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Retour à Versailles, par François Hollande

En s'adressant lundi devant les parlementaires réunis en Congrès, le chef de l'Etat confirme la dérive présidentialiste de la Ve République.

L'intervention du président de la République devant le Congrès à Versailles est l'aboutissement de la démarche engagée par Nicolas Sarkozy dès son élection destinée à lui permettre de prendre la parole là où, avant lui, aucun chef d'Etat n'avait été autorisé à le faire. La révision constitutionnelle, votée si difficilement en juillet 2008, n'avait pas d'autre objet que de lui offrir cette faculté.

J'ai contesté cette prétention et donc cette procédure. Ce fut la raison de mon opposition à cette réforme, dont le réhaussement supposé des moyens du Parlement n'était qu'un argument de circonstance, dénué d'ailleurs de toute réalité douze mois plus tard. Mais, je veux montrer, par ma présence, le respect que je porte aux institutions, même si j'en déplore les dérives.

Voilà pourquoi les socialistes ont eu raison de décider de participer à cette séance exceptionnelle du Congrès, la première du genre. Voilà pourquoi ils entendront le Président évoquer, selon son bon plaisir, les sujets de son choix. C'est la lettre de notre Constitution. Elle est notre loi commune.

Mais ils ont eu également raison de ne pas prendre part au débat qui suivra. Il tient davantage du simulacre politique que du dialogue républicain, puisqu'il se déroulera en l'absence du Chef de l'Etat, face à un Premier ministre muet, bien loin des feux médiatiques brutalement éteints après le départ de Nicolas Sarkozy. Et que dire des conditions inadmissibles prévues pour la réplique d'à peine 10 minutes pour solde de tout compte! Dans quel genre de démocratie l'opposition est-elle ainsi traitée?

L'intervention du Président est donc une «adresse» et non un échange. Nous sommes loin du discours sur l'état de l'union. De ce point de vue, c'est moins le modèle américain qui est promu que le «retour à Versailles» qui est organisé. Cette résurgence du discours du trône n'est pas seulement symbolique. Elle n'est pas une foucade, un caprice ou une convenance personnelle. Elle est une rupture institutionnelle.

Avec cette disposition, l'effacement du Premier ministre devient une relégation constitutionnelle. A quoi servira au Chef du gouvernement de faire désormais une déclaration de politique générale, dès lors que le Président aura tracé les grandes lignes de son action devant le Congrès. Certes, il reste bien la motion de censure. Mais le Chef du gouvernement est devenu un prête-nom!

La France est la seule démocratie où son chef de l'Exécutif peut s'adresser à une assemblée dont il peut décider à tout moment la dissolution, sans que celle-ci puisse mettre en cause sa responsabilité. Ce régime a un nom. C'est le «présidentialisme»: celui où le Président est tout et où tout procède de lui et sans qu'un contre-pouvoir ne lui serve de limite. Rien à voir avec le régime présidentiel, comme aux Etats-Unis, où le Président et le Parlement constituent deux légitimités aux compétences clairement identifiées et dont aucune n'a prise sur l'autre. Dans le régime présidentialiste, le pouvoir est unique; dans le régime présidentiel, il est équilibré et partagé.

C'est l'étape ultime de la Ve République. Commencée dans la fiction d'un régime parlementaire rationalisé, avec un chef de l'Etat élu par un collège de notables, poursuivie par la consécration du Président avec une autorité puisée à la source du suffrage universel direct et perpétuée par l'affaiblissement du Parlement — hors période de cohabitation, la Ve République connaît une nouvelle mutation, ou plutôt une consécration. Ceux qui avaient annoncé la VIe République constateront, à leurs dépens, que sans changer de numéro, la Ve aura après 50 ans de vie tumultueuse basculé du côté où elle penchait le plus. Elle a abaissé le Parlement, effacé le Premier ministre, occulté les ministres, réduit les corps intermédiaires, diminué l'indépendance des autorités de contrôle, asphyxié les collectivités locales. Pour ne laisser qu'à un seul pouvoir tout le pouvoir.

Le roi est mort. Vive le Chef!

François Hollande

En une: «Louis XIV», sculpture de Jeff Koons exposée au Château de Versailles. Benoit Tessier/REUTERS

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Comments

Je mets quelle Rolex pour Versailles ?

Mr Hollande,

Je ne comprends toujours pas pourquoi vous y allez.
D'ailleurs, comme beaucoup de concitoyens attachées à certaines valeurs dites "de gauche", je ne comprends plus grand-chose venant de votre part.
Ce n'est pas Manuel Valls qui me prouvera le contraire.

S'il y avait bien un geste politique à faire pour rentrer dans l'opposition, c'était celui-là.
Celui de refuser d'entrer dans la danse.

Vous invoquez l'amour et le respect des instituions de notre république.
N'est ce pas justement un manque de respect envers ces institutions que de se prêter à cette mascarade ?

Pensez-vous vraiment que cet homme se fait autre chose qu'un "gros délire" comme on dit chez les jeunes, c'est à dire rien de moins que s'adresser aux représentant du peuple français, à Versailles.

L'homme dont vous parlez et qui va s'adresser à vous est dans la phase la plus ascendante de son egotrip.

Cela commence par un dîner au Fouquet's, cela finit par un discours à Versailles.
Entre temps, nous passons par la mise à l'écart d'un préfet qui n'avait pas changé les chiottes chez belle-maman.
Voilà pour l'aspect anecdotique de cette monarchie, le résumé entier de ses éclats serait bien trop long et finirait pas provoquer le dégoût..

C'est simple. Il fait ce qu'il veut, quand il veut, où il veut.
Où va s'arrêter cette impunité ?
Personnellement, je n'en peux plus de cette vulgarité affichée.

Vous rendez-vous compte, Monsieur Hollande de ce qui se joue en ce moment même ?
Ce n'est pas un combat politique de plus.
C'est beaucoup plus important.
It's a shifting value time.
Et la direction que prennent ces valeurs, me fait peur.

Et à titre personnel, Mr Hollande.
N'en avez-vous pas marre que cet homme se moque de vous et des institutions françaises ?

Quand allez-vous vous relever ?

@haroldc, vulgarité affichée ?

Pourquoi voulez-vous qu'il se relève ? cela fait plus de 20 ans que Mr Hollande est assis confortablement dans les fauteuils dorés de la république, de Versailles (il fut présent à tous les congès organisés à Versailles) ou de la rue Solferino.

11 ans à la direction du PS, on en voit encore le résultat.

" Nicolas fait ce qu'il veut, quand il veut, où il veut", la faute à qui ? A une opposition socialiste inexistante, pardi !

Non, Haroldc, si, le rêve d'un Ps pugnace et constructif vous excite encore, à coup sûr, avec Mr Hollande, vous misez sur le mauvais cheval.

Mais effectivement, vous avez raison, un vrai parti d'opposition, un vrai PS n'aurait pas du accepter d'aller à Versailles...Comme vous, "je n'en peux plus de cette vulgarité affichée" du PS, qui après tout, en allant au Chateau, n'est plus à une compromission près.

Allez, cordialement,

PS: Au fait, j'ai perdu ma Rolex, vous ne l'auriez pas trouvé ?

Pas que

"la faute à qui ? A une opposition socialiste inexistante, pardi !"

Je ne suis pas complètement d'accord.
Certes l'opposition est inexistante mais ce n'est pas elle qui a voté pour Monsieur Sarkozy.

"La faute, cher Brutus, n'est pas dans les étoiles, mais en nous-mêmes."

Car beaucoup de ces gens qui lui ont accordés leur vote, veulent une Rolex.
Ils veulent partir en vacances sur le yacht de leur pote.
Ils veulent se taper une mannequin.
Ils veulent pouvoir traiter de pauvre con quelqu'un qui les dérange.
Ils veulent impressionner belle-maman en faisant sauter le mec qui a pas changé les égouts assez vite.
Ils veulent faire le malin dans des déjeuners.
Ils veulent acheter l'appartement de YSL.
Ils veulent se voir à la télé.
Ils veulent en jeter, quoi.
La vie de rêve.
Allez remets-en moi une Robert...

Sarkozy, c'est nous. Ou plutôt 53% d'entre nous. Dont beaucoup qui se disent de gauche.

C'est ça le drame.

A Haroldc

est ce que ce psychodrame que vous vous fabriquez rend votre vie beaucoup plus intéressante ? Sans doute .... Alors tant mieux....

Gundor

Soutien

Je partage presque entièrement votre analyse M. Hollande. La France vit sous un régime hybride qui fait sa force mais qui la condamne à des dérives, à une « culture d’autoritarisme » pour reprendre le mot de Guy Carcassonne. J’entends aussi votre propos sur l’importance du respect des institutions de la part des parlementaires. Mais je ne suis pas un homme d’Etat, moi, alors je vous le dis tel quel : à votre place, je ne serais pas allé à Versailles. Si l’on condamne la présidentialisation du régime, si l’on réprouve la réforme constitutionnelle de 2008 parce qu’elle offre une fois de plus la possibilité au Spectacle de se languir et si l’on récuse l’hypermédiatisation du Président Sarkozy, alors, je crois, qu’il ne faut pas y aller.
J’espère que tout ceci vous convainc, M. Hollande, de changer de régime le jour où la gauche reviendra aux responsabilités – car elle y reviendra, malgré tout.

balle dans le pied

si l'opposition avait boycotté cette mascarade, cela aurait eu au moins un mérite: tuer cette disposition dans l'oeuf.

après ça, ni les oppositions futures, ni les président futurs (ni celui là) n'aurait réitéré la manoeuvre

Le PS a perdu une occasion d'imposer ses idées dans les faits.

en réalité, la réforme des institutions est extremement simple: il faut supprimer le président et l'élection qui va avec. il faut un chef de l'executif responsable devant le parlement et désigné par celui-ci, point.

http://sauce.over-blog.org/article-19993489.html

Le roi est mort. Le PS aussi.

Donc c'est clair : Versailles, nous y allons mais nous n'y allons pas. Et ce par respect pour les institutions.... que nous déplorons.

Les grosses têtes du grand congrès de Reims (voilà une VRAIE institution!) comprendront notre raisonnement. Vous autres on s'en fiche.

"Le roi est mort" Oui mais il n'est pas tout seul!

Peter Wright

front du refus

Encore une fois raté ! Il fallait refuser cette mascarade. Toute la gauche unie qui refuse cette parodie de démocratie. Quel est le but d'un tel rendez-vous : vous diviser, c'est réussi.

M. Hollande

"J’espère que tout ceci vous convainc, M. Hollande, de changer de régime le jour où la gauche reviendra aux responsabilités – car elle y reviendra, malgré tout."
Malgré vous, M. Hollande ?
Encore faudrait-il qu'il y ait une gauche !
Comme disait l'autre (de gauche ?), "la constitution de la Vème est dangereuse, elle l'était avant moi, elle le sera après", disait-il, en faisant espionner Carole Bouquet...

PMAbeche

Qui se soucie de Versailles ?

Difficile de se passionner sur le fait de savoir si nos élus doivent ou non aller à Versailles pour entendre Sarkozy. Le problème des français aujourd'hui, c'est la crise et le chômage. Si, plutôt que de parler aux français au 20 heures de TF1, le président préfère s'adresser au parlement au milieu des ors, des nymphes et des bassins pour faire la couverture de "Point de Vue Images du Monde", grand bien lui fasse. Je regretterai simplement le coût de cette partie de campagne que je suppose un tantinet indécent dans le contexte actuel.
Mais franchement Monsieur Hollande, vous ne pensez pas que vous pourriez consacrer votre énergie à d'autres sujets autrement plus urgents et importants ?

El Gato

C'est proprement se moquer

Devinette, qui a écrit ce qui suit ?

Accroître sans cesse les pouvoirs du président, réduire les ministres à n'être plus que de dociles fonctionnaires, abaisser ou défier à plaisir le Parlement, tenir pour négligeable le Conseil d'Etat, cantonner étroitement le Conseil Constitutionnel […] c'est proprement se moquer.

Accroître sans cesse les pouvoirs du président

Pas beaucoup de succès pour ma devinette, tant pis je donne la réponse : Hubert Beuve-Méry le 22 septembre 1962, en réponse à l'annonce par le général de Gaulle du référendum sur l'élection du président au suffrage universel (horreur absolue).

Je conseille à toutes celles et tous ceux qui sont intéressés par la "dérive actuelle du régime" d'acheter "Onze ans de règne" (toujours disponible chez Amazon par exemple), recueil des articles signés Sirius dans Le Monde de 1958 à 1969. L'auteur du recueil est HBM lui-même, en 1974, et la quatrième de couverture le présente ainsi : « HBM analyse étudie et juge avec lucidité et hauteur de vue [...] sans jamais se laisser aveugler par les passions partisanes ».

La citation que j'ai fournie se trouve page 70, trois pages plus loin on peut lire aussi cette phrase "pleine de lucidité" (dont il n'a même pas l'idée de s'excuser dix ans plus tard) : Ce maître ne fait pas école. Il n’a ni disciples, ni collaborateurs, tout au plus des serviteurs.

Cela remet un peu en perspective, 45 ans plus tard, les articles de Hollande (relisez le dernier paragraphe et comparez avec HBM) et de tant d'autres, non ?

Inexactitude

Monsieur Hollande écrit que "l'intervention du Président est donc une «adresse» et non un échange. Nous sommes loin du discours sur l'état de l'union".

Cette affirmation est fausse. Pour cela, il suffit de se reporter à la page suivante qui explique de manière détaillée le processus du discours prononcé tous les ans par le président américain (http://en.wikipedia.org/wiki/State_of_the_Union#Opposition_response).

Le président s'exprime devant les deux chambres (chambre des représentants et Sénat) réunies pour l'occasion. L'opposition n'est pas appelée à répondre dans l'assemblée en présence du président, après le discours.

En revanche, depuis 1966, l'opposition américaine répond par une intervention télévisée.

Quelque chose empêche-t-il le parti socialiste de répondre par cette voie (en dehors de la peur de ne pas être capable d'exposer un contre-programme) ?

En plus, l'article 18 de la constitution prévoit que la déclaration du président peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l'objet d'aucun vote. Cette faculté n'est pas prévue par la constitution américaine. L'opposition française n'est donc pas muselée.

Le président français a des pouvoirs importants qu'il exerce. Il semble sain que dans une démocratie, il puisse exposer ses orientations aux députés, et donc aux Français.

LA MASCARADE

J'espère que mon commentaire ne sera pas "censuré" comme la dernière fois que j'ai commenté un article de Mr Hollande, cette remarque faite, je dis à Mr Hollande:
1) Croyez-vous que les français en général s'intéressent de savoir si le Président parle au congrès de Versailles ou à la télévision hors politique politicienne les français s'en moquent pour certains un discours de plus pour d'autres une envie de savoir ce qu'il va dire.
2) comme d'habitude le PS se traîne mais sous de pseudos excuses le respect des institutions va dans la Cité du Roi Soleil écouter le Monarque et pour certains parlementaires le "cinéma"de la carte postale montrant à la postérité!!!!! qu'ils y étaient.
3) Si vous voulez être un parti rersponsable alors il ne fallait pas y aller et je vous fais confiance pour trouver une excuse liée à la constitution.
4) Vous n'avez toujours pas tiré la leçon des Européennes, par contre l'UMP et en tête le chef de l'état doivent bien rire.
5) Allez Mr Hollande DESCENDEZ dans l'arène du PEUPLE et vous comprendrez enfin ce que celui-ci attend d'une opposition digne de ce nom.

MAYOMBE

les hommes politiques sont incorrigibles

Monsieur Hollande,

S'il je suis en accord total avec vous sur le présidentialisme de la façon dont NS exerce le pouvoir, je ne vous rejoins pas sur bien d'autres points,

- la V ème république a été taillée pour le costume du président, les articles 8 et 9 en attestent bien. Si le Grand Homme avait prévu de se hisser au dessus de la mêlée en laissant le premier ministre se dépatouiller, il n'en dirigeait pas moins le pays et cette autorité lui était incontestablement reconnue. Votre "copain" Mitterrand s'en est également fort bien servi.

- le raccourcissement du mandat à 5 ans, et l'ordre des élections ont achevés de renforcer voire d'officialiser un régime pseudo présidentiel. Je ne vous rappelle pas qui était au gouvernement au moment de ce choix.

- la médiatisation sans recul de l'action, qu'elle soit politique ou autre fait qu'aujourd'hui les acteurs de l'action sont presque obligatoirement des bateleurs avant d'avoir des idées, du fond, du sens et autres valeurs tombées en désuétude. Il est d'ailleurs remarquable qu'il faille être un combattant médiatique pour se faire élire et que bien d'autres talents - souvent opposés - soient nécessaire pour exercer le pouvoir.

On pourrait à loisir égrener tant et tant de raisons qui font qu'un NS est comme il est et surtout qu'il occupe sa place parce qu'il est comme ça. On pourrait aussi se demander pourquoi, au second tour des présidentielles, votre parti avait cahin caha poussé Ségolène Royal qui dans son style fonctionne de la même manière que NS.

Qui fait les contre pouvoirs, qui fait la révolution pour qu'ils s'exercent, qui alerte l'opinion de manière synthétique et constructive sur les errements du fonctionnement de l'état ? normalement, en démocratie, c'est l'opposition, qu'elle soit parlementaire ou pas. Ou est-elle aujourd'hui ? quelle est la force de sa voix et la cohérence de son discours ?

Opposez vous pour de vrai ! pas en vous drapant dans le respect contrit ! le PS est le SEUL parti crédible ( hum hum ...) qui puisse porter avec force un discours qui dénonce ce présidentialisme que vous évoquez, qui apporte des exemples concrets de ce qui ne va pas et qui puisse se faire écouter sur des alternatives cohérentes.

Soyez courageux, balançez la Sfio et Jaurès aux orties, le monde a changé. N'ayez pas peur de dire qu'il faut réformer, que les conservatismes, les avantages individuels et la dette ne sont plus compatibles avec la société dans laquelle nous sommes aujourd'hui qui nécessite plus de justice mais pas en prenant aux riches pour donner aux pauvres, la lutte des classes c'est un poil dépassé.

Si vous faites cela, vous n'irez naturellement pas à Versailles parce que les apparences seront bien moins importantes que le fond et peut être qu'alors, vous aurez une chance de revenir aux affaires.

Continuez à vous indigner et vous disparaîtrez.

Cordialement

Mr Hollande et Mr Copé

Mr Hollande et Mr Copé sont sur un même bateau qui vogue, pas trop tranquille, vers 2012. Mr Hollande et Mr Copé sont sur Slate pour nous convaincre du bien fondé de leur démarche.

Mr Hollande, chronique après chronique, sans être à l'écoute de son public slater, critique inlassablement celui qui occupe la place qu'il rêve, à jamais, d'occuper.
Mr Copé écrit, propose, refléchit sur des sujets aussi variés que l'aéronautique ou Hadopitruc. Il prend même le temps, lui ou son nègre, peu importe, de saisir la plume pour répondre longuement à Plumes et Slaters.

Mr Hollande rêve de lendemains qui chantent, Mr Copé construit, lentement et surement son avenir.

Mr Hollande oublie ses devoirs d'inventaire, a oublié sur les bancs de l'ENA les bienfaits de l'auto-critique, il oubliera très vite de ses 11 ans à la direction du PS son inaction destructrice.
Mr Copé ratisse, regarde, analyse, se remet en question au fur et à mesure de ses chroniques:parlement,internet,aéronautique,agriculture...

Mr Hollande s'imagine calife à la place du calife en 2012, Mr Copé prend son temps et se voit bien, partisan d'une certaine continuité en 2017, président , tout simplement.

Avec l'un, nous sommes dans le domaine du rêve; avec l'autre, nous sommes dans un réalisme pragmatique. L'un n'a rien pigé, l'autre a tout compris...

Cordialement,

c'est terrible...

Bien qu'ayant une sensibilité à gauche et même très à gauche pour être franc, je ne peux hélas qu'abonder dans votre sens mon cher Corto... Cela fait des années que je dis à ceux qui veulent bien l'entendre que Mr Hollande, aussi sympathique qu'il puisse être lorqu'on le connaît (diantre, même Chirac le dit !!) possède à peine le charisme d'un représentant en cravates en tergal de province (ça c'est mon expression, ça veut pas dire grand chose mais tout le monde comprend, curieusement...) qui fait que justement on n'a pas envie de le connaître, et partant on n'a pas envie de lui confier quoi que ce soit, on hésiterait même à l'envoyer acheter le pain...
Quand j'étais plus jeune à la FAC je l'appellais 'culbuto' pour me moquer gentiment de ses supporters (et trices), un culbuto c'est un jouet typiquement sans danger c'est tout rond et ça remue dans tous les sens sans jamais tomber : François Hollande !
Enfin si j'avais à choisir entre Hollande et Copé je choisirais tout de même Hollande parceque Copé est pour moi dans la catégorie des "grands diseux petits faiseux" surtout pour ce qui est de la réforme du système financier qui n'est que putative "au jour d'aujourd'hui" comme on dit "au journal" lol)

g pa kompri

Je suis souvent d'accord avec corto 74 et c'est encore le cas.

Moi, j'en ai marre de voir les politiciens s'accrocher à leurs bonnes vielles méthodes pour seulment prendre le pouvoir. Ce que je veux, c'est des politiciens moins stupides que les autres qui proposent des choses qui marchent. J'ai conscience d'être naïf, mais je persiste et je ne suis pas près d'arrêter parce que le jour où j'aurai arrêté, je serai parti vivre à l'étranger.

Hollande nous fait toute sa prose sur la dérive du système, très bien. Maintenant, je lui pose quelques questions de base (pas énarques, s'entend):

- Si le premier ministre a moins de pouvoir et le président en a plus mais fait une meilleure politique, c'est mal?
- Pourquoi est-ce mal de faire au grand jour ce que les autres font en cachette?
- Et enfin, celle là, si je peux me permettre d'être tellement outrecuidant: Si Hollande avait le pouvoir, avec un Premier Ministre qui agit conformément à ses souhaits, il ferait QUOIi? Mains, bon, là, j'ai conscience d'être border-line.

Inthesky

Je ne vous dirai qu'une chose

Je ne vous dirai qu'une chose : on ne peut pas à la fois critiquer M. SARKOZY et se plier à son bon vouloir... Le PS n'aurai jamais dû aller à Versailles !

Contestation inutile

François Hollande, votre contestation est inutile, vos réactions et vos objections ne sont que de simples critiques. Vous devez, en tant que militant et ex-responsable politique du PS, vous situez au-delà de ces interventions, chroniques puériles. Fixez-vous des objectifs, un parmi d'autre: tenter de participer activement à la revitalisation de votre parti, structuration d'une équipe solide et efficace, élaboration d'un projet...
Cette affaire versaillaise est sans intérêt pour les Français.

Le Conquérant

Je crois sincèrement que vous

Je crois sincèrement que vous vous trompez Le Conquérant. L’épisode de Versailles revêt une importance capitale, non pas parce que le Président Sarkozy va y annoncer des mesures substantielles sur la suite de son quinquennat – il reprendra simplement quelques projets qui lui tiennent à cœur et que tout le monde connaît déjà (la réforme des collectivités territoriales, la volonté de continuer les réformes…) – mais parce que nous allons assister à une nouvelle manifestation du Spectacle. Regardez le 20 heures de Laurence Ferrari et de David Pujadas ce soir, lisez Le Monde ou Le Figaro demain. Ils ouvriront sur ces images d’un Président-Roi devant ses sbires qui raconte une histoire. Presque personne ne prendra la peine d’écouter le discours – la plupart n’y comprend rien et s’en fout – mais tout le monde verra que la France est dirigé par un homme et un seul.
Ce qui va se passer ce soir, vers 15 heures, à Versailles, dans l’entre de Louis XIV, marquera la séquence historique que nous vivons : les idées n’ont aucune espèce d’importance tant qu’elles passent à la télé !

Réponse à Heidi

A votre avis, qui, aujourd'hui, se souvient de cette mise en scène et de l'impact qu'il a pu ressentir?
Personne, sauf Hollande et encore...car il doit se souvenir un tantinet de son article.

Le Conquérant

M. Hollande, Le régime actuel

M. Hollande,
Le régime actuel serait moins présidentiel si les élections législatives étaient déconnectées de l'élection présidentielle.
C'était le cas avant. Cela permettait une "respiration" démocratique sous la forme d'une cohabitation, où chaque pouvoir était contrôlé par l'autre, et où donc les limites étaient respectées.
Or qui a voulu aligner la date de l'élection législative avec celle de l'élection présidentielle ? Un socialiste nommé Lionel Jospin. On ne peut pas dire que ce fut une idée brillante, vu les dérives autoritaires de l'exécutif qui en découlent.
Peut-on espérer que si la gauche revient au pouvoir (ce que je souhaite), ce point-là soit corrigé afin que l'on revienne à la situation antérieure (qui, je le rappelle, est celle en vigueur aux USA : le Président et le Congrès sont élus en décalage).

Aquarius74

Si Versailles m était compté

Cher Monsieur Hollande
Il sied à un chef d état d un pays qui compte encore un peu , d exposer son programme , et comme
l adresse est solennelle pourquoi ne pas utiliser un Palais tombé sous le giron d une république qui l entretient alors que ce château ne sert plus à grand chose , sauf à coûter une fortune pour l entretenir -
Je pense que la plupart de ceux qui ont écouté cette feuille de route ont attaché plus d importance au contenu qu au décorum -
A lire vos commentaires , Monsieur Hollande , je suis tenté de faire moi aussi un calcul d épicier -
Parce que toutes proportions gardées , si vous deviez imposer la lecture des programmes de la gauche plurielle , un mobile-home qu on pourrait orienter selon la tendance , serait tout à fait adéquat

Plus on va moins vite , moins le temps est plus court

Le "chef" a parlé

Cet après midi « le chef » a parlé et ses opposants se sont exprimés devant … l’opinion publique. Même ceux qui avaient décidé de ne pas écouter Nicolas Sarkozy se sont présentés aux portes du palais, devant les caméras de télévision, pour commenter ce qu’ils étaient censés ne pas avoir entendu. Voilà qui rend, à posteriori, les explications de François Hollande bien superficielles.

iconoclaste

Joie du Roi, tristesse du Peuple ...

Ce matin Républicain ma gauche est morte et mon centre agonit.

Et ma vie continue... Ma vie d'ouvrier, d'ex ouvrier, de caissière, d'ex caissière, de vendeur, d'ex vendeur, d'artisan, d'ex artisan, de paysan, d'ex paysan avec mes foutus malheurs grandissants, chômage, dettes et toutes ces maladies opportunistes qui de jour en jour nous dépriment.

Basta ! de ces tumeurs malignes qui rongent et nous privent d'espoir. Mon Peuple souffre, il veut du pain pour ses enfants et n'en déplaise aux antiguinches, du vin pour ses vieux parents ! Et puisque l'opposition est atone, doit on aller vers une nouvelle marche de femmes affamées vers un balcon versaillais ? NON ! Car moi, ce Peuple au glorieux passé, je connais la fin de cette autrichienne qui se repue de viennoiseries avec mépris et je souhaite plutôt que la bella italiana glisse un peu de vin dans l'eau de son petit Tsar qui causa tant ici, dans ce même château.

Afin que le sang de la terre se substitue au sang du Peuple et puisque dans son discours il est question de révolte alors peut être ce breuvage pourra rendre le Président du moment plus humain, plus juste, plus en phase avec nous, ses citoyens qui n'en peuvent de boire, toujours, chaque jour, des paroles creuses et vides de sens pour nous, face à notre assiette vide et nos quêtes quotidiennes de cet emploi salvateur qui nous apparaît avoir été tout bonnement volé par l'Etranger !

Si je souffre tant, oh mon bon roi, mon Président, alors pourquoi ne prenez vous pas le risque d'annoncer le retour d’une nouvelle forme de protectionnisme Européen éclairé à la Gauloise, qui OBLIGERAI le capital à rapatrier toutes ses usines, en France et en Europe ?

Pourquoi !!! avez-vous peur de Bruxelles, de Strasbourg, non pas vous …

Basta des profits ravageurs d'importateurs ! Stop aux millions de containers remplis du malheur de vos chômeurs ! Basta de la pollution engendrée par ce capitalisme transnational ! Le Peuple ne veut plus sou vivre alors pourquoi ne pas annoncer, hier, à Versailles, le retour du plein emploi comme objectif principal de la Nation, plutôt que de tenter de encore nous taper du fric que l’on a plus, via un emprunt dont nous sommes quasiment sur de n'être jamais rembourser !

Oh Président du moment, dites carrément à votre Peuple si vous voulez que le capital apatride continue de se goinfrer jusqu'à de nouveau exploser plutôt que de libérer l’homme par le travail !

Oh mes filles et fils du Peuple, c'est parce que je vous aime que je ne veux pas d'une retraite passée à mourir de bosser en vous regardant dépérir de ne rien faire, vous nos forces vives ! Il y a urgence à ce que nos élites autistes fassent tourner les générations dans l'emploi, plutôt qu'à vanter sans cesse à notre jeunesse les seules vertus de l'ordre, de la sécurité et du pensionnat !
Toi djeun's, mon avenir, allez tiens prend mon taf, éclates toi avec, réalises toi,, cotises pour moi !

Ma jeunesse, je t'aime moi, ton Peuple t'aime, lui, n'aies crainte dans quelques temps, l'p'ti vers d'autres cieux y s'ra r'parti par le formidable jeu de la Démocratie ! Et alors nous reverrons revenir tous ces plaisirs partagés, nos bonheurs d'être ces êtres simples, plein d'espoir et de confiance en l'avenir, sans pour autant oublier, de toujours garder un oeil vers ce ciel et ses stars politiques qui régulièrement, à la faveur des alternances, nous tombent sur la tête ...

Tout reste possible, si moi Peuple composé de toutes nos richesses individuelles, opiniâtres et obstinées, si j'arrive de nouveau à recréer une forme de communion laïque à la Gauloise, seule capable de réunir tous les démocrates éclairés du centre avec une nouvelle gauche entièrement refondée. Refondée et reconstruite il va sans dire sans tous ces beaux messieurs qui en croque depuis trente ans et n'ont pas dut trop suer pour nourrir leurs petits. Ils n'ont de gauche que l’adjectif accolé à cette rive de seine par eux si assidûment habitée. Mais attention, je proclame ici, depuis mes faubourgs populaires, que cette union sacrée ne pourra se réaliser qu'avec l'aide de nos gentils bandits verts, qui par la grâce des Européennes ont réussit à susciter de nouveau un espoir en la politique pour la jeunesse française .

Et alors ma droite, qui hier depuis notre château de Versailles, cria un peu vite Victoire, cette droite populaire, nous rejoindra, non pour former un ersatz de Conseil National de Résistance, mais bel et bien, pour reformer et réformer, cette France libre que nous aimons tant.
Notre France par cette utopie enfin réunie !

Walter LOopinG, portez vous bien, nos enfants y veilleront...

la honte!

bien superficielles , et bien courtes, les explications de François Hollande. Surtout au vu de ce spectacle affligeant d'hier: les boycotteurs de cette séance du congrès s'empressant de s'emparer de tous les micros disponibles...après le discours.
Absents ou silencieux dans l'hémicycle, mais premiers à bavasser devant les caméras!
Je me souviens de Barre:"la démocratie, ce n'est pas la télévision".
Et cette télé publique proche du coma (F3) de nous livrer le spectacle sinistre de cette maladie de la démocratie "de représentation": le débat de couloir!
Beuaâârk!
Quelle honte, cher M. Hollande. Quelle honte!

felix d

suggestion de lectures d'été

Je suggère à FH d'emporter sur la plage l'article de JM Colombani de cette semaine, ainsi que tous les commentaires des lecteurs. I y a quand même de quoi méditer tout un été là-dedans.

Inthesky

Respect de la constitution ?

Il ne peut y avoir respect de la constitution que lorsque celle-ci est la loi commune; S'agissant de la loi fondamentale qui permet l'élaboration de toutes les autres, cette loi, cette constitution se doit d'être écrite avec l'accord de TOUTES et TOUS ; Ce ne fut pas le cas de cette révision sarkozienne.

Dès lors, cette loi, cette constitution révisée en devient non respectable car non loi commune.

O peut dire que de Gaulle était dans le meme cas, et d'ailleurs sa constitution fut combattue violemment.

Avec le temps, la pratique qu'il en eut en atténua les point litigieux ou contestés.

Aussi il s'imposait de ne pas assister à Versailles à ce discours inutile, couteux et pompeux et de combattre dès le départ la pratique de " l'adresse " afin d'imposer une retenue et une pratique plus sage de cette constitution révisée. Le précédent de l'acceptation par le PS (en fait par la partie du PS sociale-democrate acquise aux reformes libérales & anti-sociales en cours) créé la dangerosité prévisible au lieu de l'empêcher.

Pour finir ce commentaire : le PS ne retrouvera le pouvoir quelorsqu'il sera un parti de mise en mouvement de la société, c'est à dire de remise en cause du statu quo social, en haut de l'échelle et surtout en bas.
C'est de que fait Madame Royal, avec ses debats participatifs, son université, etc . Ne rien remettre en cause, mais permettre la mise en mouvement, c'est l'attente non formulée de tout corp électoral. Pour avoir bien incarné cette apparente contradiction et géré les craintes d'un 3ème âge majoritairement aisé en France, M Sarkosy fut élu (avec les aides multiples des moyens de l'état, de la presse possédée par ses amis, des rivalités socialistes et des convictions libérales d'un DSK préacheté par le FMI bien sur ).

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