Leçon d'économie, par Jacques Attali
Dans une économie saine, l'emprunt sert à investir pas à consommer.
- -
Parmi les innombrables messages qui circulent sur le Net, il en est un, ces jours-ci, qui m'a beaucoup intrigué. Le voici: «Dans un village qui vit du tourisme, il n'y a plus de touristes, à cause de la crise. Pour survivre, tout le monde emprunte à tout le monde. Plusieurs mois passent, misérables. Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans l'hôtel, qu'il paie avec un billet de 100 euros. Le touriste n'est pas plutôt monté à sa chambre que l'hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va lui-même aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande; le paysan, à son tour se dépêche d'aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques «services». La prostituée va à l'hôtel pour rembourser à l'hôtelier les chambres qu'elle louait à l'heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il devait repartir tout de suite, ramasse le billet et disparaît. Au total, chacun a payé sa dette; rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu, par personne. Et plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre la crise mondiale?»
Ce texte étonnant appelle bien des commentaires :
-1. Quel est le tour de passe-passe? Comment est-il possible de faire disparaitre l'ensemble des dettes de tout un village sans que personne ne dépense un sou (sauf peut-être l'hôtelier, qui a perdu la disposition de sa chambre pendant le temps, même court, pendant lequel le client l'avait louée)? Tout simplement parce que, chaque villageois a une dette à l'égard d'un autre; de façon circulaire. Il suffit donc, pour l'annuler pour tous, de l'annuler pour chacun.
-2. La situation globale de l'économie réelle ressemble à la situation de ce village, car chacun, dans le monde, est à la fois créancier de l'un (au moins sa banque) et débiteur d'un autre (au moins une banque), et même de plusieurs autres. Et le total des dettes, par définition, est égal à celui des créances.
-3. Cette histoire donne une belle leçon d'économie: personne, dans les institutions financières au moins, ne pense à rembourser sa dette; au contraire, beaucoup s'emploient, avec l'argent nouveau qu'ils peuvent recevoir, à en créer de nouvelles, pour eux-mêmes et pour d'autres.
-4. Si l'argent que distribue en ce moment de façon presque illimitée, dans chaque pays, la Banque Centrale (ici, le touriste) servait à rembourser les dettes de tous , et d'abord celles de l'Etat (ici, l'hôtelier), plutôt qu'à en accumuler de nouvelles, en le dépensant, la crise pourrait etre résolue beaucoup plus vite et plus sainement qu'aujourd'hui, où le recul de la crise s'annonce comme la préparation d'une autre, bien plus terrible, par accumulation de dettes insurmontables.
-5. Peut être faudrait-il enseigner ainsi l'économie. Sans doute comprendrait-on mieux quelques idées simples. Et d'abord, que la priorité d'une économie saine, c'est d'utiliser l'emprunt pour investir, et pas pour consommer. Mais de cela, le système financier ne veut pas entendre parler. Même aujourd'hui, alors que la crise est encore intense, il n'a qu'une seule préoccupation: retourner au plus vite à son métier principal, endetter les autres, pour faire le maximum de profits.
Jacques Attali
Crédit photo: La cour des faillites de New York Reuters
Mis à jour le 22/06/2009 à 14h30





































Dans votre histoire il y a deux systèmes logiques.
- La logique de l'économie communautaire. Ca se passe dans un village une communauté où des relations de crédit, mutuelles, accompagnent les échanges de biens et services. La monnaie n'intervient que comme un artifice dans la relation de crédit. La valeur n'est pas ce qui est sur le billet (valeur affichée) mais ce qui est en jeu entre les membres de la communauté économique (valeurs humaines). L'intervention extérieure y joue son rôle de catalyseur.
- La logique spéculative de l'économie systémique où la valeur est dans la monnaie et la monnaie est l'appât du gain espéré indépendamment de l'économie communautaire. Celle ci peut s'y faire prendre il lui faut créer une sorte de crédit mutuel pour ses affaires propres (sans publicité).
Quand enseignera-t-on qu'il n'y a d'économie (qui vaille) que communautaire, à toutes les échelles?
Evidemment dans un moment de crise pareil il faut faire un maximun de dette car il est probable que chacun remboursera l autre avec une monnaie de singe dévaluée; quoiqu'en dise les banques centrale. Et il y aura quelques coculs dans cette histoire, ceux qui ne font font pas de dette, la Chine par exemple et les rentiers avec le cash à la banque.
Une remarque, cette histoire ne s'applique malheureusement pas à l'état Français: s'il s'endette ce n'est pas parce que des gens lui doivent de l'argent, c'est parce qu'il dépense !
Bonjour,
Nous savons donc ce qu'il faudrait faire, selon vous.
Mais pourriez-vous nous décrire en quelques mots la situation actuelle ?
En résumé, que se passe-t-il actuellement lorsque notre touriste - banque centrale vient apporter des fonds dans le circuit ?
Je suppose que notre touriste, au lieu de payer l'hôtel par avance, irait déposer ses sous à la banque.
Le banquier, sur la base des 100 euros qu'il a reçus, en prêterait 200 ou 300 aux habitants du village, qui a leur tour se sentiraient plus riche que la veille et consommeraient davantage.
Le problème interviendrait alors lorsqu'à la fin de son séjour notre touriste aurait un besoin urgent de ses 100 € pour payer l'hotelier.
Il irait alors reclamer à la banque les 100 € qu'elle n'a plus.
La banque se trouverait en situation délicate et se mettrait en quête d'un nouveau touriste qui acceperait de lui prêter de quoi rembourser le précédent...
Cette vision vous paraît-elle juste ?
Merci.
Et c'est bien pour cela que le système s'est effondré. La théorie voudrait qu'on créé des masses monétaires en fonction des biens et services réellement échangés sur une année. Il n'en ai rien, vu qu'un banquier spécule sur la capacité de telle ou telle entreprise ou de tel ou tel individu à rembourser ses dettes en créant donc de la valeur ajoutée. Si l'entreprise ou l'individu ne sont pas capable d'effectuer un travail qui correspond à ces sommes, ces sommes seront donc perdues. Et comme le banquier prête au-delà de ce qu'il possède, il créé indirectement de l'argent pour 10, 20 ou 30 ans (en fonction de la durée de l'emprunt). Ainsi donc si trop de projets d'investissement ou de consommation fantaisistes ont été financés, on se retrouve avec paradoxalement trop peu d'argent en circulation si tout le monde veut rembourser... Donc les banques centrales sont obligées de créer cet argent très rapidement.
Mais finalement est-ce un problème de prêter plus que ce que l'on a ? Non, si les projets qu'on finance sont viables pour une majeure partie et que le taux d'échec est bien calculé. Des risques bien maîtrisés en somme. Si le monde ne se contenter que de prêter l'argent qu'il possède à un moment, il prendrait certes moins de risque, mais il y aurait beaucoup moins de projets potentiellement réalisables qui seraient financés...
Quelques remarques :
Si on regarde dans son ensemble ce qui se passe, on a le sentiment que cela ressemble à un plan. Un plan visant à mettre sous contrôle économique un ensemble de pays qui eux même en contrôleraient d'autres.
Un plan qui mettrait à genoux les pays économiquement , et permettrait à celui ou ceux qui l'ont conçu de dire :" on efface l'ardoise, mais à partir de maintenant vous faites tout ce que l'on dit". Pourquoi un plan ? Parce que tout semble se dérouler comme si cela était conçu d'avance.
On crée une situation explosive (subprimes), on fait exploser (crise financière), on fait croire que l'on résout (fourniture d'argent frais aux gouvernements) , résultat on accroit brutalement la dette des pays du G20 pour renforcer le contrôle que l'on a sur eux.
Une simple question "D'où peuvent bien venir ces milliers de milliards distribués avec tant d'aisance ? "
Il y a quelques années déjà des groupements financiers avaient proposé à des pays pauvres d'échanger leur dette contre la partie des terres non cultivables. Cela représentait royalement 90% du pays. Cette anecdote montrait bien à l'époque quelles limites étaient capables d'être dépassées.
Les pays riches sont entrain de suivre le même chemin que les pays pauvres.
Les gouvernements sont infiltrés et les décisions prises montrent clairement l' efficacité du plan.
Si il n'est pas trop tard l' Etat Français (et les autres) doit paiyer ce qu'il doit avant de franchir la limite où il sera obligé d'emprunter pour rembourser les intérêts de l'emprunt national. Après, cela conduira au minimum une guerre civile. Mais je présume que ce fameux plan l'a prévu également. Je suis même convaincu qu'il n'a pas de limite de temps.
Le principal étant l'objectif à atteindre ...
A mon avis en 2012 la prochaine crise mettra en évidence ce que je viens d'écrire
Les pays n'ont besoin de personne pour s'endetter, c'est la contre partie tout simplement de leur comportement, la conséquence des Etats dépensiers qui vivent au dessus de leur moyens. Il n'y a pas de complot ni de plan, par contre la mécanique et les conséquences sont prévisibles.
Je suis désolé, mais je trouve l'approche bien naïve.
C'est faire fi de tous les lobbies existants sur cette planète contrôlés eux même par des sociétés secrètes.
"Ignorer son passé c'est compromettre son avenir" disait l'adage . Alors en relisant rien que l' Histoire de France vous constaterez que c'est un mode de fonctionnement qui a traversé les siècles.
A la lumière de la dernière annonce d'un emprunt national de notre président, quelle est la première question que l'on doit se poser ?
Pour ma part je dirais :" Pourquoi cet emprunt et à qui profite il réellement ?"
Imaginons que cet emprunt est couvert par les petits épargnants à hauteur de 30M€ voir 60M€, imaginons qu'en 2012 que l' Etat Français ne peut plus payer sa dette auprès des grandes institutions financières . Qui sera le premier sacrifié ?
Le petit épargnant. Parce qu'il n'a pas le moyen de se défendre et qu'il sera poussé à vendre ce qu'il a pour honorer ses dettes que la banque ne manquera pas de lui rappeler. L'objectif est de rendre ce petit épargnant malléable et prêt à accepter n'importe quoi pour le sortir de sa misère créée 2 ans plus tôt par un président égocentrique, idiot ou complice. L'emprise financière sera tellement forte que si une dictature lui est imposée, il acceptera les conséquences sans broncher.
Ce n'est pas la seule mesure mise en place. Il y a également l' affaiblissement du niveau globale de l'éducation de la population, mais c'est un autre sujet.Je dirais jusque que plus un peuple est idiot, plus il est malléable.
Relisez l' Histoire vous verrez comment une république comme la Rome Antique fût ensuite une succession de dictatures.
il n'y a pas un, mais des groupes de pressions: les Etats, les entreprises, les syndicats, les croyants, tels ou tels groupes philosophiques, les mafias etc...
L'être humain créer ses systèmes et ils finissennt par le conditionner en retour. Il est en réalité tout aussi naïf de penser qu'il existe une ultime société secrète qui dirige le monde... Elles ne sont ni si secrètes que celà et elles sont nombreuses... et en concurrence. Bien sûr les puissants ont toujours des intérêts communs, mais ils ont aussi des intérêts divergents.
La société mondiale est mouvante et la seule analyse qui a mon avis vaille la peine est celle de 'à qui cela profite t'il'... Et si on va au bout de ce type de raisonement, on se rend compte de ces intérêts divergent et convergent.
En tout cas, premier post m'a fait penser au début d'un changement de système: nous sommes en train d'assister à une crispations des Etats sur leur prérogatives, car elles sont en train de leur échapper.
Peut-être bien que le marché est en train de remplacer les Etats... après tout, tout ce monnaye, tout se négocie, y compris la ûreté et la sécurité, non ?
la fable est belle mais ..., tout le monde n'a pas de dette. Les retraités ont de plus en plus d'épargne qu'ils pretent contre rémunération aux actifs qui préparent leur retraite en prétant ? non en donnant aux retraités actuels et en prétant à l'Etat qui dépense et ne peut rembourser qu'en ponctionnant via l'impot ou ..via la création monétaire débridée.
Effacer les dettes serait assez inégal, mais la méthode a fait ses preuves autrefois avec l'inflation. Il faudrait remplacer la fable par l'histoire économique de 1981 83 quand l'inflation lessivait doucement les épargnants et libérait les emprunteurs. La potion était trés inégalitaire tout de même.
Plutôt qu'une leçon d'économie, c'est une leçon de finance qui est sous-jacente, car on superpose, dans cette belle histoire, économie et finance avec l'idée qu'il y a égalité entre les deux: or la réalité est tout autre, qui explique la crise: l'économie repose sur la production qui a besoin de développement pour satisfaire des besoins croissants liés à la démographie et à la légitime demande d'élévation du niveau de vie. Et elle a besoin de financement (emprunt) pour se développer par l'investissement: il doit y avoir une stricte égalité entre la production et la création monétaire au point d'accroissement de la productivité près; tout écart se traduit ainsi par des dérives dans la fixation des prix, des pertes de repères induisant instabilité, erreurs de calculs économiques sur l'investissement, spéculation et existence d'une hyperinflation qui se propage de bulles en bulles... Or depuis des dizaines d'années la création monétaire est trés largement supérieure à la croissance économique: le résultat ne peut se résoudre que dans une crise majeure, dans une perte de valeur gigantesque !
Ce qui est fondamentalement en jeu, au delà de la gestion largement perfectible du système financier, c'est le contrôle de la création monétaire. Des règles strictes doivent être imposées aux banques centrales, à l'ensembles des banques centrales, par le G20 légitimé par l'ONU pour que la BRI (banque des réglement internationaux) adossé au Fond de Stabilité financière en contrôle la mise en oeuvre opérationnelle.
Je me disais que dans cette histoire il y avait un problème.
C'est trop beau !
Et j'ai trouvé : allez donc trouver une prostituée qui fait crédit !
Cela affaiblit beaucoup la démonstration.
Excellent et très vrai !!!!!!!!!!! ;o)
Mr Attali.
AB+BC+CD= AD
Le dernier l’hôtelier (L’état) reste le dindon de la farce ! Il paye pour le village, soit au final les français, ou les européens selon l’échelle que l‘on donne à la problématique. Votre démonstration/leçon est.., comment dire…simpliste ?
Autre idée simple, plutôt que de faire supporter la dette à l’hôtelier, si on faisait payer le touriste (la banque centrale, responsable aussi du comportement des autres banques), ce serait moins douloureux pour le village et ses habitants !
Mais je suis d’accord avec vous, il vaut mieux emprunter pour investir, que d’emprunter pour consommer. Seulement, avons-nous encore les moyens d’emprunter ? Et pour quoi faire ?
C'est tout à fait étonnant que Jacques Attali ne découvre que maintenant cet apologue qui doit exister depuis plus de 50 ans ( Jacques Dartan ?) et qui est présent dans beaucoup de livres et sites ( sous la forme "la Dame de Condé" ), par exemple http://www.sol-reseau.org/La-dame-de-Conde.html
Génial comme principe ! On fait tourner la planche à billets, tout le monde s'endette et personne ne doit rien à quiconque.
Un joli conte de noël qui a été logiquement démenti par les faits : ce sont bien les ménages super endettés outre Atlantique qui, ne pouvant plus payer leurs créanciers sont en partie à l'origine de la réaction en chaîne dont sont victimes les économies mondiales.
Je dis en partie, parce que des responsables d'entreprise multinationales "intelligents" incitent des licenciements abusifs, dans le sens où ils n'ont pas de réelle justification économique, dans le seul but d'enrichir les actionnaires. Ils doivent probablement être persuadés que les voitures renault, ou les pneus Michelin seront achetés par les chômeurs, ou par les nouveaux employés polonais payés 100 € par mois. Un autre joli conte de noël probablement.
En cas de catastrophique récession avec faillite de tout le système monétaire mondial, les billets auront pour valeur faciale 0 €, que ce soit sur un compte de la BNP, de la Caisse d'Epargne ou d'une banque offshore.
Les riches clients de Madoff l'ont compris, eux : on peut très vite passer de plusieurs millions d'euros à rien du tout.
Lorsque l'on devra reconstruire une nouvelle société sur les ruines du capitalisme, de nombreuses personnalités "intelligentes" figureront dans nos livres d'Histoire, entre les Rois fainéants pour le ridicule et les plus célèbres criminels pour l'affamement des 3/4 de l'Humanité et la destruction de la biosphère.
L'histoire que nous conte Jacques ATTALI est belle, certes, mais plus dure sera la réalité.
Cette parabole du "village au billet de 100€" est agréable à lire, surtout pour un néophyte comme moi.
Deux phrases de l'article ont surtout retenu mon attention :
• "la priorité d'une économie saine, c'est d'utiliser l'emprunt pour investir"
• "le recul de la crise s'annonce comme la préparation d'une autre, bien plus terrible, par accumulation de dettes insurmontables"
Aussi qu'en penser, notamment au sujet de l'emprunt immobilier (pour se loger et/ou pour louer)?
Des pistes de réflexion en scénarios "pire des cas", un peu simplistes :
• scénario crise totale de l'emploi (perte du salaire et/ou de revenus locatifs, même assurés par la Garantie d'État "GRL"): ça passe (vente des biens pour rembourser la dette)
• scénario effondrement des prix immobilier: ça passe, même dans le scénario ci-dessus, la baisse tolérée étant à la hauteur du pourcentage de la valeur financée sans emprunt (j'emprunte 70%, je tolère une baisse de valeur de 30%) => bien-sûr, le capital s'est évaporé
• scénario faillite bancaire (même garantie par l'État): mieux vaut alors avoir ses deniers dans la pierre que dans l'épargne papier
• scénario hyperinflation: ça passe, c'est même favorable au remboursement des intérêts (si taux fixe)
• scénario spirale déflationiste: ça ne passe PAS car la charge de remboursement des intérêts à taux fixe explose
• scénario un astéroïde s'écrase sur ma ville: probabilité par rapport aux autres scénarios?
Ces scénarios vous semblent-t-ils pertinents ou spécieux?
A cause de "la crise à venir", les particuliers doivent-ils éviter d'emprunter pour investir (ici, dans la pierre), du fait d'un possible risque de spirale déflationiste? (qui, avec l'astéroïde, semblent des risques non maîtrisables).
La parabole de la météorite (allusion au météore qui s'est écrasé en 1908 en Sibérie) m'amuse beaucoup. J'imagine en lisant celà une catastrophe cosmique qui effacerait de la Terre l'humanité entière et toutes les trâces ineptiques laissées par ses représentants sur notre planète, un peu à la manière d'une absolution chrétienne qui allège du poids des exactions commises par un pêcheur.
Je vois d'ici un membre d'une expédition extraterrestre qui, marchant sur la surface vitrifiée de notre Terre, supputerait : "peut-être que toute l'oeuvre d'une civilisation intelligente a été anéantie par ce cataclyme".
Et voilà, pas vu, pas pris.
Je pense à ces quatre personnes qui se sont récemment risqués à aller avec leur vedette dans une zône de hauts fonds alors que la mer était démontée. Je suis persuadé qu'un membre de leur équipe a dit, juste avant qu'ils ne se noient tous, que ça va passer.
Comme j'entends dire là que l'Etat peut tout couvrir, malgré son endettement record et ses impôts toujours diminués et bientôt inexistants avec les chômeurs qui n'en paieront plus, que les immeubles vendus à des imbéciles riches en leur donnant des réductions d'impôts pour les louer à des étudiants et qui ne trouvent pas preneurs, vont être achetés par les mêmes chômeurs, etc, etc ...
Bien évidemment, pour que ça passe, il va falloir investir, mais aussi partager. Investir dans des activités qui respectent la Vie (nous et la biodiversité), et non plus au détriment du voisin (les pays pauvres du tiers monde et les laissés pour compte des pays riches), au détriment du dernier poisson que l'on pourchasse avec des sonars de plus en plus puissants, au détriment des abeilles, des oiseaux et des chauves souris que l'on anéantit avec nos pesticides (alors que les premières sont indispensables à la reproduction de la quasi-totalité du règne végétal, que les seconds et les troisièmes sont très efficaces, de jour comme de nuit, tels des avions de chasse, pour tuer les insectes nuisibles).
Voilà la ligne de réflexion que j'aurais aimé entendre de la part de Jacques Attali. Mais bon, faut pas rêver. Ancien Ministre de Mitterand, participant activement à des activités de lobbying financier, notammant avec PlanetFinance, choisi en 2007 par Nicolas Sarkozy pour présider une commission à fondement libéral, ce discours lui eut été antinomique.
Et pendant ce temps là, des Humains "intelligents" volent leurs frères et détruisent notre planète, le moule qui a créé toute notre vie ...
Quelle époque formidable nous vivons là ...
Dans le fil, il est fait mention de la création monétaire, dernier salut de la reprise, mais également des conséquences inflationnistes qui y sont corrélées.
Un des commentaires mentionne le nécessaire effacement de la dette des Etats, ce dernier se faisant au détriment des rentiers par le biais de l'inflation.
Bien que je n'ai pas connu cette période, les années 80 ont été marquées, semble-t-il, par un "appauvrissement" des riches et un "enrichissement" des pauvres qui remboursaient leurs dettes avec de la monnaie de singe.
Deux questions se posent à moi depuis plusieurs semaines:
a) jusqu'où la BCE sera-t-elle prête à laisser glisser les taux, remettant en cause pour chaque point d'inflation sa jeune crédibilité
b) est-il incontestable que les rentiers seront les perdants: les taux courts seront impactés par l'inflation, mais pour les salaires, ce n'est pas sûr. Si les prix à la consommation augmente plus vite que les salaires (notamment pétroles et autres matières premières type GAz: cf. augmentation des prix annoncée de 3% pour l'électricité), qui seront les perdants?
Jacques aime les série TV américaines... pendant des années il nous a fait Monsieur Spock avec ses chemises à col bizarroïdes, maintenant il nous fait Granpa Munster: http://www.imdb.com/media/rm1468897024/ch0035994