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- Par Jacob Weisberg
- Jacob Weisberg est le président et le rédacteur en chef de Slate Group et est, entre autres, auteur du livre « The Bush Tragedy ».
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Jacob Weisberg
Jacob Weisberg est le président et le rédacteur en chef de Slate Group et est, entre autres, auteur du livre « The Bush Tragedy ».
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Michael Jackson n'était pas pédophile
Cet article a été écrit par Jacob Weisberg, alors éditeur de Slate.com, en 2005 après le procès intenté à Michael Jackson pour pédophilie devant la justice californienne.
Je n'ai jamais cru en la pédophilie de Michael Jackson. Tout d'abord il ne correspond pas au profil du pédophile. Les personnes abusant d'enfants tendent à agir de la même façon, encore et encore. Une étude montre que les personnes qui agressent sexuellement des garçons commettent près de 280 délits de ce type dans leur vie. Or aujourd'hui, malgré l'appât du gain qu'engendreraient de telles accusations contre Michael Jackson, seules deux victimes présumées se sont présentées avec des allégations détaillées.
De plus ces deux accusations, séparées de dix ans, ne correspondent pas à un modèle l'une et l'autre. Pour parler franchement, dans le cas le plus récent, l'accusateur - victime du cancer - a déclaré avoir été tripoté par Michael Jackson. Le précédent plaignant, dont la famille a perçu en 1993 vingt millions de dollars de dommages et intérêts, accusait le chanteur d'abus sexuel plus extrême, et parlait notamment de rapports bucco-génitaux.
Mais la raison principale pour laquelle je n'ai jamais cru à la description dressée par le procureur, qui faisait de Michael Jackson un prédateur sexuel, agissant de manière préméditée, «préparant» ses victimes, est le fait qu'elle ne sonne pas bien d'un point de vue psychologique. Qu'il ait oui ou non touché un garçon de manière inappropriée, Michael Jackson semble trop fragile émotionnellement pour agir comme un adulte, encore moins comme un déviant sexuel. Naïf, juvénile, et profondément meurtri, il paraît piteusement incapable de faire preuve de la moindre intention criminelle, mais également de toute réflexion adulte.
Les gens ont tendance à en faire trop au sujet du comportement étrange et à multifacettes de Michael Jackson.Mais est-ce si étrange ? Enfant, dès l'âge de sept ans, il fut forcé de travailler par un père cruel et violent. (S'il avait été envoyé dans une usine ou dans une mine de charbon au lieu d'aller sur scène, nous aurions éprouvé plus de compassion à son égard). Enfant, il fut privé de ce que même les enfants abusés ou défavorisés peuvent avoir: l'école, les amis, les jeux.
Au lieu de cela, Michael fut transformé en un artiste sexuellement troublant, un garçon dont la voix de soprano suscitait la passion des femmes. Il fut transformé en un témoin de la sexualité des adultes à un âge où cela n'a pu être que terrifiant et incompréhensible pour lui. A 10 ans, il se produisait dans des clubs de striptease et se cachait sous les couvertures des chambres d'hôtel tandis que ses grands frères montaient avec des groupies. A 11 ans - l'âge auquel son psychisme semble avoir été figé - il était une superstar. «Mon enfance me fut entièrement enlevée», a-t-il confié. Quasiment tout ce qui paraît anormal chez lui peut être expliqué par son émouvante mais désespérée tentative de retrouver son enfance volée.
Il n'est pas tout à fait juste de décrire le monde que créa Michael Jackson autour de lui comme un fantasme de jeunesse. Grâce à sa santé et sa célébrité, il fut capable de vivre comme un enfant retraité. Avec l'aide de la chirurgie esthétique, il fit de lui un adolescent, pré-pubère. Il s'amuse avec des jouets de luxe, des animaux domestiques extraordinaires, des promenades dans son parc d'attraction et les tours de son magicien personnel.
Ce qui ressortit durant le procès (de mars 2005) n'était pas l'image d'un homme jouant avec des enfants pour les séduire. C'était l'image d'un homme jouant avec des enfants parce qu'il se voyait lui-même comme l'un d'entre eux. Lui et ses amis du «Apple Head Club» restaient éveillés toute la nuit, jouant à des jeux vidéos, regardant la télévision et mangeant du popcorn.
En l'absence de toute autorité parentale, ils auraient parfois bu du vin dans des canettes de Coca, auraient fait des canulars téléphoniques, lu des magazines obscènes et essayé de s'écœurer les uns les autres (en se léchant le visage par exemple). Enfant dans sa tête, Michael Jackson voit son comportement comme totalement innocent. C'était une soirée pyjama; cela n'avait rien à voir avec de la séduction.
D'où sa confession à Martin Bashir, le cinéaste anglais dont le documentaire de 2003 Living With Michael Jackson amorça les récents problèmes du chanteur, dans laquelle il précise, d'une façon qui semble sincère, qu'il ne dort avec des jeunes garçons que par amour, et non pour des raisons sexuelles.
Michael Jackson semble ne pas être à même de comprendre suffisamment la sexualité des adultes pour pouvoir comprendre pourquoi les gens lui ont prêté de bien plus sinistres intentions.
Il y a ici, évidemment, un précédent littéraire. «Je suis Peter Pan», confie-t-il à Bashir. Dans le ranch Neverland, comme dans la nursey Darling, les garçons dorment tous dans la même pièce. Michael, comme Peter, se voit lui-même comme le père, le grand-frère et le leader. Il mène les enfants perdus vers des galopades et des aventures.
Une comparaison plus intéressante peut être entre Jackson et l'auteur de ce conte J.M. Barrie. Comme Jackson, Barrie a souffrait d'une croissance interrompue liée à la mort de son grand-frère adoré quand il avait six ans. Selon le livre de Andrew Birkin «J.M. Barrie and the Lost Boys: The Real Story Behind Peter Pan», le mariage de Barrie n'a jamais été consommé et sa relation la plus profonde a été celle avec les frères de Llewelyn Davies, les cinq garçons qu'il a rencontré à Kensington Gardens à Londres et qui ont inspiré les personnages de Peter Pan.
Barrie a joué avec les enfants, plus ou moins vécu et habité avec eux et rêvé de partager son lit avec eux. Il n'y aucune preuve de relations physiques. L'hypothèse la plus probable est que Barrie était célibataire et asexué.
Aujourd'hui, nous trouvons l'idée de non sexualité plus étrange que celle d'une sexualité déviante. Mais dans le cas de Michael Jackson, elle semble plus vraisemblable que toute autre explication. Les comportements étranges de Jackson semblent être la conséquence de ce qu'il a subi enfant.
Martyrisé par son père, il est devenu extraordinaitement gentil et généreux avec les enfants. Terrifié par la sexualité des adultes, il s'est figé dans une immaturité prè-adolescente. «Je n'ai jamais été trahi et trompé par des enfants», a déclaré Jackson. «Les adultes m'ont laissé tomber».
Jacob Weisberg
Article traduit par Luc Perrin
Crédit photo: Michael Jackson à l'entrée du tribunal de Santa Maria en Californie  Reuters
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Comments
MJ, Hufnagel et Weisberg
Pour une fois que Johan Hufnagel nous fait laisse un article, une nécro plutôt bien troussée sur Michael Jackson, pourquoi tout gacher avec ce texte de Weisberg?
Certes, il dédouanne MJ des accusations portées contre lui à l'époque, mais bon, le Roi de la Pop est mort, alors foutons lui la paix et laissez nous écouter en paix ses chansons !
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
Enfin quelqu'un qui écrit quelque chose d'intelligent
En ces temps intéressants, écrire sur MJ va devenir pendant l'été une source de distraction, de revenu et de satisfaction.
Weisberg écrit ici, ou plutot a écrit, une analyse intelligente du personnage et le pourquoi de son immense célébrité. MJ était un inadapté, un "monstre", non naturel mais façonné par la vie durant sa jeunesse, victime de l'exploitation de ses dons physiques par son entourage. Si c'est le cas de nombreux grands artistes, dans le cas de MJ cela fut paroxistique par sa jeunesse d'alors et l'énorme potentiel ainsi libéré par le dressage (comment qualifier autrement sa formation de danseur et chanteur durant sa non enfance ?) .
C'est rendre un énorme et pur hommage à l'artiste que de rediffuser ainsi la traduction de cet article. Merci Slate.fr .
Capitane Cochet vs. Peter Pan
je trouve cette explication assez convaincante, mais malheureusement nous ne serons jamais. Je crois qu'il faut se poser autant de questions sur la sexualité du Roi de la Pop que sur le système juridique américain qui, grâce au même avocat, à innocenter OJ Simpson et Michael Jackson...
@Corto
La mort est sans doute le dernier lieu du politiquement correct. Mais, lorsqu'il s'agit de sujets débattus du vivant ad nauseam dans la presse, ça me semble grotesque de faire comme si de rien n'était.
El Gato
MJ, un adulte-enfant
Je suis complètement en accord avec cette analyse du comportement
de Michael Jacksonn (bien que je ne me prétende pas psychologue), que je soutiens
depuis plusieurs années.
Cependant, le fait que ces jeux sexuels avec des enfants soient équivalents à ceux
que les enfants ont entre eux restent problématiques parce que MJ était un adulte,
immature émotionellement mais un adulte tout de même.
On peut en déduire alors qu'il n'était pas pédophile au sens médico-psychologique et juridique
mais qu'il n'était pas totalement responsable de ses actes.
Y aurait-il dû y avoir une injonction l'empêchant d'approcher des enfants (sanction typique
à l'encontre des pédophiles condamnés) ou même être interné (c'est peut être extrême si l'on
considère qu'il n'était pas complètement irresponsable) ?
Nous ne pouvons pas réécrire l'histoire. C'etait un artiste. Séparons l'oeuvre de l'artiste
(combien d'artistes sont un peu 'différents' ?) et rendons hommage à son oeuvre...
Un article ainsi que la
Un article ainsi que la réponse de Maestro qui élève un peu le débat...
Il y a un point sur lequel il est difficile de ne pas tomber d'accord: MJ avait du génie. Il y a les admirateurs passionnés (Cela n'a rien de suspect...) qui sont dans un état de folie amoureuse. Ils sont revigorés dans leur condition d'humain en se disant inconsciemment bien sûr que ce Michaël capable de performances célestes appartient comme eux à l'espèce humaine. Ils s'identifient à lui et sont "renarcissisés" par l'idôlatrie
Il y a les haineux qui ne voient en MJ qu'un dégénéré (Propos même du ministre Morin), un immature, un irresponsable, un pédophile. Ils font de la contre idôlatrie projective comme pour évacuer sur un personnage qu'ils envient la propre haine d'eux-mêmes.
Puis il y a les gens capables de s'émouvoir devant la grâce surnaturelle d'un surdoué, d'être aussi troublés par les ambiguités et extravagance de MJ. Ils arrivent à supporter cette ambivalence et à la sublimer en essayant de donner du sens à ce qui se passe.
Les analyses de Jacob Weisberg sont pertinentes. Peu de gens pour s'éléver contre l'attitude de la famille du premier ado qui retire sa plaintre contre du fric. S'il y a eu actes déplacées le procès devait continuer pour que l'enfant se "guérisse" de cet abus.
MJ a diverti la planète mais sa vie ne devrait-elle pas être entendue, vue comme une extraordinaire leçon au monde pour dénoncer de manière illustrée les dégats en terme de construction de l'identité, de maturation, produits par une mauvaise éducation: violence physique et verbale, parentification (L'enfant qui fait rentrer le fric dans les familles... cela ne vous rappelle-t-il pas ce qui se passe dans nos banlieues?...), non reconnaissance du désir de l'enfant (Le sourire cynique qu' a laissé echapper le père récemment à la télé, trahit la négation de l'autre, pour ne pas dire le désir d'infanticide de ce triste personnage probablement lui-même victime d'une enfance compliquée...)
Les mythes antiques, ces récits fabuleux à caractère religieux et le plus souvent d'origine populaire, dont l'action et les héros ont une valeur symbolique ne sont -ils pas relayés par de telles vies extraordinaires vectorisées par les médias. MJ a lui seul peut nous interroger sur l'identité personnelle, la notion de race, l'mpact de l'environnement familial sur le développement des pathologies et des créations des êtres, l'éphémérité de la vie etc...
Mich
M.JACKSONN
Il es difficile de savoir le vrai du faut, pourtant hier au soir, j'ai regardé l'émission sur ARTE, elle concernait M. JACKSON. On y parlait de sa carrière en parallèle avec PRINCE, mais aussi de ses déboires avec la justice, de ses comportements avec les enfants.
Il était question d'un autre son de cloche beaucoup moins" soft" preuves à l'appui. La justice américaine est ainsi faite que si vous pouvez payer le plus grand avocat qu'il soit, vous pouvez vous innocenter de crimes répugnants ( OJ SIMSON était défendu par ce même avocat).
Je ne veux pas juger les circonstances de ses agissements, dus ou non à son immaturité, mais je pense qu'il est allé très loin dans la perversion et que la moindre des choses était de l'empêcher d'approcher des petits garçons. Au lieu de quoi, des parents indignes ont touché des sommes fabuleuses pour se taire, alors qu'ils avaient eux même envoyé leurs gosses dans ses pattes.
M. JACKSON restait impuni, il s'est alors conforté dans cette image de "génie intouchable" et il a largement dépassé les limites. Sa soeur a déclaré en conférence de presse qu'elle refusait de cautionner ses agissements ignobles avec les enfants.
M. JACKSON était un être perturbé mais très conscient de son image, de sa réussite, pas si immature que ça pour tout, il a su créer un personnage très fort. Comme beaucoup de grands artistes, il avait un côté "sombre" sans mauvais jeu de mots. Ses côtés Peter PAN, ne me fascinent en aucun cas, ils font juste apparaître les désastres de l' éducation que son père lui a fait subir, alors qu'il était très imprégné de l'influence vertueuse d'une mère jéhova.
jokidi
Arte: faute professionnelle ou volonté de nuire ?
Il n'y a aucunes preuves dans cette redifusion du pseudo documentaire anglais "what really happen". Il ne présente que des témoignages de pseudo journalistes anti Jackson (dont l'aveux est fait qu'il s'agit d'une quasi obsession) et d'un employé viré sans dédomagement (peut-être pour faute grave). Des témoignages tout à fait crédibles donc.
Des documents officiels existent qui démontrent que non seulement c'est la compagnie d'assurance de Michael Jackson qui a procédée a l'accord avec les chandler contre un retrait de la plainte et seulement pour le procès civil (pas pénal), mais aussi que la description des parties intimes de MJ ne correspondaient pas à la realité (ce qui a du obliger la justice a statuer en faveur du non-lieu que les médiats on volontairement gardé sous silence) donc que la journaliste diane dimond ment http://www.youtube.com/watch?v=TtJb09nTOJ0&eurl=http%3A%2F%2Ftube%2Ezako...
Ils vont jusqu'a prétendre que Michael Jackson a habité chez les chandler et était, durant un bon mois, leur bonne à tout faire !!! De qui se moque-t-on ?
Pour avoir le détails des incoherences (accusation à des dates ou Michael Jackson avait un alibi...) et du passé d'extorsion de la famille arvizo, tous les détails du procès sont dans le livre d'Aphrodite Jones "complot contre Michael Jackson" (titre mal choisi), journaliste réputée qui croyait a sa culpabilité. Voici aussi un lien ou elle explique qu'elle a du s'autoéditer car son éditeur, ainsi que d'autres, refusait de publier un livre pro Michael Jackson (peut-être une des exlications du titre) http://www.youtube.com/watch?v=HIwehjDPOYU&feature=related
En prime les aveux de martin bashir reconnaissant qu'il avait menti dans son documentaire "living with Michael Jackson" http://www.youtube.com/watch?v=MeEEODRn6Ik&feature=fvw
Voici d'ailleurs ce que pensait Liberation du docu de bashir et de ses methodes http://www.liberation.fr/medias/0101440920-le-reporter-et-le-rapporteur