Jacques Attali: Vers l’humanité unisexe
Plutôt que de nous opposer à une évolution banale et naturelle du mariage, il est urgent de nous préoccuper de permettre à l’humanité de définir et de protéger le sanctuaire de son identité.
- Londres, 2007. REUTERS/Alessia Pierdomenico -
Comme toujours, quand s’annonce une réforme majeure, il faut comprendre dans quelle évolution de long terme elle s’inscrit.
Et la légalisation, en France après d’autres pays, du mariage entre deux adultes homosexuels, s’inscrit comme une anecdote sans importance, dans une évolution commencée depuis très longtemps, et dont on débat trop peu: après avoir connu d’innombrables formes d’organisations sociales, dont la famille nucléaire n’est qu’un des avatars les plus récents, et tout aussi provisoire que ceux qui l’ont précédé, nous allons lentement vers une humanité unisexe, où les hommes et les femmes seront égaux sur tous les plans, y compris celui de la procréation, qui ne sera plus le privilège, ou le fardeau, des femmes.
Bien des forces y conduisent, issues de demandes parfois contradictoires.
1. La demande d’égalité. D’abord entre les hommes et les femmes. Puis entre les hétérosexuels et les homosexuels.
Chacun veut, et c’est naturel, avoir les mêmes droits: travailler, voter, se marier, avoir des enfants. Et rien ne résistera, à juste titre, à cette tendance multiséculaire. Mais cette égalité ne conduit pas nécessairement à l’uniformité: les hommes et les femmes restent différents, quelles que soient leurs préférences sexuelles.
2. La demande de liberté. Elle a conduit à l’émergence des droits de l’homme et de la démocratie. Elle pousse à refuser toute contrainte; elle implique, au-delà du droit au mariage, les mêmes droits au divorce. Et au-delà, elle conduira les hommes et les femmes, quelles que soient leurs orientations sexuelles, à vouloir vivre leurs relations amoureuses et sexuelles libres de toute contrainte, de tout engagement.
La sexualité se séparera de plus en plus de la procréation et sera de plus en plus un plaisir en soi, une source de découverte de soi, et de l’autre. Plus généralement, l’apologie de la liberté individuelle conduira inévitablement à celle de la précarité; y compris celle des contrats. Et donc à l’apologie de la déloyauté, au nom même de la loyauté: rompre pour ne pas tromper l’autre.
Telle est l’ironie des temps présents: pendant qu’on glorifie le devoir de fidélité, on généralise le droit à la déloyauté. Pendant qu’on se bat pour le mariage pour tous, c’est en fait le mariage de personne qui se généralise.
3. La demande d’immortalité, qui pousse à accepter toutes mutations sociales ou scientifiques permettant de lutter contre la mort, ou au moins de la retarder.
4. Les progrès techniques découlent en effet de ces valeurs et s’orientent dans le sens qu’elles exigent: en matière de sexualité, cela a commencé par la pilule, puis la procréation médicalement assistée, puis la gestation pour autrui. Ces questions de bioéthique ne découlent évidemment pas des demandes d'égalité venant des couples homosexuels et concernent toutes les formes de reproduction, y compris -et surtout- «hétérosexuelles». Le vrai danger viendra si l’on n’y prend garde, du clonage et de la matrice artificielle, qui permettra de concevoir et de faire naitre des enfants hors de toute matrice maternelle. Et il sera tres difficile de l’empêcher, puisque cela sera toujours au service de l’égalité, de la liberté, ou de l’immortalité.
5. La convergence de ces trois tendances est claire: nous allons inexorablement vers une humanité unisexe, sinon qu’une moitié aura des ovocytes et l’autre des spermatozoïdes, qu’ils mettront en commun pour faire naitre des enfants, seul ou à plusieurs, sans relation physique, et sans même que nul ne les porte. Sans même que nul ne les conçoive si on se laisse aller au vertige du clonage.
6. Accessoirement, cela résoudrait un problème majeur qui freine l’évolution de l’humanité: l’accumulation de connaissances et des capacités cognitives est limitée par la taille du cerveau, elle-même limitée par le mode de naissance: si l’enfant naissait d’une matrice artificielle, la taille de son cerveau n’aurait plus de limite. Après le passage à la station verticale, qui a permis à l’humanité de surgir, ce serait une autre évolution radicale, à laquelle tout ce qui se passe aujourd’hui nous prépare. Telle est l’humanité que nous préparons, indépendamment de notre sexualité, par l’addition implicite de nos désirs individuels.
Alors, au lieu de s’opposer à une évolution banale et naturelle du mariage laïc, qui ne les concerne pas, les Eglises devraient plutôt se préoccuper de réfléchir, avec les laïcs, à ces sujets bien plus importants: comment permettre à l’humanité de définir et de protéger le sanctuaire de son identité? Comment poser les barrières qui lui permettront de ne pas se transformer en une collection d’artefacts producteurs d’artefacts? Comment faire de l’amour et de l’altruisme le vrai moteur de l’Histoire?
Jacques Attali
Mis à jour le 29/01/2013 à 9h31















































Telle devrait être la nouvelle devise de nos concitoyens, à laquelle monsieur Attali demande aux Eglises de "réfléchir" "au lieu de s'opposer à une évolution banale et naturelle du mariage laïc qui ne les concerne pas."
Il n'y a pas d'évolution banale et naturelle du mariage, il y a bifurcation, manipulation d'une institution aux seules fins personnelles. C'est de l'individualisme.
La réaction ne viendra pas de la société actuelle, cette société gâtée, choyée, surprotégée, cachée derrière le principe de précaution qu'elle oublie d'appliquer à sa reproduction pour se faire plaisir, pour être conforme à une image façonnée par une minorité. Elle viendra des enfants eux-mêmes comme mai 68.
Quand les enfants comprendront qu'ils n'ont été que des objets fabriqués artificiellement pour justifier une relation, peut être alors la société réagira.
La religion, la philosophie, la spiritualité existent car elles se penchent sur des questions éthiques.Les sociétés, les civilisations ont pu se former, s'organiser pour offrir une sécurité à l'Homme. Les rejeter aujourd'hui est très présomptueux.
Comment peut-on admettre que l'on loue des ventres ou plus tard des machines artificielles pour couver l'oeuf humain?
Comment peut-on admettre qu'une femme en parfaite santé se fasse injecter une semence complètement inconnue? C'est terrifiant.
Que vaut la vie d'autrui?
Ce texte est interessant et explique bien les derives que nous vivons (et pourquoi je suis contre le mariage homsexuel. autant je vois aucun inconvenient a que 2 hommes se marrient, autant je suis contre la possibilite de leur permettre d avoir des enfants, puisque c est forcement de maniere artificielle)
Quand a l ecgalite, jecrois que socrate disait qu il n y a pas pire injustice que traiter de facon egale des choses ingeales. un couple homo est sterile par definition et il n y a aucune raison de ne pas le rester
Par contre je ne suis pas comme M Attali, je ne crois pas a la linearite de l evolution, qui ferait que nous demandons et obtenons toujours plus de liberte, droit a l infidelite ou meme l immortalité. Si on regarde l histoire, on se rend compte que l evolution n a pas ete lineaire et qu a des periodes relativement libre ont succedes des pariode bine plus opressantes (par exemple sur le plan politique a la revolution on succede des regimes bien plus repressifs et si on est revenu a une republique c est grace a Bismark (et l effondrement de l empire de Napoleon III). Sur le plan des moeurs et de l homosexualite les romains etaient bien plus liberaux que les chretiens
En ce qui concerne notre avenir, avec une population vieillissante, en voie d appauvrissement et face a des defis majeurs (rechauffement climatique, pick oil, apparition de nouvelles puissances ) je nous voie plus comme l empire romain vers sa fin qu autre chose. Et ce qui a remplace l empire romain etait pas forcement un progres sur le plan des droits humains (et ca a d ailleurs probablement permis de reduire massivement la population europeenne)
Dans votre logique il ne faut donc pas permettre à n'importe quel couple stérile d'avoir des enfants ? Vous êtes contre à ce que les homos adoptent/fiv pas parce qu'ils sont stériles, mais bien parce qu'ils sont homos.
Réponse à gonzale:
Et vous souhaitez traiter les homosexuels (incapables par nature de procréer via reproduction sexuée), comme des gens malades (incapables par maladie de procréer) ?
Nous nous dirigerions donc vers une société ressemblant par certains aspects à celle décrite par Aldous Huxley dans "Le meilleur des mondes", la composante déterministe en moins (ou en moins affirmée). Mais la possibilité de la voir naître est en germe dans ces constatations: le risque d'artificialisation de la vie me semble y apparaître en filigrane. Ce qui me fait penser tout autant à Cerclon chez Damasio qu'à certaines nouvelles d'Asimov autour de la société robotisée. Je ne sais pas quoi en déduire, mais la vie, avec son lot de chaos qui lui est propre, doit être préservée. Chacun doit bien sûr pouvoir vivre sa sexualité, sa parentalité, obtenir les droits qui sont les siens car il est humain et citoyen. Mais ces droits s'accompagnent toujours de devoirs envers l'Autre.
Alors, au lieu de s’opposer à une évolution banale et naturelle du mariage laïc, qui ne les concerne pas, les Eglises devraient plutôt se préoccuper de réfléchir, avec les laïcs, à ces sujets bien plus importants
Vous avez évidemment et totalement raison de mettre en perspective le vrai débat fondamental sur la conservation de l'identité humaine.
Il y a urgence à repenser la place de l'humain en terme éthique face au défi du clonage mais aussi face à l'homme "augmenté" que laisse entrevoir les fantastiques "progrès" de la science, l'envahissement de la technologie dans notre paradigme de communication, la "prothèsisation" non seulement de fonctions défaillantes mais également l'amplification de nos capacités physiques et aussi cognitives et mnésiques.
Concernant l'"urticaire grammatical" de certains catholiques à l'utilisation du mot "mariage" qui le fait sortir de la définition voulu par un dogme avec lequel il prennent pourtant souvent de grandes libertés, on pouvait peut-être l'éviter en évitant de d'utiliser le "mot" mais cela aurait été tout de même qu'une sorte de manœuvre.
... pour aboutir au sophisme institutionnel socialiste habituel: la vérité est de gauche aucune autre n'est ni à considérer ni à adopter.
Quel dommage que le législateur n'ait pas inscrit dans le marbre que le mariage était l'expression symbolique de la volonté d'un homme et d'une femme de vivre ensemble sans qu'il n'y ait d'autres interprétations, cela semblait si évident que personne n'y a pris garde. Le viol des consciences de ceux qui sont attachés au mariage hétérosexuel n'a pas l'air d'émouvoir les tenants de la parodie grimaçante qui se joue sous nos yeux en ce moment. Les arrières pensées politiques des leaders d'opinion de la gauche savent très bien que l'anéantissement de la cellule familiale figure en première place dans la propagande des socialo-communistes de toujours afin d'extirper les enfants de l'influence soit disant bourgeoise et délétère des parents incapables de veiller et d'éduquer leur progéniture. L'état SEUL peut y remédier de par sa normalisation normale, pour en faire de parfaits représentants des lendemains qui chantent. L'indécence de cette posture pour plaire à une minorité qui de par ses braillements fait croire à une majorité d'opinion favorables qui se permet de "sophistiser" le sens de la Vie sans vergogne. La partie religieuse du débat n'étant pas à éliminer mais non plus à encenser dithyrambiquement.
Bravo, merci !
Votre remarque me réconforte.
Il apparait de jours en jours que les vieux démons du marxisme-socialiste que l'on croyaient morts sont en fait restés à fleur de peau de certains qui progressivement les ressortent...
le mariage "pour tous" en est un exemple, la remarque de V. Peillon qui veut que l'école "reformate" les enfants en est un autre !!!, la chasse aux riches et aux chefs d'entreprise encore un autre. Soyons très très vigilants...
Les mêmes forces séculaires sont toujours à l'oeuvre et utilisent des aspects et des moyens comptemporains :
les vieilles gardes conservatrices d'un côté, obscurantistes avérées,
les éducateurs du peuple, voulant son bien malgré lui, forces de progrès autoproclamées...Attention !!!
Je pense que M.ATTALI n'est pas le détenteur de la vérité. Comme toute manipulation faites par l'homme et la recherche de la nature avec le discours écologique, le naturel reviendra a grand pas. Les futurs hommes déséquilibrés promis par ce grand esprit reprocheront non seulement les questions non réglées du chômage et de la dette mais également cette humanité déstructurée et reviendront aux valeurs que M.ATTALI dit finies. Encore un bobo parisien qui ne connait pas la France réelle. Paris n'est pas la France, Dieu merci.
Monsieur Attali s'est maintes fois trompé. Dans son raisonnement, plausible, il oublie que les civilisations différentes se côtoient, et nécessairement, des pressions se feront jour. Déjà, les pays qui permettaient l'adoption, ont annoncé qu'ils la refusaient aux homosexuels.
L'homme occidental n'est pas supérieur aux autres,ni à la Nature. Le rééquilibrage de notre société viendra peut être des enfants manipulés, trompés dans les 20 ans à venir?
"comment permettre à l’humanité de définir et de protéger le sanctuaire de son identité?" Voilà la question qui renvoie à qu'est ce que l'humanité de l'homme ? Quant aux artefacts le transhumanisme ou post humanisme a déjà répondu voir le site http://www.lesmutants.com/ par exemple.
Le problème est bien posé il ne reste plus qu'à s'y mettre. Et si la triangulation père mère enfants était justement une de ces signatures de l'humanité? La signature n'est pas l'humanité mais on ne peut en faire fi sans comprendre sa signification symbolique. Alors pour contribuer à la question voici le texte d'une conférence sur ce sujet. http://journal.coherences.com/article178.html
Mr Attali comme souvent élève le débat, toutefois il est surprenant qu'il ne cite pas le courant de pensée qui réfléchit à la question qu'il soulève depuis de nombreuses années: Le Transhumanisme.
@cdubet1: Vu votre logique vous êtes donc contre l'adoption puisque c'est artificiel ? Et bien entendu contre la procréation assistée parce que c'est artificiel ? Plus généralement vous êtes donc opposé à toute la science médicale de la reproduction ou d'aide à la survie des prématurés parceque c'est artificiel ?
Et si au lieu de vous réfugier derrière cet argument complètement irrationnel ("les hommes ne doivent pas avoir d'enfant parce que c'est artificiel") vous vous interrogiez sur les tabous qui ont été forcé dans votre crane par votre milieu familial et religieux ? Faites preuve d'un peu plus d'ouverture d'esprit et surtout de raison.
Comme le signale justement Mr Attali, la structure familiale traditionnelle n'est qu'un artefact culturel transitoire dans la longue histoire de l'humanité. Si vous voulez vous marier devant le curé libre à vous, mais n'imposez pas aux autres votre vision étroite de ce que devrait être la famille.
Vous mettez sur le meme plan des choses completement differentes. L adoption est un acte purement juridique. creer un enfant via des eprouvettes est completement different, c est pas du papier mais de la biologie. et comme l explique l article d Attali ca ouvre une boite a pandore type bienvenu a gattaca ou le meilleur des mondes
De meme je vois aucun rapport entre avoir un enfant via une mere porteuse pour 2 gays et la survie de prematures. Dans le second cas, la science sert a sauver une vie pas dans le premier
Sinon c est assez penible d etre systematiquement accuse d etre conditionne par l eglise si on trouve anormal que les couples homosexuels puisse avoir des enfants "les tabous qui ont été forcé dans votre crane par votre milieu familial et religieux ?". Sachez que ce n est pas mon cas, et que je ne suis pas issu d une famille de grenouille de benitier et j en suis pas un moi meme (je suis athe)
Très bonne analyse, mais moi j'ai peur de ce monde d'égalité des sexes, avec des déviations qui pourraient même déboucher à cette allure sur des mariages zoophiles et pourquoi pas, dans la mesure ou on défend le mariage pour tout...
Sans oublier ce recours inévitablement au clonage pour avoir des enfants et toutes ses conséquences sur le côté éthique..
Dans ce domaine, très délicat nous sommes pas entrain de mettre la charrue avant les bœufs et que notre aveuglement nous mènera au désastre de la race humaine...
Mais pourquoi parler du mariage zoophile bon dieu... vous l'imaginez vraiment sérieusement là ? C'est pas le mariage pour "tout" c'est le mariage pour tous, humains, qui s'aiment à priori.. une chèvre ne peut pas ressentir de l'amour pour une homme, et même si c'était le cas, elle ne serait pas capable de l'exprimer par des mots et des signer des papiers... Vraiment n'importe quoi.
@Gonzale : Excusez-moi je crois qu'il voulait parler d'incèste consenti entre adulte... votre votre raisonnement marche-t-il toujours ?
Alors que certains tentent de réduire les différences hommes/femmes, d'autres essayent de les creuser. Ainsi, les discours égalitaires se heurtent aux discours anti-féminisation. Pour autant, et par définition, rien n'est jamais figé en matière d'évolution. Bien malin celui saurait prédire l'avenir à long terme du dimorphisme sexuel au sein de notre espèce...
Pour aller plus loin, je vous recommande cette vidéo avec Robert Sapolsky, professeur de l'université de Stanford en Californie : http://www.youtube.com/watch?v=qihp919sv9g
Changer l'Homme est, au fil de l'Histoire, une perte.
Les exemples ne manquent pas dans le passé.
Pour l'avenir, l'homme avec un plus gros cerveau ne risque-t-il pas la surdité ?
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/01/24/allons-nous-devenir-debiles_1822291_1650684.html
Réponce faite hier : Mince.. . Pourtant ça semble évident.. . Les meilleurs ne sont pas ceux qui réussissent le mieux de nos jours.. . Depuis les sociétés tribales nos valeurs ont bien changées, notre alimentation, nos activités.. . On as surtout le confort en plus, mais les valeurs, l alimentation et les activités physiques se sont dégrades.. . L incidence de cancers de plus en plus fréquents de plus en plus tôt limite aussi l approche purement clinique du problème.. .
L'Egalité n'est pas une catégorie philosophique ; la Liberté, oui !
Pourquoi donc bâtir des raisonnements sur l'égalité qui serait l'alpha et l'omega... On se fourvoie. La construction intellectuelle que fait JA - en prenant le risque d'une prévison à très long terme - serait plus solide si elle s'ppuyait sur la Liberté.
Il y a une égalité de nature, rousseauiste, qui fait qu'un être humain est un être humain (homme & femme) indépendamment de ses qualités physiques, intellectuelles et morale.
Mais il y a autre chose qui la transcende, c'est la Liberté. On peut dire qu'il n'y a pas de Liberté sans égalité telle que définie par Rousseau, mais c'est se tromper que de mettre l'égalité à la place de la liberté. Il n'y a de vrai revendication que fondée sur la Liberté !
"Comment faire de l’amour et de l’altruisme le vrai moteur de l’Histoire ?" C'est vrai que les manifs anti mariage gay sont pleines d'amour et d'altruisme.
"les hommes et les femmes restent différents". C'est vrai que vous ne ressemblez pas beaucoup à une femme, monsieur Attali, mais vous ne ressemblez pas non plus beaucoup à un autre homme. Parlons en terme d'adjectifs relatifs à la nature humaine : doux, caractériel, violent, drole, arriviste, manipulateur, s'appliquent aux femmes et aux hommes. Chacun se construit avec des modèles masculins et féminins et oui, nous sommes des mélanges qui vont au delà de nos organes reproducteurs.
Quant aux sujets que vous traitez, l'individualisme est un vieux thème, on ne pourra jamais faire sans, certaines personnes étant égoistes et solitaires, d'autres altruistes et aimant vivre en communauté. Même au sein d'une même fratrie on peut avoir les deux types de personnalités, donc ça n'a rien à voir avec ce qu'on inculque aux enfants. Ils se font leur propres idées de la vie et piochent là où ils veulent. L'humanité a s'est toujours construite en fonction de toutes ses différences et non, l'histoire n'est pas linéaire. Ca ne sert à rien de prévoir l'avenir, à part de vous faire passer pour un vieil homme qui a peur de quelque chose qu'il ne connaitra jamais.
La nature n'est pas égalitaire...la pulsion sexuel ne peut etre pour l'etre humain un critére d'identité,encore moins désigné par le terme amour.L'humain s'est toujours nourri de valeurs et d'idéal ",le mariage pour tous"n'est pas un choix qui éléve l'humanité.D'autant plus que nous n'avons jamais tenté par l'éducation de définir ce que nous sommes vraiment en tant qu'homme ou en tant que femme...Ni essayer de palier par l'éducation à la discordance apparente qui conduit à la mésentente entre les sexes.Une telle loi ferait outrage à la destinée humaine,il y aucune prise de conscience de ce que l'homme est le chainon d'une possibilité dépassant la nature...Nous ne pouvons pas répéter indéfiniment ces améliorations de la vie animale,la conscience de vie nous obligera tot ou tard à prendre en considérations le dépassement de l'etre mentale et de l'amener a terme ...tout comme d'un mentale instinctif a emmergé le mental pensant et l'intellect humain.Pour vous cela se fera par manipulation?...ET l'AMOUR le dedans?
Le texte de jacques Attali constitue une base de réflexion intéressante, mais pour la France seulement. Beaucoup de peuples ne sont pas obsessionnellement égalitaristes comme nous. Il faudra aussi nous indiquer comment cela sera compatible avec le communautarisme que cette gauche porte également.
"les Eglises devraient plutôt se préoccuper de réfléchir, avec les laïcs" En effet les Eglises n'ont jamais été laïcs, elles se disent laïc parce qu'elles n'ont pas le choix. Comme le dit M. Colombani "La réalité est que nous assistons, en France, à une tentative de reconquête par l’Eglise catholique de son pouvoir séculier." M. Attali fait un vœu pieux que je souhaite de tout mon cœur, mais il faut bien se résoudre à ce que cela ne reste qu'un vœu pieux ou qui ne se déroulera pas de mon vivant. Mais il est toujours bon d’espérer http://www.slate.fr/story/63067/vatican-II-vatican-III Fin de la démonstration.
Si nous utilisons des matrices artificielles pour nous affranchir totalement de la contrainte de la taille du vagin sur la taille de la tête du nourrisson, nous nous exposons à rendre à terme toute naissance naturelle probablement mortelle pour la mère.
Ca me rappelle ces chiens dégénérés qui ont le même problème. On est obligé de leur faire une césarienne systématique...
Sauf que les mutations génétiques sont aléatoires ; ce n'est pas parce que le vagin ne contraindra plus le nourrisson que se mettra brusquement à enfler. Rien n'empêcherait non plus de limiter volontairement la taille des "matrices" pour éviter des problèmes futurs lors de naissances naturelles.
De plus, avec les césariennes et les progrès actuels, certaines naissances qui auraient dues être mortelles se font sans problème : ce qui n'est pas différent de ce qui se passerait avec une "matrice". C'est un peu comme si nous y étions déjà.
Monsieur Attali,
Vous nous demandez de nous coucher pour la seule raison que l'Histoire n'aurait qu'un sens, et même une Fin irrésistible.
Vous nous demandez de renoncer à décrier ce que la bonne pensée commune veut nous imposer, sous prétexte que le modèle actuel est contingent.
Vous nous demandez en somme de nous taire, de n'alerter personne sur les dérives à venir, puisque de toute façon, d'autres l'ont fait.
Je ne sais même pas quoi ajouter tant c'est regrettable...
Quand on affirme que le mariage pour tous est une évolution sans importance pour après nous mettre en gage sur le clonage, c'est à tout le moins paradoxal.
Cette évolution tant saluée par les uns, rejetée par les autres, ne concernent qu'une moitié de l'Humanité, celle qui a grandi dans un certain confort, celle de l'enfant roi, celle qui aujourd'hui connaît les plus grandes crises : financières, économiques, religieuses, sentimentales.
Certes, on peut se croire plus fort que la Nature parce que la science, ici la médecine pallie à certains manques, certaines déficiences. Or on voit aujourd'hui que cette médecine s'enrichit au détriment de vrais soins, est chère, ne respecte plus certains points de la charte du malade. Pour autant, notre civilisation, la Nature supporteront le fait qu'un enfant sera conçu artificiellement au nom du droit à l'enfant, sera choisi en fonction de certains critères, ceux-là même qui ont voilà 70 ans étaient à la base du nazisme?
Nous sommes parce que nous appartenons à un tout. En nous, uniques est contenu le tout. Croire que l'on peut seul s'inventer une vie à part, est illusoire.
Aujourd'hui notre société se croit protéger de tout. N'est-ce pas une illusion de croire que tout est permanent, que rien ne viendra troubler le petit confort quotidien qui nous fait oublier la fragilité de la vie humaine?
Qui peut affirmer que demain, quelque part, un pays, un homme, une femme, un courant politique ne mettront pas un terme à cette folie occidentale?
Pas loin de nous, des hommes tourmentent des peuples au nom d'une religion. Ne seront-ils pas ceux qui rééquilibrerons les élucubrations d'une société trop gâtée et bien trop individualiste pour trouver normal, une anecdote sans importance le mariage de deux personnes de même sexe et les conséquences que sont la PMA et la GPA?