Pop: Lady Gaga est-elle vraiment futée?
La plus prétentieuse des starlettes de la pop.
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Gaga est une sorte d'anomalie: une pop-starlette prétentieuse. A l'entendre, elle n'est pas une artiste anonyme de plus, une spécialiste de la musique de drague (ce que certains pourraient penser en écoutant ses tubes technos robotiques et décadents), mais une manipulatrice des médias accomplie, qui mène un projet pop'art élaboré, à la Warhol. Elle saupoudre ses interviews de références : l'aphorisme Warholien du «profondément superficiel», David Bowie, Leigh Bowery, «Le Portier de nuit»... Ses tenues étranges et architecturales sont sensées rendre hommage aux designs avant-garde de Thierry Mugler et de Hussein Chalayan. Et, comme Warhol avec sa «Factory», elle dispose d'une équipe de collaborateurs, qu'elle surnomme «the Haus of Gaga». Rien de tout cela n'apparait vraiment dans ses chansons; mais c'est peut-être justement l'idée. Sa prétention (le name-dropping effréné, les vidéos conceptuelles, les accoutrements extravagants) est comme une aura entourant sa musique, qui nous pousse à analyser ses chansons sous un jour différent, un jour plus radieux.
De façon assez ironique, la première influence artistique de Gaga n'avait absolument rien de prétentieux. Quand Gaga n'était encore que Stefani Joanne Angelina Germanotta, une jeune fille de 23 ans vivant dans l'Upper West Side, à New York, elle n'avait qu'une obsession: Britney Spears. Elle chantait du Britney Spears sur un karaoke dans sa chambre, et partait souvent en pèlerinage dans la rue des studios TRL, a-t-elle confié, «juste pour voir les ongles de Britney à travers la fenêtre». Mais elle ne l'a pas désavouée en grandissant et en découvrant de meilleurs artistes à aduler. L'amour que vouait Gaga à Britney Spears était en partie anthropologique elle dit avoir adoré Britney non seulement pour sa musique, mais aussi pour la dévotion hystérique qu'elle inspirait aux jeunes de son âge. C'est un détail crucial pour comprendre la mission de Gaga. Elle veut redonner à la pop star sa magie et son mystère: quoi de plus raisonnable lorsqu'on a vu sa première idole se faire brûler les ailes de si brutale manière.
La bibliographie haut-de-gamme et la théâtralité très « art performance » de Gaga jouent un rôle clé dans la création de cette fameuse «aura». Il faut lui reconnaitre un mérite, cependant : elle n'a jamais snobé cette culture de la célébrité totalement dévoyée, celle-là même qui a cabossé sa préférée, Britney, starlette formatée par Disney devenue tête de turc des médias. Au contraire : Gaga plonge dans la boue et se bagarre avec. Voyez avec quelle intelligence elle se joue de l'héritage douloureux des pop-star adolescentes des années 90. Exemple : Britney Spears était une blonde platine virginale des plus classiques à ses débuts ; la perte de sa pureté fut rendue publique au fil de sa carrière. Gaga, elle, n'a jamais été pure: «Just Dance», son premier titre, parle d'une soirée en boite trop alcoolisée, et d'un t-shirt qu'on retourne sans s'en rendre compte. Ainsi, elle a décrit sa déchéance publique dans son tout premier single, tout en préservant adroitement sa vie privée : une frappe préventive et provocante. Dans «Poker Face», où elle célèbre les jeux d'esprit et les rapports de force dans la chambre à coucher, et dans «Paparazzi», où elle compare l'amour au harcèlement des chasseurs d'images, Gaga se donne le rôle d'une jeune fille manipulant sans l'ombre d'un problème les éphémères et superficiels signifiants de la féminité à l'ère de la presse tabloïd.
Ce contrôle se ressent de manière évidente dans la façon qu'a Gaga d'explorer et d'exposer la sexualité. Chaque starlette à moitié nue dit que sa lingerie en cuir verni lui donne « plus de pouvoir », ou prétend que ses chansons racoleuses, véritables odes à la soumission sexuelle, sont en fait les preuves de sa force. Gaga joue dans la même catégorie, mais il y a en elle quelque chose de neuf. Dans les interviews, elle dit vouloir mourir sans mari, entourée d'accessoires de scène ; elle dit vouloir effrayer les garçons, pas les exciter. Elle porte des robes étriquées, mais dont les formes émoussent, distordent et affutent les courbes de son corps : le sabotage du genre, ce qu'elle admirait chez Bowie et Grace Jones, en version 2009. Sur la couverture du nouveau Rolling Stone, Gaga pose nue sous une touffe de cheveux crêpés; des bulles s'échappent de sa peau; le maquillage donne à ses lèvres l'apparence d'une bouche de poupée gonflable. L'image capture quelque chose d'essentiel, et nous révèle ce qu'est, au fond, Lady Gaga: un monstre exquis.
Jonah Weiner
Crédit photo: Lady Gaga Reuters
Mis à jour le 20/06/2009 à 19h24













































J'avoues je ne me suis pas encore interessé à la musique de Lady Gaga, mais d'un point de vue esthétique il me semble que l'originalité est très relative, en effet globalement cela ressemble plutôt à une copie des stars de la JPop, à mi-chemin entre une Koda Kumi qui aurait pris des cours de vulgarité ou une Ayumi Hamasaki qui aurait mangé trop de pudding ^^
Je pense qu'en furetant un peu dans mes archives je peux trouver toutes ses robes ou tenues de scènes déjà utilisées par d'autres chanteuses...
Par ailleurs il faut se méfier des clips ou des concerts "à grand spectacle" cela sert souvent hélas à cacher la misère, les bons artistes vous remplissent une grande salle avec deux PAR 64 et trois bouts de Gaffa ;-)
Je ne connaissais pas cette lady Gaga donc j'ai visionné son clip : une très pâle copie du style Madonna (je trouve).
Mélange de genres qui rend lourd et indigeste ce clip où elle apparaît plus comme une poupée barbie qu'autre chose.
Bref rien de palpitant et du déjà vu mille fois !
J'ai acheté son album The Fame il y a 4 jours et je ne regrette pas, car c'est un concentré de tubes. La miss est effectivement très bien entourée côté production, et pour peu qu'on aime ce genre de musique (rythmée - c'est mon cas) on n'est pas déçu(e).
On peut toujours trouver que son style copie un tel ou une telle, mais il me semble que c'est voulu car elle joue avec différents codes culturels et visuels. Par exemple son clip LoveGame, où on la voit dans le métro avec une bande de bad boys : ça m'a fait tout de suite penser à Bad de Michael Jackson, mais je qualifierais ça de clin d'oeil plutôt que de copie. Après tout, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.....
Ça peut déranger certains qu'on la qualifie de nouvelle Madonna, mais il serait temps que la relève arrive, non ? On sait en tout cas que ça ne viendra pas de Britney Spears, cette dernière n'ayant pas le quotient intellectuel requis pour être une grande artiste (il faut bien dire les choses).
Pour Gaga, reste à savoir si elle est capable d'avoir la même énergie sur scène pendant 1 h 30. Mais à moins de faire le voyage aux USA, nous autres Français risquons de devoir nous contenter du web....