La piscine n'aura pas ma peau

Si l’exercice que permet la natation est excellent pour la santé, on peut y attraper de nombreuses affections de la peau. Des conseils simples réduisent cependant les risques.

Des nageurs profitent de l'Aquatic Centre avent les JO de Londres 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch

- Des nageurs profitent de l'Aquatic Centre avent les JO de Londres 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch -

Quel nageur n’a jamais pesté après avoir ramené une verrue de la piscine?

De tels désagréments sont courants, et sans doute inévitables. Ils sont heureusement en général sans gravité. Le tour de la question avec le Dr Laurence Toutous Trellu des Hôpitaux universitaires de Genève.

Bestiaire

Trois catégories d’ennemis ciblent la peau à la piscine, explique la dermatologue: des bactéries, des virus et des champignons. La première est très surveillée dans les piscines publiques, par le biais de tests bactériens réguliers qu’impose la législation. Le risque est donc faible. Si l’on devait toutefois être victime d’une bactérie, ce serait une infection superficielle telle que la folliculite (infection d'une racine de poil).

Dans les virus, les deux plus courants sont le Papilloma virus humain (HPV) et le Molluscum contagiosum. Le premier est bien connu et responsable des verrues. Leur surface est rugueuse, parfois en relief, elles peuvent aussi être douloureuses à l’appui. Le traitement est essentiellement mécanique, on ramollira la verrue avec un produit kératolytique (qui dissout la corne) disponible en pharmacie puis on la poncera ou limera (avec une pierre ponce ou une lime à usage unique). Ce procédé est long mais efficace. Des traitements locaux par le froid, la brûlure chimique ou le curetage chirurgical seront proposés par un dermatologue si la verrue est gênante.

Persévérer

Molluscum contagiosum cause, lui, de petites surélévations de la peau de 2 à 3 millimètres de diamètre, semblable à de petites perles. Il conviendra d'hydrater la peau et d'éviter la surinfection en évitant la macération du fait de vêtements trop serrés ou de bains (prendre donc plutôt des douches). Le virus est observé essentiellement chez les enfants. Même s'il disparaît seul en 18 mois dans la majorité des cas, l'avis d’un dermatologue est utile.

Enfin, champignons et levures causent en règle générale le «pied d’athlète», une infection entre les orteils (intertrigo), généralement les plus petits, qui peut aussi atteindre la peau et les ongles. La peau est enflammée, elle peut rougir, blanchir et pèle souvent; il arrive qu’elle sente mauvais.

Le médecin prescrira des traitements locaux avec une pommade anti-champignons. A nouveau, il faut faire preuve de patience dans le traitement: la durée des traitements spécifiques est de plusieurs semaines (au moins 6 semaines) et de plusieurs mois si le champignon s’étend à l’ongle.

A chacun ses affaires

Des gestes simples peuvent cependant minimiser le risque. Ne pas partager sa serviette, se sécher soigneusement entre les orteils (aussi chez soi), bien faire sécher les serviettes et les sacs de sport. Il peut être utile de porter à la piscine une paire de tongs propres, qu’on n’utilisera que dans ce lieu. A la maison, ne partager ni lime à ongles, ni pierre ponce. Enfin, si l’on traite une des affections citées plus haut, il est souhaitable de ne pas se rendre à la piscine avant la disparition de l’intertrigo au risque de récidive immédiate, résume le Dr Toutous-Trellu.

Benoît Perrier

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L'AUTEUR
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Publié le 03/02/2013
Mis à jour le 03/02/2013 à 9h12
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