Révélations sur le rôle de la City dans la traite négrière

Nathan Mayer Rothschild, le fondateur de la dynastie des banquiers d'affaires au XIXe siècle et William James Freshfield, le fondateur de Freshfields, un des grands cabinets de la City à Londres, auraient profité financièrement de l'esclavage. C'est le résultat d'une enquête publiée ce samedi par Le Financial Times à partir de documents tirés des archives nationales. Les deux banques symboles du capitalisme du XIXe siècle ont pourtant toujours été décrites comme des adversaires de l'esclavage.

Dans le cas de Nathan Rothschild, les documents révèlent qu'il aurait enregistré des gains en utilisant les esclaves comme garantie dans les relations bancaires avec un esclavagiste.

Selon le FT, ce n'est pas la première fois que des banques sont suspectés de s'être enrichis grâce à la traite négrière, mais ces révélations sont susceptibles d'avoir un plus grand retentissement que les affaires passées. JPMorgan, la banque d'investissement, avait ainsi été contrainte à créer un fonds de 5 millions de dollars en bourses en faveur d'étudiants noirs en Louisiane pour s'excuser en 2005 de ces liens passés avec l'esclavage.

Des historiens interrogés par les journalistes du quotidien économique estiment que les documents exhumés pourraient aider à mieux comprendre l'importance de l'esclavage en Grande-Bretagne. «Nous avons besoin de combler le fossé entre ceux qui nient le rôle de l'esclavage et ceux qui croient que la Grande-Bretagne a été entièrement construit sur le sang des esclaves», a estimé l'un d'entre eux.

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Image de une: Convoi d'esclaves, enchaînés et captifs de jougs de bois / 19e siècle / Afrique centrale © The Atlantic Slave Trade and Slave Life in the Americas