base, plus un pays crée de richesse, mieux il se porte, personne ne niera ce fait.
Plus on est nombreux, plus on produit de richesse, si on est bien formés , bien sur.
Plus il y a d'actifs, plus la richesse produite est importante, elle génère donc des disponibilités supplémentaires par le biais des impôts et des taxes.
Désolé pour les ultras libéraux, mais on n'a rien trouvé de mieux pour obtenir de l'argent.
Je poursuis, et j'en viens à mon second argument: la formation.
Plutôt que de parler de RECULER l'âge de la retraite, il serait peut être plus efficace d' AVANCER l'âge du travail.Ce qui nécessite de bien former les jeunes, de bien les orienter, pour leur permettre de travailler plus tôt, ce qui veut dire aussi, consommer plus tôt, fonder une famille plus tôt et donc d'avoir des enfants qui prendront la relève plus tôt.
Seulement, là où le bât blesse, c'est que la plupart des gouvernements de droite comme de gauche, ne veulent pas entendre parler de créations d'emplois qui augmentent automatiquement le nombre de cotisants, ils préfèrent, j'en ai peur, tabler sur une société qui fonctionne avec 20 ou 30 % des personnes.
Quand je réfléchis un peu, j'ai l'impression triste que les libéraux n'ont pas fait leur deuil d'une certaine idée, celle que j'appelle "vieille lune".
Je m'explique.Les électeurs de gauche, pour peu qu'ils soient malins, ont compris depuis un moment que les minorités, les exclus, les pauvres, n'étaient pas forcément tous gentils.
La droite, et en particulier, la française est d'une nullité crasse en économie et elle CROIE que faire des cadeaux aux plus durs des patrons, enclenche automatiquement de la croissance.
Cela ne fonctionne nulle part , ailleurs que dans leur tête.
Tant que ces politiques se contenteront de servir de vitrine légale au medef ( c'est à dire, 6% des patrons) ils se condamneront à répéter les erreurs qui ont été déjà commises ailleurs.
Ils feront inévitablement se lever des rebelles qui n'auront de cesse de professer et défendre eux aussi de vieilles lunes.
En conclusion, présenter le débat sous les termes actuels, c'est, non seulement malhonnête, mais aussi dangereux.
Vous nous avez encore développé votre point de vue mais il n'y a toujours aucune idée de financement.
Si vous avez l'impression d'être face à la pensée unique c'est peut-être qu'il n'y a pas d'autre solution, tout simplement.
Cela m'amuse vraiment de voir l'insistance actuelle de certains à essayer de nous convaincre qu'il n'y a qu'une solution: la leur. A savoir, rallonger la durée de cotisation et diminuer le niveau des prestations... Je ne m'apesantirais pas sur l'inadaptation de cette idée à l'heure ou un travailleur rentre rarement avant les 25 ans sur le marché du travail et est poussé vers la porte passé 50 ans. L'un des arguments servis à toutes les sauces est celui du futur manque de travailleurs cotisants (à cause de problèmes de natalité) qui ne pourront donc supporter les versements requis en parallèle avec les patrons les employant. Déjà je ferais remarquer que la natalité n'est pas un problème. La france comme beaucoup d'autres pays n'a jamais eu de scrupules à employer de la main d'oeuvre d'immigration quand le besoin s'en est fait sentir (et plutot 2 fois qu'une). Les immigrés travaillent, cotisent pour des (nos) retraites eux aussi...
Le problème clef est que tout dépend actuellement de l'emploi salarié. Hors comme chacun sait, les entreprises créent d'abord des richesses, l'emploi, lui, n'est crée que s'il a une utilité dans la fabrication de richesses pour les investisseurs/propriétaires d'entreprises. En bonne logique capitaliste libérale, les entreprises vont créer de moins en moins d'emplois avec l'aide de la mécanisation / informatisation / robotisation et de la délocalisation; donc même avec les mesures proposées par ce gouvernement, le problème continuera d'empirer. La vrai solution est plutot d'élargir à de nouvelles formes de financement de la retraite, formes ne reposant plus sur le salariat. Elargir la solidarité en allant chercher l'argent auprès des entreprises qui délocalisent, suppriment des emplois alors qu'elles font des bénéfices, restructurent pour verser plus de dividendes à leurs actionnaires. Une taxe sur les transactions financières (type Toobin) et les produits spéculatifs pourrait faire d'une pierre 2 coups: limiter les excès et financer les retraites. Et pourquoi ne pas taxer lourdement certains salaires mirobolants et autres parachutes dorés quand les bénéficiaires ont faillit à leurs devoirs de bon gestionnaires (salaire au mérite pour les responsables, politiques ou chefs d'entreprise) Il est parfaitement possible de trouver les financements ailleurs, mais encore faut-il en avoir la volonté...
Un tantinet provocateur, au minimum accrocheur, et c’est parti…Pour la catastrophe annoncée !
L’état ne peut plus financer les retraites, de toute façon il (l’état) ne peut plus rien financer, au point que les idées se sont envolées avec le déficit !
Et patatras, Bardi barda, v’la l’qu’in par-d’ssus l’ca ! Décidément, tout fou l’camp mon brave Mr Le Boucher !
Ahhh ! Si nos vieux pouvaient calancher plus tôt…Fini les problèmes !
Et dire qu’il y en a qui s’acharnent à leur prolonger l’existence, et comme tout n’est que démographie…Bon, tous ces vieux, ces trop nombreux vieux qui gâchent nos égoïstes existences, qui sont à la charge des autres (les jeunes) alors qu’ils pourraient encore travailler (gratuitement, puisqu’ils touchent une retraite). Dire qu’on les assiste pour qu’ils puissent vivre plus longtemps, dans de meilleurs conditions, et que de l’autre coté ils deviennent responsable du déficit…Laissez les donc mourir !
Alors, petites questions à mon tour, Mr Le boucher, puisque les vôtres sont tranchées.
Si un journaliste peut travailler jusqu'à… (A combien estimez vous la pénibilité de votre métier ?) 70 ans, pensez vous que le maçon, le terrassier, le couvreur, etc, pourront travailler aussi longtemps que vous ?
Sont-ils plus ou moins pénibles et font-ils parti de ceux à qui vous accorderiez une « décote » ?
Quand tous les vieux du baby boom ne seront plus là, que la pyramide des âges sera inversée, que la « loi de la démographie » sera devenu autre…Pensez vous que l’âge de la retraite sera alors (pourra être) abaissée, les pensions revalorisées en fonction d’une « démographie qui limite les systèmes par répartitions » ?
Le plus intéressant dans cet article réside dans les commentaires. Il est en effet surprenant de lire la somme des réactions pour ce qui n’est finalement qu’un retour naturel des choses.
Le système actuel est une pure aberration économique. On ne peut pas tolérer plus longtemps que des gens cessent leur activité entre 55 et 60 en pleine force de l’âge pour partir en voyage ou jouer au golf.
Tous les médecins vous dirons que le travail est la meilleure façon de rester en bonne santé. Le recul de l’âge de la retraite aura non seulement un impact sur le financement de cette dernière, mais également sur les dépenses de santé.
Pour conclure vous avez là l’une des raisons de l’effondrement de la gauche en France et plus généralement en Europe, à savoir l’incapacité à avoir une réflexion objective sur un sujet qui dépasse les intérêts individualistes à court terme. Ce qui devrait être abordé comme un vrai enjeu de justice sociale, notamment inter générationnel vire à la défense de son petit prés carré. Affligeant.
Vous seriez peut être surpris , cher Fafa par le nombre d'intervenants qui ne sont pas de gauche.Alors, voila, parce qu'on est contre la leçon ultra libérale, on est automatiquement de gauche ? Que nenni !
Ce qui est une aberration économique , c'est que l'on commence ( enfin certains ) à travailler à 27 ans).
Je suis tout à fait d'accord, travailler plus longtemps aura des conséquences sur la sécu et les retraites.Mais oui, plein de petits vieux, mourront au travail avant de pouvoir prétendre toucher leur pension.
Pourquoi commencer à travailler à 27 ans est une aberration économique? C'est au contraire le signe d'une part de l'élévation du niveau de compétence avec l'allongement des études et d'autre part une transformation de la société suite à l'augmentation de l'espérance de vie.
Dire que plein de petits vieux mourront au travail relève de l'argumentation de comptoir. Le vrai enjeu dans ce débat est de savoir si la société française est capable de prendre en compte la notion de pénibilité ou non. Aujourd'hui le système fonctionne à l'envers. Ceux qui ont les métiers les plus durs partent le plus tard. Auront nous un jour le courage d'admettre qu'un enseignant ou un employé administratif peut travailler jusqu'à 70 ans alors qu'un maçon ou un éboueur doit s'arrêter à 60? Très honnêtement je ne le pense pas et c'est là que je dis que la gauche est complètement à côté du débat.
De toute façon, sachez que le recul de l'âge de départ à la retraite est déjà acté et c'est une bonne chose. Il s'agit juste aujourd'hui de préparer les esprits.
Juste un mot pour dire que la question des retraites a l'air bien spécifique mais il n'en est rien c'est "juste" une question d'assurance. Et à cette question cf mon commentaire sur le cas Madoff dans un autre article de slate:
http://www.slate.fr/story/7359/madoff-condamn%C3%A9-%C3%A0-150-ans-de-prison
En bref : les assurances ne sont-elles toutes que des schémas de Ponzi ?
Le débat qui consiste à évaluer les politiques de l’emploi et des retraites l’une en fonction de l’autre – préretraite des seniors pour faire la place aux plus jeunes – est à la base vicié par le refus, plutôt franco-français, de traiter chacun de ces deux problèmes à l’aune de ses propres exigences, le marché du travail d’une part soumis à des pressions malthusiennes (droit du travail, 35 heures etc.…), et les retraites soumises à la pression démographique et à l’augmentation de la durée de la vie. Vouloir agir sur l’un par des mesures concernant l’autre met notre modèle social dans la situation du patient atteint de deux pathologies dont les médicaments destinés à traiter l’une ont aussi pour effet (pervers ?) d’aggraver l’autre. Ce n’est certainement pas la meilleure approche.
A propos des retraites, je crois utile d’aborder deux notions qu’il serait temps de remettre en cause et de faire évoluer : l’âge légal et le concept de « taux plein », dont les effets liés entre eux aboutissent à des injustices et des aberrations, le tout sous couvert de bonne conscience égalitariste.
L’âge légal est exemplaire de cet état d’esprit qui veut ignorer l’individu, ses spécificités, ses souhaits, ses contraintes personnelles, pour formater chacun au modèle universel défini par l’approche « adjudantesque » en vigueur en France : « Tout le monde en rang, ch’veux voir qu’une tête ». Non merci. Quant au taux plein, sous couvert d’une volonté de maximisation des pensions individuelles, il a surtout servi à des pratiques aberrantes. C’est ainsi qu’à l’époque des 140 trimestres, un ouvrier ayant commencé sa vie active à 15 ans, avait atteint son « taux plein » à 50 ans, ce qui ne l’empêchait pas de devoir travailler jusqu’à 65 ans, puis 60 ans, tout en continuant à cotiser, mais pour des prunes car ces cotisations ne lui ajoutaient aucun nouveau droit ; ajoutons que cette population avait, et a toujours, la plus basse espérance de vie en retraite, et il faut bien admettre que l’aberration confine à l’abjection. Je me suis toujours interrogé sur les raisons qui ont poussé les syndicats à défendre le système bec et ongles, sauf à l’imputer à leur immobilisme viscéral. Il aura fallu attendre l’évolution réglementaire du régime, à 150 puis 160 trimestres, accompagnée des réformes Fillon de 2003 pour que cette aberration recule, sans toutefois disparaitre dans son principe puisque le régime perdure avec ses incohérences, ses blocages, ses mécanismes de type usine à gaz qui conjugue : 1)un temps de cotisation par rapport à une ‘norme’ à laquelle de moins en moins de salariés satisferont, à 2)un âge « légal » de cessation d’activité totalement inepte par rapport aux diversités des situations professionnelles et individuelles, puis à 3)des références salariales correspondant aux meilleures années, le tout corrigé de décotes, d’exceptions et de corrections qui s’accumulent en strates successives pour prendre en compte des situations particulières, ce qui est louable, mais surtout pour contourner les blocages et les aberrations de l’usine à gaz.
La solution existe, ELB l’évoque à partir d’exemples étrangers, elle existe aussi en France dans les régimes complémentaires, c’est le système des points, parfaitement transparent puisqu’il est directement connecté au montant des cotisations, parfaitement visible car il peut donner tout aussi directement une indication des pensions acquises en valeur du jour. Il doit être accompagné, non plus d’un âge légal, mais d’un âge référence auquel sera associé un prix du point servi ; libre à chacun, dans une marge donnée, d’anticiper sa retraite, ou bien de la retarder, moyennant une minoration ou une majoration de sa pension, avec des coefficients correcteurs clairement affichés et connus de tous. Dans un système comme celui-ci, le départ en retraite sera une décision personnelle, qui pèsera tous les critères à prendre en compte, notamment personnels, voire intimes pour certains. Ce sera le meilleur moyen de donner aux salariés la possibilité d’optimiser leur décision de départ en retraite, c’est-à-dire de trouver l’équilibre le plus pertinent, ce dont ils sont seuls juges à titre individuel, entre la période de travail et d’effort, et le moment de repos.
En ce qui concerne les régimes par capitalisation, il est vrai que leurs pensionnés ont subi les effets de la débâcle boursière, mais il est tout aussi vrai que depuis la précédente crise, celle de 2003, ils avaient bénéficié de la hausse des bourses mondiales jusqu’en 2007. Cigale ou fourmi, c’est une responsabilité individuelle de gérer ses sources de revenu en fonction de leurs caractéristiques, et les erreurs commises à ce niveau individuel ne sauraient être imputées au régime lui-même. A ce propos, je ne partage pas l’opinion qui consiste à dire que la répartition « l’emporte », même pour les régimes de base, car ses problèmes sont clairement structurels, alors que la capi est soumise, et le sera encore, à des alea conjoncturels qui peuvent être gérés, soit au niveau individuel comme vu plus haut, soit au niveau du régime comme cela existe aussi.
Le problème principal des retraites vient du fait que ceux qui bénéficient le plus du système sont ceux qui votent le plus et qui sont les plus nombreux.
Il faudrait donc prendre des décisions courageuses en touchant aussi au niveau des pensions élevées, ce dont N. Sarkozy n'est pas capable sachant qu'il va irait alors contre son électorat. Elever le nombre d'années de cotisation est ce qui va le moins contre cet électorat et pénalise ceux qui ne votent pas pour lui (rappel: sans le Var et les Alpes-Maritimes, Sarko ne passait pas en 2007).
Je vous perçois un peu crispé dans vos propos, avancer le départ dans la vie active des jeunes me semble bien difficile, pour cela il faudrait que l’éducation national accepte de partager la formation des jeunes avec les entreprises comme le fait supinfo.
« Plus on est nombreux, plus on produit de richesse, si on est bien formés, bien sur. »
Humm ! Plus ont est nombreux plus nous avons des assistés, une minorité paie des impôts.
Le bienfait de repousser l’âge de la retraite, sera de motiver nos salariés qui arrivés a 50 ans non plus d’ambitions autre que d’attendre la retraite, curieuse fin de carrière. Nous avons aussi les personnes qui ont arrêtés de travailler après 20/25 d’activité car leur mari avait un bon salaire. Arrivé a 60 ans ils fond le choix de différer leurs mise a la retraite a 65 ans afin de profiter du taux plein de la secu. Avec un recule a 68 ans il est probable que le choix se fasse de façon différente, en optant pour la minoration lié au manque de trimestre.
Ce qui m’étonne toujours dans ces débats, c’est que ce sont ceux (Slateurs et non Slateurs retraités) qui bénéficient de tous les avantages, d’une retraite acquise de bonne heure, avec le plus haut taux de pension existant, qui se mettent à dénoncer avec force, un système pour eux devenu caduc (après moi, le déluge).
Loin de moi l’idée qu’il n’existe pas de problèmes, et je ne pense pas qu’il existe une solution unique, mais ce qui n’est jamais pris en compte dans ce que « coûtent » les retraités, c’est la dimension économique des services qu’ils rendent dans la société le plus souvent bénévolement. Services au profit des actifs, que ce soit pour garder les petits enfants, ou leurs actions dans les associations, etc.
Si on évaluait le coût des services rendus par les retraités au coût général de l’ensemble des pensions versées, il n’est pas évident que l’on obtienne le même résultat d’un système dit déficitaire.
Entre le travail contraint et le travail délibéré (choisi), l’épanouissement et développement des individus ne se fait pas de manière normée. Faire de sa passion un travail rémunérateur ne revêt pas de la même logique dans la décision de s’arrêter de travailler ou non, qu’un travail subit. Que ce soit pour des raisons économiques, physique, ou morales.
On pourrait aussi rajouter que les rythmes de vie ne sont pas identiques à 20 ans, 40 ans, 60 ans ou plus. Dans nos systèmes normés il devient difficile de conjuguer tous ces vecteurs, tous ces paradoxes. C’est pourtant ce qu’il faudra prendre en compte si l’on veut un système de retraite par répartition, mais à la carte, tout en conservant une certaine équité. La démographie n’est qu’une donnée parmi tant d’autres, elle ne doit pas cependant être érigée comme référence absolue du système.
Enfin, à l’image des rémunérations des grands patrons, certain touchent des retraites dont on imagine difficilement le montant. Sans vouloir préjuger de la part que cela peut représenter, il est possible de se demander si le montant qu’un retraité peut toucher après ses années de cotisation, ne peut/doit être plafonner tant au minimum qu’au maximum. Sans souhaiter une pension d’un montant unique pour tous, il faut cependant s’interroger dans un système par répartition (meilleur que par capitalisation).
Est il encore admissible que certains puissent toucher 150000 euros, là ou d’autres peinent à en obtenir 600 pour une même durée de cotisations ?
Dernier point, et non des moindres, pour qu’une tel réforme puisse être « mieux considérée » dans l’esprit du public, il serait bon que nos chères députés montrent l’exemple. Lorsque l’on sait qu’ils leurs suffit de cotiser six ans pour obtenir une retraite pleine là ou il faudra plus de 40 ans pour qu’un ouvrier puisse obtenir la sienne…
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Quétinoi : « Ceci doit aussi inciter, dans le contexte actuel de déficit public abyssal, à la mutation des nouveaux emplois de service publics sous le statut de droit privé interprofessionnel sans que la qualité du service n'ait à en pâtir (cf le statut des employés de la Sécurité Sociale, du Pôle emploi, des régimes de retraite complémentaire). »
Cela existe déjà (cela va faire plaisir à Corto), ce sont des « contrats de droit privé ». Ils ne sont pas régis par un « statut », ils le sont par les conventions collectives auxquels sont rattaché les spécificités des emplois exercés. Un petit bémol à votre commentaire, l’emploi de contrats de droit privés coûte plus chère à la collectivité par des rémunérations plus élevée et déséquilibre le régime de retraite de la fonction publique par une absence de cotisations.
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Kerlan22 : « L'exemple que vous prenez des fonctionnaires va à l'encontre de votre démonstration dans la mesure où leur système s'exonère de toute contrainte d'équilibre économique et financier, et ne peut fonctionner que tant qu'il y aura des contribuables, d'une part, et à condition que ses bénéficiaires restent une minorité pour qui la majorité paie. »
Pour compléter le commentaire de Quétinoi, vous oubliez que le taux de cotisation est plus élevé dans la fonction publique que dans le secteur privé.
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Fafa : « Le système actuel est une pure aberration économique. On ne peut pas tolérer plus longtemps que des gens cessent leur activité entre 55 et 60 en pleine force de l’âge pour partir en voyage ou jouer au golf. »
Vous ne précisez pas si ils quittent leur activité parce qu’ils le décident, ou parce qu’ils y sont contraints !
Et puis il vaut mieux faire des voyages et jouer au golf en « pleine force de l’âge » que malade et perfusé ou avec un déambulateur (c’est moins pratique pour le golf).
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Roger Nifle : « Le déphasage est de plus en plus patent, à l'heure d'internet notamment »
Que vient faire Internet là dedans ? Internet, n’est ni une nécessité, ni une obligation !
Aller je ne résiste pas à vous poser une autre petite question Roger : Le travail est il une fin en soi ?
Bonne journée
A Jen sairien : Je réagis à vos affirmations pour recadrer les enjeux :
. le régime des retraites des fonctionnaires ne produit en cotisations que 14% de la charge annuelles des pensions civiles servies. Il est vrai que le passage sous contrat privé du plus grand nombre possible de fonctionnaires (qui, pour que la réforme soit acceptable, ne concernerait que les nouveaux embauchés, les actifs sous statut public actuellement conserveraient leurs avantages comme cela s'est déroulé à France Télécom ; ce régime est donc sous perfusion permanente avec une envolée exponentielle des déficits). Au Danemark, les impôts, l'équipement... sont assurés par des Agences privées sous contrôle de l'Etat comme nos organismes de Sécurité sociale qui gèrent un budget supérieur à celui de l'Etat (et à qui on devrait confier, sous couvert de démocratie sociale, le pouvoir d'équilibrer les comptes sociaux car l'état est bien impuissant en ce domaine).
.Ainsi les cotisations retraite des fonctionnaires, non aucune mesure avec les cotisations du secteur privé (dont retraites complémentaires) puisqu'elles approchent l'équilibre du régime. Il est vrai que la "privatisation" des emplois du secteur public renchérirait le coût global par emploi mais il est inscrit dans les faits le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux et une gestion privée est beaucoup plus efficace et dynamique qu'un paradigme fonctionnaro-adiministratif (cf les coûts de gestion de retraite du régime général inférieurs à 2 %, ou bien ceux des urssaf par rapport aux services fiscaux 6 à 8 fois moindres).
. Le déficit (conjoncturello-structurel : 8 Mds € en 2008 en raison d'un tassement exceptionnel de la masse salariale) peut être comblé rapidement et structurellement par une C3S de 0.24% sur le chiffre d'affaires des sociétés, mesure qui serait totalement neutre pour le consommateur (mais pas pour les importations chinoises ou les produits des délocalisations) compte tenu de la déflation actuelle (mesure d'équilibre qui, on le constate, est totalement indépendante du rapport démographique). Ce mode d'équilibre que je soutiens depuis plus d'une décennie (qui fait largement ses preuves pour les non salariés, bien servis car plutôt proches du pouvoir actuel) dérange par sa simplicité et son efficacité et empêche trop de "tirer à vue" sur le modèle social français avec de gros clichés politiques.
Nous laisserons-nous ballader encore longtemps avec des arguments "bidon", issus sans le dire d'arrières-pensées libérales extrémistes identiques à celles qui bavent, par esprit revenchard, sur les 35 H (dont les grandes entreprises ont pourtant confirmé encore récemment le grand intérêt) ou qui veulent au surplus créer de fausses embauches et de faux besoins le dimanche !
Et la qualité de vie et l'épanouissement personnels dans cette société exclusivement "productiviste", ce sera pour quand et à quelles conditions ?
Il est triste de constater l'absence de propositions crédibles de la part de l'opposition (Le PS : baisse de deux points de la TVA dans le contexte budgétaire actuel ??? grand emprunt européen qui ne vaut pas mieux que le projet d'emprunt national dont on sait pas encore à quoi il peut servir mais qu'il faudra assûrément rembourser ???) et même de la part des syndicats dits "ouvriers" sur ces sujets majeurs de société.
Alors débattons et proposons à leur place !
Le travail n'est pas une fin en soi mais un moyen pour l'homme de servir et de grandir. Mais il s'agit du travail oeuvre pas du travail peine. Tant de bonnes âmes ne veulent pas le voir changer pour pouvoir arguer de sa fatalité pour s'en exonérer (servir grandir). Mais pour une analyse plus profonde : Changer le travail. Cela dit votre commentaire est intéressant mais qu'il est difficile de discuter avec des données floues ou mal connues. Cela n'empêche pas de travailler sur le Sens du travail et de la retraite qui est une question humaine, communautaire et politique avant d'être une question comptable ou assurancielle.
Pour continuer à éclairer votre lanterne à propos d'internet vous savez peut-être que le changement des structures de travail et de la nature même du travail dans certains cas est en marche. Ce n'est pas parce que nous sommes en retard par rigidité mentale en France que l'on doit être aveugle à ce qui s'y passe et ce qui se passe partout aillleurs. Voyez ici même ce que nous faisons! même le travail manuel est concerné parce qu'il a toujours une dimension sociale et relationnelle. La configuration des activités humaines changera plus dans les 20 ans qui viennent que dans tout le 20ème siècle. Est-si difficile à concevoir? Avec les yeux fixés sur l'époque Conseil National de la Résistance oui. Ca résiste.
Pour compléter votre réflexion sur la retraite : La retraite.
Enfin je connais un slateur retraité qui ne bénéficie pas "de tous les avantages", ni d’une "retraite acquise de bonne heure". Mais tout le monde n'est pas fonctionnaire ou salarié.
Bonnes journées
La TVA est appliquée sur le prix de revient HT et ne frappe que la valeur ajoutée (la TVA sur consommations intermédiaires est récupérée par l'entreprise de production ou commerciale ; l'assiette est ainsi constituée du prix de vente ou de production HT duquel est déduit les achats et services extérieurs). La TVA est ainsi entièrement supportée par le seul "consommateur intérieur" considérant que la TVA ne "s'exporte pas".
Un point de TVA "rapporte" en net à l'Etat pour 2008 presque 7 Milliards € ; elle s'applique à la fin du cycle de formation des prix et lorsque le produit ou service est réalisé et facturé (a contrario, les charges sociales s'appliquent et sont recouvrées tout au long du cycle de production du bien ou service : exemple la masse salariale des fabriques de jouets dont la vente principale s'opère une fois l'an).
La C3S est exigible en fin d'exercice comptable (aujourd'hui 0.16% dont 0.13 % pour équilibrer les retraites des non salariés, soit 1/3 des pensions servies, et 0.03% (soit un rendement proche d' 1 Millliard €) pour couvrir le risque Maladie), se calcule sur le chiffre d'affaires HT (seuls les CA HT supérieurs à 750 000 € sont soumis à contribution) et devient une charge de l'entreprise comme les charges sociales patronales. Elle est exigible en fin de cycle "comptable" et ne pèse que sur le résultat de l'entreprise. Cette contribution n'est pas récupérable, "s'exporte" et a ainsi un très fort rendement. Un point de C3S "rapporte" 33 fois le rendement d'un point de TVA !!!
L'emploi possible de la C3S qui pourrait être alors dénommée Contribution Sociale Intermédiaire (CSI) :
-> baisse des charges sociales patronales : cette contribution qui touche l'ensemble des éléments économiques (importations -dont chinoises et produits ou services de délocalisaitons-, production intérieure et exportations) devrait être étendue au premier euro marchand dépassant les seuils de l'autoentrepreneur (30 000 et 70 000€) et se substituer progressivement aux charges patronales sur salaires pour limiter le coût de l'emploi.
-> combler les déficits sociaux : pour exemple, le déficit 2008 du régime des retraite de 8 Mds € peut être compensé, à très court délai, par une CSI de 0.24 % qui ne retentira, en contexte actuel de déflation, que très peu sur les prix à la consommation et donc ne nuira pas à la reprise économique. Un taux très bas de cette nature ne rencontrerait aucune opposition de la part de nos partenaires commerciaux mais au très grand avantage de nos comptes sociaux. il faut bien commence à rembourser les dettes de notre génération.
-> s'exonérer du rapport actif/inactif trop péjoratif et déphasé avec nos économies modernes (tous les pays développés ont ou auront un niveau quasi identique de charges structurelles étatiques liées aux risques sociaux et la solution n'est pas la dégradation de notre modèle social) : le rendement de cette contribution est lié à la richesse produite et consommée (découlant pour une part croissante d'activités capitalistiques, donc avec un faible taux de main d'oeuvre).
Les libéraux craignent cette solution car elle fragilise tous leurs arguments anti sociaux et les socialistes animés d'un dogmatisme suranné et d'une bien trop courte réflexion et vision sur le sujet social (hé oui !) rechignent à utiliser le prélèvement indirect (la baisse de 2 points de TVA du Gouvernement Jospin-Strauss Khan a contribué à une augmentation de 15 % de la dette publique cumulée sans procurer un seul gain de pouvoir d'achat pour le citoyen lamda : et ils renouent avec cette dérive avec leur plan hurluberludantesque (ça vaut bien abracadradantesque) de relance de l'économie en préconisant une nouvelle baisse de 2 points de la TVA....)
Donc le faux débat des déficits sans fin, des solutions sociales tronquées et des plans de révision à répétition de la CRDS vont encore être longtemps d'actualité !