Remaniement: Nicolas Sarkozy reprend les choses en main
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Au lendemain de son discours au Congrès de Versailles, Nicolas Sarkozy a, une nouvelle fois, montré qu'il était le seul et unique boss de la majorité. Eclipsé le Premier ministre François Fillon qui est passé complètement à côté de ce remaniement concocté à l'Elysée par le Président et ses plus proches conseillers. N'avait-il pas annoncé qu'il ne s'agirait que de quelques changements techniques? C'est dire à quel point il n'est pas dans les petits secrets du Château qui a procédé à un grand remue-ménage. Sarkozy est maître en son royaume: c'est le principal enseignement que l'on peut tirer de l'affiche de cette nouvelle équipe gouvernementale. Il fait ce qu'il veut et tient à ce que cela se sache.
Démonstration en quatre points.
1) Pas de pitié pour les gêneurs.
A part Michel Barnier, qui quitte le gouvernement pour de hautes destinées européennes, les partants étaient tous sur la liste noire du locataire de l'Elysée. Ils n'ont pas donné satisfaction? Ils ont agacé le Président? Ils dégagent. Sans surprises, la garde des Sceaux Rachida Dati prend la porte. L'ancienne chouchoute du chef de l'Etat avait scellé son sort il y a des mois en se mettant tout le monde judiciaire à dos et en affichant un peu trop ostensiblement son goût pour les paillettes et le show-biz.
Exit également ceux qui ont mis l'Exécutif dans l'embarras en gérant mal leurs dossiers comme Yves Jégo (Outre-Mer) ou Christine Albanel (Culture) avec le fiasco de la loi Hadopi. Même certains proches n'ont pas eu droit à la clémence présidentielle comme le vieux complice de Nicolas, Roger Karoutchi (Relations avec le Parlement), sanctionné également pour sa mauvaise gestion de la loi Hadopi, ou l'inexistant Bernard Laporte (Sports) qui, visiblement impressionne plus son pote Nico sur les terrains de rugby que sur le banc des ministres.
Seule rescapée de ce jeu de massacre, Rama Yade, que le patron ne peut plus voir en peinture, mais qui a été sauvée grâce à sa bonne côte de popularité et ses qualités de femme et de représentante de la diversité. Sarkozy lui a tout de même envoyé un signal clair de défiance en la rétrogradant des Droits de l'Homme aux Sports.
2) Bye bye l'ouverture.
C'était sa marque de fabrique en 2007, elle est reléguée aux oubliettes. La chasse aux socialistes semble bel et bien close. Nicolas Sarkozy avait envisagé un temps de recruter l'ancien ministre PS de l'Education Claude Allègre mais les prises de position de ce dernier relatives au réchauffement climatique ont rendu caduque cette hypothèse au lendemain du succès des écologistes aux élections européennes. Les autres tentatives du Président pour recruter à gauche ont fait chou blanc et les socialistes, malgré la panade dans laquelle ils sont, se sont révélés capables de tenir leurs troupes. C'est que l'ouverture ne fait plus illusion. Les exemples de Bernard Kouchner et d'Eric Besson ont montré à ceux qui pouvaient être tentés par l'aventure sarkozyste qu'ils devraient laisser leurs convictions au vestiaire et revêtir complètement les habits UMP.
Nicolas Sarkozy s'est donc contenté de la nomination surprise de Frédéric Mitterrand à la Culture. Mais ce dernier ne peut être considéré comme un ministre d'ouverture. Neveu de François Mitterrand, il n'a jamais été socialiste et avait déjà appelé à voter Chirac en 1995. Quant à Michel Mercier, le sénateur centriste nommé ministre de l'espace rural et de l'aménagement du Territoire, il est inconnu du grand public et avait pris depuis déjà quelques temps ses distances avec François Bayrou. Contraint par les événements, Nicolas Sarkozy semble avoir pris son parti de renoncer à l'ouverture et de composer un gouvernement classique de droite.
3) La part belle aux copains.
Ils n'avaient pas été gâtés au lendemain de son accession à l'Elysée, les voici aux premières loges. Les sarkozystes historiques tiennent leur revanche. Et notamment Brice Hortefeux qui voit son rêve se réaliser en s'installant au ministère de l'Intérieur. Le fidèle lieutenant de Sarko a fini de manger son pain noir avec le ministère de l'identité nationale puis celui des Affaires sociales qu'il avait pris à reculons il y a à peine six mois. Nicolas Sarkozy le remercie enfin pour ses années de bons et loyaux services. Parmi les proches, Patrick Devedjian est conforté à son poste (Relance) et Christian Estrosi, un autre fidèle, entre au gouvernement à l'Industrie.
Outre les copains, les lieutenants zélés ont également été récompensés comme Luc Chatel, qui décroche une belle promotion avec le ministère de l'Education nationale ou Benoist Apparu, jeune député toujours prompt à dire tout le bien qu'il pense du grand chef. Il atterrit au Logement.
4) Deus ex machina
La légèreté avec laquelle Nicolas Sarkozy s'est amusé à jouer avec les attributions de ses ministres montre bien qu'il ne fait pas grand cas d'eux et qu'il entend continuer à tout gérer de l'Elysée. Plusieurs nominations semblent pour le moins incongrues mais le chef de l'Etat n'en a cure, il semble décidé à faire ce que bon lui semble avec ses obligés. S'il n'a pas touché au tandem de Bercy Lagarde-Woerth, crise économique oblige, il ne s'est pas gêné pour entraîner les autres dans une gigantesque partie de bonneteau.
Xavier Darcos se retrouve ainsi avec le portefeuille du Travail, lui qui n'a pas brillé à l'Education par sa capacité de dialogue avec les syndicats. Michèle Alliot-Marie devient garde des Sceaux alors qu'elle souhaitait rester à l'Intérieur. Pierre Lellouche a été nommé de façon surprenante aux affaires européennes alors qu'il est favorable à l'entrée de la Turquie en Europe. Christian Estrosi se retrouve à l'Industrie sans pour autant connaître grand chose à ce dossier. Mais si le chef en a décidé ainsi...
Quant à ceux qui ont eu le malheur de faire savoir qu'ils attendaient une promotion, ils en ont été pour leurs frais. Nadine Morano reste à la Famille, Nathalie Kosciusko-Morizet ne bouge pas de l'économie numérique et Valérie Pécresse continuera à gérer la colère des chercheurs à l'Enseignement supérieur.
Que cela soit dit: on ne force pas la main du Président!
Ariane Istrati
A lire sur Slate: Un Mitterrand et peu de changement.
Mis à jour le 27/06/2009 à 20h37










































Gestion d"équipe digne d'une "dictature", on place ses copains d'abord on vire ceux qu'on aime plus,ceux qu'on déçu alors qu'il est à la base de tout ! Pour Hadopi, c'est lui qui à tout géré, Albanel était juste un pion commander par l'Élysée, il a envoyé tout seul Hadopi dans le mur malgré tout les appels !
C'est lui le seul responsable ...mais apparemment il assume pas ?
Il assume pas d'avoir créer une loi anti constitutionnel ?
Sinon la vraie question, je croyais qu'il était pragmatique M Sarkozy ? quelqu'un peut me dire si mettre des gens à des postes de ministres d'un domaine alors qu'ils y connaissent rien si c'est du pragmatisme ?
Il me semble que lorsqu'on monte un ministère on demande des compétences ? non ?
C'est hallucinant cette légèreté de désignation !
La France est en crise économique, sociale, mais on nomme des pions à des postes de ministres !
On s'en fou de ce qu'il font faire, dire tant que cela ne gène pas le monarque.
Les ministres ne sont rien que les ficelles de la présidence. Garder Mme Lagarde aux finances M. Devedjian à un ministère sans valeur et que dire de la compétence de M. Estrosi pour un poste à l'industrie. J'ai écouté ce dernier sur une radio vraiment "écroulé" du blabla qu'il a pu sortir pas un discours de compétence mais un discours de ritournelles, sur les ratés industrielles de notre pays. Au fait il avait quitté le gouvernement pour s'occuper de sa ville, et oui encore un qui oublie ses promesses.
Ces nominations ou ses strapontins montrent le peu de considération pour le citoyen et pour ceux qui sont touchés gravement par la crise. Non je ne crois pas que la France politique gauche/droite soit à la hauteur des enjeux économiques mondiaux nous restons en dessous des qualités dont a besoin notre pays.
Bien l'article, bien le commentaire mais un poil politiquement corrects. Allez un peu d'humeur!
Nouveau gouvernement : incompréhensible, désolant et inquiétant.
Hortefeux, le terrible Horte-feux au couvre-feux.
Alliot-Marie passe, raide, à la justice.
Darcos ancien ministre de l’EN, rincé par ses mauvaises relations avec les syndicats, prend le ministère du travail, là où l’essentiel du boulot concerne les relations avec les syndicats.
Chatel nouveau ministre de l’EN - qui donne l’impression quand on le voit (souvent) à la télévision comme porte-parole du gouvernement, qu’il vient vous fourguer une assurance-vie ou une encyclopédie - est le ministre à ce poste stratégique, le plus mal préparé que la Ve ait jamais connu.
Secrétariat aux droits de l’homme : passé par pertes et profits. Sur plainte de présidents africains et autres grands démocrates… Kouchner respire.
Laporte à la porte (Rama Yadé aux sports et à la jeunesse, bonne nouvelle : les jeunes gens vont adorer le sport).
Lelouche, secrétaire d’état aux affaires européennes : il aurait été mieux aux affaires du RPR mais bon, il faut lui reconnaître sa compétence internationale. C’est un atlantiste forcené au point de plaider pour l’entrée de la Turquie en Europe : comment de temps mettra-t-il pour évoluer en échange du demi-maroquin ?
Mitterrand à la culture : il paraît que c’est un « coup ». On lève trois secondes le sourcil gauche et encore.
Et toujours Besson - qui n’est pas un besson mais un clone… De qui ? De qui vous voulez, quand vous voulez.
Ah j’oubliais Estrosi : « désormais je me consacre exclusivement à mon mandat de maire de Nice*».
Le petit nouveau, Apparu : bon, pas de jeu de mots facile mais - semble-t-il - du même tonneau que Chatel ou Estrosi.
Les autres, ça va… Je veux dire moins beauf, moins arrogants, plus éduqués, plus fréquentables !
Au total des mutations incompréhensibles, des décisions désolantes et quelques lascars qui donnent froid dans le dos.
La droite est dans l’air du temps : parvenue, vulgaire, cynique… Et la vie politique est vide (à Cohn-Bendit près) : droite, comme je vous le dis, gauche laminée, centre « libanisée » (capitale : Bayrouth), extrêmes nourris de tous ces restes : obèses demain ?
* dans le genre, Hortefeux justifiait il y a moins de 3 semaines de ne pas aller au parlement européen où il venait d’être élu député, par la nécessaire continuité à la tête du ministère du travail.