Ce que le Mali vu du ciel nous apprend de la guerre
Nous ne recevons que peu d'images de l'opération Serval. Mais il est tout de même possible de se faire une idée des paysages, naturels et urbains, dans lesquels les combats se déroulent depuis début janvier.
- Des soldats français près de Douentza, au Mali, le 7 février 2013, David Lewis/REUTERS -
La jungle du Vietnam, les montagnes de Tora Bora en Afghanistan, le désert koweitien de la première guerre du Golfe… A chaque guerre est associé un type de terrain, qui détermine non seulement la manière dont sont menées les opérations par les différents protagonistes, mais aussi l’imaginaire collectif qui se créé autour de chaque conflit.
Quel terrain restera associé à l’opération française Serval en cours au Mali? Comme l’ont souligné plusieurs médias, le public français reçoit peu d’images de la guerre elle-même. Surtout, le territoire du Mali est divisé en plusieurs zones géographiques où le climat et la végétation sont bien distincts: le sud vert, le Sahel et le désert Sahara.
Avec un mélange de photos de presse, car il en existe quand même quelques unes, et d’images satellites récupérées grâce à Google Earth et Google Maps, il est pourtant possible de se faire une idée de ce à quoi les différentes phases de la guerre ressemblent.
Le Mali vert
Le sud du Mali, où vit 90% de la population, est appelé le Mali vert, et l’image satellite ci-dessous montre que cette zone porte bien son nom.

Image satellite du Mali, The Map Library via Wikimedia Commons.
Quand les islamistes, présents au nord du pays, ont pénétré dans cette zone, poumon économique du pays, qui abrite la capitale Bamako, la France a décidé d’intervenir afin d’éviter que le pays entier ne tombe entre leurs mains. La photo de une ou celle ci-dessous d’un hélicoptère de l’armée française à Markala, au nord-est de Bamako, où la France a installé un état-major, montrent bien la savane arborée présente dans cette partie du pays.

A Markala le 22 janvier 2013, Joe Penney/REUTERS
Mais peu de combats ont eu lieu dans cette zone. En quelques jours, les soldats français ont pris les villes stratégiques de Diabali, Konna ou encore Sévaré justement pour mettre hors de danger le sud du pays.
Le Sahel
Ce nom, où l'insécurité s'est installée au cours des dernières années, désigne la zone qui marque la transition entre la savane au sud et le désert du Sahara au nord, décrite comme «de vastes étendues sableuses parsemées de reliefs gréseux peu vigoureux, mais découpés et troués par l’érosion» par Patrice Gourdin, professeur de relations internationales et de géopolitique auprès des élèves-officiers de l’Ecole de l’Air.
Afficher Tombouctou, Gao, Kidal sur une carte plus grande
Les villes de Tombouctou, Gao ou encore Kidal, qui se trouvent toutes dans cette zone, ont également été reprises par l'armée français assez rapidement, et c’est dans cette zone que s'est pour le moment arrêtée la contre-attaque française. Voilà par exemple à quoi ressemble le paysage près de Bourem, bastion des djihadistes situé à 80 kilomètres de Gao que les militaires français, maliens et nigériens ont repris sans résistance le 16 février:

Près de la ville de Bourem, au nord de Gao, Yves Herman/REUTERS
Comme l’ont souligné tous les spécialistes, les espaces dans cette région sont ouverts et vastes, ce qui facilite le repérage par l’armée française de combattants islamistes. Eric Denecé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), écrivait ainsi récemment dans une tribune sur Slate.fr:
«Une grande partie des opérations ont –et vont avoir lieu– dans des zones vides de population, ce qui signifie que les djihadistes seront plus facilement identifiables et que nous avons moins à craindre d’effets collatéraux aux conséquences désastreuses.»
Mais la situation dans les villes est bien différente et la guerre semble être entrée dans une nouvelle phase, celle de la guérilla urbaine. Voilà à quoi ressemblent les combats qu’ont livrés les soldats maliens aux insurgés dans les rues de Gao dimanche 10 février, où des attentats suicides et des attaques répétées de djihadistes ont eu lieu ces derniers jours.

Des soldats Maliens lors d'affrontements avec des islamistes à Gao le 10 février 2013, REUTERS
Et voici les rues de Gao vues du ciel sur Google Earth:
Le Sahara et l'Adrar des Ifoghas
La partie nord du pays, dont l’aridité est visible par la couleur jaune sur l’image satellite de début d’article, est traversée par le Sahara. Patrice Gourdin donne la description suivante de ce désert mythique:
«Contrairement à un lieu commun répandu, les dunes n’occupent que 20% du territoire du Sahara. La majeure partie de ce désert se compose de plateaux profondément entaillés et percés de multiples grottes».
C’est dans cette partie du Mali, et plus particulièrement autour de l’Adrar des Ifoghas, un massif montagneux du nord-est du pays, que se situe le sanctuaire des islamistes, et où certains d’entre eux se seraient repliés depuis l’arrivée des troupes françaises. Les fameuses grottes de cette région ont entraîné de nombreuses comparaisons avec l’Afghanistan, notamment de la part de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. Elles font également craindre à certains un risque d’enlisement du conflit.
Peu d'images de cette zone sont disponibles. Celles par satellites disponibles grâce à Google ne permettent pas vraiment de comprendre le relief ni, bien sûr, de voir les grottes en question.
Sur cette photo donne néanmoins une idée du type de paysage dans lequel une partie des 1.500 à 2.500 islamistes du pays se serait retranchée.

Une guelta dans près d'Oubankort, dans l'Adrar des Ifoghas/Taguelmoust, Creative Commons licence Attribution-Share Alike 3.0 Unported
Grégoire Fleurot
Mis à jour le 18/02/2013 à 12h26















































Ce que la guerre du Mali vue du ciel nous apprend sur cette guerre est insignifiant par rapport à tout ce qu'elle nous en cache, entre autres :
Que désespérément seule sur le sol de son ancienne colonie, cette guerre de la France risque de plus en plus de ressembler à une guerre post-coloniale" où ne manquent même pas les "centaines de morts" dont a parlé le ministre Le Drian, dont on a eu, il est vrai, la délicatesse de nous épargner les images.
Qu'il paraît tout à fait improbable que les armées africaines seront en mesure de prendre la relève de l'armée française dès le mois de mars, ainsi que l'a affirmé monsieur Fabius.
Qu'il n'est pas exclu que le soutien de la France au putchiste Sanago ne pousse pas les Touaregs dans les bras des islamistes, dans un scénario à l'afghane.
La France ne poursuit aucun intérêt au Mali.Parole de F.Hollande.
Il est bien difficile de le croire. Par contre cela nous ramène à la langue de bois du colonialisme français tout pénétré de socialisme.
Il s'agit d'une entreprise altruiste destinée à apporter la paix, la sécurité,la santé, l'éducation, le développement des infrastructures, de l'industrie, de l'agriculture, du commerce, à de malheureux pays privés de tout.
Avez vous remarqué ? A Bamako notre Président s'était dressé sur ses talons, comme un coq sur ses ergots, fier d'avoir accompli le fait politique le plus important de sa carrière !! Étonnant!
J'ai trouvé un super article sur le Mali d'ailleurs : http://primegueules.ragemag.fr/le-mali-pour-les-nuls/
Billet très intéressant qui nous met au cœur des enjeux de la géographie et de l'espace des opérations du combat contre le terrorisme.
Mais je prends à la lettre une "formule" paraissant dans l'article que je voudrais développer autrement ici.L'auteur dit notamment :"Mais la situation dans les villes est bien différente et la guerre semble être entrée dans une nouvelle phase, celle de la guérilla urbaine."
Comme réponse à cette assertion ,je voudrais attirer l'attention sur le fait que l'on oublie souvent une autre guérilla plus tenace que l'on risque de ne pas bien voir .A cause qu'elle se déroule sur un "espace" rarement mis en valeur :celui de la presse arabophone.Jouant sur les impulsions "tribales" et populaires,jonglant à merveille avec la manipulation des consciences ,se parant enfin d'un déguisement pan/arabe ,elle opère un ravage dans l'opinion publique qu'il serait difficile de redresser par la suite .Dans ce discours ,la France ,l'Europe,les US et leurs " traitres" partenaires locaux ,dont le Maroc , sont diabolisés à l'extrême: double jeu infecte des acteurs du pouvoir et des services spéciaux d'Alger.
Le terrorisme ? La France est accusée elle-même ,s'appuyant sur les complicités locales ,à peine nommées(Maroc) , de procéder à la formation des groupuscules djihadistes (Mujao) et à leur implantation au Mali pour la préservation de ses intérêts stratégiques .Et ces "kidnappings" d'Européens? C'est la France,ses services de Renseignement , avec ses alliés locaux, qui les entretient en assure la supervision ? Géniale ,non ?C'est dit ici vers la fin (après la 7ème minute):
http://www.youtube.com/watch?v=wnVv3gNNvGw
Pire ce discours pro terroriste,ressassant la même antienne du rapport multiforme du djihadisme au Renseignement occidental ,développant de surcroit un segment au grand désavantage du Maroc , est publié sans réserve, en raison du laxisme de veille stratégique ,dans un journal de grande diffusion nationale paraissant à Casa :
http://almassae.press.ma/node/64609
La guerre au Sahel est un tout .Et l'Algérie ,compromise dans ses relations avec AQMI ,ne désarme point .Au contraire , sa conquête de l'opinion publique maghrébine et arabe ,elle la peaufine avec une dextérité insoupçonnable qui ne surprend que ceux qui sous-estiment la valeur dévastatrice de la propagande.
Correction de langue(4ème&:
...C'est la France,ses services de Renseignement , avec ses alliés locaux, qui les entretient ET en assure la supervision ? Génial(.) ,non ?
Le Mali a existé pendant la période coloniale... Dans 10 ou 20 ans, peut-être plus, sans doute moins, il n'en restera rien. Les Français ont bâti en Agrique des châteaux de sable qui s'effondrent lentement... avec une démographie explosive. Il faut définitivement couper les liens avec ces populations condamnées à la misère, et former des cordons sanitaires pour les contenir.
Je propose qu'on commence par un cordon sanitaire autour de vous-même!
Dans cette région la population, à vue humaine, va augmenter de plusieurs centaine de millions. Mali, Niger, Mauritanie, Nigeria, etc. Que peut-on faire face à cette bombe humaine ? De l'humanitaire ? un peu peut-être. Les accueillir ?, pour faire quoi ? Développer une industrie comme l'ont fait les Chinois ? qui peut encore croire que l'Afrique noire sera un jour une nouvelle Chine ?
Ce qui se passe au Mali, c'est l'illustration de ce qu'a écrit Stepheen Smith dans "Négrologie" il y a 4 ou 5 ans.
Je vous plains GeraldCursoux. Stressé comme vous êtes. Calmez-vous. Allez prendre des vacances. En Afrique par exemple. Vous verrez que les gens sont comme nous. Et puis il y a du soleil et des sourires. Pas besoin de "cordon sanitaires".
Je suis un ex-expat, gabonais d'adoption, et les conseils des touristes qui vont de clubs de vacances en clubs de vacances... me font marrer !
Bien à vous.
Bonjour GeraldCursoux
Mélenchon, qui se trompe rarement, soutient que la vraie raison de l'intervention française au Mali, c'est l'uranium du Niger. Si on avait laissé les islamistes s'installer à Bamako ils se seraient servis du Mali comme base pour attaquer les pays voisins et mettre la main sur les mines d'uranium dont dépend 70 % de la production électrique française.
Autrement dit Hollande n'avait pas le choix, et les maliens ont eu bien de la chance que la France ait été vendue par Giscard au lobby électronucléaire, sinon le dimanche à Bamako ne serait plus le jour des mariages mais celui des lapidations et des amputations.
(remarquez les américains n'auraient peut-être pas laissé faire car l'autre raison pour laquelle les islamistes cherchent à se rapprocher de l'uranium c'est qu'on peut fabriquer la bombe avec)
Quant à croire qu'on pourrait définitivement couper les liens avec tous ceux qui sont trop pauvres pour nous acheter nos grands vins et nos parfums de marque, c'est une illusion.
La nature a horreur du vide. Si les va-nu-pieds africains ne sont pas assez bien pour vous, ils seront assez bien pour nos ennemis qui n'hésiterons pas à les payer pour nous attaquer.
D'ailleurs ils ont déjà commencé. Les salafistes et les djihadistes qui sèment la terreur partout dans le monde, depuis le Pakistan jusqu'aux ghettos français ne sont-ils pas grassement financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite ?
Car si la France crache sur ses pauvres et les traite comme des chiens, les ennemis de la France, eux, voient très bien le profit qu'ils peuvent tirer de cette politique débile, raciste, et criminelle. Cela ne leur déchire pas les tripes d'investir de l'argent dans les ghettos français.
(Tiens c'est bizarre, personne ne propose de couper les ponts avec le Qatar et l'Arabie Saoudite)
Votre idée de couper les ponts avec l'Afrique sahélienne ex-française (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad)
revient à trahir bêtement des alliés qui ont toujours été fidèles et qui ont versé leur sang pour la France. Pour quoi faire ? Pour les pousser dans les bras de nos ennemis.
Et au nom de quoi ? De l'intérêt à court terme de l'infecte bourgeoisie française qui a toujours méprisé le peuple et trahi la patrie.