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Vingt ans après, que signifie «Do The Right Thing»?

La musique dans le message de Spike Lee.

Jeudi 2 Juillet 2009
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«1989, a number, another summer, sound of the funky drummer» - Public Enemy, «Fight the Power»

Une des images les plus mémorables de l'été 1989 reste pour moi le clip de «Fight the Power», le morceau phare du grand classique de Spike Lee, Do the Right Thing, qui fête son vingtième anniversaire ce mois-ci.

Dans le clip réalisé par Spike Lee, les chanteurs de Public Enemy (entourés de gardes du corps de Fruit of Islam), parcourent le quartier de Bed-Stuy à Brooklyn, au milieu d'une foule de jeunes Noirs brandissant des pancartes. Tout le clip est une version moderne, et fictionnelle, de la Marche sur Washington organisée autour de Martin Luther King en 1963.

 

Et comment oublier la première séquence du film, où la danseuse Rosie Perez, alternativement en tenue de boxe et combinaison de lycra, réalise une compilation spectaculaire de toutes les danses noires américaines? Cadrée devant les briques sombres de Brooklyn, la danse de Perez - hachée, anguleuse, puissante, masculine et sexy - évoquait toutes les contradictions de la nouvelle génération.

Le film faisait irruption en plein milieu du débat sur la redéfinition de l'identité noire après les victoires dans la lutte pour les droits civiques. Dans ce cadre, la capacité de Spike Lee à aborder les problèmes aussi variés et complexe que la pauvreté, la brutalité policière, l'embourgeoisement des quartiers populaires, l'amour entre Blancs et Noirs, la violence dans le combat des Noirs, le déclin des commerces possédés par des Noirs, le culte de la célébrité, la violence contre les femmes et le racisme, révélait une sophistication à laquelle très peu de réalisateurs pouvaient prétendre.

Avec Do the Right Thing, Spike Lee donna le rythme à toute une génération d'écrivains, d'intellectuels, d'artistes et de musiciens. Mais aussi à deux jeunes gens brillants à peine sortis de leur prestigieuse université : Barack Obama et Michelle Robinson, qui auraient vu le film lors de leur premier rendez-vous.

Vu d'aujourd'hui, le film anticipait le meurtre de Yusef Hawkins, un jeune Noir de Brooklyn abattu en 1989 dans le quartier italo-américain de Bensonhurst, mais aussi l'élection de David M. Dinkins, le premier afro-américain à devenir maire de New York.

Comme on pouvait s'y attendre, de nombreux critiques firent des lectures erronées du film. La National Review l'accusa de « profiter des tensions communautaires » et le journaliste Joe Klein affirma dans les colonnes du magazine New York que le film allait provoquer des émeutes.

Do the Right Thing s'inspire bien sûr de faits réels, comme l'agression de Howard Beach, en 1986, qui entraîna la mort accidentelle de Michael Griffith, la mort en détention de Michael Stewart (1983), le meurtre d'Eleanor Bumpurs (1984), abattue par la police lors d'une descente, et les accusations de viol lancées par la jeune Tawana Brawley (1987). Déjà, Spike Lee était à la pointe de la critique du racisme dont sont victimes les Noirs américains. Mais il serait injuste de réduire le film à cet unique aspect.

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