Jeroen Dijsselbloem à l'Eurogroupe, un inconnu de plus à la tête d'une institution européenne
Le choix de l'ancien ministre des Finances néerlandais montre que, quatre ans après le début, les dirigeants européens n’ont toujours pas pris la mesure de l’ampleur dramatique de la crise. Et qu’ils n’osent pas envoyer à Bruxelles des personnalités de force et de talent. C’est décourageant.
- Jeroen Dijsselbloem le 11 janvier 2013. EUTERS/Michael Kooren -
Voilà la dernière affligeante initiative des Européens: le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Junker devrait être remplacé à la présidence de l’Eurogroupe par le ministre néerlandais des Finances Jeroen Dijsselbloem.
A l’exception de la tête de la BCE, avec Jean-Claude Trichet puis Mario Draghi, les Européens sont décidément champions pour nommer des politiciens médiocres ou de complets inconnus à la tête de leurs institutions.
José Manuel Barroso, Catherine Ashton, Herman Von Rumpuy: aucun n’a su se distinguer durant la plus grave crise que vient de traverser l’Europe. Et comme l’a justement fait remarquer Daniel Cohn-Bendit, Catherine Ashton, patronne des affaires internationales de l’Europe, n’a pas ouvert la bouche sur le Mali.
Certes, l’Eurogroupe est une instance sans pouvoir véritable, mais c’est la seule instance qui représente les 17 pays qui possèdent l’euro. Tous les autres organismes englobent les 27 pays européens. Jean-Claude Junker n’aura a pas été un président lumineux depuis qu’il occupe son poste. Mais au moins était-il connu. Et entre la France et l’Allemagne, le Luxembourgeois savait naviguer.
Un homme de l'ombre
Nul ne saura si Pierre Moscovici dont il fut question pour le remplacer eut été l’homme idoine.
Mais voilà un nouveau sans visage, Jeroen Dijsselbloem. Socialiste, 46 ans, considéré comme un homme de l'ombre y compris dans son parti. On dit que c’est un stratège resté hors du champ des caméras.
On le décrit comme sympathique dans le privé mais un brin guindé et du genre austère voire ennuyeux! Il était devenu ministre des finances il y a seulement 11 semaines. Sa qualité? C’est le candidat d’Angela Merkel parce que serait un médiateur d’exception.
Possible. Mais la zone euro avait besoin d’autre chose. De quelqu’un qui la représente d’abord, au FMI, devant les Chinois ou les Américains. Et au-delà de quelqu’un qui la sorte enfin véritablement de la crise.
La petite accalmie dont elle bénéficie depuis cet été ne doit pas faire illusion: rien n’est réglé! Les banques vont êtres aidées, les Etats vont mieux. Mais l’Europe est toujours le seul continent en récession et elle compte 18 millions de chômeurs. Il faudrait imposer de nouvelles mesures pour relancer la croissance et sortir de la crise.
Le choix de Jeroen Dijsselbloem montre que, quatre ans après le début, les dirigeants européens n’ont toujours pas pris la mesure de l’ampleur dramatique de la crise. Et qu’ils n’osent pas envoyer à Bruxelles des personnalités de force et de talent. C’est décourageant.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 21/01/2013 à 14h32

















































Ce choix ne fait que confirmer qu'il y a de grands conservatismes quant aux institutions européennes (et notamment de la part de la Chancellerie allemande). Nommer une personnalité forte, cela aurait été marginaliser les ministres des finances des pays membres, à commencer par ceux de la France et de l'Allemagne. Tant que l'on est dans une logique de fonctionnement inter-étatique, sous dominance du conseil (y compris la commission), choisir un conciliateur est le choix logique. Rompuy est l'exemple parfait, il a été nommé dans ce rôle et l'épouse parfaitement.
C'est la finalité du système actuel. Tant que le parlement n'aura pas plus de poids dans les nomminations clés, notamment à la tête de la commission, je ne vois pas pourquoi les choses changeraient. 'faut pas s'attendre à ce que le conseil, une institution inter-étatique par essence, fasse dans le fédéral !
Un homme si au fait de l'économie et qui sait quoi faire devrait postuler à ce poste et cela sans tarder. N'est ce pas Eric?
Les Européens - je veux dire : les peuples européens - se ficheront de la nomination de la nouvelle coqueluche de l'Eurogroupe, au moins autant qu'ils se sont fichus de la nomination de Van Rompuy ou de celle de Lady Ashton que, pour la plupart, ils ne connaissent pas.
Nous sommes en démocratie. Nos dirigeants ne reçoivent leur légitimité que du peuple.
Nos dirigeants européens ne constituent pas un peuple. Les collaborateurs qu'ils cooptent parmi eux pour occuper une fonction dans les institutions européennes n'ont aucune légitimité.
Dans ces conditions, les personnes désignées ne doivent donner aucune marque de l'autorité que confère l'élection par le peuple.
En définitive nos dirigeants européens sont plus responsables qu'on ne croit: ils ménagent l'avenir en évitant le piège de désigner à un poste de responsabilité une très forte personnalité capable d'user d'une autorité qu'il n'a justement pas.
Quel fair play!
Non seulement pas le bénéfice du doute mais de la suspicion, de la méfiance.
Tous ont voté, sauf l' Espagne qui c' est abstenue.
Alors laissons à cet homme au moins la chance de prouver ses qualités. Soyons ouverts à l' Europe et n' ayant pas peur des AAA, ils peuvent nous apprendre beaucoup, surtout s' ils viennent des pays dits " petits".
Bienvenu Mr. Dijsselbloem ( Fleur de l' Ysel, la mer intérieure fermée par le Afsluitdijk) Peut être que son nom fera fleurir sur les flots endigués des gabegies, dépenses inutiles et inefficaces, en bon ingénieur Hollandais, de solides et fructueuses structures financières et fiscales Européennes.