Golden Globes 2013: Jodie Foster est lesbienne, et ça ne vous regarde pas

Jodie Foster à la fête de la Weinstein Company après la 70ème cérémonie des Golden Globes, à Beverly Hills, en Californie, le 13 janvier 2013. REUTERS/Jason Redmond

Jodie Foster à la fête de la Weinstein Company après la 70ème cérémonie des Golden Globes, à Beverly Hills, en Californie, le 13 janvier 2013. REUTERS/Jason Redmond

Dans son discours de remerciement, l'actrice de 50 ans a en quelque sorte fait son coming-out, tout en expliquant pourquoi sa vie privée ne nous regardait pas, contrairement à ce que semblent penser les activistes LGBT.

Quand la cérémonie des Golden Globes de ce dimanche 13 janvier en est arrivée à la célébration de Jodie Foster, qui a reçu le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière, on pouvait s’attendre au montage d’extraits de Contact et Nell. On ne pouvait en revanche pas s’attendre au discours de remerciement de Jodie Foster, à la fois charmant, direct, partant un peu dans tous les sens, légèrement perturbé et étrangement élégant.

Jodie Foster y remercie d'abord les collègues habituels, mais passe ensuite très vite à un registre beaucoup plus personnel où, en faisant une blague sur son récent statut de femme célibataire, elle est peut-être, un peu, d’une certaine manière, sortie du placard.

De façon exaspérante, l’Internet est vite devenu dingue en essayant de décider si les mots de Jodie Foster étaient suffisamment militants pour compter, et j’ai donc été ravi quand elle a continué son discours en expliquant de manière éloquente pourquoi sa vie romantique n’était pas nos oignons.

Bien sûr, comme quiconque suivant la carrière de Jodie Foster le sait, elle ne tait plus tout à fait son homosexualité depuis un certain temps –au moins, comme le relève Buzzfeed, depuis 2007, quand elle a fait mention de sa partenaire de vie. Mais elle n’a jamais fait de déclaration politique de ce style, de plus en plus populaire chez les célébrités gay aujourd’hui.

Une vie personnelle et privée

Dans son discours, Jodie Foster a paru en désaccord avec l’attente –d’activistes LGBT et d’autres– que, simplement parce qu’elle est une personnalité publique, sa vie personnelle regarde qui que ce soit d’autre que les gens qu’elle concerne. «J’ai déjà fait mon coming out pendant l’Age de Pierre», a-t-elle dit.

«Dans ces jours désuets où une jeune fille fragile s’ouvrait à ses amis et sa famille et ses collègues, et puis graduellement et fièrement à tous ceux qui la connaissaient –tous ceux qu’elle rencontrait vraiment.»

Elle a ensuite déploré le déclin de ce genre de vie privée, notant que quand on a été sur le devant de la scène aussi longtemps qu’elle, un chouia de vie privée est nécessaire pour ne pas devenir dingue.

Je dis que nous devrions le lui laisser. En ce qui me concerne, tant qu’une personne gay ne prétend pas activement d’être hétéro (comme un certain nombre de personnes dans l’assemblée des Golden Globes le faisaient probablement dimanche), je ne pense pas qu’elle ait à être une militante ou même un «modèle» pour les plus jeunes de la communauté LGBT si elle ne souhaite pas l’être.

La possibilité de vivre tranquille

Bien sûr, c’est merveilleux quand des gens connus comme Zachary Quinto et Anderson Cooper ont le courage d’abandonner leur hétéro-privilège dans une déclaration publique, et la reconnaissance grandissante que tant de nos acteurs culturels sont gay a sans aucun doute le pouvoir de remettre en cause nos perceptions.

Mais au milieu de toutes ces demandes bruyantes que les célébrités homos soient «gay et fières de l’être», comme le décrit Jodie Foster, l’objectif de fond du mouvement pour l’égalité LGBT peut être noyé: la possibilité de vivre nos vies comme nous le souhaitons, librement et doucement, en paix.

Sur cette scène ce dimanche, Foster a été incroyablement honnête sur ce qu’elle est: une femme de 50 ans nerveuse, un peu mal à l’aise, qui aime son travail, adore ses fils, pleure sa mère malade et pense affectueusement à son ex. Elle est une personne à la recherche de la prochaine étape de sa vie, une étape qu’elle espère «calme et délicate» et «pas si solitaire». A-t-on vraiment besoin d’exiger d’en savoir plus?

J. Bryan Lowder

Traduit par Cécile Dehesdin