La fin de Windows
Le navigateur web va sauver le monde des systèmes d'exploitation laborieux.
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Mozilla a rendu la navigation par onglet populaire en intégrant la fonctionnalité à Firefox. Aujourd'hui, le logiciel non-lucratif cherche de nouvelles façons pour garder en interne toutes vos activités. Le mois dernier, Mozilla a lancé un concours de design afin de recueillir des idées et trouver de meilleurs moyens pour gérer plusieurs pages à la fois. «Aujourd'hui, les sessions supérieures à 20 pages sont chose commune», pouvait-on lire dans l'annonce. «Le navigateur est bien plus un système d'exploitation qu'une simple application qui affiche des données».
Ce n'est pas tant une énième extension stratégique de Mozilla qu'une embuscade. Chrome, le navigateur lancé par Google cet automne, a révélé des ambitions similaires dans une bande-dessinée de 38 pages créée pour promouvoir le produit. «Aujourd'hui, notre utilisation quotidienne du Web ne se limite pas à des pages web, c'est aussi des applications.» lit-on dans la première case de la première page.
Depuis quelques années, de nombreuses applications gérées auparavant par votre système d'exploitation ont migré vers le navigateur : traitement de texte, messagerie instantanée, e-mail, jeux, lecteur de musique, outil de gestion de ses finances personnelles, etc. Ce qui mène immanquablement à la question : si la fonction première d'un ordinateur, de nos jours, est de faire tourner un navigateur pour se connecter à Internet, qui a encore vraiment besoin de Windows et de ses 50 millions de lignes de codes ?
Le navigateur-système d'exploitation est certainement une idée attirante, ne serait-ce qu'en tant qu'alternative à la lenteur et à la boursouflure des performances de Windows. Firefox, avec sa plateforme ouverte et sa bibliothèque tentaculaire d'extensions gratuites, semble être en théorie un bien meilleur modèle de comment le logiciel central de votre PC devrait fonctionner.
Les développeurs de Mozilla, Google et des autres boutiques non-Microsoft parlent volontiers de la manière dont l'informatique personnelle déménage vers le navigateur. Dans la réalité, cependant, nous sommes loin d'avoir tous accepté l'idée de transférer en ligne toutes nos applications chéries. Vous utilisez peut-être Google Docs quand vous devez travaillez avec un de vos collègues, mais ce roman que vous gardez à l'abri des regards est un document Word.
Mozilla et Google espèrent changer votre façon de penser. Sam Schillace, développeur de l'application qui allait devenir Google Docs, m'a décrit cette transition de la manière suivante : comme de nombreuses nouvelles technologies, les produits de bureautique en ligne sont passés par une phase initiale à la «montreur d'ours» où la nouveauté était l'attraction principale. Ensuite, une seconde vague d'utilisateurs se sont tournés vers les produits parce qu'ils avaient un besoin précis d'outils partagés : soit parce qu'ils avaient à collaborer avec d'autres personnes, soit pour accéder facilement à un document à partir de plusieurs machines. La troisième vague, espère Schillace, sera peut-être attirée par l'austérité du produit. Dans le monde de la programmation, on dit que «le pire est mieux». Ce n'est pas forcément une mauvaise chose si Google Docs ne possèdera jamais les trucs et les machins conçus pour Microsoft Word. Parce qu'il est plus facile pour une nouvelle technologie de leurrer des sceptiques en étant simple et franche, même si cela sous-entend de sacrifier des fonctionnalités.
Toute personne qui s'est déjà bagarrée avec Clippy, l'assistant animé de Word -paix à son âme- a une effrayante histoire de combat contre Word et sa complexité souvent injustifiée à raconter. Mais après tout, Word fonctionne plutôt bien et il n'est jamais facile de dire à des gens d'arrêter d'utiliser quelque chose dont ils sont satisfaits. Excel, aussi, est un programme tyrannique, mais surpasse de loin tous ses concurrents en ligne.
Il est utile de se rappeler aussi que Windows n'est pas simplement une interface qui fait fonctionner des programmes. Il gère aussi votre matériel - disque dur, carte vidéo mais aussi périphériques tels les webcams et les appareils de mémoire externe. Même si Firefox et Chrome venaient à remplacer dans un futur proche la gestion des applications, nous aurions toujours besoin de quelque chose pour gérer tout ce qui se passe sous le capot. Une option intéressante est ce bout de logiciel appelé HyperSpace, né à la fin de 2007. HyperSpace est principalement un système d'exploitation réduit à l'essentiel qui peut activer certaines ressources de votre ordinateur dès que vous le démarrez, bien avant que Windows ait poussé son rot et se soit extirpé de son coma en bredouillant. (L'entreprise qui a conçu HyperSpace, Phoenix, est un fournisseur majeur de logiciels BIOS, le programme qui débute dès que vous allumez votre ordinateur). La version actuelle de ce produit fonctionnant sur certains portables -voir ici pour les spécifications- se charge en quelques secondes, peut se connecter et démarrer Firefox et d'autres programmes utiles. De nos jours, vous pouvez faire beaucoup de choses avec un nombre réduit de logiciels. (Si vous êtes curieux d'utiliser HyperSpace, une démo gratuite pendant 21 jours est disponible ici. Ensuite, le programme requiert le paiement d'un abonnement annuel.)
En couplant un navigateur -qui supporte tous vos programmes- et un système d'exploitation minimal -qui active le navigateur- vous commencez à entrevoir ce que peut-être une alternative viable à une machine sous Windows. Une question reste en suspens : le navigateur que vous allez choisir devra supporter toute cette activité. Et c'est là que Chrome semble précurseur. Comme l'a écrit Farhad Manjoo sur Slate, le navigateur de Google gère tout le tralala de programmation du Web avec une remarquable fluidité. Chrome ne possède peut-être pas toute la panolpie d'extensions de Firefox mais il vous garantit que les applications à la mode sur le Web ne dévoreront pas les ressources de votre ordinateur. Il réussit aussi remarquablement à éviter qu'une seule page coincée ne gèle pas toute l'application. (Imaginez qu'un bug de Word entraîne avec lui tout Windows : c'est ce qu'il se passe avec la plupart des navigateurs aujourd'hui.)
Certes, Chrome ne représente aujourd'hui que 1,8% du marché, mais il a déjà poussé ses concurrents à réaliser la nécessité pour un navigateur d'être stable si on veut voir les applications du Web décoller. Quand ce sera le cas, je veux bien abandonner Word -et peut-être aussi mon Excel bien-aimé- pour un ordinateur qui démarre instantanément, m'évite les migraines causées par Windows, et m'offre un navigateur qui héberge de pertinentes alternatives aux produits Office. Nous n'en sommes pas là, et la transition se fera certainement dans une pandémie de bugs et de compatibilités cauchemardesques. Et n'oubliez pas que Microsoft a décimé jadis de potentiels usurpateurs. Néanmoins, je parie que, dans la bataille, ce potentiel tueur de géant aura une assez bonne cote.
Article de Chris Wilson paru sur Slate.com le 18 juin, traduit par Peggy Sastre.
(Photo: Un homme dort devant son ordinateur à Taïwan, REUTERS/Nicky Lo)
Mis à jour le 25/06/2009 à 15h05











































Article très intéressant mais un peu extremiste et partisan.
Si une frange d'utilisateurs privés ou en entreprise (quel qu'en soit le nombre) rentrent dans le cadre d'utilisation qu'indique l'article, de nombreuses applications nécessitent encore l'utilisation de ressources locales. On peut citer en vrac les jeux (très très gourmands en ressources), le montage vidéo, les bricolages photos, l'utilisation d'Adobe Illustrator et consorts, etc etc ... En entreprise, les utilisateurs de tous les outils décisionnels et autres cubes Olap sont fortement consommateurs de ressources eux aussi par exemple.
Passer demain à un mode boot + navigateur revient à dire plusieurs choses,
- la plupart des applications utilisées seront en ligne ou sur serveur d'entreprise
- les logiciels applicatifs qui s'appuient sur les couches OS devront être adaptés pour fonctionner dans un autre contexte
- les mentalités devront évoluer pour stocker virtuellement les données ce qui prendra forcément du temps comme tout ce qui touche aux mentalités
- les investissements matériels et logiciels des entreprises et des particuliers devront progressivement migrer vers des solutions de clouding en rupture avec les modèles actuels
J'ai un peu l'impression que l'informatique de papa revient en force avec de gros centres serveurs et des consoles plus ou moins intelligentes - ce balancier passe son temps à osciller depuis que l'informatique existe.
Ce faisant, ce mode de fonctionnement correspond bien à X % de la population dans ses usages courants. La virtualisation, les applications distantes et toutes autres formes déjà en vigueur depuis des années en entreprise vont continuer de se développer en se massifiant.
Enfin, je me doute bien que les passionnés de techniques, communautés Apple et solutions libres vont monter au créneau pour taper à bras raccourcis sur Microsoft comme toujours mais ... n'oublions pas que la très très grande majorité des utilisateurs n'attend de l'informatique qu'un service, qu'elle ne considère l'informatique que comme un outil et n'entend pas se compliquer la vie avec des solutions certes élégantes et avantageuses mais nécessitant une implication technique.
Je me garderais bien par contre d'en déduire une généralité. Pour les quelques raisons évoquées, ce genre de virage ne deviendra marquant que dans de nombreuses années. Windows a le temps de sortir plusieurs packs de la v7 et de nous vendre la v8 !
"- la plupart des applications utilisées seront en ligne ou sur serveur d'entreprise"
-> C'est de plus en plus le cas dans le cas des entreprises, ca limite les couts de license par exemple.
Pour ce qui est des jeux et autres applications gourmandes en ressources, je pense que de nombreux editeurs s'appliquent à developper des solutions de type serveurs de jeux, justement pour ne pas avoir à changer de PC tous les 6 mois pour avoir la derniere carte. Cela devrait tendre à se démocratiser avec l'accéleration des connections internet. Plus besoin d'installer un jeu pour l'essayer, etc etc...
Enfin, je me dois de dire que je suis en desaccord avec votre avant-dernier paragraphe : pour avoir été membre des trois communautés (windows/apple/opensource), je dois dire que l'implication technique et la perte de temps la plus forte sont toujours venu de la première communauté... L'ordinateur est fourni avec un seul outil, et c'est en l'occurence un des plus mauvais de sa catégorie...(ie. IE, l'explorateur)
Clairement, l'auteur a quelque chose contre Windows. Et c'est dommage parce qu'il écrit du coup un article complètement biaisé, et se laisse emporter dans une croisade personnelle pour nous convaincre qu'on sera bientôt libre, sans vraiment expliquer un sujet pourtant très intéressant.
Il anticipe un peu trop l'évolution vers le cloud computing (déplacement des ressources individuelles vers une architecture répartie), qui n'aura pas lieu réellement avant de nombreuses années comme le signale marchassyn.
Pire, l'auteur veut nous faire croire que parce que une application s'exécute dans un navigateur, il n'y a plus de couche système derrière. Une appli web, c'est une interface qui est gérée localement par le navigateur, et une partie fonctionnelle qui tourne sur un serveur. Ce serveur marche pas par magie, il y a un OS dessus, et ça peut très bien être un produit Microsoft. Actuellement, Windows Server représente 33% du marche, deuxième derrière les 52% d'apache. Pour les serveurs d'applications, si J2EE est devant, Microsoft .Net se positionne juste derrière encore une fois. Et vu la puissance de Microsoft, ils ne vont pas se laisser distancer si facilement.
Bref, utiliser un système d'exploitation minimal pour lancer un navigateur qui gère toutes nos applications, ça veut juste dire qu'au lieu de faire tourner Windows sur nos PC, on se connectera par Internet à des serveurs qui font tourner Windows. Woot, big difference ...
De plus les moyens de controle des activité internet seront alors localisés sir ce serveur .... plus besoin de mouchard sur chaque ordi perso connecté ! Votre activité perso sera tracée, analysée via votre adresse IP ! du pain béni pour savoir quel site d'info vous consultez....donc a quelle bonne parole vous adhérez ! et le cas échéant savoir quels sont vos centre d'intérets, ciné, livre, video, sport, etc, et vendre votre profil lié a votre adresse IP ! imparable !
La mort de windows n'est pas pour demain, mais le recours aux logiciels libre et à des sereurs proxi payant peut devenir la bonne réponse.
Executer une application dans un navigateur ne signifie pas forcément qu'il s'agit d'une application sur internet, il peut s'agir d'une application en local, d'ailleurs même une application purement web pourrait tourner sur un serveur local eventuellement virtuel, je pense que c'est surtout à cela que fait référence cet article et pas directement au cloud computing ou autre... Déjà des applications web comme Google Documents par exemple peuvent fonctionner en "hors ligne" ...
Il est important de ne pas oublier que le navigateur utilise les fonctions du système d'exploitation pour presque tout, ce qui se passe "sous le capot" n'est pas du tout de l'ordre du détail, partant de là il n'est pas étonnant qu'un navigateur n'ai pas autant de lignes de code qu'un Windows et paraisse plus léger (encore que Firefox est loin d'être léger). Si vous enlevez le système d'exploitation votre navigateur ne fait plus rien du tout... Si un navigateur devait tourner sur un système d'exploitation simplifié (HyperSpace ou plus simplement une distro Linux réduite quelconque...) il y'a un risque important de manque de fonctionnalités et/ou de performances, ou alors ce système devrait devenir aussi "lourd" que ceux existant déjà, à moins de transférer cette lourdeur dans le navigateur, mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre... Au niveau des performances l'exemple des jeux videos de marchassyn m'ai venu également à l'esprit, j'ajouterai que tout le monde peut constater que la lecture d'une video sur Youtube prend 2 à 3 fois plus de temps machine (et donc + d'electricité d'ailleurs) dans le navigateur que dans un lecteur video en local (une fois que vous avez téléchargé la video...) du fait que les plugins de lecture video Flash ou autres ne sont pas assez optimisés pour chaque plateforme, imaginons qu'ils soient optimisés dans le futur, pas 36 solutions pour cela, soit on se repose sur les fonctions video du système d'exploitation, qui du coup n'est plus aussi simplifié, soit on intègre ces fonctions videos dans le navigateur, qui s'alourdit considérablement, ce n'est qu'un jeu de vases communicants... Il me paraît d'ailleurs amusant que l'auteur mentionne la combinaison navigateur+système simplifié comme alternative viable à Windows alors qu'il ne cite pas une fois Linux ni même Mac OS dans son article...
Cela fait des années que l'on nous ressert la même histoire: très bientôt, le PC que l'on connait va disparaitre et ce ne sera plus qu'une boite avec une connexion internet. Il y a 10 ans, le PDG d'Oracle disait déjà cela... De la même manière, les supports DVD, BR vont disparaitre et très bientôt on se connectera à partir de la télé sur le net pour regarder des films.
Et qu'est ce que l'on fait quand les serveurs ou la connexion internet ne fonctionnent plus ou sont saturés? Ou ne sont pas assez rapides? Ou vous avez excédez votre quota de Go de download?...