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Le déjeuner, ou comment aller chez les grands chefs moins cher

Nicolas de Rabaudy, mis à jour le 09.06.2013 à 9 h 08

Bocuse, Meneau, Troisgros... Pour ne pas se couper de toute la clientèle des gourmets, les restaurants chics proposent des menus plus «abordables» à midi.

La soupe VGE de chez Bocuse.

La soupe VGE de chez Bocuse.

Les additions somptuaires des dîners dans les restaurants de luxe ont incité les chefs patrons, parmi les plus renommés de France, à présenter à midi des cartes-menus à des tarifs plus décents (de 40 euros à 120 euros), de façon à ne pas se couper de la vaste clientèle des gourmets.

Voici une sélection de tables d’excellence sans coup de fusil au déjeuner.

Paul Bocuse à Collonges au Mont d’Or

Le monument majeur de la restauration lyonnaise, des plats gravés dans le bronze du temps: soupe aux truffes, poularde en vessie, farandole de desserts dont le gâteau au chocolat Bernachon. Décor kitsch, service attentionné et le maître signe la carte aux familles. Vins du Rhône. Menu à 150 euros.

40 rue de la Plage au Pont de Collonges. Tél.: 04 72 42 90 90. Pas de fermeture.

Marc Meneau à Saint-Père sous Vézelay

Le grand chef bourguignon, meilleur cuisinier de France en 1985 pour Gault et Millau, deux étoiles archi-méritées à l’Espérance, présente un joli menu au restaurant Gainsbourg, à côté du bar: pâté en croûte au foie gras, tourte de volaille aux poireaux, fraises Marie-Antoinette, à 39 euros en semaine. A la table du beau Relais, face au jardin potager, excellente carte-menu le dimanche à 90 euros, vin compris. Une aubaine chez un maître cuisinier à la créativité époustouflante.

22 Grande Rue 89450 Saint Père. Tél.: 03 86 33 39 10. Fermé lundi, mardi, mercredi midi. Chambres. Voiturier.

Maison Lameloise à Chagny

L’ancien relais de poste dynamisé par Jacques Lameloise et aujourd’hui par Eric Pras, MOF, merveilleux cuisinier, affiche un excellent menu au déjeuner à 65 euros, à côté d’autres propositions à 120 euros et 180 euros. Grands plats: le foie de canard au chou vapeur, le Saint-Pierre à la mayonnaise chaude, moutarde et verveine. Beaux Bourgognes.

36 place d’Armes. Tél.: 03 85 87 65 65. Fermé lundi. Chambres.

Georges Blanc à Vonnas

Le petit-fils de la Mère Blanc a fait évoluer les préparations de la Bresse voisine: les cuisses de grenouilles, la poularde au foie gras et crème d’ail, le florentin au chocolat-praliné. Menu à 120 euros. Admirable carte des vins de Bourgogne et d’ailleurs.

Place du Marché. Tél.: 04 74 50 90 90. Fermé lundi et mardi. Chambres.

Les Flocons de Sel à Megève

Sur les sommets enneigés, le chalet à l’ancienne d’Emmanuel Renaut, trois étoiles méritées en 2012, offre un splendide récital des plats du terroir alpin: brochet et lotte du Léman, parmentier de pigeon rôti au foin, sabayon glacé à la Chartreuse. Un style dépouillé épatant. Menus à 49 euros, parmi les moins chers de France pour une très grande table, et aussi 85 euros au déjeuner. Vins de Savoie.

1.775 route du Leutaz. A 4 kilomètres du village mégevan. Tél.: 04 50 21 49 99. Chambres.

Le Petit Nice à Marseille

La meilleure cuisine de poissons de l’Hexagone? Au bord de la Méditerranée, un ensemble de préparations marines jamais vues ni goûtées sur la côte: des poissons rares, pêchés la nuit. Bouillabaisse d’anthologie. Menus au déjeuner à 90 euros et 135 euros en semaine.

Anse de Maldormé, Corniche J-F Kennedy. Tél.: 04 91 59 25 92. Fermé dimanche et lundi. Chambres sur la mer.

Troisgros à Roanne

Le répertoire inédit, très innovateur, d’inspiration asiatique de Michel Troisgros, de l’audace dans chaque assiette, ce qui tranche avec les plats bourgeois d’auguste mémoire de Pierre et Jean, le père et l’oncle. Reste le divin saumon à l’oseille. Menu à 100 euros à midi. Bourgognes bien choisis.

Place Jean-Troisgros. Face à la gare. Tél: 04 77 71 66 97. Fermé lundi au déjeuner, mardi et mercredi. Chambres.

Le Relais Bernard-Loiseau à Saulieu

Le chef Patrick Bertron, successeur du créateur de l’auberge bourguignonne, trois étoiles, 30 ans de maison, panache les plats de la mémoire dont le blanc de volaille au foie gras, la côte de veau épaisse et des plats de son inspiration saisonnière: le turbot à l’andouille, un éventail d’une belle richesse. Vins bourguignons au verre. Menus à 70 euros au déjeuner et 150 euros.

2 rue d’Argentine. Tél.: 03 80 90 53 53. Fermé mardi et mercredi. Chambres.

Pic à Valence

Anne-Sophie, la seule chef trois étoiles française, mitonne dans son agréable Relais paysagé sa collection de plats très personnels, entre tradition et modernité, enrichis d’un goût pointu pour les légumes et les épices. Un style culinaire en permanente évolution: poireaux et anchois de la Méditerranée, bouillon au thé vert et caviar d’Aquitaine, turbot côtier dans un consommé à la vanille et au rhum. Service de grande maison. Vins d’Hermitage. Menu à 90 euros au déjeuner.

285 avenue Victor-Hugo. Tél.: 04 75 44 15 32. Fermé dimanche et lundi. A côté, le 7, bistrot sudiste ouvert le dimanche. Chambres.

Les Prés d’Eugénie-les-Bains de Michel Guérard

Dans le vaste parc autour de la maison landaise décorée par Christine Guérard, le bonheur de vivre au cœur d’une nature préservée, la ferme thermale et le restaurant trois étoiles de Michel Guérard, septuagénaire, créateur de la cuisine minceur: l’œuf de poule au caviar, le filet de bœuf sur le bois, jus de viande et de raisin, un enchantement de toutes les heures. Déjeuner à 120 euros. A côté, la Ferme aux Grives, une auberge à l’ancienne.

Place de l’Impératrice. Tél.: 05 58 05 06 07. Chambres.

Les Crayères à Reims

C’est l’ancien château de pierres champenoises parfaitement restauré par les Gardinier, propriétaires du Taillevent à Paris. Voilà un cadre idéal pour concilier les plats très travaillés de Philippe Mille, double étoilé, et le vin des sacres royaux. De la haute cuisine très innovante, à base de produits nobles métamorphosés: chaud-froid de haddock dans une soupe de poissons, millefeuille de poularde aux truffes, poire pochée. Magnifique sélection de bruts à des prix décents. Déjeuner à 65 euros, menu à 110 euros. Le Jardin, brasserie champenoise dans la verdure. Ouvert le dimanche.

64 boulevard Henry Vasnier. Tél.: 03 26 24 90 90. Fermé lundi et mardi. Voiturier à la gare. Chambres.

L’Arnsbourg à Baerenthal

Au cœur de la forêt mosellane, une maison de bûcherons transformée en grand restaurant par Jean-Georges Klein, superbe cuisinier trois étoiles au répertoire ensorcelant. La meilleure table des marches de l’Est avec l’Auberge de l’Ill des Haerbelin, un «must» pour tous les gourmets: émulsion de pommes de terre et truffe, saint-pierre en croûte de sel, gibiers, tarte tiède au chocolat. Un grain de génie Déjeuner à 70 euros, menu à 145 euros.

Untermuhlthal, 18 route de Zinswiller. Tél.: 03 87 06 50 85. Fermé mardi et mercredi. Chambres en face.

L’Oustau de Baumanière aux Baux-de-Provence

Au bas des Alpilles, dans le Val d’Enfer, un des premiers Relais & Châteaux français inventé par Raymond Thuilier, trois étoiles, repris par son petit-fils Jean-André Charial, chantre de la cuisine du soleil. Sur la terrasse, face à la piscine, des plats de la mémoire: le rouget au basilic, l’agneau, les truffes, les crêpes. Vins des Baux. Déjeuner à 104 euros, menu à 163 euros.

Chemin départemental 27. Tél.: 04 90 54 33 07. Fermé mercredi et jeudi midi. Chambres.

Hôtel de Paris à Biarritz

Au bord de l’océan aux fameux rouleaux, le palace ocre inventé par Napoléon III, propriété de la Municipalité, dispose de trois tables dont l’Hippocampe sur la plage. A la Rotonde, le plus beau restaurant de France pour Alain Ducasse, vue magnifique sur l’horizon liquide, la cuisine fine, locale du chef Jean-Marie Gautier: le foie gras à la truffe, le merlu aux herbes, les rougets à l’encre de seiche, l’instant chocolat. Vins de Madiran. Menu à 65 euros.

1 avenue de l’Impératrice. Tél.: 05 59 41 64 00. Chambres sur la mer.

Joël Robuchon au Métropole de Monte-Carlo

Dans ce palace décoré et meublé par Jacques Garcia, le grand chef poitevin présente une carte abondante, axée sur les influences et produits sudistes, d’un formidable rapport prix-plaisir. Toute la Principauté se presse aux deux services: homard à l’avocat et huile épicée, risotto arroz bomba dans un bouillon façon paella, chariot de desserts. Vins de Provence. Déjeuner à 49 euros. Croque-monsieur fondant à 16 euros, tout un repas.

4 avenue de la madone. Tél.: (+377) 93 15 15 15. Chambres.

Yoshi au Métropole de Monte-Carlo

Amoureux du Japon depuis trente ans, le cuisinier multi-étoilé a inventé cette table nippone dans la cour dallée de l’hôtel: sushis, makis, boulettes de crevettes, black cod (poisson des mers froides) mariné et cuit. Une admirable carte qui mérite son étoile. Menus à 29 et 49 euros.

Tél.: (+377) 93 15 13 13. Fermé dimanche et lundi. Chambres à l’hôtel.

Le Cinq du Four Seasons George V (Paris)

Eric Briffard, crâne luisant, sourire permanent, formé chez Joël Robuchon, passé par le Régence du Plaza, double étoilé, est parvenu à démocratiser la haute cuisine de ce palace 1928 entièrement refait par le groupe canadien Four Seasons aux normes très strictes. Au déjeuner, ce cuisinier très créatif, spécialiste du gibier en feuilleté et de plats de tradition revisités avec sensibilité, propose un vitello tonnato finement assaisonné, un admirable jarret de veau de longue cuisson, et des profiteroles à la framboise pour le déjeuner à 75 euros, eau et café compris. Disons-le, Briffard, à la tête de 100 cuisiniers, pâtissiers et boulangers, a l’étoffe d’un chef triplement étoilé. Le Michelin devrait le reconnaître. Grands vins au verre, choisis par Eric Beaumard, Meilleur Sommelier d’Europe, directeur du Cinq, comme le Château Grillet 2008 et le Nuits Saint-Georges 2003 de Méo Camuzet, de quoi humecter ses papilles au mieux.

3 avenue George V 75008 Paris. Tél.: 01 49 52 71 54. Pas de fermeture. Chambres. Voiturier.

Le Carré des Feuillants d’Alain Dutournier (Paris)

Le grand chef landais s’efforce de combler ses fidèles si nombreux en composant un menu du déjeuner d’un extraordinaire rapport prix-plaisir: les asperges blanches dodues et goûteuses, le quartier d’agneau des Pyrénées, le carré, l’épaule et les ris aux bolets, le poulet homardine aux légumes confits, la tarte aux abricots, un ensemble de haute cuisine escorté de grands crus. Une table phare de Paris. Déjeuner à 58 euros.

14 rue de Castiglione 75001 Paris. Tél.: 01 42 86 82 82. Fermé samedi midi et dimanche. Voiturier.

L’Atelier Joël Robuchon Etoile (Paris)

Au sous-sol du Drugstore Elysées, dans un décor noir et rouge, les mangeurs s’attablent le long du bar circulaire face aux serveurs et aux cuisiniers, une atmosphère dépaysante pour un concept culinaire à la japonaise d’une étonnante variété: de la caille caramélisée au foie gras jusqu’au black cod à la mousseline de daïkon (navets) au yuzu et au délicat soufflé chaud aux fruits de la passion. Un must: la purée au beurre. Déjeuner à 41 euros, le moins cher de la capitale pour un tel raffinement. Bordeaux 2009 en magnum ou au verre.

133 avenue des Champs-Elysées 75008 Paris. Tél.: 01 47 23 75 75. Pas de fermeture. Voiturier.

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