Téléphonie: un sérieux concurrent pour Orange, SFR et Bouygues
La valeur de la quatrième licence de téléphonie mobile en France est évaluée à 240 millions d'euros.
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En dix ans, le prix des licences UMTS a été divisé par dix en France. Cela évitera d'autant moins au gouvernement les polémiques et les actions en justice pour vendre la quatrième ticket d'entrée sur le marché du téléphone mobile. Et le consommateur dans tout ça ?
240 millions d'euros. A peu près le prix catalogue d'un Airbus A 380 ou encore deux fois et demi le coût du transfert de Cristiano Ronaldo au Real de Madrid. Ou encore un peu plus quatre jours du déficit de la Sécurité sociale prévu cette année. C'est aussi le prix du ticket conseillé au gouvernement pour faire rentrer un quatrième concurrent sur le marché du téléphone mobile en France contrôlé pour l'instant par Orange, SFR et Bouygues Télécoms.
En relevant ainsi légèrement ce prix par rapport aux 206 millions évalués à l'origine, François Fillon peut estimer avoir bien bordé son projet. Le Premier ministre peut estimer avoir pris toutes les précautions juridiques en demandant un chiffrage de la Commission des participations et des transferts chargée de veiller aux intérêts patrimoniaux de l'Etat. L'appel à candidatures pourrait donc être lancée d'ici la fin juillet. Si tel est le cas, le dossier pourrait être bouclé avant la fin juin 2010 date couperet à partir de laquelle les trois opérateurs déja présents ne seront plus obligés de rendre des fréquences au nouvel entrant.
Enfin, en contenant l'augmentation du prix à 240 millions, Matignon ne bouleverse pas les paramètres de l'équation économique pour attirer le chaland. Toujours bon à prendre à l'heure où Bercy court après les recettes à la centaine de millions près pour boucler un impossible budget 2010. Qu'il est loin le temps où le gouvernement pouvait rêver, comme ses homologues britannique et allemand, profiter des folies de la bulle internet-télécoms pour remplir abondamment les caisses de l'Etat grâce au jackpot des licences UMTS. Au début des années 2000, Londres, Bonn, Madrid, Bruxelles et Paris étaient parvenus à vendre pour 134 milliards d'euros, les licences UMTS à l'occasion d'enchères de folie. Londres avait ainsi vendu pour 38, 4 milliards d'euros cinq licences. Le gouvernement allemand avait fait rentrer dans caisses 50, 8 milliards d'euros pour six licences.
La procédure initiale retenue par la France consistait à sélectionner les candidats sur dossier avec paiement d'un forfait de 4,95 milliards d'euros, payables de façon échelonnée jusqu'en 2016. Seuls France Télécom et SFR avaient finalement relevé le défi. Bouygues Télécoms avait jeté l'éponge jugeant le prix déraisonnable. Le forcing de Jean-Marie Messier, à la tête alors de Vivendi Universal, maison mère de SFR, pour ne pas payer la première tranche, s'est avéré payant. Laurent Fabius, ministre de l'économie de Lionel Jospin revoyait, en octobre 2001, en baisse le prix de la redevance. La durée de vie des licences était rallongée de 15 à 20 ans, le ticket d'entrée réduit à 619 millions d'euros, soit le montant déjà versé par France Telecom et SFR plus une part variable calculée sur le chiffre d'affaires. De quoi relancer la compétition et faire monter Bouygues Telecom dans l'affaire.
Restait une quatrième licence à vendre. C'est le but de la procédure actuelle. Laquelle permet de constater qu'en dix ans, le prix a été divisé par dix. A avoir su patienter tout ce temps tout en se disant constamment intéressé, Free, considéré comme le candidat naturel, aux cotés de Virgin Mobile et Numéricable, ne ferait donc pas une mauvaise affaire s'il emportait cette fois la donne. Encore faudra-t-il surmonter la bronca d'Orange, qui a pris le relais de Bouygues, pour barrer la route à tout concurrent en menaçant de saisir la justice européenne si ce prix est maintenu.
Orange valorise la licence à 1,2 milliard d'euros ! SFR et Bouygues, en appliquant l'inflation depuis huit ans, l'évaluent entre 400 et 500 millions d'euros en plus du milliard d'euros à investir. En face Free avance que le prix d'une quatrième licence, sur un marché mature, largement contrôlé ne peut être comparé à celui de 2001 où les opérateurs ont profité pendant cinq ans d'une terminaison d'appel élevée que le nouvel entrant n'aura pas.
La principale question serait surtout de savoir si l'arrivée d'un nouveau concurrent sera favorable au consommateur. Matignon le martèle depuis des mois et aurait fini par en convaincre l'Elysée. Faux, répondent en choeur les trois opérateurs historiques. La France est déja selon eux parmi les marchés les moins chers en Europe. Tout juste le marché sera déstabilisé par l'arrivée d'un nouveau joueur.
Vrai, affirme Free qui affirme que rien ne justifie que la bande des trois maintienne de telles marges et engrange chaque jour 25 millions d'excédent brut d'exploitation sur le mobile en France.
De son coté, Bercy a calculé qu'on peut tabler sur une baisse des prix des communications de 7% avec l'arrivée d'un nouvel opérateur. Quant à Free, il promet de réduire de 1 000 euros la facture de téléphone mobile annuelle d'un couple avec un enfant. Avec cette offre, la société présidée par Xavier Niel estime pouvoir prendre jusqu'à 10% du marché en tablant sur sa marque, son réseau fixe et ses 4, 2 millions d'abonnés à l'internet haut débit à équiper en portable.
Pour ses concurrents, le gouvernement ferait en fait le plus beau cadeau empoisonné à Free qui risque de s'épuiser à se faire une place sur un marché contrôlé. Difficile à l'impétrant de convertir au mobile la totalité de ses abonnés à l'internet haut débit. D'autant que si Matignon lui ouvre la porte, il ne lui donne pas les moyens de se battre à armes égales. Seulement une partie de la quatrième licence sera attribuée rendant la tâche ardue pour assurer une couverture nationale correcte.
En fait, la vraie bataille est ailleurs: elle est dans la course de vitesse sur le marché de l'internet mobile propulsée par la vogue des nouveaux terminaux poussés par l'iPhone. Prise sous cette angle, on comprend d'autant mieux la volonté d'Orange, SFR et Bouygues de jouer la montre pour retarder le plus tard possible l'inévitable révolution de la facturation de l'internet illimité sur mobile qui se profile à l'horizon.
Mais pour Free, le défi n'est pas moins compliqué. A l'heure où les taux de croissance de 15 à 17% du marché de l'internet haut débit ne sont que des souvenirs et où les parts de marché sont figées entre Orange, Free et SFR, la poursuite de l'aventure passe nécessairement pour Free par l'internet mobile. Ses concurrents l'ont bien compris et sont déterminés à s'engager dans une course de lenteur. De polémiques en recours en justice, de manoeuvres dilatoires en chantage à l'emploi, pas plus qu'il y a dix ans, le gouvernement ne paraît à l'abri d'une nouvelle bataille. Elle ne fait que commencer.
Philippe Reclus
Crédit photo: le rayon des téléphones mobiles dans une Fnac Reuters
Mis à jour le 22/06/2009 à 20h28














































J'avoue ne pas comprendre comment vous arrivez à estimer que le prix des licences UMTS a été divisé par 10 en 10 ans. Un peu plus de détails votre mode de calcul aurait éclairé ma lanterne.
Plus grave, vous oubliez également de préciser que l'estimation de 240 millions ne concerne que le tiers des fréquences attribués naguère aux premiers opérateurs. Les deux tiers restants étant également mis en vente pour 480 millions d'euros et pouvant être acquis par tous. Ceci va d'ailleurs poser un problème aux premiers entrants qui vont pouvoir difficilement contester la valeur du premier tiers et concourir (pour la même valeur) pour les deux tiers restants.
Enfin quand on compare les tarifs Internet en France (largement alignés sur la politique tarifaire de Free à l'exception d'Orange qui exploite sa rente de situation d'opérateur historique) par rapport à l'étranger, on voit que l'influence de Free a été largement bénéfique au consommateur. Curieusement on constate le contraire quand on compare les tarifs téléphoniques entre la France et l'étranger. Lorsque Free sortira un illimité pour un ordre de grandeur de 40-50 € ou un quadruple play avec trois abonnements téléphoniques dont un illimité pour moins de 100 € on s'apercevra que les primo entrants auront vécu leurs beaux-jours.
Quoi qu'il en soit, il y aura toujours les passionnés de Crétins.fr qui accepteront de payer plus cher pour le plaisir...
Une affaire pour Tapie, le don que lui a fait le peuple français par bienfaisance ou par inertie, sera mieux placé ici qu'au Club. Un très bon candidat.
Orange opérateur historique estime à 1,2 milliard la licence ?
Il se croit où ? Dans un pays à la croissance des portables de 30% par an, car à ce prix là c'est le minimum pour que cela soit rentable !
Orange c'est le même dirigeant qui parle dans les médias que les prix pratiquer en France sont parmis les moins chères en Europe alors que l'opérateur a en Autriche une offre illimité 24/24 tous les numéros pour 30 euros par mois ? c'est bien le même qu'on me rassure ...
Orange se plaint qu'elle n'ait pas assez chère alors qu'ils ont payé moins chère à l"époque. Leur licence pour une bande de 15MHz ils ont payé comme dit dans l'article 670 millions or ici la bande de fréquence est de 5MHz (d'ailleurs faudra me dire comment l'arcep à fait pour trouver qu'avec 5MHz on pouvait offrir des forfait style illimités dans toute la France car l'avenir est à l'illimité !!!) 3*240millions = 720milions
De plus, entre investir dans une nouvelle technologie et une technologie qui date de plus de 10 ans le coût devrais être moindre ! Surtout si le but est d'améliorer la concurrence dans le secteur !
Tous les opérateurs historiques critiquent l'arrivée d'un nouvel entrant pourquoi ?
Pourquoi ils osent se dire contre un nouvel entrant ?
Un élément de réponse, ils se sont fait condamnés pour ententes illicite à 500millions d'euros d'amendes, il y a quelques années ? et depuis vous avez vu des avancés ?
Aucune, les forfait sont tous les même, 3 numéros illimités, après 20h..., des prix qui se tiennent à quelques euros de différences, prix des téléphones subventionnés identiques !
Ils seraient pas pour un statu quo quand même, avec leur part de marché qui satisfait tout le monde mais surtout leur marge de 30 %-40% dixit M. Niel ...
Sinon une remarque, faire triner le dossier jusqu'à après juin 2010 alors l'arrivée d'un concurrent pour cette licence devient infaisable car 5MHz ne suffisent pas pour déployer un réseau optimal sur toute la France !
Depuis des années le gouvernement ralentit l'ouverture à la concurrence du marché des télécoms en France ! Cette licence il y a un moment qu'elle aurait dû être attribuée !
La vrai question est est ce rentable pour une entreprise d'investir dans une licence qui est passé de date alors qu'une licence 4G devrais apparaître sous peu (du moins le lancement d'appel d'offre) sans parler de la possibilité des réseau IP ?
En tout cas, je trouve stupéfiant, hallucinant même que les PDG des grandes entreprise de télécoms en France se réfère au système Soviétique Communisme ! Le chantage à l'emploi est scandaleux !
Orange dans les autres pays d'Europe où elle a des filiales d'être présent avec 4 autres concurrents pourquoi il ne s'y retire pas ? s'il trouve qu'avec 2 concurrents c'est bien assez en France ?
SFR, qui a dans son actionnariat Vodafone qui lui aussi présent dans de nombreux pays européen et c'est scandaleux d'avoir des concurrents ?
Mais c'est hallucinant que des dirigeant de multinationale puissent annoncer cela !
Les chantres de la concurrences qui se plaignent de la concurrence !
Comment ils peuvent dire cela dans des interviews sans que personne ne réagissent !
Dans tous les pays on peut remarquer une corrélation dans le secteur des TIC (FAI et téléphonie) entre le nombre de concurrent (sans parler des MVNO) et les prix !
Cela le gouvernement ne le voit pas depuis plus de 5 ans ? tsss laisser moi rire quand même ...Ce blocage, retard, est voulu c'est pas possible autrement !
En Autriche Orange propose lIphone avec des durées de communications plus que correctes (1000 minutes en voix, 1000 mms et 3GO de données) pour 19,5 euros. Comme quoi quand la vraie concurrence existe les petits efforts apparaissent...
La 4éme licence va s'appuyer sur une nouvelle technologie trés économique donc trés compétitive qui va obliger les autres à réduire leurs prix de vente fissa et les génera pour amortir des réseaux UMTS trés couteux. La 3éme licence aura été une vraie erreur stratégique malgré la réduction incroyable autorisée par Fabius.