Pourquoi ça rame quand je veux regarder une vidéo YouTube avec Free
Illustration d'un des conflits qui opposent Free à Google: les raisons pour lesquelles un freenaute n'arrive pas à charger une vidéo YouTube le soir venu...
Installés dans les quartiers, les villes et les régions, ces équipements sont raccordés à Internet.
Cette solution qui vise à rapprocher le contenu de l'abonné est proposée par Google aux FAI qui en font la demande ou est à l'inverse directement déployée par les opérateurs dans leur réseau. C'est ce qu'on appelle un service de CDN (Content Delivery Network).
Mais ce scénario arrive rarement en France : Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom refusent d'ouvrir la porte à Google, qui souhaite aussi garder le contrôle de cette activité.
Ce raccord se fait soit directement (chacun tire son câble vers l'autre), soit dans un centre prévu à cet effet, où courent des milliers de câbles multicolores. En France, Google "peere" par exemple à Paris et à Marseille.
Sur Internet, chaque acteur possède plusieurs accords de peering et de transit pour faire circuler au mieux ses données, via le plus de chemins possibles.
Cogent, Tata, Open Transit (le transitaire d'Orange) : leur nom ne vous dit sans doute rien mais ils sont incontournables pour les opérateurs et les fournisseurs de contenu, dont ils orientent au mieux les données.
Sur Internet, chaque acteur possède plusieurs accords de peering et de transit pour faire circuler le contenu via le plus de chemins possibles.
C'est un véritable réseau, constitué notamment d'énormes datacenters à travers le monde, d'investissements dans les câbles sous-marins du Net ou bien ici encore de serveurs (voir aussi "j'ai de la chance") qui visent à rapprocher le contenu des internautes.
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«Passager clandestin», l'expression est jetée. Pour la ministre de l'Economie numérique Fleur Pellerin, qui s'exprimait dimanche 13 janvier, c'est désormais assez clair: les géants du web profitent des réseaux des opérateurs télécom pour faire leur beurre. Une situation «asymétrique» qu'il faut rééquilibrer: Google et compagnie sont priés de mettre la main au porte-monnaie pour acheminer leurs données auprès des internautes.
Alors qu'elle organise ce mardi 15 janvier une table ronde sur le sujet, la ministre semble donc avoir déjà choisi son camp dans la guerre que se livrent fournisseurs d'accès à Internet (Orange, Free, SFR, Bouygues Telecom...) et gros bonnets du web (représentés par les «Gafa»: Google, Amazon, Facebook et Apple). Une baston dans les entrailles du Net, qui s'est intensifiée en raison de l'augmentation du volume de données qui circulent sur le réseau.
L'enjeu est simple: définir qui doit payer pour entretenir la plomberie. Particulièrement quand la tuyauterie est bouchée. Et que l'internaute désespéré hurle à l'autre bout: «Ça rame!»
L'affrontement entre Free et Google en est la meilleure illustration: ils ne courent pas les rues les «Freenautes» qui ont récemment pu regarder tranquilles pépères une vidéo sur YouTube le soir venu. Sans trop savoir pourquoi ils étaient privés de Gangnam style et autres rejouissances. Où ça passe et où ça casse: Slate vous dévoile tous les dessous du Net, en une infographie.
Ça rame!
- c'est la «faute» à la box: le boîtier fourni par Orange, Free et consorts peut être défectueux et altérer la qualité de l'accès à Internet.
- c'est la «faute» au réseau de l'opérateur (zone bleue de l'infographie): entre chez soi et ce qu'on appelle le «coeur de réseau», si l'opérateur n'entretient pas ses tuyaux, il y a de grande chance que ça patine! Il arrive en effet que certains endroits, particulièrement en zone rurale, ne bénéficient pas de la dernière technologie en date (par exemple la fibre optique): dès lors, peu importent les efforts en amont de l'internaute, la vidéo risque sérieusement d'avoir du mal à charger.
- c'est la «faute» aux interconnexions (zone grise de l'infographie): c'est bien souvent là que ça coince. Enjeu d'âpres négociations, la façon dont se branchent les différents acteurs du secteur (FAI, sites...) est le point brûlant du moment. Le gendarme des télécoms français (Arcep) s'y est même collé afin d'y voir plus clair.
Il existe deux manières de s'interconnecter sur Internet: directement –on parle alors de «peering»–, ou via un intermédiaire, appelé «opérateur de transit».- Peering: c'est un drôle d'accord, rarement lié à un contrat commercial en bonne et due forme. «Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils se négocient généralement autour d’une bière entre “peering managers”», chargés par leur employeur de négocier son raccordement aux autres boîtes du Net, explique Nicolas Guillaume, blogueur sur The IT Circle et porte-parole de Cedexis, une société spécialisée dans l'amélioration du transport des contenus sur Internet. Hormis les gros poissons du secteur, qui font intervenir un arsenal juridique plus traditionnel, ces accords perdurent aujourd'hui. Et posent parfois problème. Surtout quand ça bloque.
Dans ces cas-là, l'opérateur constate par exemple que la liaison établie avec Google est saturée. Pour éviter une dégradation de la qualité de l'accès à Internet de ses abonnés, il peut alors décider de mieux dimensionner ses équipements. Les frais sont soit à sa charge, soit distribués entre les deux acteurs. Le problème, c'est qu'on ne sait pas très bien comment ça se passe. Les termes de ces accords sont très opaques, varient en fonction des acteurs et se font parfois même «à la tête du client», à en croire un spécialiste du secteur.
C'est précisément pour cette raison que ça bloque entre Free et Google: l'opérateur français veut que le géant américain paie pour se connecter à lui, quand ce dernier défend une politique de peering gratuit... qui semble pourtant être à géométrie variable: le géant pratiquerait déjà le peering payant avec Orange (aucun n'a fait de déclaration officielle). Scénario qu'il n'a pas intérêt à ébruiter s'il ne veut pas aiguiser davantage les appétits des autres opérateurs.
- Opérateurs de transit: ces traders du Net, qui vendent de la bande passante aux acteurs du Net qui souhaitent s'interconnecter, peuvent être un point de passage obligé pour une vidéo YouTube. Et comme tout rouage, il peut s'enrayer et nuire au bon écoulement des données.
Certains dénoncent par exemple le comportement de certains transitaires, qui vendent plus de capacité qu'ils n'en ont vraiment. Ce «surbooking» de réseau peut nuire au chargement de la vidéo, un peu comme un train bondé peut sucrer à jamais l'envie de voyager.
- Peering: c'est un drôle d'accord, rarement lié à un contrat commercial en bonne et due forme. «Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils se négocient généralement autour d’une bière entre “peering managers”», chargés par leur employeur de négocier son raccordement aux autres boîtes du Net, explique Nicolas Guillaume, blogueur sur The IT Circle et porte-parole de Cedexis, une société spécialisée dans l'amélioration du transport des contenus sur Internet. Hormis les gros poissons du secteur, qui font intervenir un arsenal juridique plus traditionnel, ces accords perdurent aujourd'hui. Et posent parfois problème. Surtout quand ça bloque.
- c'est la «faute» à Google: tout comme Orange, SFR ou Free, le grand manitou du web peut aussi contribuer au désespoir des internautes privés de leur vidéo YouTube. Là encore, le bon acheminement des octets dépendra de l'ampleur et de la fraîcheur des équipements déployés par Google. Et évidemment, l'appréciation change du tout au tout, que l'on se place du côté du géant ou du côté des opérateurs, qui estiment que Google n'en fait pas assez au regard de la masse de données qu'il injecte dans les tuyaux du Net.
Sans compter que ces deux clans rivaux, opérateurs et fournisseurs de contenu, commencent sérieusement à se faire concurrence, chacun tentant de grignoter le pré carré de l'autre. Autant dire que ça ne simplifie pas le débat!
Prenons le cas où «j'ai de la chance» (voir infographie) dans ma recherche et que la vidéo que je souhaite voir a déjà été visionnée pas très loin de chez moi. Si mon opérateur a fait le nécessaire, alors cette vidéo est stockée à proximité: elle ne viendra pas tout droit des États-Unis. Problème: ce service visant à fluidifier le trafic Internet est proposé à la fois par les opérateurs et Google, qui propose d'installer ses propres équipements au cœur du réseau d'un FAI. Et forcément, ça coince: les opérateurs refusent de laisser entrer le loup dans la bergerie quand Google refuse de leur abandonner du terrain. «Google veut être comme une jeune fille au pair et avoir le gîte et le couvert, c'est un peu facile!», commente un expert d'un grand opérateur.
L'affaire était complexe, elle se corse donc davantage avec l'émergence de ces frictions concurrentielles. L'enjeu des bisbilles actuelles, dont Free et Google ne sont qu'une illustration, est donc moins la revalorisation d'un accord commercial que l'importance de se positionner au mieux dans le futur paysage du Net.
Andréa Fradin
Mis à jour le 16/01/2013 à 8h31














































Google met en place pour de nombreux FAI, tant aux US qu'en Europe des serveurs cache au sein même de leurs infrastructures.
Ce service de cache (réplication générique) est aussi vendu par Illiad, qui voudrait que Google l'achète.
Google proposant des serveurs de cache optimisés pour youtube, et ce gratuitement.
Free à tout ce qu'il faut niveau infrastructure, et google peut tout à fait fournir ce qu'il manque (serveur cache) ce qu'il veulent, c'est du fric, c'est tout.
Encore des méthode de voyou (c'est les freenautes, leurs clients, qui servent de levier et qui souffre des problèmes de connexions.
Le métier de Free, c'est fournisseur d'accès.
Le métier de Google, c'est créateur de contenu.
Free donc donc fournir l'accès au contenu. Pour se financer, ils ont leur client, l'internaute.
Un chauffeur de taxi ne demande pas à se faire payer par son client ET par l'endroit où il l'amène, sous prétexte que ça monte et qu'il lui faut du carburant pour le faire.
Après, Google peut y gagner à faciliter l'accès et la rapidité, puisqu'on consommera plus leurs produits et qu'ils gagneront l'argent. Mais n'oublions pas que fournir l'accès est le métier des... fournisseurs d'accès.
Étant donné que le problème a un rapport avec le réseau, on dira "ça lag" et non pas "ça rame" (ramer concerne un problème matérielle, à titre personnel donc)
Il faut commencer à en dire, par exemple :
- si "les tuyaux" étaient nationalisés, il y aurait une économie d’investissements, une rationalisation des ressources, aucune guéguerre entre financiers, un tarif "politique" c'est-à-dire bas d'autan que l'on n'aurait pas à payer les 15% de profits ...
- si "le net" était normalisé, organisé et contrôle par une institution internationale (par exemple le CCIT) il y aurait de vrais progrès partagés par tous et amenés en fonction des besoins, sans les croches-pieds entre Apple et Microsoft, etc.
- des deux points précédents on en conclu que la jonction téléphone/TV/net serait totalement réalisée, en s'appuyant sur des normes stables et des équipements adéquats, cuivre, câble, fibre gérés ensembles pour le bien des usagés !
Il faut commencer à en dire, par exemple :
- si "les tuyaux" étaient nationalisés, il y aurait une économie d’investissements, une rationalisation des ressources, aucune guéguerre entre financiers, un tarif "politique" c'est-à-dire bas d'autan que l'on n'aurait pas à payer les 15% de profits ...
Internet est international. Donc je vois pas vraiment quoi nationaliser (et par quel pays). Ou alors on fait un internet par pays ? Et pour le coup, si en France on n'avait eu que France Telecom, on aurait encore les 512 kb/s pour 50 EUR/mois. C'est moche, mais France Telecom n'a jamais été capable de faire de l'innovation dans le monde internet. La livebox c'est du suivisme.
- si "le net" était normalisé, organisé et contrôle par une institution internationale (par exemple le CCIT) il y aurait de vrais progrès partagés par tous et amenés en fonction des besoins, sans les croches-pieds entre Apple et Microsoft, etc.
Le net EST normalisé par l'IETF. Internet c'est des normes avant tout. Et elles sont techniquement de meilleure qualité que celles du CCIT.
Internet, c'est ça : http://www.rfc-editor.org/
- des deux points précédents on en conclu que la jonction téléphone/TV/net serait totalement réalisée, en s'appuyant sur des normes stables et des équipements adéquats, cuivre, câble, fibre gérés ensembles pour le bien des usagés !
La jonction est deja là : le réseau téléphonique devient de plus en plus une application Internet. Et la TV pourrait être remplacée par Youtube, Netflix, Dailymotion et consorts.
Ce que Free (et Orange et SFR et les autres vendeurs d'accès) veut faire, ca a un nom : marge arrière.
Free veut augmenter ses revenus (pour faire face a ses investissements en fibre optique et s'enrichir). 2 solutions : faire payer l'abonnement plus cher ou faire payer Youtube, Dailymotion et autres. Il le fait en facturant une "participation au cout des infrastructures".
Carrefour veut augmenter ses revenus (pour faire face a ses couts logistiques, payer son développement international et s'enrichir). 2 solutions : augmenter le prix des produits ou faire faire payer Coca Cola, Nestlé et les producteurs de fruits et légumes. Il le fait en facturant des "frais de mise en rayon"
L'analogie n'est pas complete : Youtube n'est pas un fournisseur de Free, même si du point de vu du client final, les FAI vendent l'accès aux fournisseurs de contenu, comme les super marchés permettent à leur client l'accès aux produit de Coca Cola, Nestlé, Danone et des autres.
On peut aussi commencer par dire merci à la journaliste pour son article fait avec sérieux, ça mange pas de pain.
"Pour la ministre de l'Economie numérique Fleur Pellerin, qui s'exprimait dimanche 13 janvier, c'est désormais assez clair: les géants du web profitent des réseaux des opérateurs télécom pour faire leur beurre."
Elle a réfléchi deux minutes la ministre avant de conclure que c'est à Google de payer?
Google, c'est un hébergeur de contenus, pas un fournisseur d'accès ! Aucune raison pour qu'ils aient à payer ce que Free doit payer. Avec cette logique là, Google va tout simplement dire f*** à Free, et tant pis pour les freenautes qui auront des problèmes de connexion, l'accès à youtube demeurera dégradé. Dans une mesure extrême, la firme américaine pourrait même bloquer les utilisateurs de chez Free, les prendre à son tour en otage pour faire plier Free.
En réponse à une réaction plus bas, Carrefour fait payer à ses fournisseurs des frais de mise en rayon. Mais pas que. Ils imposent aussi un coût pour le référencement d'un produit, un coût pour la publicité,... Ils font même ce que je serais tenté d'appeler des marges latérales, notamment avec les associations caritatives. Mais ce que fait Carrefour, c'est de l'abus de position dominante, face à la concurrence entre fournisseurs.
C'est pas pour autant que les opérateurs téléphoniques doivent et pourront en faire autant.
http://www.proxfree.com/
Vous copiez votre lien Youtube
"http://www.youtube.com/watch?v=V-_QgCtPVts"
Vous allez être redirigé pour visionner votre vidéo mais sous une nouvelle adresse IP.
Petit point négatif, le lecteur est considérablement moins bien que celui de Youtube.
En passant, super article !