Grand emprunt d'aujourd'hui, grands impôts de demain, par François Hollande
- Lingots de la Banque de Pologne. CC Flickr Covilha -
Nul n'ignore que l'Etat depuis plusieurs années emprunte non seulement pour financer ses dépenses d'investissement mais pour couvrir ses charges de fonctionnement. En 2009, le déficit atteindra près de 8% du PIB, soit 40% du budget.
Mais qui sait aujourd'hui que la sécurité sociale emprunte faute de recettes suffisantes pour payer les retraites et rembourser les médicaments; que l'Unedic emprunte pour indemniser les chômeurs dès lors que les cotisations qu'elles prélèvent sur les salariés et les employeurs ne parviennent plus à assurer l'équilibre; que les collectivités locales vont lever un volume exceptionnel de crédits bancaires dès lors que l'Etat les incite à investir davantage?
Chacun peut aisément comprendre que la dette publique qui se situait au niveau déjà élevé de 65% du PIB en 2008 va atteindre, au rythme actuel plus de 85% en 2010 et sans doute près de 100% à la fin 2012.
La faute à la crise? Pour une part - mais comme l'a souligné la Cour des Comptes, le mal était déjà profondément installé et préexistait à la tourmente financière de l'automne dernier.
Le déficit de l'Etat dépassait largement 3% du PIB, celui des comptes sociaux 10 milliards d'euros et l'Unedic commençait à manquer de ressources. La responsabilité tient moins au défaut de maîtrise des dépenses - même si des économies sont toujours possibles - qu'à des allègements d'impôts et de cotisations inefficaces économiquement et coûteuses financièrement (dix milliards d'euros pour le paquet fiscal, sept pour les baisses d'impôts sur le revenus et 50 millions pour les niches fiscales et sociales...) Se sont ajoutés depuis 3 milliards de pertes fiscales sur la restauration et huit milliards pour la suppression partielle de la Taxe professionnelle.
Et c'est le moment qu'a choisi Nicolas Sarkozy pour annoncer un grand emprunt pour préparer l'avenir.
Je passe sur le côté improvisé de la déclaration présidentielle. (A en juger par les difficultés du Gouvernement pour préciser le montant, le taux et l'affectation de l'emprunt.)
Je veux revenir à l'idée elle-même. Elle n'a que peu à voir avec le grand emprunt européen réclamé par beaucoup à l'occasion du scrutin du 7 juin dernier. L'Union Européenne est en effet le bon cadre et la banque européenne d'investissement le bon instrument pour participe à un effort coordonné de soutien à la croissance. Rien de tel dans le projet de Nicolas Sarkozy.
L'idée peut s'inspirer des grands emprunts dont notre histoire financière est si riche. De Pinay à Balladur en passant par Giscard, des ministres des Finances ont accédé à la postérité en ayant eu recours à l'épargne publique soit pour lutter contre l'inflation soit pour marquer symboliquement la confiance des Français en l'Etat tout en lui apportant les ressources indispensables à son «équilibre». Cette opération assortie d'un avantage fiscal s'est révélée à chaque fois coûteuse pour les finances publiques et guère profitable politiquement à son auteur.
Mais le chef de l'Etat prétend faire du neuf, le grand emprunt ne servirait pas à colmater les brèches des comptes publics et sociaux, il ne couvrirait pas le déficit actuel, il financerait des dépenses d'avenir sans qu'il soit possible encore de savoir lesquelles. Ça ne serait pas non plus un plan de relance mais un objet financier non identifié, c'est à dire un ensemble de dépenses, certaines d'investissement d'autres de fonctionnement qui pourrait être présentées à la veille des élections régionales. Il s'agirait alors davantage de l'avenir de l'UMP que des territoires.
En fait, qu'importe l'intention politique, ce grand emprunt s'analysera pour ce qu'il est: une nouvelle dette pour prendre en charge un nouveau déficit plus large encore que le précédent. Le grand emprunt d'aujourd'hui préparent les grands impôts de demain, les générations suivantes paieront et pour longtemps. Le laxisme budgétaire que l'on aura ainsi autorisé - car les dépenses nouvelles quelle que soit leur pertinence, ne dégageront pas une rentabilité suffisante pour absorber les charges d'intérêt et de remboursement liées à ce grand emprunt.
Aussi, c'est vers une autre voie qu'il faut se diriger. En période de crise, le taux d'épargne s'élève mécaniquement, la crainte du futur alimentant la prudence des ménages et le report de décisions d'achats.
Dans le même temps, les entreprises ont plus de mal à se financer auprès des banques ou des marchés. Aussi, ce n'est pas d'un emprunt d'Etat dont l'économie a besoin mais d'une épargne affectée à l'investissement productif. La bonne procédure n'est pas de créer une dette publique supplémentaire.
La bonne idée serait donc de lancer un emprunt garanti par l'Etat et dont le produit servirait à financer à long terme et à faible coût les projets d'investissement des entreprises et notamment des PME. Ce serait plus efficace, plus rapide, plus structurel et sans conséquences sur les finances publiques.
François Hollande
Image de une: Lingots de la Banque de Pologne. CC Flickr Covilha
Mis à jour le 29/06/2009 à 12h59










![[Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus» [Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/villepin_4_0.jpg)































Votre commentaire est correcte, le seul hic c'est ca n'empechera pas la dette de grimper. Le déficit est structurel, tant que l'Etat n'aura divisé en 2 son budget, la faillite est programmé; je pourrais dire les choses autrement, la France n'a plus les moyens de son modèle. Il y a trop de bénéficiaire et pas assez de cotisant. Et comme la solidarité s'arrète au portefeuille, je ne crois pas que le système aille beaucoupplus loin, il est a bout de soufle.
"Ne construisons pas un projet pour aujourd'hui avec les mots d'hier, mais pour demain avec la vision d'après-demain". Qui a dit cela? L'auteur de cet article ferait bien d'en tenir compte.
Si j'ai bien compris il est contre les impôts demain et pour les impôts aujourd'hui. Contre un emprunt s'il vient de Sarkozy, en dénonçant les enjeux et modalités avant même qu'elles aient été décidées par le gouvernement. Les procès d'intention évitent la considération des réalités et permettent toutes les spéculations, supposées rationnelles et fatales. D'ailleurs vous le dites bien "qu'importe lintention politique". Ah oui " Il s'agirait alors davantage de l'avenir de l'UMP que des territoires". Si ça se trouve c'est Sarkozy qui a provoqué la crise...
A propos du financement des PME que vous proposer qui a hurlé lorsqu'il a été question d'affecter une partie de l'épargne du livret A au même but?
Mais ça y est j'ai compris il ne s'agit pas de traiter des problèmes et de la rationalité des solutions, il s'agit de les utiliser pour disqualifier l'"adversaire" comme on disait du diable en d'autres temps. Il suffit d'orienter les analyses de façon adéquate. Chacun son métier mais comment allez vous en changer pour assurer d'éventuelles responsabilités nationales. Mais peut-être visez-vous seulement 2017 ?
Ah oui la réponse à la question initiale : un certain FH.
La dépense publique serait donc moins efficace que l'investissement privé... le PS avance !
La dette, qui a été le meilleur soutien du PS au pouvoir, serait devenue un souci... Je vais me réveiller, je dois rêver... je croyais que l'Etat ne pouvait être en faillite. Ne suffit-il pas de vendre le Château de Versailles ?
Un système qui garantit les emprunts des PME par un organisme public... Mais ... vous savez que ça existe ça... OSEO, cela vous dit-il quelque chose ?
Allez, courage, 2012 est encore loin.
Malheureusement comme beaucoup de politiques français M. Hollande, dans le même texte, regrette les baisses d'impôts passées et condamne les hausses d'impôts futures. Je reste pour ma part perplexe quant à l'opinion de M. Hollande sur ce sujet. Est-il pour ou contre l'augmentation des impôts? Cela restera je pense un mystère.
Je passe sur le fait que réduire la taxe pro (assise sur l'investissement) correspond de fait à subventionner "les projets d'investissement des entreprises et notamment des PME" de 8 Mds €. Et çà nous fait économiser les frais de fonctionnement nécessaires à la collecte puis à la redistribution de ces 8 Mds €.
Pour compléter Peter Jones, je pense que le modèle français conçu autour d'un déficit publique toujours plus grand comme soupape de sécurité permettant d’éviter toute remise en question collective a une durée de vie intrinsèquement limitée par la capacité d'endettement maximale de l'Etat. Après il faudra le réformer. Ou plus exactement nous avons 3 alternatives possibles:
- Soit nous le réformons dans la douceur en baissant le coût des services publics par rapport aux services rendus, au prix d'un effort de modernisation finalement profitable à tous, même aux plus conservateurs des thuriféraires de l’état providence,
- Soit nous augmentons les impôts pour combler le déficit, sachant que nous avons déjà un taux d'imposition proche du confiscatoire qui limite les possibilités de hausse (raison pour laquelle même la gauche n'ose pas trop augmenter les impôts et transformer un déficit en excédent).
- Soit nous ne faisons rien dans la continuité de notre passé récent et le système explose de lui-même : La réforme se fait toute seule. A la casse, certes, mais bon elle se fait.
Peu d'analystes ont souligné que le fameux moteur de l'économie française que constitue la consommation des ménages correspond globalement à un plan de relance global, durable et caché que nos gouvernements financent par le déficit depuis 30 ans.
Le titre de la chronique de HOLLANDE est un excellent slogan... Mais si on y regarde de plus prés:
1) pourquoi ne dit-on rien de l'emprunt (forcé) lancé par Delors en 1983? Non! l'emprunt auprès du public n'est pas toujpurs de droite, sans parler du Ramadfier 56...
2) comment les socialistes comptaient-ils financer le plan de relance "vraiment à la mesure de la crise" qu'ils reprochaient à Sarko de ne pas avoir fait? Rien qu'avec des économies de gestion, sans pour autant bien sûr diminuer le nombre de fonctionnaires ni d'implantations de services publics? Il faudrait qu'il nous explique...
3) en quoi un emprunt européen est-il plus satisfaisant? Il imposerait une nouvelle catégorie d'impôts directement versés à Bruxelles pour garantir lors de son lancement et rembourser ensuite cet emprunt. M. Hollande croit-il que cela favoriserait l'adhésion des peuples au projet européen et réduirait le coût pour eux du rembousement ?
Critiquer Sarkozy, pourquoi pas? Mais cela ne doit pas dispenser d'un minimum de logique et de cohérence.
m'sieur hollande vous avez dit avec votre ami du fmi (dsk): "il faut noyer la maison pour sauver l'économie"
et bien nous y voilà m'sieur :)
sarko va noyer le malade!
mais les allemands aussi et d'autre pays vont suivre.
alors pourquoi?
1) y'a des économies de disponible mais plus en banque. la crise est passée mais la confiance est pas revenue. du coup il existe des fond que ces emprunt vont solliciter
2) restaurer la confiance! : passer par sa banque pour cet argent dormant chez soit est un premier pas.
3) traquer les fraudeur: un intéressé par des emprunt edf, état, etc va attirer l'attention non? surtout si il affirmait avoir été ruiné.
4) donner un plus au ménage disposant de fond disponible. ces ménage qui intéressent tant car eux ont de sous!
l'emprunt de sarko est loin d'être naïf et plat.
après le diable est dans les détail: pourquoi cet emprunt, pour qui?
et là pour une fois vous donnez une piste: "La bonne idée serait donc de lancer un emprunt garanti par l'État et dont le produit servirait à financer à long terme et à faible coût les projets d'investissement des entreprises et notamment des PME. Ce serait plus efficace, plus rapide, plus structurel et sans conséquences sur les finances publiques."
maintenant si sarko vous écoute vous direz que ce ne sont pas les bonne régions? les bon projet de financer?
cet emprunt sent l'arme politique pour les régional non?
Monsieur Hollande a parfaitement raison de dénoncer la boulimie de dépenses de Nicolas Sarkozy, qui creuse chaque jour le déficit et la dette, obérant le niveau de vie de nos enfants. Il est temps de s'y opposer et c'est ce qu'ont fait plusieurs dizaines d'économistes avec une pétition pour une relance durable, par la baisse des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires. Une démarche salutaire, que l'on peut retrouver sur http://www.relancedurable.fr
La plupart des réactions des politiques et des Slaters fonctionne sur l'idée que les outils intellectuels qui permettent d'appréhender les conséquences d'un endettement de l'état, sont les mêmes que ceux qui permettent d'appréhender les conséquences des dettes des individus. La conséquence étant que la dette publique d'aujourd'hui serait la dette que paierons nos enfants demain.
Mais une génération c'est 20 ans. On ne peut donc pas de toute évidence réduire la réflexion sur la dette de l'état à celle d'un foyer qui emprunterait sans cesse pour rembourser ses dettes à la fin du mois. Je me doute bien qu'une progression constante de la dette de l'état pour maintenir son niveau de dépense finira par un clash, mais j'ai quand même l'impression que le débat actuel est très simplificateur.
A la base, il y a même l'idée implicite, tellement elle semble évidente, que pour s'enrichir, il faut épargner.
Mais est-ce si vrai pour un état ?
Quelles sont les économies qui au final enrichiront la collectivité et donc dans 20 ans nos enfants ?
Et qu'est-ce que c'est qu'un investissement pour un état ? On oppose dépense de fonctionnement et, pour simplifier, grands travaux. Mais est-ce que certaines dépenses de fonctionnement ne sont pas de meilleurs investissements qu'une nouvelle autoroute ou un nouvel Hôtel de région ?
On peut réduire, sans conséquence, les dépenses de prestige: frais de bouche de la présidence ou congrès de Versailles. Il est cependant manifeste que l'on restera encore loin du compte.
Mais prenons l'exemple des retraites. Le régime des retraites est et restera déficitaire nous dit-on parce que, en raison de la prolongation de la durée de vie, les cotisants seront toujours moins nombreux que les bénéficiaires. Supposons que l'on prolonge l'age de la retraite à 67 ans, alors qu'aujourd'hui moins de 40% des plus de 55 ans sont encore actifs. Le coût du traitement social du chômage va exploser. On est donc en présence d'un transfert des coûts plus que d'une réelle économie. Mais ce coût ne va pas se limiter à cela. Les individus vont devoir mettre en place une épargne de précaution beaucoup plus importante qui sera retirée du circuit de la consommation pour partir dans des circuits financiers qui n'ont pas fait preuve d'une remarquable efficacité ces derniers temps. Si on fait l'hypothèse que certaines dettes sont vertueuses, l'épargne des français permettra à d'autres pays de se développer alors qu'en France, les actifs, vont participer à l'augmentation du chômage en consommant moins, et creuser encore un peu plus le déficit. On peut également légitimement supposer qu'un retraité de 70 ans consomme moins qu'un retraité de 60 ans. Il va d'autant plus être tenté de thésauriser, que la couverture sociale est également remise en cause et que c'est la fin de vie qui est la plus coûteuse.
De même, on veut réduire le nombre de fonctionnaires. L'éducation nationale a les plus gros bataillons. Je veux bien admettre que la multiplication des enseignants n'est pas nécessairement la bonne réponse à la crise actuelle, mais en même temps il est évident que si les enfants que l'on forme aujourd'hui ne sont pas performants dans 20 ans, la seule industrie qui nous restera sera l'industrie touristique. Et celle-ci ne pourra à elle seule financer les retraites et plus généralement le train de vie de l'état si réduit soit-il.
Réduire les coûts de l'assurance maladie en réduisant les remboursements, peut sembler à première vue, économiquement plus vertueux. Après tout, si les gens sont moins bien soignés, ils mourront plus vite, ce qui soulagera d'autant les régimes de retraite. Mais là encore, sans même évoquer l'injustice sociale, on va pénaliser la consommation, car il faudra développer une épargne de précaution. De plus, si on en juge par les prix pratiqués aux Etats-Unis par les laboratoires et les hôpitaux, le tout privé est particulièrement peu performant en matière de santé.
Et je pourrai continuer avec ce raisonnement sur tous les grands services de l'Etat.
M. Hollande a titré son article "Grand emprunt d'aujourd'hui, grands impôts de demain". Mais qu'importe la taille de l'impôt, ce qui compte c'est la richesse de la collectivité qui devra demain le supporter.
Votre commentaire est intéressant mais, de mon point de vue, il manque une chose qui me semble essentielle : La charge de la dette.
Certes, la dette d'un Etat et celle d'un ménage ne sont pas comparable. Toutefois, la question de la charge de la dette, les intérêts payés chaque année pour attendre.
Cette charge est aujourd'hui le deuxième budget de l'Etat (après l'éducation) et dépasse le montant de l'impôt sur le revenu.
Cette argent ne sert finalement à rien sauf à faire patienter ceux qui ont financer notre dette, c-à-d ce que nous n'avons pas payé en temps et heure.
Dans un logique absolue, le jour où les impôts ne couvriront plus les intérêts de la dette, nous seront en faillite. En fait, bien avant, les prêteurs auront cessé leur soutien bien avant.
Cordialement,
Si on admet que la dette sera remboursée un jour, par les investissements qu'elle a permis, la dette est vertueuse.
C'est nous qui en payons la charge, et nos enfants qui tireront profit des investissements.
Mais bon, c'est sans doute une vision très idyllique de l'affectation de la dette !
En effet un état peut battre monnaie et donc ne peut pas faire faillite. C'est une grande différence avec un ménage ou une entreprise.
D'un autre coté, si la dette est vertueuse et que le risque de faillite est nul, alors pourquoi tenter de limiter cette dette publique? Pourquoi nos gouvernants depuis 30 ans n'ont pas emprunté selon leur grés, et ont-ils voulu maintenir cette dette dans des limites acceptables (je laisse à chacun sa propre définition de cette limite acceptable)? C’est pour moi la preuve par les faits de l’erreur de cette théorie économique qui tente de nous faire croire que finalement la dette publique ce n’est pas grave. On y retrouve quelques économistes de gauche et des tenants de l’étatisme de droite. Mais je n’ai jamais entendu ces intellectuels aller jusqu’au bout de leur théorie et conseiller d’emprunter sans limite et indéfiniment. Pourquoi ? Y aurait-il finalement une limite à la dette publique ? Si oui, quelle est-elle ? 80% du PIB, 100%, 200%, 1000% ?
Si on est d'accord sur le fait qu'un état ne peut pas emprunter indéfiniment mais qu'il peut émettre de la monnaie indéfiniment, alors le meilleur moyen de réduire la dette est de ruiner les créanciers en émettant toujours plus de monnaie, avec pour résultat l'inflation. Peut-être pas l'hyperinflation (à 3 ou 4 chiffres) mais probablement à 2 chiffres et en tout cas très supérieure à 2%, objectif de la BCE.
Certes le plan B serait de réduire la dette en équilibrant les comptes. Compte tenu de notre niveau d’imposition record, la solution logique serait de réduire les dépenses de la sphère publique…. Mais nous sommes en France, pays ultraconservateur de gauche, passons donc directement au plan C :-)
Le plan C est de créer une croissance du PIB supérieure à la croissance de la dette, ce qui mécaniquement réduit le ratio dette/PIB. J’ai bien peur que l’époque ne soit pas vraiment propice à ce scénario :-(
Conclusion : A chacun d’anticiper et d’être prêt lorsque cette inflation se déclenchera.
Nuançons nuançons.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Dette_publique_france_%25_du_PIB.png
Je vous laisse chercher les grandes dates.
Concernant cet emprunt, je suis outré que tous les ministres se battent pour savoir qui aura cet argent.
En effet je me posait aussi la question du financement. Mieux vaut participer à cet emprunt car les français devront payer. Alors autant payer avec les intérêts touchés que sans! Grossomodo l'argent gagné par cette emprunt, il faudra bien le rembourser. Et le père noel n'existe pas.
Etonnant aussi cet politique de relance de la consommation et de proposer un investissement "intéressant".
C'est vrai que des mesures tel que l'arrêt de la taxe professionnelle il faudra bien la financer. Le moment est si bien choisi afin d'alourdir la taxation des ménages.
Bref, extrêmement brouillon tout ça
Mr Hollande, vous qui lisez et répondez aux interrogations des slaters (je rigole !), juste deux petites questions:
Depuis que Nicolas est président: Y a-t-il, dans son action globale, quelque chose qui trouve grâce à vos yeux ? Ou bien, ne venez-vous sur Slate que pour critiquer et critiquer encore ?
Dans l'attente, sans illusion, de votre réponse,
Et pas seulement pour M. Hollande.
Pour ma part, je ne vois que la présidence européenne. Non pas que son bilan soit exceptionnel, mais il a laissé l'impression que l'Europe pouvait servir à quelque chose.
N'oublions que les emprunts d'autrefois, avaient en quelque sorte un intérêt. Sans mauvais jeu de mot.
Aujourd'hui, financer des investissements d'avenir, comme le numérique ou l'écologie, c'est se fourvoyer. Avec la mondialisation, la Chine et l'Inde innoveront et produiront toujours moins cher que nous... C'est déjà le cas dans le photovoltaïque. Sans compter toutes ces délocalisations qui étaient déjà programmées avant la crise.
Cet emprunt est un opium qui ne nous aidera pas à voir la réalité en face : l'économie s'est déplacée ailleurs que chez nous.
On a forcé les banques à prêter aux PME, avec une garantie d'Etat (jusqu'à 90%, waou). Bientôt, les trésoreries seront à nouveau vidées (et oui, les caisses sont vides aussi chez les entrepreneurs)... et ce sera la cata, les licenciements, encore pire qu'aujourd'hui.
D'où cette idée de grand emprunt pour se relancer avec des nouvelles idées, des nouvelles industries... Histoire, pour l'UMP, de repousser le caca à 2012, d'arroser les élus locaux (merci Estrosi) avec les pôles de compétitivité...
A ce moment là, cher M. Hollande, je ne pense pas que vous serez "équipé" pour faire le ménage et chasser les mauvaises odeurs. Les jeunes et vieux loups du PS s'éclipseront discrétement... Et la place sera libre pour n'importe quelle femme un peu illuminée, mais courageuse.
Toutes mes amitiés à votre ex-femme.