La France se chauffe au soleil allemand
Une consommation d'électricité qui plafonne, des exportations en baisse et des importations désormais constantes venues d'outre-Rhin: en France aussi, la transition énergétique a commencé.
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2012 était, en matière électrique, une année de transition, écrit RTE, le réseau de transport d'électricité dans son bilan électrique annuel [PDF].
Une année DE transition ou une année VERS la transition énergétique, celle-là même que tous les décideurs politiques jugent indispensables pour contrer le réchauffement climatique? Telle est bien la question. Car dans l'Hexagone, les changements restent pour l'instant timides. Et, pas franchement volontaristes.
Certes, la consommation plafonne. C'est, en soit, un événement, tant la courbe de consommation d'électricité a, au court des décennies passées, suivi un mouvement constamment ascendant.
Une consommation qui plafonne... pour de mauvaises raisons
Mais cette bonne nouvelle est à prendre avec des pincettes. Tout d'abord, elle n'est acquise que si l'on corrige les chiffres des conditions climatiques, plus difficiles en 2012 qu'en 2011. Mais surtout elle reflète avant tout un autre aléa, celui de la conjoncture économique. Car si le nombre de kwh cesse de progresser, c'est bien à cause d'un tissu économique où l'industrie réduit sa production, et donc ses consommations: -4% pour la grande industrie, -1% pour les PME-PMI. Pas de quoi se réjouir donc.
Les ménages et les professionnels eux, n'ont absolument pas économisé les kwh: leur consommation continue de progresser allègrement, à un rythme de +2,4% par an. Résultat d'un triple phénomène: l'augmentation du nombre de logements, ce qui augmente automatiquement la consommation par tête; la forte croissance des usages liés aux TIC (télévisions, ordinateurs, téléphones, etc.) et enfin la progression continue du chauffage électrique dans les logements jusqu'en 2008, année où il équipait plus de 70% des nouvelles constructions.
Le chauffage électrique, c'est bien la bête noire de RTE (filiale d'EDF), même si, bien entendu, son bilan officiel ne le dit qu'à demi-mots. Sa prédominance rend le système électrique français extrêmement sensible aux variations de températures, et donc très difficile à gérer.
L'électricité ne se stocke pas, et c'est le problème
Entre le 5 août 2012 et le 8 février 2012, la consommation a plus que triplé, passant d'environ 30 MW à plus de 100. Pour gérer ces tirages hivernaux extrêmes, il faut de très importantes capacités de production, soit en France, soit à l'étranger via les importations. Des capacités de surcroît flexibles, puisque l'électricité ne se stocke pas et qu'il faut pouvoir les faire démarrer –et stopper, rapidement. Pour cela, le nucléaire, qui contribue à 74% à la consommation, ne suffit pas puisque lui est surtout efficace «en base», autrement dit, lorsqu'il fonctionne en continu.
Le chauffage électrique suppose donc de disposer d'importantes capacités hydrauliques et/ou thermiques (fioul, charbon, ou gaz) qui répondent à ces impératifs.
Résultat: en 2012, les émissions de CO2 françaises ont été supérieures à 2011, parce que les centrales à charbon ont été plus sollicitées. Et c'est sans compter les émissions de CO2 venant du courant importé lors de ces pointes de consommation, et bien souvent, lui aussi, produit à partir de centrales à gaz ou à charbon.
RTE commence cependant à souffler: depuis 3 ans, la part du chauffage électrique dans les nouveaux logements commence à fléchir (un peu plus de 40% en 2011) et la nouvelle réglementation thermique devrait accentuer ce mouvement.
Côté renouvelables, oui, la transition a bien commencé. Elles contribuent désormais pour plus de 16% à la production d'électricité dont 4,6% pour l'éolien et le solaire en bonne progression. Mais cette transition pourrait bien faire long feu, note RTE: certes, les capacités en «file attente» de raccordement au réseau sont encore importantes, mais les projets, eux, sont en très forte diminution. Procédures toujours délicates pour l'éolien, prix de rachat en baisse pour le solaire, l'heure n'est plus à l'euphorie...
Des importations venues d'Allemagne
Mais la véritable «transition» est ailleurs: elle se trouve dans le commerce extérieur électrique de la France. Certes, «a France, avec 44,2 TWh de ventes nettes à l'étranger, est le pays le plus exportateur de l'Ouest de l'Europe», s'empresse de rappeler RTE.
Mais ce solde exportateur est en diminution tendancielle ces dix dernières années. Et surtout, nous sommes désormais totalement «accros» au courant allemand. Notre solde a été «majoritairement importateur» (de 8,7 TWh) sur l'année, du jamais vu. Et ce douze mois sur douze, et malgré la baisse de 30,5 TWh de la production nucléaire outre-Rhin!
Car le courant allemand est, par moment, extrêmement compétitif: le charbon, bien plus utilisé qu'en France, a vu ses prix baisser tandis que ceux du gaz augmentaient. Et la production éolienne et surtout solaire a explosé (cette dernière est passée de 11,7TWh à 27,8 TWh entre 2010 et 2012, contre 4 en France): étant intermittentes, impossibles à stocker, elles sont donc exportées à bas prix à l'étranger. C'est ainsi que le soleil allemand arrive à passer les frontières.
Catherine Bernard
Mis à jour le 31/01/2013 à 17h49
















































Mais apparemment, l'électricité, elle, brille plus fort pour les Allemands !
Il aurait été intéressant que madame Bernard nous explique - alors qu'on nous toujours dit que le tarif de notre électricité était parmi les plus avantageux en Europe, grâce au nucléaire - pourquoi les industriels allemands paient leur électricité 25% moins cher que les nôtres ?
Je pense qu'il y a erreur. Une étude de Bruxelles a montré que le KWh industriel français était vendu 0.075€ alors que les industriels allemands le payent 0.15
Ayant approché SLC à ce sujet, il m'a été répondu que les prix allemands sont trafiqués (trust de producteurs) bien au dessus des coûts et même de l'impact notable des sur-coûts actuel des EnR. Ca finira bien par exploser un jour.
A 0.28€ le KWh domestique contre 0.14€ le notre, montre bien l'ampleur de la magouille des producteurs teutons.
@ duperray
S'il y a une erreur je vous demande de m'en excuser.
J'ai trouvé ce renseignement en première page du Figaro-économie d'hier.
L'article précisait : "...selon le chiffre de l'Uniden, lorsqu'une usine française paie 46,90 euros le mégawattheure, une allemande paie entre 21% et 25% moins cher."
L'Uniden a sollicité madame Delphine Batho, ministre de l'écologie sur le sujet qui doit être débattu aujourd'hui au cours d'un colloque sur l'énergie.
Cordialement.
Ce mot vous dit il quelque chose ?
Une partie de la réponse est peut être par là...
-> permettre au consommateur d'isoler moins lourd, moins gros et pas trop cher...avec une nouvelle gamme de produit qui peut prendre le marché!
-> permettre au consommateur d'acheter des outils qui "ferment" le robinet electrique dans la maison...avec une gamme de produits qui remplaceront le made in china cher...
et réduire la TVA sur ces produits :o)
what else ?
On apprécie vos analyses. Mais je crois que les chiffres vous ont induit en erreur: Yes, nous achetons 3GW en quasi permanence depuis l'Allemagne ces mois-ci. Mais le solde export-import journalier est toujours positif, même si quelques heures il est parfois négatif.
Alors allons plus loin dans les chiffres: N'avez-vous pas remarqué depuis des années que la Suisse est notre plus gros acheteur, important annuellement une quantité égale à 50% de sa propre consommation, alors que ce pays est largement équipé de centrales hydrauliques et est self-suffisant? Achetant 25TWh (30 à 40% de nos exports globaux) et ne nous en retournant que 7, Quid de la différence, 18TWh qu'ils stockent dans leur nombreux barages et fermant ces derniers quand la France livre?
Elle part un peu en Italie et le reste va... en Allemagne! Pourquoi?
Parce que les allemands ayant d'énormes capacités EnR fluctuantes ne peuvent les absorber chez eux en stoppant les autres centrales et n'ayant pas assez d'hydraulique régulateur, ils sont obligés d'en vendre la plus grande partie aux voisins qui ne sont pas toujours enchantés (voir les prix de vente NEGATIFS parfois).
Donc une analyse encore plus poussée pourraît montrer que l'Allemagne achète probablement 13-14TWh de courant français stocké en Suisse et leur solde apparent de 9 doit être en fait défalqué de ceux-ci, soit un solde réel français exportateur annuel.
Je vous parie (si vous pouvez contacter RTE, merci) que la France a dit aux allemands "ok pour absorber votre excès de courant photovoltaïque par ex, mais pas pour avaler vos giclées de puissance suivies d'un calme plat: débrouillez-vous pour nous fournir en permanence les 3GW que permet en saturation la liaison Allemagne=>France et ainsi on vous aide.
Mystère expliqué.
Le fait que de par les lois (en fait anti-économiques) obligeant les réseaux à accepter l'énergie EnR, conduit arithmétiquement à baisser les productions des autres sources. Cette grave perturbation non-économique de réseaux conduit progressivement les producteurs à se retirer certaines unités "modernes" comme Vatenfall avec sa centrale au gaz CCG qu'il ferme en Allemagne "parce qu'elle n'est plus assez sollicitée à cause des éoliennes nordiques".
Les effets pervers de ces lois vont se révéler progressivement et vont chambouler les réseaux vers du courant bien plus cher (4 fois le prix actuel pour 2025) et une grande instabilité donc de grosses pannes, malgré les inventions sensationnelles pour les éviter.
Amitiés
Les effets pervers sont déjà en train de se manifester: Contrairement à la France qui comme vous le conjecturez a su négocier avec l'Allemangne un approvisionnement stable, de nombreux pays de l'Est menacent carrément de couper leur interconnexion à cause des soudains afflux d'énergie "renouvelable" qui proviennent d'Allemagne et obligent leur unités de production à des arrêts brutal que même la facturation à perte du courant "vert" Allemand ne compense pas.
Un article intéressant de Bloomberg à ce sujet:
http://www.bloomberg.com/news/2012-10-25/windmills-overload-east-europe-s-grid-risking-blackout-energy.html
1/ Pour les extréma de consommation, on compte en GW (puissance instantanée) et non TWh (énergie). Le minimum est de 30GW, le max de 2012 au delà des 100GW. 100TWh, ça représente presque 20% de la consommation annuelle, soit 2 mois et demi!
2/ La hausse des émissions n'est que très partiellement due à la pointe de 100GW - qui comme son nom l'indique est exceptionnelle au cours de l'année - mais par la chute des cours du charbon et des permis d'émission de CO2. Même si le système français est parmi les plus décarbonnés au monde, passer une semaine à plus de 90GW ne fait pas énormément varier le décompte. Le succès du charbon, si.
3/ Pour ce qui est du chauffage électrique, il s'avère que la puissance nucléaire délivrée au réseau augmente de façon conséquente en hiver. En février dernier, il y avait ~60GW de nucléaire, contre 40GW en gros en été. C'est tous les ans comme ça. Le problème du chauffage électrique n'est pas spécialement un problème d'arrêt/démarrage, mais un problème de disponibilité des centrales: une vague de froid dure en gros 1 semaine ou plus, ce n'est pas limité à un jour ou quelques heures. Mais qui construirait une centrale pour la faire fonctionner 1 semaine une fois tous les 10 ans?
4/ Pour ce qui est de la "transition énergétique" des renouvelables, on voit bien que l'essentiel est toujours de l'hydro. Or les barrages ne sont pas franchement nouveaux en France. Enfin pour le solaire, l'Allemagne a installé + de 30GW de panneaux, qui couvrent 5% de sa production. Il arrêteront les subventions à 52GW, où le risque de saturation du réseau devient nettement plus clair. Ce qui veut dire qu'il couvriront 8-9% de leur production comme ça. Largement insuffisant pour décarboner substantiellement la production électrique!
Autant pour moi, c'est effectivement 30 MW et 100 MW et non TWh. Désolée de cette erreur d'inattention, corrigée désormais dans le texte, l'ordre de grandeur entre les pics et les périodes de creux reste en revanche le même et c'était bien l'objet de cette phrase.
Pour le reste, et notamment les émissions de CO2 lors des jours de pointe, je vous invite à lire le rapport de RTE. Il dit notamment : "En raison de l’importante vague de froid de février et d’une plus grande utilisation du charbon en 2012 par rapport à 2011, une plus forte émission de CO2 a été enregistrée sur l’année. (...) Sur les cinq dernières années, ces émissions de CO2 sont quatre fois plus importantes en hiver qu’en été en raison de l’utilisation des centrales thermiques à combustible fossile en hiver pour faire face à des niveaux de consommation plus importants".
Certes le bas prix du charbon l'an dernier a favorisé le charbon par rapport au gaz, mais il est clair que les pics de consommation hivernaux, notamment imputables -40% de la consommation ces jours là, estime RTE- au chauffage électrique contribuent aux émissions de CO2. ET ce, même si la production nucléaire est plus importante en hiver qu'en été.
D'autant qu'on ne connait pas a teneur en CO2 des importations réalisées lors des périodes de pointe. Parfois, nous importons par gros froid du "vent" allemand, parfois du charbon allemand. Entre autres;
" Le problème du chauffage électrique n'est pas spécialement un problème d'arrêt/démarrage, mais un problème de disponibilité des centrales "
Et vous oubliez la capacité des lignes THT!
Avec un gisement plus important, l'AUTONOMIE ENERGETIQUE de l'Espace Europeen Montpellier donc à l'échelle d'une ville comme Montpellier peut être assuré avec McPhy Energy: C'est une société innovante française implantée dans la Drome et en Isère. Elle a pour mission d'industrialiser et de commercialiser une technologie innovante de stockage de l'hydrogène, sous forme d'hydrures de magnésium. Offrant des avantages uniques comparés aux autres solutions de stockage de l'hydrogène, celle-ci s’adresse au marché de l'hydrogène industriel et des énergies renouvelables.
McPhy & PIEL qui apporte son savoir-faire dans les générateurs d’Hydrogène, A PARTIR D'EAU, connectés directement sur le réseau électrique ou sur les énergies renouvelables. PIEL compte aujourd’hui plus de 3000 installations en service chez plus de 1000 clients actifs à travers le monde.
On ne peut dès lors prétendre que les énergies renouvelables sont "intermittentes".
PLUS QUE JAMAIS, NOUS N’AVONS PLUS LE CHOIX D’UN DEVELOPPEMENT NON DURABLE.
Déplacer le « centre d’intérêt » des énergies fossiles vers une économie durable, aura pour résultat de limiter les conséquences environnementales et sociétales des énergies fossiles qui atteindront rapidement leurs limites.
L'ESPACE EUROPEEN MONTPELLIER démontre que ce modèle durable n'a besoin que d'une décision politique pour exister et être reproduit pour servir la nation.
Et après les quantités il faut regarder les prix....on peut en acheter quand ils la bradent pardi! est ce que ça ne veut pas dire justement que les enr sont impredictibles, les danois vendaient aussi beaucoup d'lectricité eoliennes aux suedois ou norvégiens...mais ça coutait très cher aux danois...
ET imaginons pire .;tout le monde fait du solaire ou de l’éolien..alors tout le monde aura de l’électricité à vendre au même moment...aie...
Je maintiens ce que j'ai dit sur les émissions de CO2.
Le paragraphe que vous citez ne donne que les facteurs d'augmentation, alors qu'il existe des facteurs de diminution, il suffit de regarder le tableau qui est situé sur la même page (p21) pour s'en rendre compte.
Décomposons l'argumentation du texte:
* l'effet d'une semaine froide (ou d'un hiver froid en moyenne) est d'augmenter la production fossile. Si cet effet était important, on devrait noter à tout le moins une augmentation de la production fossile sur l'année. Or le tableau indique une *baisse* de 7%. Il y a donc une compensation sur l'année: les mois d'hiver de 2012 n'ont pas été si froids en moyenne, la production hydraulique a augmenté par rapport à 2012, de même que celle des autres EnR. Bilan: la production thermique fossile a baissé et la hausse des émissions ne peut donc être imputée à une hausse de la production fossile, fût-ce pendant une semaine.
* Par contre on voit que, dans cette baisse globale, le charbon augmente en valeur absolue. C'est l'effet de substitution du charbon au gaz qu'on voit là. Cet effet est dominant: le charbon, avec 3% de la production, est la cause de plus de la moitié des émissions; la production à base de charbon a augmenté d'un tiers!
chez jonov un petite carte
http://joannenova.com.au/2013/02/who-actually-took-notice-of-the-kyoto-protocol-coal-fired-plants-going-up-everywhere/#more-26714
l'allemagne va construire des centrales charbon...évidemment.