Benoît XVI, il fallait Wagner, il était Mozart
Benoît XVI laissera le souvenir d’un pape qui aura gouverné l’Eglise avec modestie mais dans l’éclat des polémiques, d’un pape mal compris et mal aimé.
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Dans l’histoire des papes des deux derniers siècles, on trouve d’anciens moines (Grégoire XVI), curés de campagne (Pie X), bibliothécaires érudits (Pie XI), et même un travailleur manuel (Jean Paul II). Les autres étaient sortis du sérail de la diplomatie romaine, comme Benoît XV ou Pie XII, les papes des deux guerres mondiales.
Le cas de Benoît XVI est sans précédent: ce pape resta pendant tout son règne l’universitaire, le professeur de théologie qu’il avait été durant sa jeunesse allemande, un gardien intransigeant de la doctrine, un homme de chaire et de conférences plus que de foules, un philosophe qui manie la dialectique plus qu'un tribun qui magnétise son public.
Au point qu’au lendemain de son élection, Rome disait déjà: «C'est un cerveau que les cardinaux ont élu.»
Dès les premiers temps de son pontificat, on mesure le désir d'un exercice plus modeste du pouvoir pontifical. Benoît XVI semble avoir tiré les leçons d'un règne de Jean Paul II aussi long qu'exposé aux caprices des médias et de l’actualité politique. Dès le 7 mai, lors de sa première visite à Saint-Jean de Latran, cathédrale de l’évêque de Rome, il donne le ton, au risque de choquer:
«Le pape n'est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté sont la loi (…). Son pouvoir n'est pas au-dessus, mais au service de la Parole de Dieu.»
Ainsi, après un règne aussi long et dense que celui de son prédécesseur, il va trouver sa place avec une liberté désarmante: non pas celle de mauvaise copie de l’original Jean Paul II, «politique» et «prophète», mais celle de pape «docteur de la foi» qui, sans nuire à l’autorité de sa fonction, fait ce qu’il sait faire, dit ce qu’il a à dire, s’en tient à l’«essentiel», veille à l’unité de son Eglise, gère son temps avec parcimonie, renonce à des ambitions démesurées comme la réforme, cent fois promise, de la Curie romaine, ou à des voyages aventureux.
Moins de voyages, moins de discours
Rien n'aurait sonné plus faux que de faire du Jean Paul II sans... Jean Paul II. Très vite, le pape allemand a imposé un style plus économe de gestes, de discours, de déplacements. Les audiences deviennent plus rares dans les appartements privés du Vatican. Benoît XVI ne préside plus les cérémonies de béatification. Il prend le temps de l'étude. Contrairement aux stéréotypes, il n'est pas homme de certitudes. Il s’interroge, doute, ne décide pas dans l’urgence.
«Comme un bon médecin, dit un vaticaniste, qui, avant de proposer une thérapie, veut faire un diagnostic complet». Et ce qui n’exclut pas une naïveté de professeur, obligé de se rétracter après le discours de Ratisbonne qui a enflammé le monde musulman, en septembre 2006, ou celui d’Aparecida au Brésil où il fait scandale, en mai 2007, en disant que «l’évangélisation de l’Amérique n’a comporté à aucun moment une aliénation des cultures pré-colombiennes».
C’est un tempérament solitaire, secret, réfléchi. Le pape Ratzinger garde jalousement l'indépendance de sa vie privée. Econome de ses forces, il est levé tôt, mais couché tôt, après quelques gammes au piano dans ses appartements pour jouer du Mozart, son voisin autrichien de Salzbourg.
A part ses deux secrétaires particuliers, Georg Gaenswein et Mieczyslaw Mokrzycki - privés de tout pouvoir à la différence de Stanislaw Dziwisz, confident de Jean Paul II et tout-puissant à Rome - et les quatre religieuses allemandes qui assurent son service, Benoît XVI ne reçoit pas à sa messe du matin et peu à sa table. Et quand il a des invités, ce n'est pas pour parler des affaires pontificales. Même ses collaborateurs de la Curie sont poliment écoutés, mais leur monologue est vite clos par un «merci». Karol Wojtyla avait besoin d'inviter et de converser.
Douceur et dogmatisme
Au fil de ses audiences du mercredi, place Saint-Pierre à Rome - où sont battus des records de participation - et de ses déplacements en Italie et à l’étranger, Benoît XVI prendra toutefois goût au contact des foules. Ses qualités d'humilité et de douceur brouillent son caractère de dogmaticien rigide et glacial. Son sourire, sa voix un peu flutée, la clarté de son enseignement lui attirent de la sympathie et de l’admiration.
Le charme de son écriture et de son éloquence lui gagnera une popularité dans les milieux catholiques qui semblait inimaginable le jour de son élection. Si ce changement de style qu’il aura ainsi introduit a longtemps dérouté les nostalgiques d'un Jean Paul II omniprésent et universel, il aura réjoui ceux pour qui la charge de Pierre suppose plus de détachement, une parole aussi ferme, mais plus mesurée.
Sa liberté s’est d’abord exprimée dans la moindre fréquence de ses voyages et de ses documents officiels. Des voyages toujours très ciblés. D’abord dans son Allemagne natale (2005, 2006, 2010) et la Pologne de son prédécesseur (octobre 2006). Puis au Brésil (mai 2007), aux Etats-Unis (juin 2008), en France (septembre 2008) et en Grande-Bretagne (septembre 2010), il visite des Eglises en crise, frappées comme au Brésil par la concurrence sauvage des mouvements évangéliques, par le scandale des prêtres pédophiles, par une déchristianisation et une sécularisation profondes. Quant aux déplacements à Sidney (Australie) en juillet 2008 ou à Madrid en août 2011, ils faisaient partie de l’exercice imposé - et réussi - des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).
Assimiler l'héritage
Trois ans après le début de son pontificat, il avait déjà fait deux fois moins de voyages que son précédesseur, écrit aussi deux fois moins de textes. Dès octobre 2006 à la télévision polonaise, il avait annoncé la couleur: sa mission ne serait pas de promulguer de nouveaux documents, mais de faire en sorte que ceux de son prédécesseur soient davantage «assimilés».
Il n’abuse donc pas des «encycliques», ces «lettres» dictées par une situation urgente. Ce genre littéraire ne convient qu’à moitié à Benoît XVI. Ses encycliques sur l’amour (Ubi Caritas est-janvier 2006), sur l’espérance (Spes Salvi-novembre 2007), sur les questions économiques (Veritas in caritate-juin 2009) ressemblent presque à des conférences.
Le pape préfère des œuvres plus personnelles comme les trois volumes qu’il a consacrés à Jésus de Nazareth, signés Joseph Ratzinger-Benoît XVI et qui se sont traduits par de grands succès de diffusion. «C’est la première fois dans l’histoire de la papauté qu’un pontife met sur la place publique un ouvrage qu’il ne marquait pas du sceau de son magistère», écrit l’historien Philippe Levillain dans son livre Le Moment Benoît XVI (Fayard-août 2008).
Cette liberté qu’il revendique pour lui-même, Benoît XVI l’attribue aussi à son entourage. Il met en œuvre une «dyarchie» qui a peu de précédents au sommet de l’Eglise. Au pape, la prédication et les grands dossiers comme la réconciliation avec les catholiques traditionalistes ou la relance du dialogue œcuménique.
Au numéro deux, le secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, qui était déjà son collaborateur à la congrégation de la doctrine, la diplomatie, la gestion au jour le jour de la Curie, les voyages, les rencontres avec des dirigeants politiques et religieux ou les groupes de fidèles que Benoît XVI ne reçoit plus que rarement.
Déjà appelé le «vice-pape», le cardinal Bertone ne craint pas de s’exprimer et monte souvent au front, mais ce partage des tâches n’est pas sans provoquer de furieuses critiques qui éclateront à la faveur du scandale «Vatileaks» révélé en 2011: le majordome du pape est découvert en possession de nombreux documents issus de la correspondance privée de Benoît XVI. Il sera arrêté, jugé, condamné, puis grâcié par le pape.
La gestion des scandales de pédophilies
Benoît XVI est-il jamais sorti de son rôle de théologien, de penseur et d’enseignant? A t-il pris un jour la mesure que son rôle était aussi fortement politique? Il n’a procédé à aucune réforme de fond, mais son bilan pourrait s’ordonner autour de trois points: primo, il aura interpellé la culture moderne sur son blocage à l’égard de Dieu. Deuxio, il a tout fait pour préserver l’unité de l’Eglise en direction des traditionalistes, en levant les excommunications des évêques schismatiques, en dialoguant avec eux —mais ce fut un échec complet— et des chrétiens orthodoxes, protestants, anglicans et autres frères séparés. Tertio, il a respecté, mais dans un style plus sobre, la grande intuition de son prédécesseur: maintenir le dialogue avec les religions non-chrétiennes, le judaïsme et l’islam en particulier. Il s’est rendu à Assise en octobre 2011 pour raviver sur ce plan l’héritage de Jean Paul II.
A l’intérieur du monde catholique, Benoît XVI a consolidé l’œuvre du pape polonais, faisant prévaloir une interprétation plus authentique et conservatrice du concile Vatican II (1962-1965). Dès le discours à la Curie de décembre 2006, il plaidait pour une interprétation du concile «en continuité» avec la Tradition de l’Eglise, et non en rupture.
L’intention était claire: faire prévaloir une identité catholique plus forte au sein d'une société moderne et d'une Eglise où règne la plus grande confusion des esprits. La réaffirmation de l'identité chrétienne dans une Europe mal en point restera le premier axe de son pontificat.
Elle passe par une expression publique plus forte de l’Eglise, ce qui ne veut pas dire tentative d’hégémonie. Défense de la vie, du mariage traditionnel et de la famille, condamnation de l'avortement, de l'euthanasie, des unions homosexuelles, des recherches sur l'embryon à des fins thérapeutiques : sur tous ces sujets, Joseph Ratzinger fait preuve d’une intransigeance totale, comme le prouve le combat qu’il livre à la «dictature du relativisme » et au « laïcisme » de la société occidentale.
Aucun des grands dossiers n'a été traité sur le fond. La crise profonde des vocations sacerdotales et des ministères qui touche l'Eglise catholique est resté en l’état. Benoît XVI a dû affronter le scandale de la pédophilie des prêtres qui a éclaté en Allemagne, en Irlande, aux Etats-Unis, en Australie et dans bien d’autres pays au monde. L’image de l’Eglise a été durablement abîmée et ternie.
Plus que Jean Paul II, Joseph Ratzinger avait pris la mesure de cette «souillure» quand il était chargé de la doctrine à Rome. Devenu pape, il a multiplié les gestes pour réparer l’offense: demander pardon, rencontrer les victimes, contraindre les épiscopats locaux à faire le ménage, indemniser, forcer l’Eglise à se présenter devant la justice. Mais c’est une affaire de longue haleine. Le scandale de la pédophilie des prêtres restera la grande tache du pontificat de Benoît XVI. Il laissera à son successeur une réelle volonté d’assainissement, mais presque tout reste à faire.
Des défis démesurés se présentent aujourd'hui sur la table du futur pape: la crise sans précédent de la foi et des pratiques religieuses en Europe ; la prolifération des sectes évangéliques dans les continents du tiers-monde; la progression de l'islam. Autrement dit, la marginalisation et la mise au ban du Dieu chrétien. C'est cela qui hantait Joseph Ratzinger depuis ses premières années d'enseignement en Allemagne et qu'il a développé dans ses nombreux écrits et documents. Le pape Ratzinger était l’homme de la petite musique mozartienne. Il n’était pas taillé pour affronter les drames wagnériens de la planète. Cela donne la mesure de la tâche qui attend son successeur.
Henri Tincq
Mis à jour le 13/02/2013 à 9h26

















































Sans craindre de me tromper, je crois pouvoir affirmer que cet article est le meilleur que monsieur Tincq ait publié sur Slate.
Que monsieur Tincq et Slate en soient remerciés.
"L'honnête homme", qu'il soit chrétien ou agnostique, trouvera son compte dans cette analyse sans concession d'un personnage qui a su "trouver sa place avec une liberté désarmante", en rompant dès son élection, avec le style flamboyant de son prédécesseur.
La pape Benoît XVI, presque méconnu, y compris par les Catholiques nostalgiques, dans leur ensemble, de Jean-Paul II, méritait bien ce beau portrait, qui pourtant ne nous cache rien sur les faiblesses de ce pontificat, dont l'article de monsieur Tincq semble même tirer toute sa force.
J'abonde absolument dans ce sens ; à lire la bêtise des commentaires dans les colonnes de l'ancien employeur de M. Tincq, cela fait tellement plaisir de lire une nouvelle preuve de la grande modernité de Benoit XVI. Certes, Jean Paul II avait pour lui le charisme, mais il aura finalement moins fait pour l'insertion de l'Eglise dans le XXIe siècle que Benoit XVI. Et contrairement à ce que croient beaucoup, Benoit XVI a été très vite adopté par ses ouailles, y compris parmi les jeunes (ah, les beaux moments à Marienfeld en 2005 !)
Est il besoin, dans notre nation principalement athée, de rappeler que dieu n'existe pas ? Qu'on les laisse délirer sur le sexe des anges, la société a tellement évoluée que les réponses données par les religions sont de toute façon en général complètement à côté de la plaque.
Bonjour, face à vos commentaires, je rappelle que la tolérance est un concept pour tous. Pas que pour dire aux cathos ou aux autres religions qu'ils doivent tolérer les homosexuels, les athées et autres mais à vous aussi de faire preuve de respect envers la religion de milliards de gens.
Quant à dire que les réponses sont à coté de la plaque, j'espère que vous prenez le temps de les lire en entier ( et non pas la version des médias)et de réfléchir dessus avant de commenter.
Salutations,
Ah, la loi des grands nombres, respecter les milliards de gens sans les connaissances de base minimales en astronomie, en biologie, etc... qui ne savent pas ce qu'est l'univers. Forcément, s'ils sont des milliards, ils ont forcément raison. Par exemple, il y a 15 milliards de mouches qui ont un régime alimentaire différent du mieux, je devrais manger la même chose. A tout y penser, elles sont nombreuses donc elles ont forcément raison.
Hélas, la terre n'est pas plate. Dois-je respecter le point de vue de "la terre est plate", parce qu'il y a plus de gens que moi qui pensent que la terre est plate. Manque de pot, j'ai raison... La Terre n'est pas plate et l'univers est 10 puissance 70 fois plus volumineux que vous et est certainement le fruit d'un évènement incompris, certainement pas d'une conscience (l'univers n'est fait qu'à 5% de matière, nous sommes constitué d'un élément quasi exotique dans l'univers). Absolument pas d'un gugusse qui aurait fait tout ça pour que 14 milliards d'années plus tard, il vous parle dans votre tête et vous dise ce qui est bien ou pas, et j'espère que vous ne faites pas partie de ceux qui pensent que "si c'est dans la bible ou dans le coran c'est vrai" et qui pensent que l'univers n'a en gros que 6000 ans. On n'est pas sur slate.com ici. De l'autre côté de l'atlantique, oui, il y une grosse proportion d'attardés qui pensent la bible est absolument correcte en tout point. Nous ça fait 400 ans qu'on a dépassé ça. Désolé, comprenez au moins que la majorité des français ne croient plus en ce genre de fable (j'avais lu quelque part qu'il y avait en gros 4% des français qui croyaient que l'univers avait réellement été fait il y a 6000 ans par un vieux barbu, et là dedans vous avez des juifs, des chrétiens et des musulmans).
Après vous êtes libre de penser que vous discutez en temps réel avec le créateur de l'univers, d'ailleurs qu'il a fait tout ça, pratiquement rien que pour vous, ou que quand vous priez il y a quelqu'un qui vous écoute, mais tolérez au moins que d'autres trouvent ça complètement ridicule (du pipeau).
Pour le reste quand l'église, et Benoit16 en tête, a tout fait pour couvrir la pédophilie, a un point de vue rétrograde sur la sexualité, quand ils parlent encore d'une vie après la mort (ben on va au ciel, ça semble évident), et ce ne sont pas les journalistes qui ont tout inventé...etc, etc.. oui, on peut _affirmer_ que c'est à côté de la plaque. Autorité morale, mon genou, on peut, là aussi, avoir de gros doutes, non ?
J'ai lu l'intégralité de votre long commentaire. Et je suis bien forcé de constater que votre assurance/arrogance/condescendance suinte à chacune de vos lignes.
Le problème est que vous appuyez vos dires sur une vision très simpliste de l'histoire de l'Eglise catholique, alliée à une méconnaissance évidente des positions concrètes de Rome par rapport au monde d'aujourd'hui.
Pour prouver que les cathos sont des simplets, vous usez et abusez d'arguments simplistes.
Malheureusement pour vous, aucun des exemples que vous développez dans votre commentaire n'est pertinent ici, quand ça ne vire pas carrément au hors-sujet.
- "Hélas, la terre n'est pas plate": Ce que vous semblez ignorer, c'est qu'aucun savant ou érudit au Moyen-Age ne croyait que la Terre était plate. http://en.wikipedia.org/wiki/Myth_of_the_Flat_Earth
Il y avait un large consensus pour affirmer la sphéricité de la Terre, en confirmant la position de l'Antiquité grecque sur le sujet.
Ajoutons à cela qu'il est très difficile d'affirmer que la Terre est plate en utilisant la Bible: certains de ses passages sont tellement ambigus ou contradictoires qu'on peut aussi bien y déceler des références à une Terre ronde.
- "J'espère que vous ne faites pas partie de ceux qui pensent que "si c'est dans la bible ou dans le coran c'est vrai" et qui pensent que l'univers n'a en gros que 6000 ans."
Cela fait assez longtemps que l'Eglise catholique a accepté la théorie de l'évolution et ne prend pas la Genèse pour ne explication scientifique des origines du monde.
Si vous voulez rencontrer des créationnistes, allez voir de l'autre côté de l'Atlantique chez les cousins protestants évangéliques.
Par contre, saviez-vous que la théorie du Big-Bang a été formulée pour la première fois en 1927 par Georges Lemaître, astronome et prêtre belge ?
La communauté scientifique a d'abord accueilli cette théorie avec scepticisme, avant d'admettre qu'elle était cohérente.
Au moins, vous avez raison sur un point: la majorité (scientifique ici) n'a pas forcément raison...
Je ne connais aucun Catholique qui croit que la Terre a été crée il y a 6000 ans (encore une fois, ça c'est plutôt un fantasme de fondamentalistes protestants américains).
Si vous en trouvez un, amenez-le moi, mais je pense que vous aurez du mal.
C'est un procédé assez médiocre de ramener la pensée catholique (avec ses immenses penseurs qui ont façonné ce monde dans lequel vous et moi vivons) à des querelles sur " le sexe des anges".
Lisez-moi Saint Augustin, et osez me dire qu'il ne fait que délirer (ce fameux Berbère qui affirmait déjà au IVème siècle que le livre de la Genèse ne devait pas être considéré comme un récit historique).
Enfin, vous dites que nous vivons dans une "nation principalement athée". Mais il s'agit en fait d'une nation profondément indifférente, qui ne prend pas la peine de voir plus loin que le bout de son nez et de se demander s'il y a un Dieu. Aujourd'hui, les gens ne croient pas en Dieu, non parce qu'ils ont choisi de ne pas croire, mais parce qu'ils restent profondément apathiques.
Et ne pas croire en Dieu ne les rend pas forcément plus intelligents, d'ailleurs.
Si la religion n'a rien à vous dire ou à vous apprendre, libre à vous. Mais faire de votre athéisme (cette croyance en la non-existence de Dieu) un dogmatisme arrogant qui détiendrait toutes les réponses, ça me semble témoigner d'une certaine étroitesse d'esprit.
A bon entendeur...
Là où mon "assurance/arrogance/condescendance suinte à chacune de vos lignes", votre foi aveugle en quelque chose qui n'existe pas lui répond.
Dans l'antiquité, on parle souvent de rotondité de la terre, i.e. la terre est ronde (comme un disque) et très rarement ronde comme un globe. Mais ça ne change rien au sujet, c'est vraiment un point de détail.
Je connais assez bien l'histoire de l'astronomie, merci. La théorie de l'univers primitif de Lemaitre, qui va être appelée le big bang par la suite (bien après, avec Fred Hoyle) est en fait très primitive (par rapport à ce que l'on connaît aujourd'hui). Lemaitre la formule assez tôt, comme une conséquence de la théorie de Einstein, qui permet à l'univers de changer de taille et à une époque où la théorie de l'expansion de l'univers n'est pas encore très claire (Hubble démontre le fait que la "nébuleuse d'Andromède" est une galaxie en 1924 seulement).
Les chrétiens qui croient à Adam et Eve sont très peu nombreux, là dessus on est d'accord, j'avais lu ce chiffre de 4% quelque part. Même si ça ne vous plaît pas, les chrétiens fondamentalistes américains sont chrétiens. Si on prend des chiffres globaux, il restent encore beaucoup de chrétiens qui croient au créationnisme (la terre en 7 jours). Donc la plupart des chrétiens européens vivent parfaitement avec l'idée de "quelques passages" de la bible sont bidons. Peut être pas bidonnés, mais qu'il y a quand même pas mal de choses de fausses dans ce texte, d'une part parce qu'il s'agit d'une repompe de textes très anciens (provenant des égyptiens, mais aussi des babyloniens), il y a beaucoup de légendes anciennes dont la bible s'est inspirée, et d'autre part, parce que les copies successives ont permis de toute façon de s'éloigner et énormément du texte original (l'ancien testament dont il n'y a pas de copies originales, et le nouveau, qui sont 4 oeuvres différentes, écrites bien après JC, et dont on possède un très grand nombre de fragments de copies originales. Si vous ne la connaissez pas (et si vous parlez anglais), visionnez la conférence de Bart Ehrman, elle vaut son pesant de cacahuète. http://www.youtube.com/watch?v=pBytfNv-Vnw
L'église catholique a reconnu (le 23 octobre 1996) par la bouche de Jean Paul II qu'il était probable que la théorie de l'évolution soit correcte (qu'elle soit "plus qu'une hypothèse"). Il aurait pu continuer en reconnaissant que la bible disait clairement ce qu'il faut appeler en langage courant des conneries, et on aurait perdu un peu moins de temps. Il ne lui manque plus qu'à reconnaître que l'univers doit avoir une histoire d'au moins 14 milliards d'années, et qu'elle n'a certainement pas été faite par quelqu'un qui nous a fait à son image, autrement dit que l'univers n'a pas été fait pour l'humain. 95% de l'univers n'est pas de la matière, les 5% qui restent sont 100 milliards de galaxies, la nôtre contient 200 milliards d'étoiles. S'il est clair que de notre point de vue limité on semble être la finalité totale de tout l'univers, un peu de connaissances permet de voir que ce n'est pas du tout le cas. Pas du tout. Il est beaucoup plus probable que si l'univers a eu une création, elle ait été causée par un évènement aujourd'hui encore incompréhensible que par une conscience, qui théorie de l'évolution impose, aurait du elle aussi provenir une évolution (dit simplement, qui est le père de dieu, etc...).
Faites l'effort d'accepter un peu les connaissances actuelles, sortez de votre foi, et regardez ces gugusses en robe raconter des bêtises à longueur de temps, regardez un peu tout ça d'un peu plus loin, vous verrez que ce n'est que du pipeau.
L'autre gros effort qu'il est probable que vous devriez faire est de comprendre qu'il peut exister une moralité hors d'une quelconque foi basée sur des textes antiques. On peut être sans foi, mais avec loi.
J'espère que vous êtes opposés à la pédophilie (ne me dites pas que la gestion du problème de la pédophilie dans et par l'église a été exemplaire, elle a été immorale), et que votre vision de la sexualité va un peu plus loin que celle de la fonction de reproduction. Si c'est le cas, vous faites donc partie des chrétiens magouilleurs, c'est à dire que vous interprétez la bible à votre sauce personnelle, continuez, vous êtes sur la bonne voie, un jour, quand vous aurez fini de vous informer un peu sur le monde, vous serez athée, comme tout le monde :)
Le meilleur article sur le sujet (quoiqu'un peu dithyrambique) que j'ai lu jusque là.
Par delà l'échec évident et prévisible de la discussion avec les traditionnalistes de la Fraternité Saint Pie X (pour les autres qui sont dans l'Eglise catholique c'est une réussite bien que ca ne soit que le prolongement de l'oeuvre de Jean Paul II), un effet assez mal connu est que ladite Fraternité se trouve en Europe dans un état de délabrement avancé, avec de multiples crises internes qui se succèdent. Une analyse du sujet eût été bienvenue. Je pense pour ma part que cette auto destruction des traditionnalistes est voulue par le Vatican.
D'autre part en matière d'"oecuménisme" il faut citer les multiples ouvertures d'ordinariats, structures spéciales permettant aux chrétiens protestants (surtout anglicans) de rejoindre l'Eglise catholiques en conservant leurs rites.
Maintenant qu’on est sûr qu’il va partir, les éloges, tel celui-ci de Henri Tincq, pleuvent.
Aussi ce pape, avec ‘une intransigeance totale’, a réussi à ne pas résoudre le scandale de la pédophilie parmi son clergé, tout en combattant l’avortement, l’euthanasie, les unions homosexuelles, des recherches sur l’embryon à des fins thérapeutiques.
Quelle ouverture d’esprit, quelle preuve d’amour pour l’humanité toute entière ! Un vrai musicien en effet.
Comme Henri Tincq avoue, ‘presque tout reste à faire’. Pas mal pour un ‘Mozart’ de l’église catholique.
Bonsoir Monsieur Tincq,
Je doute que vous ayez l’opportunité de répondre mais je m’interroge néanmoins beaucoup sur la signification réelle de cette démission.
Permettez-moi, avant tout, de remarquer avec plaisir que vous ne tombez pas dans l’apologie d’un étrange courage. La notion se discute d’ailleurs beaucoup dans la mesure où d’aucun dirait que le Christ n’est pas descendu de la Croix. Cette philosophie étant d’ailleurs proche de la relation que Jean-Paul II avait avec Dieu.
Une lecture intéressante pourrait donc voir en cette démission, un virage séculier indispensable à l’église catholique. Après la parenthèse régulière que, de toute évidence, l’élection de benoit XVI représentait, elle devenait inaudible face aux assauts des autres religions monothéistes infiniment plus impliquées dans le siècle. Si cela est exact, l ‘abandon de la charge serait bien plus Vaticane que personnelle.
Le choix du Conclave sera éclairant sur ce point. Néanmoins, rien n’est joué dans la mesure où le dernier Consistoire a largement renforcé la présence Italienne. Les Cardinaux pourraient aussi miser sur une illusoire prise de hauteur.
Nous verrons une partie de cela en Mars.
Cordialement.
Un chef, c'est fait pour cheffer : si Benoit XVI n'en avait pas envie, il devait refuser ce ministère. Si c'était pour rester prof de théologie, il n'avait pas besoin d'être Pape.
Pour moi il restera le Pape de la réconciliation avec les intégristes qui l'ont roulé dans la farine, et en face de la condamnation du préservatif (que Jean-Paul II avait soigneusement évité d'aborder).
Un Pape qui n'aura rien fait d'intéressant, qui a laissé l'Église moisir 7 ans de plus alors que ça fait longtemps qu'il faut penser à évoluer.
On rappelle comme ça que le premier Pape, choisi par le Christ lui-même, était marié : il ne me semble pas que ça ait fait de Saint-Pierre un mauvais Pape : d'où est-ce que l'Église sort qu'il faut suivre ses propres traditions plus que l'enseignement de Dieu?
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