Les errements sans fin du PS par Jean-Marie Colombani
Le PS n'a tiré aucune leçon de son échec des élections européennes.
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Qu'arrive-t-il au parti socialiste? Ou plutôt à ses dirigeants? Car une chose est de perdre les élections européennes: après tout, la droite les avait bien perdues en 2004 et elle a fait élire son champion en 2007... Une autre est de paraître aggraver les travers que les électeurs viennent pourtant de sanctionner.
Qu'a-t-on vu en effet? Le PS a été sanctionné: comme l'a noté Ségolène Royal, en perdant 6,7 millions de voix par rapport au score de la candidate au premier tour de 2007; en réunissant à peine autant de voix que Michel Rocard en 1994, ce qui avait valu à l'ancien premier ministre de quitter le premier secrétariat du parti qu'il occupait alors. Mais, trois ans plus tard, le même parti socialiste, conduit cette fois par Lionel Jospin, gagnait les élections législatives.
On peut tirer de ce simple rappel l'idée qu'il serait absurde de pronostiquer les prochaines échéances (les régionales en 2010 et la présidentielle en 2012). C'est d'autant plus légitime que dans les explications de vote données par la minorité de celles et ceux qui ne se sont pas abstenus l'enjeu européen figure en bonne place. Les votants avaient parfaitement saisi qu'ils envoyaient des députés au parlement européen et non à l'Assemblée nationale... En outre, il n'est pas absurde de rappeler qu'à ce fameux scrutin européen du 7 juin, le total des voix de droite et d'extrême droite a tourné péniblement au-dessus des 40%. Rappelez-vous, il y a de cela deux ans, le total des voix de droite et d'extrême droite flirtait avec les 60%. Préparer dans ces conditions une élection nationale n'est donc pas courir nécessairement à l'échec.
Encore faut-il ne pas persévérer dans les erreurs qui ont malgré tout conduit une part de l'électorat socialiste à se disperser. C'est pourtant ce que les dirigeants du PS continuent de faire sans hésiter. Deux exemples: nous sommes lundi 15 juin, huit jours après le scrutin, Benoît Hamon dénonce «un nouveau tour de vis social» ! dont l'auteur n'est autre -élémentaire mon cher Watson- que Nicolas Sarkozy.
Première remarque: Tiens? Benoit Hamon est toujours porte-parole. Il vient pourtant d'être sèchement écarté du Parlement européen par un vote qui a permis en Ile de France, à Europe Ecologie, de devancer nettement le PS dont il était sensé être l'une des locomotives. Il avait annoncé que, s'il était battu, il partirait. Il est battu, donc il reste. Qui donc disait déjà dans les années 1980 à l'adresse de ses camarades socialistes: «Il faut parler plus vrai !»( C'était Michel Rocard bien sûr). Dans tous les discours, il est pourtant question aujourd'hui de réhabiliter le poids de la parole politique. Comprenne qui pourra...
Deuxième remarque: le «tour de vis social». Sans doute, la veille Brice Hortefeux, ministre des affaires sociales, avait-il ouvert la lancinante question de l'âge de la retraite: c'est un sujet social en effet, mais nombre de dirigeants socialistes savent, et disent en privé, que, compte tenu de l'évolution démographique, cette question est incontournable. Et le même jour, s'exprimant devant l'organisation internationale du travail, Nicolas Sarkozy délivre un discours à dominante «sociale»; à le lire et à l'entendre, c'est pratiquement du Mitterrand dans le texte !
Discours dont l'idée centrale est qu'il faut compléter la régulation financière planétaire que le G20 a inscrit dans ses obligations par l'élaboration progressive d'un ordre social mondial». Dans le texte, cela donne: «Le monde ne peut plus être gouverné que par la loi de l'offre et de la demande»; ou bien encore «la marchandisation a mis le droit du commerce au-dessus de tout» et si l'on n'y prend pas garde, c'est à dire si le nouvel ordre mondial que Nicolas Sarkozy appelle de ses voeux «n'est pas plus respectueux de l'homme», alors dit-il, il faudra craindre la révolte, la violence et le protectionnisme.
Bref, on ne peut pas être mieux pris à contrepied: comment voulez-vous après être pris au sérieux ?
Ce n'est pas tout.
Prenons un second exemple: la prochaine réunion à Versailles du Congrès pour entendre une communication du Président de la République. C'est une disposition nouvelle dans la constitution. Nicolas Sarkozy choisit de l'inaugurer avec un réel sens de l'à propos pour tirer les leçons des élections européennes et fixer pour la seconde partie de son quinquennat une feuille de route. Il est dans son rôle, il utilise une prérogative inédite certes, mais constitutionnelle, et dont on peut penser à certains égards qu'elle corrige une anomalie, puisque rapprochant le président du parlement, elle lui retire l'un de ses attributs monarchiques qui plaçaient le chef de l'état officiellement à l'écart de la vie parlementaire et le privaient de tribune dans les enceintes de la représentation nationale.
Voilà que Noël Mamère, député Vert, lance l'idée d'un boycott et parle de mascarade. Croyez-vous que cela ait gêné l'UMP et le chef de l'état lui-même? Pas du tout: cela a provoqué un désordre infernal dans les rangs socialistes, parmi les députés, et entre députés et sénateurs, qui s'est achevé dans le ridicule; finalement les élus socialistes iront à Versailles écouter le président; mais ils ne participeront pas au débat qui suivra...
Dans les deux exemples, ce qui est frappant, c'est que la critique est possible: face au discours de Genève, à l'OIT (Organisation internationale du travail), on peut opposer la démesure de l'ambition sociale affichée à la réalité programmée du pays, qui perd à peu près 70 000 emplois par mois; presque le double du rythme infernal des années 1992-1993.
Dans la perspective de la réunion du Congrès, on peut se replonger dans ses livres d'histoire et observer qu'il faut remonter aux Etats Généraux et à Louis XVI pour retrouver un contexte où le monarque s'expose devant la représentation du pays. Bref, rien qui n'ait été exploité à ce stade par la gauche qui préfère s'en tenir au confort des slogans habituels, qui l'éloignent chaque jour davantage de celles et ceux qu'elle est sensée représenter.
Le PS a donc devant lui maintenant trois ans pour se ressaisir avec un premier obstacle dans un an, qui sera d'éviter la perte de l'une ou l'autre des 22 régions qu'il contrôle. On le sait, et c'est évidemment plus facile à énoncer que de traduire dans la réalité, le PS, depuis le retrait de Lionel Jospin, manque d'un leader et il manque cruellement dune remise à jour de ses idées, avant même de pouvoir penser à un programme. Tous les dirigeants socialistes s'accordent sur ce point. Le problème, disent-ils, c'est qu'aucun leader de rechange n'a réussi à s'imposer : Ségolène Royal s'est abîmée aux yeux des Français après son échec ; et Martine Aubry vient d'échouer à peine installée à la tête du parti.
La réalité est que l'on a plutôt affaire à «la conspirations des égaux» car aucun de ceux qui aspirent au leadership n'est prêt à reconnaître qu'un autre ou qu'une autre puisse l'exercer. Faisons les comptes: Ségolène Royal espère, à force de travail, se replacer; Martine Aubry pensait pouvoir être en situation du seul fait de son statut officiel. Laurent Fabius attend son heure; Dominique Strauss-Kahn ? A voir.
Puis vient la longue liste de tous ceux qui s'apprêtent à se mettre sur les rangs: François Hollande, qui au vu des résultats des élections intermédiaires, à l'époque où il dirigeait le PS, n'a pas à rougir de son bilan; Pierre Moscovici, qui a incontestablement du fond, mais aussi Manuel Valls, Vincent Peillon (le plus mauvais résultat de tous les leaders socialistes aux Européennes dans sa circonscription du sud-est); ou bien encore Arnaud Montebourg ; et enfin Bertrand Delanoë, qui après avoir raté le rendez-vous du congrès de Reims, est peut-être en train de se raviser.
Le problème n'est pas qu'il y ait, au PS, trop plein d'ambitions. Si cela correspond à la multiplication des talents, tant mieux! La vraie difficulté est que, encore une fois, il n'accepte pas le leadership d'un de leurs pairs, sur le mode du «pourquoi pas moi ?»; et pour les plus «jeunes», c'est à dire les ex-quadras devenus quinquas, il s'agit manifestement de se positionner pour ....2017! ce qui veut dire, et c'est gros comme le nez au milieu de la figure, qu'ils ne sont pas loin de considérer Nicolas Sarkozy comme déjà réélu.
Et s'il fallait encore un peu plus noircir le tableau, j'ajouterais qu'à suivre les déclarations de ses principaux porte-paroles, le PS me semble glisser sur une pente dangereuse: celle de la syndicalisation. Le PS parle au pays comme s'il était un syndicat représentant des catégories, voire des corporations. C'est comme cela qu'avait commencé le déclin du parti communiste lorsque Georges Marchais justifiait son discours syndical précisément, en disant qu'il s'agissait pour lui de s'adresser «aux plus pauvres». Or un parti de gouvernement doit parler au pays tout entier, exprimer une pensée qui permette à toutes et à tous de se figurer un avenir à la fois individuel et collectif. Il doit le faire à partir de ses bases bien sûr; mais les bases du PS sont les classes moyennes salariées ainsi que les catégories diplômées, lesquelles savent que pour défendre leurs revendications catégorielles, il existe précisément des syndicats.
On pourrait ainsi continuer la liste, faire l'inventaire de la course d'obstacles qui va être celle du PS et de ses dirigeants d'ici 2012, mais il faut aussitôt corriger ce tableau par ce constat maintes fois vérifié : en trois ans, le paysage politique a le temps encore d'être plusieurs fois bouleversé. Mais il faut faire vite, car en face l'homme court vite: les socialistes n'ont pas encore pu se faire entendre sur leur solution face à la crise; mais déjà Nicolas Sarkozy parle au pays de l'après-crise...
Jean-Marie Colombani
Crédit photo: Reuters
Mis à jour le 18/06/2009 à 12h21













































La seule chose que vous n'osez pas dire c'est que le P.S. est devenu un parti d'élus et de fonctionnaires, autant dire, en cette période de crise, un parti de nantis.
Chaque dirigeant du parti doit défendre, qui sa région, qui son département, qui sa ville et l'argent qui va avec.
Dans ce contexte, le discours du P.S. s'est complètement déconnecté de ses actes.
Il est devenu évident qu'il ne représente plus le peuple qui s'est égaillé sur d'autres listes.
Et voilà que vous-même écrivez maintenant "Strauss-Kahn" suivi d'un point d'interrogation !
J'ai bien peur que le déclin du P.S. ne soit inéluctable.
Marianne,
Je souscris pleinement à votre analyse sauf, sur un point, quand vous dites: "il est devenu évident qu'il [le PS] ne représente plus le peuple qui s'est égaillé sur d'autres listes." Vous faites référence aux élections Européennes; Or, comme le suggère en substance JM Colombani et comme je l'ai déjà écrit, les Européennes sont de petites élections sans importance. En effet, dans le passé, ces élections n'ont jamais eu d'impact prévisible sur les élections nationales suivantes et regardez le nom des candidats sur les listes ayant obtenu le plus de voix, vous constaterez que 90% au moins vous sont inconnus, preuve du désintérêt des partis pour ce type de consultation.
Enfin, si le déclin du PS peut paraitre inéluctable, cette perspective ne me réjouis pas car, pour qu'une démocratie fonctionne bien, il faut que des rapports de force s'établissent entre pouvoir et contre-pouvoirs, l'affaiblissement d'un des plateaux de cette balance n'est pas forcément une bonne nouvelle... même si l'effondrement du PS ne me causera pas beaucoup de larmes!
Monsieur,
Je lis toujours vos commentaires avec beaucoup d'intérêt.
Pour ce qui concerne celui-ci, je suis d'accord avec vous que les élections européennes sont "de petites élections".
Mais vous semblez avoir perdu de vue, que les élections présidentielles de 2002, réputées "imperdables" par les socialistes eux-mêmes, ont bel et bien été perdues, ainsi que les suivantes. Si je peux me permettre : il y a tout de même un os !
Cela dit, tout comme vous, l'effondrement de l'opposition ne me réjouit pas, mais j'ai l'optimisme de croire qu'elle se renouvellera, avec ou sans le P.S..
Très cordialement.
Marianne,
Il faut faire très attention et ne jamais croire que les élections sont jouées d'avance et surtout ne jamais croire les devins en général et les socialistes en particulier quand ils vous disent que la victoire est assurée pour tel ou tel parti. En démocratie, ce n'est heureusement jamais le cas et rien ne peut remplacer le dépôt d'un bulletin dans l'urne. S'ils pouvaient prévoir à coup sûr les résultats, les socialistes ou d'autres ne feraient pas de politique, mais une activité plus lucrative, croyez-moi!
Ce que j'ai dit et que je maintiens, c'est que les élections Européennes n'ont jamais eu d'impact sur les présidentielles suivantes: En 1999, percée de la liste Pasqua-De Villiers et aucun candidat issu de cette liste susceptible de passer au second tour en 2002. En 2004, victoire des socialistes aux Européennes (Qui s'en souvient encore?) et en 2007,Sarkozy est élu au second tour avec un taux de participation record et une différence en pourcentage et en voix indiscutable sur la candidate socialiste (Qui l'a oublié?). J'en conclus donc que les Européennes sont de petites élections sans importance, du moins au point de vue de la politique nationale.
Mais peut-être celles de 2009 seront une exception à la règle? Si on examine l'évolution des partis traditionnels, j'en doute fort. A Europe-écologie de me faire mentir! Là aussi j'ai des doutes car ces listes sont un agglomérat de circonstance plutôt qu'une structure politique porteuse d'avenir (Divergence sur le traité de Lisbonne, sur l'intérêt des OGM ou du nucléaire... ).
Mr Colombani, votre article est encore une fois étonnant de lucidité et de clairvoyance.
Le PS ne veut toujours pas comprendre que tant qu'il y aura plus de chefs que d'indiens rue de Solferino, il ne regagnera pas la faveur des électeurs. La réussite d'une idée, d'un parti, d'un groupe ne s'est jamais fait dans la division et la pléthore de supposés ou auto-proclamés leaders.
Et, c'est vrai qu'à bien chercher, on ne trouve pas grand monde qui puisse avoir la stature et l'esprit manipulateur d'un Mitterand. Car, à bien y réfléchir, à quand remonte la dernière vraie victoire socialiste en France ? Pas une victoire de circonstance, de mi-mandat ou d'anti-pouvoir en place ? A quand ? 1981. Et pourtant Tonton n'était vraiment pas ma tasse de thé, il faut néanmoins lui accorder que depuis, au PS, on n'a pas trouvé mieux.
Nicolas l'a bien compris, il utilise à bon escient les divisions du PS et l'absence de réelle opposition pour avancer là où il veut nous amener*: la sortie de crise et son corollaire, sa réélection. Et là, rien à dire, il est parfaitement dans son rôle et dans la logique de tout homme politique.
Ceci, mis à part, il n'y a aucun doute, Mr Colombani, votre article, il faut le diffuser en intraveineuse aux caciques du PS, c'est peut-être le seul moyen d'assister à leurs guérisons, après, il ne reste plus que Lourdes et ses miracles
Cordialement,
*Dans le mur, écrirait jboss, je lui épargne donc d'avoir à l'écrire lui-même
Non seulement les leaders du PS doivent accepter un chef mais ils doivent aussi TRAVAILLER ENSEMBLE, aussi incroyable que cela puisse paraître. Cela suppose un travail de fond et des conclusions communes apportant des réponses nouvelles, une stratégie commune afin de donner clarté et force au message de la gauche. Mais sont ils capables de l'unité?
Il y a pléthore de pilotes mais aucun n'est apte à tracer une route précise ou à se faire entendre des autres pour la définir ensemble. L'avion tourne en rond, en carré, en losange, en vol et n'atterrit toujours pas. On peut supposer qu'il va finir par s'écraser.
Ce qui m'amuse, c'est que François Mitterand avait réussi à juguler la droite en utilisant entre autres choses, le repoussoir du Front National. Nicolas Sarkozy a fait de même tant via l'ouverture qu'en manipulant les Verts, le postier et l'ex UDF.
Il semble que personne au PS n'ait vu, réalisé, compris, étudié, épluché comment Nicolas Sarkozy a affronté le problème du Front National et l'a éliminé. Pourtant, les mêmes causes ne sont-elles pas censées produire les mêmes effets ? N'est-il pas curieux que les successeurs de leur Tonton ne sachent pas appliquer ses méthodes !
Je reconnais en François Mitterand un prince de la manipulation. N'y aurait-il aucun stratège au PS ?
Effectivement, pas une fois, je n'ai pu lire une réponse de François Hollande aux mots des slateurs sur ses articles.
Quand on n'ose pas affronter des amateurs par écrit, aucun risque d'aller se frotter à des pros, de surcroit adversaires politiques. Comme ils me semblent tous taillés sur le même gabarit, le PS en a pour longtemps à être aux abonnés absents.
Si les socialistes savaient tirer des leçons de leur échecs, depuis Jospin, ça se saurait !
De toute façon, tant qu'ils n'auront pas trouvé un patron, un vrai, ils sont condamnés en interne à continuer leurs chamailleries, et vis à vis de l'extérieur (donc de l'opinion publique et des électeurs) à rester désepéremment inaudibles...
je reste un peu déçu par votre analyse, car je n'y crois plus ,comme beaucoup de sympathisants ou électeurs.
ce parti me donne l'impression d'être content de son sort, gérer des communes, des départements ,des regions, après tout ce n'est pas très difficile et c'est agréable, être un petit notable dans une ville de 15000 habitants vaut mieux que de galérer à essayer de devenir très hypothétiquement conseiller dans un improbable cabinet ministériel pendant quelques années
la génération qui entourait F.Mitterand avait faim et ne pouvait pas espérer grand chose s'il n'y avait pas conquête du pouvoir d'État, aujourd'hui ,la décentralisation et le statut financier des élus offrent de très belles carrières.
qui va oser perdre tel ou tel mandat pour se lancer , et avec qui ,dans la course présidentielle ?
qui peut quitter cette posture confortable d'opposant, meme s'il exerce un pouvoir local, il lui suffit d'incriminer l'État lorsqu'il lui faut choisir, pour dire quels sont ses choix ?
lequel peut arrêter de promettre des subventions, ou des aides , ou des emplois et être crédible vis à vis du déficit ?
et puis N.Sarkozy occupe leur place, il est un véritable social démocrate, et passerait pour un gauchiste chez nos voisins, alors il leur reste à hurler au fascisme rampant,à en faire une M.Thatcher pour essayer d'exister face à Besancenot ou Melenchon ;
hélas ,leurs électeurs ont vieillis, se sont installés, gagnent leur vie , payent beaucoup d'impôts, s'inquiètent pour leurs enfants voire petits enfants et se disent qu'il vont défendre la planete en regardant les belles images de M.Arthus Bertrand.
puis ils prennent le camping car ,car il y a du soleil ...
les régionales seront sans doute difficiles pour le PS, surtout s'ils continuent à croire que c'est gagné d'avance ..;
En ce 18 juin, le PS, en effet, ne semble toujours pas avoir compris l'appel de détresse que lui a lancé le peuple de gauche ... Les messages envoyés sont restés lettres mortes, pour la plupart ... A présent, la question est de savoir si l'actuel capitaine est en mesure de tenir la barre et pour combien de temps ... Ce qui est sûr, c'est que le vaisseau penche dangereusement et risque fort de se transformer en fantôme de l'Océan Politique.
Le PS n'existe plus pourquoi en parler encore. Un parti sans idée, sans vision un parti qui ne sera jamais à la hauteur des défis d'aujourd'hui et de demain. La "prestation" de Mme Aubry chez Michelin RIDICULE, les pardons de Mme Royale RIDICULES
Laissons au PS les élections locales et aux partis sérieux les élections nationales. Mr Colombani cite encore Mr Fabius mais svp soyez lucide si M. Fabius venait à se présenter son score serait inférieur à 5% il joue dans la cour du score de Mme Buffet . Vous citez également M.Mamère allons soyons sérieux même pendant les européeennes Cohn-Bendit ne lui a pas donné la parole sinon le score d'Eurpope Ecologie aurait été inférieur à 3%. Pour les autres cités quelle tristesse dans leur discours.
M. Peillon un parachutiste politique, vraiment pas d'envergure.
M. Colombani merci pour votre article qui confirme mon idée que le PS est le Parti Savate. Bye bye PS.
Je suis en désaccord profond avec votre article M. Colombani. En vérité, vous ne faites que répéter ce que tout le monde radote depuis deux ans : « le Ps n’a pas de projet », « le Ps n’a pas d’idées », le « Ps n’a pas de leader »… .
A certains égards, vous avez raison, et ce n’est pas moi, militant socialiste, qui minimiserais les défaites successives. Mais maintenant, on fait quoi ? On se morfond, comme beaucoup le font, ou on se réjouit – comme vous semblez le faire – en véhiculant à longueur de lignes les mêmes truismes ? Le Ps doit changer, se rénover, prendre acte de ses déboires. Tout le monde le sait. La question, c’est comment ? Or personne aujourd’hui, mis à part certains universitaires que personne n’écoute, n’est capable de proposer une quelconque alternative à la politique menée par le Président Sarkozy. Ni les politiques, ni les intellectuels, ni les journalistes. Voilà le défi. Nous avons trois ans pour élaborer un programme qui rompt avec les paradigmes de l’économie de marché et du libéralisme économique. L’écologisme nous en donne les moyens. Ce sera long, difficile, notre démarche sera certainement entrecoupée de longues périodes de latence, durant lesquelles nous douterons. Peut-être même que nous n’y arriverons pas. Mais il est temps de repartir au combat.
Ps : à tous ceux qui postent sur ce site et qui jouent les Cassandre en enterrant les socialistes, j’aimerais poser une question : en 2012, la droite gouvernera le pays depuis dix ans, le présidera depuis près de vingt-cinq. Vous sentez-vous aujourd’hui plus en sécurité qu’à ce moment-là, plus à l’abri des aléas de la vie ? Etes-vous même plus heureux aujourd’hui ?
Vous avez-raison. il ne suffit pas de faire un constat de carence pour savoir quoi faire, d'autant plus que les arguments que vous reprenez ont pour certains plus de 20 ans. En 1988 le PS se trouvait en manque de projet, mais il y avait un leader François Mitterrand.
Peut-être faudrait-il interroger ce que la notion de projet, projection forte, volontariste dans un Sens choisi (celui du bien commun on peut espérer) a de compatible avec une conception socialiste de la société. Là il y a problème de fond, de fondation. Il faut une conception communautaire, pour qu'un sujet communautaire pouvant dire "nous voulons" puisse se doter d'un tel projet politique et économique à moyen et long terme. Rien à voir avec le grand soir ou l'utopie idéelle de la cité idéale.
Il y a un second problème celui du leader, charismatique, il faudrait ajouter sinon on a un administrateur, un dictateur ou un tyran. Or on le voit avec la question du président de la 5ème république dont le leadership voulu par ses rédacteurs est incompatible avec la pensés socialiste. Leadership = fascisme semble-t-il. Bonjour pour le charisme de l'esprit donc du Sens porté (comme Obama). Voilà au moins deux obstacles fondamentaux dans une course fondée de plus en plus sur ces principes. La démocratie participative non inscrite dans une conception renouvelée de la démocratie est une démagogie dont le PS ne sait pas non plus quoi faire. Manifestement encore un problème de conception d'une société qui ne serait pas communauté.
Mais dites vous il y a des universitaires qui s'attaquent au problème. Sont-ils investis sur ces chantiers fondamentaux là?
"mis à part certains universitaires que personne n’écoute, n’est capable de proposer une quelconque alternative à la politique menée par le Président Sarkozy. Ni les politiques, ni les intellectuels, ni les journalistes. Voilà le défi. Nous avons trois ans pour élaborer un programme qui rompt avec les paradigmes de l’économie de marché et du libéralisme économique."
Eh bien non! Ils s'attaquent à un projet "contre", comme si c'était la réalité d'une situation et d'un président. ils s'attaquent à un mythe celui qu'ils construisent de leur adversaire sans lequel, on le voit, ils n'existeraient pas pensent-ils. Charisme inversé, projet négatif.
Mais peut-être avez-vous dévoilé le projet auquel s'attaquent savamment les fonctionnaires de la recherche et de l'enseignement que vous évoquez avec cette interrogation. "Vous sentez-vous aujourd’hui plus en sécurité qu’à ce moment-là, plus à l’abri des aléas de la vie ? "
Une seule certitude vous détenez les clés de l'échec.
@ Heidi, qui nous dit:
"j'aimerais poser une question : en 2012, la droite gouvernera le pays depuis dix ans, le présidera depuis près de vingt-cinq. Vous sentez-vous aujourd’hui plus en sécurité qu’à ce moment-là, plus à l’abri des aléas de la vie ? Etes-vous même plus heureux aujourd’hui ?"
Voila ce que typiquement je déteste chez les militants socialistes, ils veulent inciter les gens à voter pour eux en mettant en avant des questions qui parlent non pas d'eux-mêmes et de leurs projets, mais qui essaient de démolir Sarkozy et les résultats de sa politique et c'est précisément sur ce point-là que se situe l'erreur: pour voter PS, il ne faut pas seulement que ceux d'en face soient mauvais (pour le PS, il est évident que l'UMP ne peut être qu'un parti de nuls et tous les Français l'ont bien compris!), il faut aussi proposer un projet fédérateur qui, même s'il est absurde comme le programme commun de 1981, donne une perspective envisageable aux électeurs et il faut aussi savoir qui sera chargé de mettre en œuvre cette projection dans l'avenir (et là les Français ont bien du mal à percevoir quoi et qui que ce soit!). Or, il manque aux socialistes et le projet et l'homme. Il est grand temps que le PS se réveille s'ils ne veut pas finir comme le PCF et les radicaux: un parti croupion.
Dans la première partie de votre commentaire, vous ne faites rien d'autre que Colombani et l'essentiel des commentaires postés, à savoir: Constater ( et pour certains regretter ) l'inertie, la fragilité, la gabegie et l'inconsistance du PS. Alors, maintenant, gens de gauche, mettez vous au travail, la démocratie en a besoin. Vous avez en fait bien moins de 3 ans pour vous rénover et repartir. L'usine à gaz proposée par Montebourg pour vos primaires ne me semble pas être la bonne solution: couteuse, longue, créatrice de rivalités...
L'ecologisme vous donne les moyens de surfer sur la vague verte et fashion; ce serait manquer d'imagination et jouer la facilité même si les enjeux sont en ce domaine importants.
A mon sens, ce n'est pas d'une rénovation ou d'une refondation dont a besoin le PS, mais d'une véritable révolution interne. On rase tout et on recommence à zéro: des idées en phase avec notre temps, un projet de société concret et réaliste, un appareil débarrassé de ses toiles d'araignée pachydermiques, un leader incontesté par les ambitions démesurées des caciques, le licenciement sans préavis des dinosaures mitterandiens, l'acceptation de la nécessité de réformer, enfin, un véritable programme d'action pour faire rentrer la France dans le XXIème siècle.
Alors c'est vrai, les socialistes ont du boulot mais ne semblent pas avoir envie de s'y mettre ( voir le post de SPE plus haut ). Tant pis pour eux, tant mieux pour nous ( Nicolas et consorts), dommage effectivement pour la démocratie!
Il ne s'agit pas de jouer les Cassandre, juste de constater que le PS, depuis plus de 10 ans, se suicide tranquillement mais surement.
Alors suicide consommé ou révolution assumée, à vous de bosser.
Cordialement,
Heidi, bonjour.
Il est rare que je m'adresse à un slateur mais je ne peux agréer vos mots. Je ne me réjouis pas du tout de la déliquescence du parti socialiste. Une démocratie sans opposition file droit vers l'état totalitaire. Je reproche à tous les dirigeants socialistes d'être devenus des pantouflards, de s'être embourgeoisés et de profiter pleinement de leur vie politique pour s'enrichir, bien vivre et profiter à plein du système qu'ils sont censés combattre pour l'améliorer. A part cumuler les mandats – ce qui empêche l'émergence d'éléments nouveaux et peut-être de valeurs -, chacun gère sa situation à son profit. L'idéal socialiste, ils s'assoient dessus. Je compare aujourd'hui le COMPORTEMENT. des dirigeants socialistes à celui de Jean Marie Le Pen. En voilà un qui n'a jamais voulu le pouvoir, a tout fait pour se maintenir dans l'opposition systématique et vivre très bien en surfant sur les mécontentements, les colères et les frustrations de ses adhérents. Est-ce une attitude constructive d'assister au Congrès de Versailles mais de bouder le débat ? Ces gens là sont-ils crédibles, sérieux, réalistes, pragmatiques ?
En ce qui concerne l'alternative à la politique menée par le Président Sarkozy, je reste effaré de leur incapacité à trouver autre chose. Ne serait-ce que l'écologie ou l'écologisme qui ouvre des boulevards. Deux faits certains aujourd'hui.
Premièrement, l'eau monte. Des populations vont migrer sans retour. Rien que ce fait permet de renvoyer dés aujourd'hui les chantres de l'immigration zéro dans leurs filets. Quand les pays d'origine des migrants seront sous l'eau, ça signifiera quoi de leur dire : retourne dans ton pays ! Ne faut-il donc pas déjà habituer les populations à évoluer, dépasser les clivages de la différence pour éviter des ghettos avec les violences que cela engendrera. Quand on sait la difficulté à changer une habitude de travail dans une entreprise, on mesure le temps d'éducation et de sensibilisation nécessaire. Rien à bâtir là-dessus, les socialistes ?
Deuxièmement, la raréfaction des énergies fossiles et le réchauffement. Va-t-on continuer à travailler dans des entreprises ou va-t-on développer le travail à distance ? Non, on nous parle de multiplier les transports en commun. Est-ce vraiment une réponse adaptée alors qu'une remise en cause des déplacements serait à étudier ? Qu'a-t-on changé avec les agrocarburants ? Rien, on reste dans le tout camion, le tout avion, le tout automobile. Pas de vision non plus ?
On vit plus longtemps. Encore que la génération qui a connu le premier choc pétrolier aura très certainement une durée de vie moindre due à l'effet de stress. Non seulement il faut travailler plus longtemps pour maintenir le système actuel des retraites qui n'est pas si mal, mais aussi multiplier les aides aux personnes et favoriser les services. Pas de perspectives non plus ?
Je vous recopie un passage du livre de Hervé Kempf – Comment les riches détruisent la planète : … le monde est aujourd'hui gouverné par une oligarchie qui accumule revenus, patrimoine et pouvoir avec avidité (…..) Cette classe dirigeante prédatrice et cupide (…) ne porte aucun projet, n'est animée par aucun idéal, ne délivre aucune parole. (……) Si l'on veut être écologiste, il faut arrêter d'être benêt.
Face à cela, silence radio des socialistes, eux qui se qualifient de forces de progrès. Je trouve la période que nous vivons formidable parce que nous allons devoir réinventer un autre mode de vie, un autre mode de consommation, de fonctionnement.
Il y a ceux qui ne veulent rien changer et qui - une fois que tout aura été épuisé - regarderont le changement se faire de lui-même. Le silence des dirigeants socialistes me fait penser que c'est aussi ce qu'ils attendent parce qu'ils en profitent.
Il y a ceux qui ne rêvent que de décroissance sans tenir compte qu'on ne change pas les individus comme ça, en claquant des doigts. Pour changer, ça vient de soi même ; il faut l'envie en soi et l'aide autour de soi. Dîtes aux gens qu'ils ne consommeront plus comme avant et ils vous fuiront. Proposez leur de consommer différemment, avec plus de qualité que de quantité, vous aurez d'autres réactions.
N'y a-t-il vraiment pas une troisième voie ?
Dans le contexte où nous sommes et rien que sur ces deux faits, ne pas avoir de projet, de vision, ça me fait croire qu'on se suffit de ce qui est, qu'on attend, qu'on en profite et que les gens changeront parce qu'ils n'auront pas le choix... N'est-ce pas une façon pour ceux qui ont choisi la politique pour porter le changement, de ne pas prendre ses responsabilités.
le P.S. est devenu un parti d'élus et de fonctionnaires, autant dire, en cette période de crise, un parti de nantis.
Je reproche à tous les dirigeants socialistes d'être devenus des pantouflards, de s'être embourgeoisés et de profiter pleinement de leur vie politique pour s'enrichir, bien vivre et profiter à plein du système qu'ils sont censés combattre pour l'améliorer
Ces deux réflexions se rejoignent et me laissent perplexe. Je m'étais déjà demandé, au vu de la proportion de fonctionnaires dans notre pays (de 20 à 25% selon les sources, soit un quart ou un cinquième de la population active) si la France ne ressemblait pas à un pays imaginaire qui réunirait USA+URSS (Privé+Public), chacun dans ses prérogatives (entreprises+services publics). Si j'en crois les réflexions lues ci-dessus, la politique suivrait le même schéma : Droite+Gauche... avec les mêmes défauts de part et d'autre. Or, on l'a vu avec les soviétiques, la sécurité de l'emploi / du poste politique local, a tendance à freiner la motivation et l'esprit d'initiative. Ce serait la philosophie politique elle-même qui contiendrait son propre poison : la stagnation en période faste, l'énergie en période de révolte. J'en avais conscience pour le système de gouvernement, je le découvre concernant les hommes politiques eux-mêmes !
Mais il y a une autre raison possible : pour qu'une République basée sur des élections internes aux partis (primaires) puisse fonctionner, il ne faut pas plus de DEUX partis en présence (Droite et Gauche, Républicains et Démocrates). Car dès lors qu'il est possible de s'affranchir de ce dualisme et de créer de multiples partis, le parti qui fait des élections internes, qui donc se DIVISE, sera toujours en position d'infériorité par rapport au parti qui fonctionne en mode "dictatorial" (un Chef unique se dégage de soubresauts internes). Car la division du "parti à primaires" va forcément essaimer et créer d'autres petits partis ou courants, fragmentant ainsi l'opposition... et la fragilisant dans un système politique finalement très dualiste. C'était d'ailleurs la volonté du Général de Gaulle qui a ainsi obligé notre pays à devenir bipolaire (réduisant les petits partis à un simple rôle de consultation), ce que la Gauche ne semble toujours pas avoir assimilé depuis le SFIO !
La Cinquième République ne peut donc fonctionner correctement qu'en mode de bi-partisme avec deux chefs de clans même pas élus, des hommes dont le charisme seul les aura mené à la tête de leur tribu, tel Vercingétorix. Alors comment pouvons-nous poursuivre cette République dès lors que LE parti de Gauche le plus reconnu perd toute sa crédibilité et sa légitimité ? On n'est plus sur ses deux jambes, là !
La seule voie qui me semble envisageable pour que la Gauche retrouve un minimum de force, c'est de créer un "super-parti de Gauche", une entité nouvelle et originale qui réunirait les différents partis de Gauche autour d'un programme commun minimum, avec si possible une voix unique (présidence tournante ?) pour s'opposer à la Droite et formuler des propositions, consensuelles mais crédibles. Ce ne serait plus le Parti Socialiste qui chapeauterait l'ensemble, il n'en serait qu'UNE des composantes (et donc réduit à une sorte de Parti Radical) mais cette nouvelle entité qui réunirait les points de convergence de l'ensemble.
Cela semble peut-être irréaliste, mais à moins de voir une Jeanne d'Arc/Obama se révéler au sein du Parti Socialiste, je n'en vois pas d'autre...
Programme commun, gauche plurielle, on a déjà lourdement donné, les nécessiteux sont ailleurs!!!
Faites d'abord un programme pour rassembler des gens autour au lieu de rassembler les gens pour faire une plateforme minimum sans aucune autre vision sur l'avenir que de gagner les prochaines élections
"donner plus à ceux qui ont moins", ce n'est pas de la discrimination positive contrairement à ce qui est dit par JM Colombani sur france info
c'est tout simplement de la redistribution, c'est du social!
M Colombani, je trouve votre article excellent et déprimant: Personnellement, je ne vote pas pour le PS mais je regrette son affaiblissement et l'affaiblissement du débat avec une opposition crédible. Ceci d'autant plus que Bayrou s'était mis dans ce rôle de synthèse / médiation et que, visiblement, il s'est lui-même savonné la planche.
Il suffit de regarder de l'autre côté de la rue (UMP) pour voir que la conquête du pouvoir passe d'abord par l'émergence d'un leader qui met le parti derrière lui et organise la production d'un programme qu'il personnifie. Il semble qu'avec toutes ces chapelles, l'art de chacun de tirer le tapis sous les pieds de l'autre
et le perdant/perdant érigé en manière de gouverner le parti, on en soit bien loin.
Avec la direction actuelle, et la précédente, on a l'impression aussi d'assister à un certain angélisme compassé: Mettons nous d'accord sur un programme et trouvons le leader ensuite... Et personne ne se demande pourquoi ça fait des années qu'on arrive pas à sortir un programme?