Que faire pour relancer la croissance? Investir, investir, investir
Pour éviter une décennie perdue à la japonaise, l'Europe doit trouver le moyen de relancer l'investissement privé. Avec 750 milliards d'euros de cash dans les caisses des entreprises cotées, ça n'est pas l'argent qui manque.
- REUTERS/David W Cerny -
Les entreprises européennes cotées avaient, fin 2011, un excès de cash de 750 milliards d'euros, niveau record depuis vingt ans. Ce chiffre tiré d'un article d'Eric Labaye, président du McKinsey Global Institute, est estomaquant.
Il faut avoir en tête les ordres de grandeur. Les investissements privés en 2011 dans l'Europe des Vingt-Sept se sont élevés à 2.000 milliards d'euros. Ils ne sont jamais remontés au niveau d'avant-crise et l'écart par rapport à 2007 reste de 350 milliards. Par comparaison, les investissements publics sont de seulement 300 milliards. Enfin, pour ce qui est de l'autre grand moteur des économies, la consommation des ménages, elle n'a reculé au cours de la crise que d'un tout petit 17 milliards dans l'Europe des Vingt-Sept.
Tout est dit. Il suffirait de «débloquer», selon le mot de l'auteur, une partie de l'excès de cash des firmes pour que l'Europe retrouve un formidable moteur d'une croissance saine et durable. Les dirigeants européens qui paraissent si désemparés face l'anémie de la croissance et au chômage ont la solution en magasin: l'argent est là, il suffirait «de mettre l'investissement privé au centre de la stratégie économique européenne».
Dans les années qui viennent, l'Europe est très sérieusement menacée d'une longue stagnation. Les moteurs de l'activité d'hier seront ou faiblards ou tourneront à l'envers. Les dépenses publiques sont amenées à se rétracter pour résoudre les déficits. La consommation des ménages ne peut que piétiner, au mieux, à cause d'abord du chômage qui pèse sur le pouvoir d'achat global et contient les salaires. Seule l'exportation est un tracteur possible et non négligeable (178 milliards d'euros net) mais elle est réservée à l'Allemagne et à peu d'autres.
Pour éviter une décennie perdue «à la japonaise» et un chômage en montée continue, l'Europe n'a pas d'autre voie que de tenter de regonfler les investissements privés. Pour l'heure, elle n'en prend pas le chemin. La tendance est négative. L'Insee le dit pour la France:
«L'environnement demeure peu porteur pour une reprise des investissements. L'appareil productif est peu sollicité et les perspectives d'activité sont médiocres.»
En 2012, les dépenses ont reculé de 0,2%. On peut en outre souligner le type d'investissement qui reste préservé: il concernera à 53% la modernisation des équipements, autrement dit la substitution des machines aux hommes. Les nouvelles capacités de production ne pèsent plus que 26% des dépenses.
Eviter le «ni-ni»
Patrick Artus, de Natixis, arrive à la même conclusion que la zone euro ne s'en sortira pas sans «un violent choc d'offre». «La profitabilité des entreprises de la zone euro est forte», note-t-il [PDF] confirmant le constat du McKinsey Institute. Mais l'investissement est insuffisant et, pis, «de mauvaise qualité»: il est impuissant à regonfler les gains de productivité, le vecteur de la croissance de long terme. De 1970 à 1979, ces gains étaient de 2,86% en moyenne annuelle, ils se sont effondrés à 0,63% l'an entre 2000 et 2012.
De ces constats au «que faire?», le chemin est pour les dirigeants européens tout tracé. Une fiscalité massivement incitative doit réorienter le cash des entreprises vers l'innovation: la zone euro ne dépense que 2,1% de son PIB en recherche-développement contre 2,8% pour les Etats-Unis. Vers l'éducation supérieure: 13.800 dollars dépensés par étudiant ici contre 29.200 dollars outre-Atlantique. Vers un rééquilibrage rapide des prix de l'énergie en hausse en Europe contre une vive baisse (grâce aux gaz et pétrole de schiste).
Parallèlement, explique Eric Labaye, il faut d'urgence faire sauter les verrous qui bloquent les investissements «dans pratiquement tous les secteurs d'activité». L'impôt d'abord qui alourdit les charges sociales. Les réglementations ensuite, comme les horaires et les lieux d'implantation dans le commerce ou les normes dans le bâtiment. Les défenseurs des rentes, enfin. En clair, la politique des champions nationaux. Malgré la mise en place du marché unique, la concurrence reste trop faible en Europe dans beaucoup de secteurs (en gros tous les services).
En France, de 2007 à 2011, la croissance a été maintenue vaille que vaille par la demande: une hausse de la consommation privée et des dépenses publiques courantes de 50 milliards tandis que l'investissement privé et gouvernemental a reculé d'autant. Mais cette (petite) voie d'hier est désormais bouchée par le pouvoir d'achat en berne et par la réduction des déficits.
Le passage franc à une politique de l'offre serait la seule issue pour éviter la très probable longue stagnation. Mais elle n'est pas, non plus, garantie. Il faudrait que les entreprises se sentent compétitives, il faudrait surtout que le gouvernement les incite à investir et leur tienne un discours favorable. L'absence de clarté de la politique menée, ni politique de la demande ni politique de l'offre, risque de conduire à n'avoir la croissance ni de l'une ni de l'autre. Comme Mitterrand en 1988: un nouveau «ni-ni» immobilisant.
Eric Le Boucher
Article également paru dans Les Echos
Mis à jour le 09/02/2013 à 12h33
















































Si la consommation stagne il est normal que l'investissement recule et donc que les entreprises ne sachent pas quoi faire de leurs excédents de cash, dont les mouvements prennent alors le caractère d'une nuisance.
Il faut en fait distinguer deux cas. le premier est celui où l'offre est libre de satisfaire la demande. Dans ces secteurs, qui restent importants, l'investissement ne repartira pas tant que la demande ne sera pas solvabilisée. On ne peut donc rien faire pour eux si on refuse d'augmenter les salaires, les retraites et les indemnités chômage.
Le deuxième est celui où l'offre n'est pas libre de satisfaire la demande. C'est typiquement le cas du logement, étranglé par les normes d'urbanisme malthusiennes. Ici, mais ici seulement, on a la chance de pouvoir relancer l'investissement sans avoir besoin de réanimer la demande, simplement en levant les barrières qui interdisent à l'offre de la satisfaire. Citons aussi le numerus clausus chez les médecins, les licences de débits de boissons, les plaques de taxis, etc
Il y a bien sûr des cas intermédiaires. L'industrie automobile par exemple est libre en théorie de produire autant de véhicules qu'elle veut. Mais ses clients sont harcelés par les forces de police, rackettés par les sociétés autoroutières, chassés des villes par les municipalités et confrontés à un redoutable parcours du combattant hors de prix pour être seulement autorisés à manifester leur demande : le permis de conduire, qui est un véritable scandale.
De toute façon le logement n'est pas un secteur comme les autres, car les ménages sont prêts à tout pour parvenir à se loger, et c'est là que se trouve le piège.
Si on libère par exemple l’automobile sans libérer le logement les ménages vont enregistrer un gain de pouvoir d'achat qu'ils tenteront ensuite désespérément, vainement et pathétiquement de convertir en une amélioration de leurs conditions de logement. Car comme l'industrie du bâtiment ne sera pas autorisée à satisfaire cette demande le marché réagira en faisant monter les prix de l'immobilier et les loyers encore plus haut. Le gain initial de pouvoir d'achat, et donc les investissements et les emplois qu'il aurait dû permettre se trouveront intégralement captés, et détruits par la rente immobilière.
(de même que si on avait distribué du pouvoir d'achat aux juifs du ghetto de Varsovie sans augmenter la quantité de nourriture, insuffisante, autorisée à y entrer, on aurait obtenu une simple augmentation des prix de la nourriture à dûe concurrence qui aurait absorbé intégralement le gain de pouvoir d'achat initial et ruiné tout espoir d'investissement ou de création d'emploi)
En France on a déjà connu deux (courtes) périodes de reprise, et seulement deux, depuis 1974. Une sous la gauche, une sous la droite. Elles se sont toutes deux terminées par une explosion des loyers et des prix du logement.
Il n'y aura aucun espoir de reprise, de croissance, d'investissement ou d'emploi tant qu'on aura pas aboli les normes d'urbanisme malthusiennes. Ni bien sûr de compétitivité. Croire qu'il serait possible d'améliorer la compétitivité de l'économie française sans libérer la construction des logements (et d'abord là où on en manque le plus cruellement, dans les villes en commençant par Paris) c'est croire que les juifs du ghetto de Varsovie auraient pu construire une économie compétitive alors qu'ils mouraient de faim.
Même les américains chez qui le problème est pourtant beaucoup moins grave que chez nous commencent à s'en apercevoir :
http://www.liberation.fr/politiques/01012391074-faut-il-s-inspirer-d-haussmann-contre-la-crise-du-logement
Le démantèlement de l'assurance vieillesse n'arrangera rien.
En effet les baby-boomer qui espéraient s'installer dans leurs maisons de campagne à 60 ans et libérer ainsi le logement qu'ils occupent en ville et dont les jeunes ont si cruellement besoin savent maintenant qu'ils devront attendre jusqu'à 67 ans pour réaliser leur rêve, si leur santé le leur permet encore.
67 ans est l'âge d'annulation de la décote. L'âge auquel votre retraite sera amputée "seulement" une fois et pas deux si vous n'avez pas tous vos trimestres.
Et justement les gros bataillons de baby-boomer qui vont bientôt arriver à l'âge où ils espéraient pouvoir prendre leur retraite sont aussi la première génération qui n'aura pas tous ses trimestres, qui ne les aurait même pas eu à 60 ans si on était resté à 37 ans et demi de cotisation.
Ceux qui sont arrivés sur le marché du travail à partir de 1973-1974 (nés à partir de 1955-1956) et dont la jeunesse a été massacrée par les longues années de chômage non indemnisé, de stages parkings et de jobs bidons.
Pour les générations arrivées ensuite ce n'est pas mieux, mais au moins celles-ci ne se sont jamais fait aucune illusion.
La dernière illusion qu'elles pouvaient encore nourrir c'était la promesse que leurs parents leur avait fait : "ne vous inquiétez pas vous ne connaîtrez pas comme nous l'enfer des longues années de chômage non indemnisé car quand vous arriverez sur le marché du travail nous partirons à la retraite"
Cette promesse ne sera pas tenue, tout le monde le sait aujourd'hui.
En effet même modeste la pension d'un retraité coûte chaque mois un petit quelque chose tandis que le chômage d'un jeune ne coûte rien puisqu'il n'a droit à rien, même pas au RSA.
Voilà pourquoi la retraite des vieux est un problème et le chômage des jeunes une solution.
Il faut être fou pour croire qu'un pays qui oblige les vieux à travailler jusqu'à 67 ans pendant que les jeunes crèvent la bouche ouverte sur les trottoirs a la moindre chance de redevenir un jour compétitif.
Pendant que monsieur Le Boucher relève qu'il faut "regonfler les investissements privés", pratiquer une "fiscalité massivement incitative " pour "réorienter le cash des entreprises vers l'innovation", "faire sauter les verrous", et j'en passe, l'état, lui, planche sur son entrée au capital de PSA !
Les paramètres:
-La population stagne, la consommation stagne.
-La rentabilité du capital doit être au moins de 4%/an et de 8%/an pour le secteur financier, uniquement pour ne pas sombrer.
-La leçon tirée de la crise de surendettement de 2007 est donc bien entendu "encore plus de dette, plus de dette, plus de dette", on peut remplacer le terme dette par investissement ou croissance c'est kif-kif.
Les bénéfices d'aujourd'hui( bénéfice pour payer son échéance d'emprunt de dette) sont alimentés par les investissements( emprunt donc dette) d'hier, et ceux de demain par ceux d'aujourd'hui, il faut donc créer de la croissance artificielle, comme un tapis roulant de 8%/an, 7-8% c'est le seuil évalué pour permettre aux fonds de pensions et assurances de ne pas couler, or l'inflation réelle constatée sur les prix est de ..7.5% formidable la macro-économie non ? en fait c'est le pétrole qui sert à alimenter l'inflation et la diffuser, lui qui est relié, comme l'or, à la valeur du dollar; d'ailleurs le 1er krach pétrolier était une conséquence du décrochage du dollar de l'or, à cause des frais de la guerre du vietnam, on a juste répété avec l'irak.
Il semble donc qu'il faille dévaluer encore et encore la monnaie, pour créer un semblant de croissance, le problème est que les dettes ne peuvent plus monter car déjà trop fortes.
N'importe quel pays ferait cela, il prendrait l'euro et le diviserait au minimum par 2 voir par 10. Les américains ont déjà dévalué le dollar par 2.5( 2.5 fois plus de masse monétaire pour une production identique) en 10 ans( date réductions d'impôts de bush junior) à force d'imprimer, c'est pour cela que toutes le monnaies avaient tendance à monter par rapport au dollar, et qu'obama a freiné le processus uniquement parce que plus personne n'achetait de bons du trésor( à par la FED), ce qui va ne durer qu'un temps.
Au lieu de dévaluer par la dette, il va falloir dévaluer à l'ancienne, comme les empereurs romains pendant la décadence c'est à dire dévaluer d'office, du jour au lendemain, ce qui ne peut qu'enclencher qu'une guerre mondiale des monnaies( chacun voulant dévaluer plus bas que les autres), menant à la catastrophe par l'hyperinflation. Bon, ce sera un très mauvais moment à passer, l'autre solution connue de tous, c'est juste.. stopper les banques, qu'elles fassent (presque) toutes faillites, mais là c'est mission impossible elles contrôlent nos pays, nos dirigeants.
Sauver les banquiers ou le peuple.. hum, les banques sont en train de balancer tout leur argent sur le marché action pour sauver les meubles, c'est un pari à la ponzi( faire monter suffisamment pour attirer ce qui reste de capitaux privés lorsque ça va revendre), ça peut marcher comme dans les années 80, on aura juste encore décalé le massacre de quelques années.
Bravo pour la prise de conscience, qu'il y a comme quelque chose
de pourri - en un mot une crise- dans notre système économique,
financier et monétaire !
En revanche, être incapable d'imaginer remède autre que de forcer
la dose du poison déjà responsable des spasmes inquiétants...
Drogué au mythe d'un "formidable moteur d'une croissance saine
et durable" ! Criminel ! "Faire sauter les verrous qui bloquent
l'investissement" : l'impôt, les réglementations, les normes !
Et bien, nous allons en bouffer du cheval étiqueté bœuf,
nous allons en avaler des pilules aux indications thérapeutiques
n'avantageant que le chiffre d'affaires de labo pharmaceutiques
mafieux et nous allons en boire de la soupe de fragmentation
des gisements de gaz non conventionnels !
Ne rouler que pour la Bourse ne nécessite en effet ni frein
ni amortisseur (de crise qu'est l'Etat, dont le bienfait est
pourtant passagèrement reconnu ici), même pas de pare-brise :
on fonce les yeux fermés ; non, juste une pédale, l'accélérateur !
Trompe-la-mortellement.
@récap59
Dans le cas du logement, c est moins simple que vous le croyez. Les regelementations ont aussi pour but eviter qu on construise partout. Outre l effet sur l environnement du mitage, ca coute tres cher a la collectivite (amener, l electricite, l eau, les egouts) ca peut meme dans certains cas etre dangereux (construire dans uen pinede c est tres joli, par contre en cas d incendie, il faut mobiliser des dizaines de pompier pour eviter que tout grille)
La meilleure solution serait :
1) suppression de toutes les subventions a l immobilier (scellier/duflot, PTZ mais aussi allocation logement qui solvabilise articificiellemement la demande)
2) une taxe a l americaine (property tax) ou suisse (on reintegre un loyer fictif dans les revenus pour les proprietaires) afin d inciter les gens a ne pas conserver des logements vides ou ne pas vivre seul dans 300 m2
3) une hausse des droit de succession afin de pousser a la vente en cas de deces et non pas de garder un bien vide car il ne vous a rien coute
sinon le probleme de la bulle immobiliere est surtout le signe d une economie rentiere. On a ce probleme en France ou en espagne (en voie de resolution mais a quel prix pour le contribuable) mais on ne l a pas eut en allemagne
Bonjour cdubet1
"Les réglementations ont aussi pour but d'éviter qu'on construise partout"
Il n'est pas nécessaire de construire partout. Il n'y a pas de liste d'attente de 20 ans pour des demandes de HLM en rase campagne. Uniquement dans les grandes villes, à commencer par Paris.
"Outre l'effet sur l'environnement du mitage, ca coûte très cher a la collectivité (amener l'électricité, l'eau, les égouts) ca peut même dans certains cas être dangereux (construire dans une pinède c'est très joli, par contre en cas d incendie, il faut mobiliser des dizaines de pompier pour éviter que tout grille)"
Justement on ne construirait pas là où il ne faut pas si on avait le droit de construire là où il faut. Les français ne sont pas un peuple stupide ni masochiste. S'ils construisent dans des zones exposées aux risques d'incendie ou d'inondation c'est parce qu'ils n'ont pas le choix.
Quand on aura le droit de construire là où il faut la pression qui s'exerce sur les zones agricoles ou forestières sera considérablement allégée.
Où faut-il construire ? Là où les besoins sont les plus criants et les plus urgents. Où le sont-ils ? Vous ne pouvez pas vous tromper. Là ou les loyers sont les plus élevés : Paris, puis les autres grandes villes.
"suppression de toutes les subventions à l'immobilier (scellier/duflot, PTZ mais aussi allocation logement qui solvabilise artificiellement la demande)"
Stimuler la demande quand l'offre est bloquée est une maladie bien française. Même Eric Le Boucher semble tomber dans ce travers, qui propose d'accroître les dépenses d'éducation alors que les diplômés sont déjà trop nombreux, vu qu'ils ne trouvent pas de travail et doivent s'exiler. A moins qu'il veuille seulement améliorer le contenu des diplômes ce qui est louable mais ne créera pas un seul emploi supplémentaire. Sauf dans les universités bien sûr, et c'est d'ailleurs parfaitement souhaitable.
Cependant le cas des allocations logement est plus compliqué car beaucoup d'allocataires n'ont strictement aucun autre revenu, ni pour payer leur logement, ni leur nourriture ni quoi que ce soit d'autre.
Il faudrait donc d'abord relever considérablement le RSA et l'étendre aux moins de 25 ans et aux étudiants qui, quel que soit leur âge, n'y ont pas droit aujourd'hui.
"2) une taxe a l'américaine (property tax) ou suisse (on réintègre un loyer fictif dans les revenus pour les propriétaires) afin d inciter les gens a ne pas conserver des logements vides ou ne pas vivre seul dans 300 m2."
D'accord sur le principe mais les professionnels de l'immobilier disent que cela ne suffira pas à résorber la pénurie de logements. Ils ajoutent qu'il n'y a même pas assez de logements vacants pour assurer une rotation satisfaisante de ceux qui sont occupés (c'est comme aux dames, il faut un minimum de cases vides au centre du damier sinon le jeu se bloque)
"3) une hausse des droit de succession afin de pousser a la vente en cas de décès et non pas de garder un bien vide car il ne vous a rien coute"
Même réponse
"Sinon le problème de la bulle immobilière est surtout le signe d'une économie rentière. On a ce problème en France ou en Espagne (en voie de résolution mais a quel prix pour le contribuable) mais on ne l'a pas eu en Allemagne"
Tant que le lobby des rentiers n'a pas réussi à bloquer la construction de logements en ville il n'y a pas de bulle immobilière, comme le prouvent les exemples que vous citez.
j avoue etre perplexe a la lecture de l article
Pourquoi les societes n investissent pas?
Simplement car elles n anticipent aucune augmentation de la demande. C est pour ca que le gros des investissement est fait a l etranger car la france c est considere comme mort (le seul contre exemple que je connais c est une entreprise du CAC40 qui investie un peu en france car il y a un marche en expension: l or gris (ie les vieux sont riches et peuvent payer pour certains services). mais pour le reste, c est cap sur l etranger)
Donc si une entreprise ne prevoit aucune augmentation de la demande, pourquoi va t elle prendre des risques et se retrouver avec des surcapacites ?
L autre argument de l article, c est d investir dans l innovation. Mais l innovation, ca ne se decrete pas!!!
La france est mal placee pour pas mal de raisons: certaines sont culturelles (pas de culture d entrepreneur, aversion au risque, management pyramidal qui promeut le "pas de vagues"), certaines sont economique (domination d oligopole soutenu par les pouvoir publique qui vont vous mettre des batons dans les roues, faible demande (on y revient), taux de chomage eleve qui ne vous incite pas a quitter un emploi pour prendre le risque ..)
PS: les USA investissent plus pour leurs etudiants. mais comme ceux ci peinent a trouver un travail suffisament paye, on a maintenant une montagne de credit qui ne sera jamais rembourse.
Il faut certes investir plus dans la formation, mais ca sert a rien si ceux si sont chomeurs ou livreur de pizza apres (c est pas nouveau. Ce livre est dédié à « ceux qui nourris de grec et de latin sont morts de faim. » J Valles 1879)
Je n'ai pas encore parlé d'un autre aspect du démantèlement de l'assurance vieillesse qui aura des conséquences dramatiques sur le logement (et indirectement sur l'emploi) des jeunes.
Comme les générations qui auront la chance d'atteindre l'âge de la retraite à l'avenir auront de moins en moins de trimestres alors qu'on leur en réclamera de plus en plus la proportion de ceux qui tomberont au minimum vieillesse va exploser.
Or pour pouvoir toucher le minimum vieillesse il faut obligatoirement résider en France.
C'est là une différence capitale avec la retraite normale, à tel point que ceux qui tentent de toucher le minimum vieillesse tout en résidant à l'étranger sont traqués par l'administration et stigmatisés comme fraudeurs par les médias à la botte du pouvoir, pendant que d'autres profitent de retraites confortables en toute légalité dans leurs somptueux palaces marocains.
Cela veut dire que la majorité de ceux qui espéraient, qui souvent espèrent encore aujourd'hui, mais à tort, passer leur retraite dans un pays où le coût de la vie est abordable et où on peut se loger décemment même avec un revenu modeste se verront purement et simplement interdire de le faire.
Ils seront obligés de rester en France. Les jeunes devront attendre leur mort pour que leurs logements se libèrent.
J'ai déjà démontré en outre qu'il est impossible de combattre le chômage sans résorber la pénurie de logements.
... en gardant l'euro bien sur!
Il n'y a pas 36 solutions:
- Solution 1: Baisser le pouvoir d'achat des Francais moyens de 50 a 75% pour "tuer" la dette, mais personne n'investira dans un pays dont la demande diminuera d'autant. C'est la solution masochiste qui mene au gouffre
- Solution 2: Garder l'euro mais declarer l'etat d'urgence et mettre des droits de douane temporaires mais tres importants sur les importations des pays de la zone euro avec lesquels nous avons un gros deficit de la balance des paiements. En consequence, les entreprises privees souhaitnt vendre en France investiront en France, l'accroissement de l'activite permettra de reduire les deficits et de maintenir (ou de moins reduire) le pouvoir d'achat), de remettre les Francais au travail.
Seule la solution n2 peut permettre de s'en sortir. Il convient de commencer les negotiations avec les pays d'Europe du Nord en leur montrant quelles sont les consequences des 2 scenarios:
- d'un cote la ruine et la perte de leur marche par la desolvabilisation de leur clientele de l'Europe du Sud
- de l'autre cote, la perspective pour leurs secteurs prives de sauvegarder leurs marches en Europe du Sud d'une part et de beneficier de politique de stimulation de la demande dans les pays d'Europe du Nord (les gouvernements d'Europe du Nord auront un incitatif a importer plus d'Europe du Sud afin de voir disparaitre plus rapidement les barrieres douanieres. En resume, retrouver le cercle vertueux de la croissance.
Ce qui tue la croissance, ce sont les desequilibres/la dette. l'approche de barrieres douanieres a l'interieur de la zone euro permettra de garder la monnaie commune et d'aider les plus faibles a mettre de l'ordre dans leurs economies. L'avantage pouur les pays du Nord sera de voir leurs dettes honorees (ce qui ne sera pas le cas dans le scenario 1). Il convient donc d'approcher fermement mais amicalement nos amis Allemands afin de coordonner le mieux possible la mise en place de cet etat d'urgence (on pourra expliquer a VW, BMW et Mercedes qu'ils pourront continuer a vendre lleurs voitures en France (meme a en vendre plus) en s'implantant en France. Produire l ou la demande se trouve.
La zone Euro peut se le permettre compte tenu de son excedent global de sa balance des paiements. Les barrieres temporaires permettront de mieux repartir l'activite en Europe en l'alignant sur la demande mais aussi de stimuler la demande globale et de relancer la croissance en facilitant le traitement de la dette sans rendre la depression economique (pire que dans les annees 30) ineluctable (et la guerre sans doute)
Ceci demande de l'audace, du courage et de l'energie, mais l'alterntivee devrait etre une motivation suffisante.
Garder l'Euro? Oui mais en remettant des barrieres douanieres variables en fonction des deficits et excedents (formule a negocier ou a decreter). C'est cela et uniquement cela qui permettra la relance de l'investissement, la maitrise de la dette et la croissance (ah oui, j'oubliais, avec plus d'integration et la convergence fiscale).