Life

Après un régime, on regrossit toujours

Sophia Publications, mis à jour le 09.04.2013 à 12 h 09

Moins de calories, donc moins de kilogrammes sur la balance? Le corps et le cerveau ne l’entendent pas ainsi!

- Monkey eat banana! / Tom Coppen via FlickrCC license by -

- Monkey eat banana! / Tom Coppen via FlickrCC license by -

Les études sont formelles : la grande majorité des personnes qui suit un régime regrossit une fois la diète terminée. Selon Martine Breux, médecin nutritionniste attachée au CHU de Poitiers, « beaucoup pensent à tort que l’obésité est un accident dans leur vie et que se stabiliser ne sera pas si difficile, mais il s’agit d’une maladie chronique. L’organisme stocke de plus en plus ».

S’agissant des régimes suivis par un grand nombre de Français – obèses ou non –, un phénomène d’adaptation sape les efforts de ceux qui veulent maigrir. Soumis à une restriction, le corps « épargne » et dépense 20 % d’énergie en moins que d’ordinaire. « Prenons une personne qui mange 2 000 calories. Elle commence un régime à 1 000 calories et se met à maigrir. Mais il arrive un moment où elle ne perd plus de poids, car l’organisme s’économise. Du coup, elle se démotive, se relâche un petit peu. Elle passe à 1 200 calories – soit juste deux yaourts et un fruit en plus – mais le corps stocke ces 200 calories excédentaires, d’où une reprise de poids, alors que l’alimentation reste très raisonnable », raconte Martine Breux.

Une activité physique plus intense

Le corps dépense moins, mais réclame plus. « L’organisme envoie des signaux de déficit au cerveau, qui commande alors de manger plus », explique Patrick Ritz, professeur de nutrition clinique au centre intégré des obésités du CHU de Toulouse. À cela s’ajoutent « des phénomènes psychologiques et sociologiques qui font que l’on ne peut rester en restriction alimentaire tout le temps. La convivialité, l’envie, les sollicitations incitent insidieusement à manger plus que la quantité nécessaire pour se stabiliser ».

Comment éviter cette reprise ? Patrick Ritz mentionne une étude américaine du National Weight Control Registry. « Ils ont questionné des individus qui avaient perdu 13 kilogrammes et ne les ont pas repris. Tous conservaient une alimentation très pauvre en graisse, avec petit déjeuner systématique et peu de repas à l’extérieur. Ils se pesaient toutes les semaines, sans oublier une activité physique hebdomadaire de quatre heures. » Ne pas regrossir après un régime demande donc une activité physique plus intense que beaucoup l’imaginent – « il faut que cela essouffle » - et un contrôle rigoureux de son alimentation. « C’est un projet de vie », insiste le professeur Ritz. Mais attention à une restriction cognitive trop rigide (manger en fonction de calculs caloriques et non de la sensation de faim): « Elle aussi facilite la reprise de poids : plus on se contraint, plus on risque de craquer. »

Mieux vaut un régime modéré mais durable qu’un régime trop restrictif, impossible à tenir et aux conséquences potentiellement délétères. Pour Martine Breux, afin de prévenir la reprise de poids, « la question à se poser avant de choisir un régime est : “Suis-je capable de le suivre toute ma vie ?” » Elle s’adresse aussi à celles et ceux qui n’ont pas de problème d’obésité mais cherchent  égulièrement à perdre 2 kilogrammes : le « yoyo » permanent risque de perturber leur équilibre fonctionnel mais fragile.

Sophia Publications

Sophia Publications
Sophia Publications (9 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte