Enterprise, Faucon Millenium, Galactica... Le comparatif ultime des vaisseaux spatiaux

Une recherche hautement spéculative sur les vitesses comparées des vaisseaux de science-fiction.

L'Enterprise / The Star Trek Gallery

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Star Trek est une série consacrée aux voyages interstellaires. C’est d’ailleurs ce que signifie le titre de la série en anglais. «Warp 6!» «Warp 9!» crie ainsi le capitaine, cris parfois suivis d’un «virgule quatre!» un peu pédant, et parfois accompagné d’autres exclamations diverses. Ces chiffres énoncés donnent l’impression d’un système défini de quantification de la vitesse, mais qui est trompeur.

A cet égard, Star Trek est un bon exemple d’un des thèmes récurrents de la science fiction: le flou artistique autour de tout ce qui touche à la distance et à la vitesse. Quand les personnages doivent se rendre d’un point A à un point B à une vitesse qui semble défier les règles existantes, la science-fiction invente des tunnels spatiotemporels, des glissements ou autres anormalités qui permettent au commandant de bord de «risquer» la désintégration de son vaisseau en le poussant à une vitesse «qu’ils n’est normalement pas en mesure d’encaisser!» Parfois, c’est pire: les auteurs ignorent tout simplement les règles et laissent aux fans le soin de broder, de faire en sorte que la science-fiction soit aussi réaliste que possible, et de tenter de trouver une explication aux aberrations constatées sur toute une variété de forums et de pages Wiki.

Il est un peu bizarre qu’un genre ayant comme point de départ la science, le domaine même de la précision, puisse être si imprécis. La vérité, c’est que les vaisseaux spatiaux se déplacent toujours à la vitesse de l’intrigue. Mais pour ceux qui refusent d’accepter cela, voici donc le guide définitif (évidemment!) des vitesses relatives des vaisseaux, fondé sur les simulations sur ordinateur les plus avancées et sur des spéculations très hautement non-scientifiques.

«Enterprise»

Les fondus de Memory Alpha, la page wiki de Star Trek wiki, sont déjà parvenus à une explication bien alambiquée qui part de différentes échelles de distorsion associés aux différentes périodes de l’histoire fictionnelle de Star Trek. Je vous livre la version courte: comme cela a été déterminé par un guide de la série originale rédigé par un des auteurs, un vaisseau comme l’Enterprise, qui voyage à la vitesse maximum (et légèrement dangereuse) de distorsion, pourrait atteindre Alpha du Centaure en trois jours.

Bien que cette information soit en contradiction avec le voyage manifestement plus court qui voit le vaisseau parcourir la distance séparant la Terre de Vulcain dans Star Trek (2009), nous allons conserver la référence de la série originale. Les vaisseaux plus tardifs sont plus rapides, mais même Voyager, un des vaisseaux spatiaux les plus rapides de la fédération de l’univers de Star Trek mettent plusieurs décennies à traverser la galaxie et revenir.

«Le Faucon Millenium» 

Lorsque Luc et Obi Wan rencontrent pour la première fois Han Solo à Mos Eisley, la première vantardise que le contrebandier prononce à propos de son vaisseau est: «Vous n’avez jamais entendu parler du Millenium Condor?» (Oui, dans le premier épisode en français, le «Faucon Millenium» s’appelle le Millenium Condor», entre autres différences de traduction avec les épisodes qui suivront, notamment des noms des personnages, NdT). Et il s’en suit immédiatement une grosse bourde scientifique: «C’est ce type d’appareil qui a fait raid sur Kasselring en 20 parsecs», dit Solo (En anglais, on parle du «raid de Kessel» et  la distance a été effectuée en «moins de 12 parsecs», nous voilà bien avancés! NdT).

Or, un parsec est une unité de distance et pas de temps. Malheureusement, même les explications très élaborées fournies par la suite ne donnent pas d’informations plus concluantes que celles, totalement erronées, de la scène initiale. «Il fait du 0,5 au dessus de la vitesse-lumière», se vante ensuite Han Solo, mais qu’est-ce que ça veut dire? Cela ne signifie certainement pas 1,5 fois la vitesse de la lumière, car si tel était le cas, il lui faudrait plusieurs années pour se déplacer d’une étoile à une autre.

Skywalker et sa bande quittent donc Tatooïne pour rejoindre Aldérande et le trajet est censé ne durer que quelques heures. Les deux planètes, à en croire ce tableau, sont situées à moins d’une demi-galaxie de distance –ce qui ne colle pas non plus avec les livres de Star Wars le jeu de rôles qui suggèrent qu’il faut plusieurs mois pour traverser la galaxie. Si l’on excepte les comics consacrés à la série, les personnages ne voyagent pas d’une galaxie à une autre, ce qui serait dû à des perturbations entre les galaxies. Et les questions que j’ai pu poser à divers passionnés de Star Wars m’ont donné des réponses variées.

Voici donc ma conclusion: dans les films, les personnages voyagent entre Tatooïne, Aldérande, Hoth, Dagobah, Bespin, Naboo, Coruscant, Mustafar et Geonosis et il ne semble pas que des mois ni même des semaines s’écoulent lors de ces déplacements. A chaque fois qu’un personnage de Star Wars voyage dans l’espace, cela ressemble ni plus ni moins qu’à un voyage routier et nous en conclurons donc, en partant du principe que Han Solo parvient à faire fonctionner ses moteurs supraluminiques, que le Faucon Millenium est en mesure de rejoindre le centre de la galaxie en quelques minutes.

TARDIS

Dans la bande-annonce de la cinquième série du Docteur Who, le Onzième docteur évoque le TARDIS et le fait qu’il peut voyager dans le temps et l’espace, en tous lieux et sur toutes les étoiles. Au cours des 797 épisodes de toutes les séries, le TARDIS semble en mesure de se rematérialiser instantanément dans toutes les galaxies, tous les univers, toutes les époques, avec son bruit caractéristique. Dans certains épisodes, on le voit se déplacer dans l’espace ou poursuivre des voitures. Concentrons-nous sur son mode de déplacement le plus rapide: il est donc capable de se déplacer en tout lieu et en toute période presque instantanément.

Le vaisseau de «Planet Express»

La matière noire, le carburant utilisé par le vaisseau du Planet Express, 200 fois plus efficace qu’un carburant classique, lui permet de se déplacement facilement d’une galaxie à une autre, comme la galaxie de la terreur voire, en une matinée, jusqu’aux limites de l’univers. Ses voyages intergalactiques réguliers  en font aisément l’un des vaisseaux spatiaux les plus rapides de la Science fiction.

«Le Cœur en Or»

Le Cœur en Or se déplace grâce au générateur d’Improbabilité infinie ce qui, à en croire le Guide du voyageur galactique, constitue «une merveilleuse nouvelle méthode permettant de franchir de vastes distances interstellaires en une poignée de secondes». Il n’a qu’un seul défaut: «Impossible de savoir où vous allez vous retrouver ni quelle forme sera la vôtre quand vous y arriverez.»

«Jupiter 2»

Le navire de la famille Robinson qui se perd dans l’espace dans la série... Perdus dans l’espace est censé rejoindre Alpha du Centaure au bout de cinq ans et demi. (Mais le vaisseau est saboté.)

«Serenity»

Dans cet univers, les voyages sont strictement interplanétaires. Un des manuels mis au point par la production suggère que les vaisseaux de la classe Firefly (Luciole) comme celui de Malcolm Reynolds mettent seize jours pour parcourir une unité astronomique, soit la distance entre la Terre et le soleil, mais le caractère fixe de la chose est matière à débat. Le matériel que l’on peut trouver dans le jeu de rôles Serenity suggère que les planètes de l’univers (The Verse) sont situées dans l’entourage de quatre étoiles très proches les unes des autres et qui, à en croire cette carte officielle du Verse s’étendent sur quelques centaines d’unités astronomiques. Même avec Wash à la barre, Kayle aux machines et Malcolm aux jurons en chinois, il faudrait quelques décennies au Serenity pour rejoindre un autre système solaire.

Battlestar «Galactica»

Le Galactica traverse l’univers en passant d’un endroit à un autre par des sauts instantanés de quelques années lumières. L’étendue maximum de ces sauts demeure obscure mais semble tourner autour de 16 «années-lumière coloniales» que je vais donc arrondir à des années-lumière de base au risque de me mettre à dos des centaines de geeks. La durée de la période de refroidissement est également très vague mais elle est «brève» et je vais la fixer à cinq minutes. 

Cela nous fait donc, environ, 4.600 années-lumière par jour ce qui, si l’on fait abstraction des dégâts infligés à sa structure, permet donc au Galactica de rejoindre le centre de la galaxie en environ six jours, saut après saut, avec, naturellement, des Cylons à ses trousses pendant tout le trajet.

«Voyager 1»

La véritable sonde spatiale, lancée en 1977 s’éloigne du soleil à une vitesse de 62000 kilomètres heures. Une telle vitesse représente environ 0,00005 années-lumière par an. Si la sonde se déplaçait en direction d’Alpha du Centaure, il lui faudrait plusieurs milliers d’années pour l’atteindre.

(Capitaine) Chris Kirk

Traduit par Antoine Bourguilleau

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L'AUTEUR
Journaliste à Slate.com Ses articles
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Publié le 12/06/2013
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