Mariage pour tous: Vivre avec la violence du «débat»
Depuis des mois, fusent des insultes d’une grande violence pour les homosexuels. Ceux qui les lancent n'en ont parfois pas conscience. Cela n’en est que plus douloureux.
- Membres de l'alliance VITA contre le mariage pour tous et l'adoption à Lyon, le 23 octobre 2012. REUTERS/Robert Pratta. -
Est-ce que tout a commencé avec la déclaration prononcée le 14 septembre 2012 par le cardinal Barbarin? Le mariage pour tous, s'est-il insurgé, «ça a des quantités de conséquences qui sont innombrables. Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera. C’est une rupture de société.» Ou bien peut-être est-ce début octobre, avec cette déclaration du maire UMP du VIIIe arrondissement de Paris, François Lebel:
«Comment s’opposer demain à la polygamie en France, principe qui n’est tabou que dans la société occidentale? [...] Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l’inceste qui sont encore monnaie courante dans ce monde?»
Le débat lancé en France sur l’ouverture du mariage aux homosexuels, devenu le «mariage pour tous», est un débat que François Hollande jugeait «légitime». Sauf que cet automne, le débat a dégénéré, précisément avec ces amalgames entre l'homosexualité et la déviance, entre l'homosexualité et la polygamie et l'inceste. Quand la violence s'immisce, il n'y a plus de débat et douloureuses sont les conséquences pour ceux qui sont visés.
Polygamie, zoophilie, inceste
«Depuis fin septembre, nous avons eu une hausse d’appels vertigineuse», souligne Elisabeth Ronzier, présidente de SOS Homophobie. «En décembre 2012, nous avons eu trois fois plus d’appels qu’en décembre 2011. Il s’agit d’une hausse d’environ 30% sur l’année, à cause des derniers mois.»
Les gens téléphonent en continu à l’association pour se plaindre de propos tenus publiquement, dans les médias. «Ils dénoncent des paroles de politiques ou de religieux qui les choquent, voire qui les blessent», précise Elizabeth Ronzier. Les appelants ont entendu que «le mariage homosexuel est le début de la folie», qu’on ne pourra plus «délégitimer la zoophilie, la polyandrie au nom du sacro-saint amour». Ils ont entendu dire que «c’est la boîte de Pandore qui va permettre demain que d’autres revendiquent le droit à un mariage polygame».
Certains s’en moquent, comme Léo, étudiant à Assas de 19 ans, qui dit que ça lui passe au-dessus de la tête, que les gens peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Ou comme David*, 24 ans, consultant, qui estime que c’est la vie normale d’un débat de société et qui se dit certain de voir la loi passer. Ou comme Anne*, 47 ans, qui se souvient du débat sur le Pacs, il y a 13 ans, qui se dit «blindée», et dont l’entourage la préserve de ce genre de discours.
Mais il y a les autres. «Cela ne blesse pas seulement les homosexuels», dit Elisabeth Ronzier. «Cela blesse aussi leur entourage, les parents qui voient leurs enfants souffrir, les frères et sœurs, les proches.»
La perception de la violence
La perception de la violence dépend évidemment de la place de l’individu dans la société. «Les homosexuels ressentent cette violence de façon beaucoup plus forte que les autres», explique Eric Fassin, sociologue, professeur au département de Science politique de Paris 8, qui travaille notamment sur la politisation des questions sexuelles et la sexualisation de la politique:
«Là où pour une partie majoritaire de la population, il y a un débat sur le politique, la place de la religion etc, pour une autre partie, minoritaire, des gens peuvent se dire “on parle de moi, c’est à moi qu’on s’en prend". C’est une violence objective, mais aussi subjective.»
Prenez Betty, étudiante de 19 ans. Une amoureuse, plein d’amis. Elle dit que ce débat, «c’est dur, c’est vraiment très violent. Le fait même de débattre de l’aptitude des homos à adopter ou à se marier, c’est violent. Ça te montre que tu n'es pas accepté, que les gens ne te croient pas leur égal. Moi je serais moins capable d’élever des enfants que d’autres? Déjà, on était des sous-citoyens pour le gouvernement, puisqu’on n’a pas les mêmes droits, mais manifestement, le reste de la population est d’accord. C’est discriminatoire et surtout c’est blessant. C’est dire que qu’on vaut moins que les autres. Le plus dur, c’est ce jugement de valeur».
Le militant reste un individu
Etre plus âgé, plus militant, plus rôdé au débat ne prémunit pas contre ces blessures. En témoigne Catherine Michaud, présidente de GayLib, association qui, jusqu'au 11 janvier, était affiliée à l’UMP et qui milite pour les droits des homosexuels et appelle à manifester en faveur du mariage pour tous:
«En tant que militants, nous avons entendu tous les arguments et toutes les insultes depuis des années: ça n’en reste pas moins blessant. On a l’impression de retomber en 1998 au moment du débat sur le Pacs, ce sont les mêmes clichés, les mêmes arguments. Il y a eu des propos extrêmement grossiers, voire idiots, mais ça n’en ôte pas la violence. Une partie de la population se fait insulter et on ne tolérerait ça pour aucune autre communauté. Les homos ne sont pas le tapis sur lequel les intolérants doivent s’essuyer les pieds.»
De la violence? Quelle violence, interroge Frigide Barjot. A Slate, une des représentantes des anti-mariage, explique qu’«à part venant d’Act Up, le débat n’est absolument pas violent». Elle ajoute ne vouloir aucune montée aux extrêmes:
«Il y a des slogans qui disent “un hétéro une balle, sa famille, une rafale”. La violence est dans l’autre camp. Elle est dans le fait de changer la filiation humaine.»
Elle balaie la véritable violence physique qu’ont par exemple subies les Femen, et rappelle qu’il peut y avoir des «dérapages» mais qu’elle ne prône aucune homophobie.
«Nous n’avons rien contre les homosexuels, nous voulons protéger les enfants.»
C’est ce «nous n’avons rien contre» qui est presque le pire, dit Elisabeth Ronzier:
«Quand on explique que l'homosexualité est contre nature, c’est plus choquant que blessant. Le pire, c’est ceux qui disent que bien sûr deux homosexuels peuvent s’aimer, mais qu’il n’y a pas de raison d’accorder le mariage. C’est là que la stigmatisation est la plus forte. Cela appelle à la mise à l’écart des homosexuels sous une illusion de tolérance. Et le pire, c’est quand cette illusion de tolérance vient des proches.»
Dîners de famille
Cette capacité à diviser les familles rappelle cette caricature de l’Affaire Dreyfus. Soudain les dissensions apparaissent au grand jour. Des silences qui régnaient paisiblement sur l’homosexualité de l’un des membres deviennent d’un plomb accablant ou au contraire des paroles déchirantes.
Comme ce jour où Sophie*, 25 ans se promène en famille et qu'un anti-mariage pour tous les aborde et prêche une opposition féroce au mariage. Ses parents savent qu’elle est homosexuelle, qu’elle est amoureuse. Ils ne disent rien, ils laissent le prêcheur débiter des propos homophobes sans la défendre.
Comme ce jour où Pauline, 19 ans, rentre chez elle et trouve un tract contre le mariage sur le frigo. La jeune fille a pourtant dit à sa mère, il y a plus d'un an, qu'elle était lesbienne. Mais la mère ne devine pas à quel point ce tract peut bouleverser sa fille, d'ailleurs elle pense que son homosexualité «passera», elle l'a même envoyée voir une psy pour que ça ne passe pas trop lentement. Pauline l'interroge sur l'existence du tract:
«Elle m’a dit qu’elle en distribuait, elle m’a dit qu’elle manifestait, que c’était normal, qu’il fallait défendre les enfants. Je lui ai dit que ça me blessait. Elle m’a dit “oh mais le prend pas personnellement, je t’aime”. Je suis proche de ma famille et je n’ai pas envie de les perdre, mais plus je reçois des remarques pareilles, plus je m’éloigne. Les arguments homophobes du débat public ne m’ont pas blessée. Mais me sentir aussi isolée dans ma propre famille, ça c’est dur.»
Dans beaucoup de familles le débat isole les uns, crispe les autres. Même dans les familles où tout paraît simple. «Parfois les parents ont d’excellentes relations avec leur enfant homosexuel, ils vont simplement vouloir débattre, l’intégrer à la discussion sur le mariage et l'adoption, et donner des arguments contre sans penser à mal», raconte Elisabeth Ronzier.
Marine*, 26 ans, est journaliste. Venue d’un milieu très privilégié, avec des parents tolérants qui adorent la fille avec qui elle partage sa vie, elle a pourtant assisté à des remarques maladroites. «Le débat oblige tout le monde à se positionner, du coup ils s’interrogent, ils s’inquiètent pour leurs enfants, se demandent comment on va vivre notre avenir. Et parfois ils font des réflexions blessantes par simple manque de tact.»
Et les fissures deviennent crevasses, fossés, abîmes.
Changer l'ordre du monde
«Il se passe la même chose qu’au moment du Pacs, rappelle le sociologue Eric Fassin. Juste avant les débats de l’époque, tout le monde pensait que l’homophobie était résiduelle, qu’elle appartenait au passé. Tout le monde ou presque était d’accord pour dire que chacun fait ce qu’il veut et donc tout le monde se croyait tolérant. Et soudain, on a découvert l’intolérance, l’homophobie.»
2012: même histoire. Lorsqu’à l’issue de la primaire socialiste François Hollande assure qu’il va ouvrir le mariage aux homosexuels, les sondages semblaient indiquer une évolution notable dans la société. Par exemple, un sondage BVA daté de janvier 2012 indiquait que plus de 63 % des Français souhaitaient que le mariage entre personnes de même sexe devienne un droit. Un an plus tard, la majorité des Français reste majoritairement favorable au mariage, mais cette majorité s'effrite.
«Toutes les courbes allaient dans le même sens, remarque Eric Fassin. Et soudain il y a une prise de conscience: l’homophobie n’appartient pas au passé mais au présent. Elle est peut-être réactionnaire, c’est-à-dire en réaction à la proposition de loi, mais elle n’est pas archaïque.»
Ce qui pose problème, explique le sociologue, c’est lorsqu’on passe de la tolérance à la reconnaissance. Il ne s’agit plus alors de laisser les homosexuels être, mais les mettre sur le même plan que soi, de se mettre dans la même case.
«Soudain on prend conscience que ce n’est pas seulement une question de moeurs mais une question politique sur l’ordre des choses: y a-t-il ou non une hiérarchie des sexualités? On découvre que l’ordre du monde n’est pas intangible, on le découvre politique: on peut en changer le cours.»
Quand l'intimité est politique
Cette question de la reconnaissance de l’homosexualité comme une sexualité égale à l’hétérosexualité touche les gens dans leur vision du monde et dans leur intimité. D’où, selon Eric Fassin, la virulence du débat:
«Une question économique, on peut avoir l’illusion que ça ne touche pas notre intimité. Le traité de Maastricht, celui de 2005: on a l’illusion que c’est plus extérieur. En revanche, sur ces questions sexuelles, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel, on ne peut pas ignorer que l’intimité est politique.»
Ce débat prend les gens «aux tripes», remarque Eric Fassin et c'est parce qu'il passe par le corps. Comme l’avortement. Il faut se souvenir des débats sur l’IVG. En septembre 1974, à l’époque du vote de la loi, 65% des personnes interrogées lors d'un sondage se déclarent favorables à une législation. Pourtant au Parlement, les sessions soulèvent une violence inouïe: on parle de «meurtre», de «dégénérescence», de «permis légal de tuer», de «génocide légal comparable au pire racisme nazi».
«La politique démocratique classique est fondée sur le fait qu’il y a un espace public, dit Fassin, que nous y apparaissons comme des individus abstraits.» Le corps, la sexualité, le genre rendent le débat incandescent dès lors qu’ils s’introduisent dans la sphère politique:
«La fiction démocratique est fondée sur l’idée qu’on va transcender toutes les propriétés individuelles; or ces propriétés individuelles particulières sont d’abord corporelles. Ce qui ressort en ce moment c’est justement le refoulé de la démocratie.»
Les personnes blessées le sont donc de manière intime et politique, et le débat politise des personnes qui n’avaient guère de conscience politique jusqu’alors, voire ne se sentaient pas forcément concernés par la question. Comme Marine*. Elle n’a jamais milité pour aucune cause ni fait partie d’une quelconque «communauté gay». Elle dit:
«J’ai vraiment du mal avec les militants quels qu’ils soient, je ne supporte pas le communautarisme. Et jamais je ne m’étais dit que je voulais manifester pour ce genre de choses: je me disais que le mieux pour montrer aux homophobes qu’ils avaient tort c’était de vivre comme tout le monde, normalement, et de s’inscrire ainsi malgré eux dans la norme.»
Mais elle a trouvé si détestable la tension autour du débat, les remarques homophobes, les propos ignorants, qu’elle s’est retrouvée de plus en plus en faveur de la loi pour le mariage et l’adoption, et est allée manifester pour. «Ce qui m’a convaincu, c’est moins la bêtise des dirigeants, de responsables religieux, que celles de gens que je connais, que je peux être amenée à fréquenter, que je voyais poster des messages odieux et insultants sur Facebook.» Cette violence toujours.
Cette violence a des conséquences. Betty par exemple, dit devenir de plus en plus «parano», comme «plein» de ses copines:
«Je ne sais pas si l’homophobie est plus grande qu’avant, mais elle est plus exprimée. Moi j’ai plus peur qu’avant. Quand je me balade dans la rue, si on me regarde de travers, je vais le prendre pour moi. Ça vous rentre tellement dans la tête, les remarques homophobes, que vous vous mettez à en voir partout. Il y a tellement de gens aux manifs contre le mariage…. Maintenant dans le métro, je me dis “combien dans mon wagon y sont allés? Combien pensent que je vaux moins d’eux?” On se dit qu’ils sont partout. Même s’il n’y a pas vraiment de passages à l’acte.»
Sans compter, précise le sociologue Eric Fassin, qu’il y a un rapport entre la violence physique et symbolique:
«Il existe un continuum entre les deux. Ce n’est pas égal, ce n’est pas pareil, mais on ne peut pas séparer radicalement la violence émanant de gens qui passent à tabac une personne et celles venant de discours policés établissant qu’au nom de la psychologie, de la religion etc. il y a ce qui est bien et ce qui est mal. Les deux participent d’une même conservation d’un ordre du monde fondé sur une hiérarchie entre les sexualités.»
Sur les divans de psy, les âmes étendues se lamentent. «J’ai quelques analysants qui ne sont pas bien. Ils sont homosexuels et ils se sentent de nouveau discriminés», confie Gilles-Olivier Silvagni, psychanalyste, co-auteur de La Psychanalyse pour les Nuls. «Ils souffrent et ils voudraient que l’on parle d’autre chose.»
C’est parce que ce débat sur le mariage et la filiation est si violent qu’il était difficile de le voir importé dans l’enseignement scolaire. Il pouvait alors, comme avertit Valérie Marty, présidente de la PEEP, association de parents d’élèves proche de la droite, «heurter les enfants et leur famille, celle de ceux qui sont homosexuels comme de ceux qui ont des convictions religieuses par exemple».
«Il ne me semble pas opportun d'importer dans l'école le débat sur le mariage pour tous», rappelait Vincent Peillon début janvier. «N'oublions jamais que nous avons affaire à des adolescents et que les tentatives de suicide sont cinq fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels que chez les autres.»
Stigmate
Dans la société, les blessures ne laisseront probablement que peu de traces. «Une fois que la loi sera passée, ce sera fini pour un bon moment», prédit Eric Fassin.
La loi, par le fait même d’être promulguée, ne sera pas seulement le signe d’une évolution des mentalités mais aussi son déclencheur. Celle sur le Pacs l’a montré. 87% des Français pensent que l’homosexualité est une «manière comme une autre de vivre sa sexualité» en novembre 2012. Ils étaient 54% en 1986.
«Vivre dans un monde où le Pacs existe déjà implique une certaine banalisation de l'homosexualité, et cela a eu un impact favorable important sur les plus jeunes, selon Eric Fassin. C’est toute leur génération qui est plus tolérante.»
Pas de stigmate à l’échelle globale donc. Mais les gens? «S’il est compliqué d’évaluer une augmentation ou pas du mal-être, des tentatives de suicide, il paraît assez évident que cela fait mal, chez les jeunes et les moins jeunes», commente Eric Fassin. «Sur le plan individuel, la violence de ce débat laissera des traces», renchérit Gilles- Olivier Silvagni.
La société a la peau dure, elle guérit de ce genre de blessures, elle en ressort grandie. Pas les individus.
Charlotte Pudlowski
» Tribunes, enquêtes, analyses sur le mariage pour tous: un dossier pour en parler
* Les prénoms avec un astérisque ont été modifiés.
Mis à jour le 13/01/2013 à 12h06




















































C'est amusant comme l'auteur considère homophobe tous ceux qui ne sont pas homophiles. Cela montre un certain narcissisme et une réduction du problème du mariage à des pulsions épidermiques. Dans l'article, la seule phrase homophobe (et encore peut-être est-elle sortie de son contexte) est celle qui dit que c'est le début de la folie. Les autres sont de simples opinions adverses.
Tout d'abord, j'aimerais bien qu'un homophile m'explique pourquoi le Pacs ne convient plus aux homosexuels. Peut-être qu'on pourrait l'améliorer.
Ensuite, le mariage civil n'a rien à voir avec l'amour même s'il va souvent de pair. L'amour est une affaire privée tandis que le contrat de mariage est une affaire publique administrée par l'Etat. Le contrat de mariage reconnu par les autorités, le curé sous l'ancien-régime puis le maire qui l'a imité par la suite, n'a qu'une seule finalité. Il sert à protéger la femme pendant la période de gestation et d'élevage des enfants afin que la société se perpétue dans les meilleurs conditions. Tous les textes autour de la famille, de la propriété, de la communauté de biens, de l'héritage, du divorce etc tournent autour de cette question - protéger la femme qui a des enfants. Dès lors, le terme de "mariage pour tous" est une usurpation, une mascarade dans laquelle les homosexuels viennent jouer les troublions.
Le mariage pour tous, c'est exactement comme si on réclamait de rouler sans permis simplement parcequ'on n'a pas envie de le passer et qu'on allait en plus manifester avec sa voiture sur les Champs-Elysée pour réclamer ce droit soit-disant opposable et inaliénable.
Les homophiles jouent les grands inquisiteurs en faisant des procès en sorcellerie à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. L'article dépasse le point Gowin. On est tous des nazis! Dans cette affaire on viole allègrement le vocabulaire pour forcer les esprits. Le mariage est déjà le mariage pour tous. Rien n'interdit à un homosexuel de se marier avec quelqu'un d'un autre sexe. S'ils n'en ont pas envie, c'est leur libre choix mais qu'ils ne viennent pas dévoyer les institutions qui gèrent des dizaines de millions de personnes sous prétexte de procès en discrimination et homophobie. Avec la PMA et l'adoption, c'est le comble. Ils veulent le beurre et l'argent du beurre. Ils ne veulent pas fonder de famille mais ils veulent jouer à papa-maman. C'est de l'égoïsme à l'état pur.
Merci pour cette parfaite illustration de ce que dénonce, d'ailleurs avec beaucoup de sang-froid et de tempérance, l'auteur de cet article.
Je suis bien d'accord avec vous sur certains points et sur l'idée générale mais une partie de votre argumentation est clairement discutable, notamment sur le rôle du mariage. Et quelques comparaisons sont douteuses, sans compter le terme "homophile" plutôt étrange et mal-avisé à mon goût.
"Tout d'abord, j'aimerais bien qu'un homophile" ... si vous voulez dire humaniste alors je veux bien tenter de répondre ... "m'explique pourquoi le Pacs ne convient plus aux homosexuels. Peut-être qu'on pourrait l'améliorer."
Mais oui, on peut l'améliorer en lui donnant la même fonction que le mariage et en l'appelant mariage. Ce qui ne convient pas ? Hé bien par exemple le mariage permet de donner sa nationalité a un conjoint étranger et donc de vivre ensemble en France.
"Ensuite, le mariage civil n'a rien à voir avec l'amour" Le mariage n'est possible que par consentement mutuel. Cette mutuelle acceptation, si ce n'est pas de l'amour ça n'en est pas loin quand même ...
"Il sert à protéger la femme pendant la période de gestation et d'élevage des enfants afin que la société se perpétue dans les meilleurs conditions." Certainement. D'ailleurs j'ai un oncle qui s'est marié vers 80 ans avec une femme du même age et j'ai trouvé ça assez inutile. Mais bon, c'était son choix et je l'ai respecté. Alors pourquoi je m'opposerai au choix d'homosexuels de se marier ? Cela n’empêchera pas le mariage de remplir sa fonction dans les cas habituels, ni les gestations hors mariage de se produire. Auriez vous compris que l'homosexualité deviendra obligatoire ? Et pour les femmes avec enfants sans père déclaré, ne pensez vous pas que "l'élevage" de leurs enfants sera favorisé si elles se marient, fusse avec une autre femme ?
Enfin votre comparaison avec le permis que l'on aurait pas envie de passer, me semble la preuve d'une méconnaissance de l'homosexualité et de la conduite automobile. J'ai épousé ma femme avec plaisir alors que j'ai considéré le permis comme une épreuve stressante. Mon hétérosexualité n'est pas un choix, elle est assez naturelle et pas désagréable. Pourquoi l'homosexualité serait-elle un choix réversible pour les homosexuels et pourquoi devraient-ils se contraindre plus que les hétéros ?
Bref, vous voulez refuser à d'autre un droit dont vous jouissez égoïstement, il me semble, tout en accusant les autres de vos turpitudes. Et puis ouvrez les yeux, des homosexuels ont des familles, ils éduquent des enfants, ils veulent seulement pouvoir les protéger comme moi j'ai pu protéger mes enfants en me mariant.
A lire votre texte et le choix de vos mots, je ne suis pas sûr de comprendre : vous pensez que certaines personnes ont certains droits, et d'autres moins ? Et que cela est décidé en fonction de l'orientation sexuelle ou de son statut marital ? Avez-vous d'autres critères comme ceux-ci qui classeraient les citoyens français et qui leur octroieraient des droits plus ou moins étendus ? Les ouples mariés devraient-ils avoir plus de droits que les couples divorcés ? Que faire des gens qui se remarient : encore moins de droits ?
Votre exemple sur le permis de conduire me semble aussi peu pertinent. En effet, TOUT LE MONDE peut passer le permis. On ne dit pas aux homos : désolé, vous êtes homos, vous n'avez pas le droit de conduire.
Je suis curieux de savoir comment vous réagiriez si l'un de vos enfants était homosexuel (car jusqu'à preuve du contraire, tous les homos sont des enfants d'hétéros) : est-ce que vous leur diriez que, malgré toutes les valeurs et l'éducation que vous leur avez donné, le simple fait qu'ils soient homo fait d'eux des sous-citoyens qui n'ont pas le droit de se marier ? Pire, toujours malgré votre amour, votre éducation, tout ce que vous avez pu leur donner en vous disant que ça fera de vos enfants des gens équilibrés et prêts à affronter la vie, vos enfants seraient donc, par le simple fait d'être homo, incapable d'élever eux-mêmes des enfants ?
Ne me dîtes pas "pas de risque que ça arrive chez moi", puis l'homosexualité n'est pas d'une maladie (on et bien d'accord là-dessus ?) mais d'un état de fait sur lequel vous n'avez aucun contrôle.
Eh bien dans ce cas je vais prendre le temps de vous répondre et de vous exposer ma façon de voir les choses puisque vous avez pris du vôtre pour me répondre.
Si la revendication principale, quoique sa nature est sujet à discussion (mais je laisse ceci à une autre conversation) est bien l'égalité des droits, ce ne doit pas être à confondre avec les conséquences et tous les enjeux qu'un tel projet de loi suscite (à l'inverse de beaucoup de monde, autant dans les deux camps, j'ai pris la peine de lire moi-même ce texte dans son intégralité). Pour commencer, l'adoption. Ce n'est pas une volonté de l'administration Hollande de vouloir faire "d'une pierre deux coups" mais bien une conséquence juridique de la construction du code civil français ; autoriser le mariage pour les deux sexes, c'est de facto autoriser l'adoption. L'un, dans l'état actuel des textes légaux, ne va pas sans l'autre.
De ce fait, vous pourriez soulever ce nouvel argument : tout le monde à le droit à l'enfant. Mais cet argument que vous pourriez manipuler est à double tranchant ; est-ce qu'on a un droit à l'enfant ? Est-ce légitime de priviligier ses envies personnelles sur le besoin d'un éventuel futur enfant ? Ce seul point, quelque soit la réponse qu'on y apporte, permet de légitimer le débat. Oui, on peut discuter du mariage pour tous et non, une bonne fois pour toute, l'opposition n'est pas constitué uniquement d'idées rétrogrades et d'arguments fallacieux. Il y a un vrai débat derrière, et je ne parlerai pas davantage de cette question ; je cherchais simplement à montrer que les personnes hétérosexuelles ou homosexuelles opposées à ce projet ont ai moins un point de défense valable.
Un second point qu'on peut soulever est la tradition. Certes, de nombreuses personnes y voient, avec souvent beaucoup de justesse, une position homophobe ou archaïque. Mais la tradition est là, et il n'est ni vain ni ridicule de défendre la famille nucléaire, même si elle devient de plus en plus un vague concept (divorce, adoption "classique", etc.). Il n'empêche qu'elle reste un enjeu comme un autre de la question et qu'il ne faut pas ostraciser et stigmatiser les opposants qui la soulève ; moi-même je m'en démarque farouchement mais force est de constater que si ça compte pour beaucoup de personne, ça doit compter dans la balance.
Je ne discuterai pas du féminisme qui n'a pour ma part rien à voir avec la question (j'y suis d'ailleurs ouvertement hostile). Pour maintenant émettre une position, je dois reconnaître que je ne suis pas très à l'aise sur la question, étant plus habitué d'économie ou de politique économique, mais étant homoexuel je prends un grand plaisir à discuter de cette loi. Concernant le mariage, je suis fermement pour et contre l'adoption. Il va donc de soi que je suis contre ce projet de loi.
Réponse aux commentaires précédents.
Vous lancez le débat sur l'égalité des droits. Les citoyens ont tous le même droit de se marier. Il existe une égalité parfaite. Vous essayez de vous donner bonne conscience en vous plaçant sur le rayon trés à la mode de l'égalité des droits mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit en vérité. Votre problème est que vous voulez dénaturer le mariage civil, lequel est la reconnaissance d'une union de destin entre un homme et une femme (et pas de l'amour).
En fait, les homosexuels veulent cannibaliser le mariage. Peut-être que l'exemple du permis est mal choisie mais le principe général est que lorsqu'on veut rentrer dans une institution on doit en respecter les usages. Les homosexuels veulent déformer la nature du mariage pour l'adapter à leurs besoins. Comme si cette déformation était un droit.
Quand vous vous inscrivez à un club de ski vous n'arrivez pas habillé en tennisman. Si tel était le cas vous seriez interdit d'entrée et n'iriez pas réclamer l'égalité des droits de faire du ski (mais avec des raquettes de tennis).
La CGT expulse un syndicaliste parcequ'il est proche du front national. On n'essaye pas de déformer les idées de la CGT pour être compatibles avec celles du FN.
Si vous voulez être député, il faut vous présenter et obtenir la majorité. Il ne vous viendrait pas à l'idée de réclamer, au nom de l'égalité de droits, celui d'être élu avec seulement une minorité.
Toute la société est montée selon ce schéma. Le débat sur l'égalité des droits est une pirouette pour dévier l'attention des vrais problèmes. Vous voulez changer le sens des mots pour vous faire passer pour des victimes. A mon avis il aurait été plus judicieux et consensuel de réclamer une modification du Pacs.
Si on parle de droit, parlons du droit de tout le monde. La modification du mariage pour inclure des couples homosexuels implique que le code civil soit assexué. Aujourd'hui, l'Etat me reconnaît comme Père et ma femme comme Mère. C'est écrit sur le livret de famille. Comme l'Etat ne donnera jamais le qualificatif de mère à un homme et que au nom de l'égalité des droits il n'y aura qu'un seul modèle de livret de famille, cela signifie qu'on enlèvera à mes enfants le droit d'être reconnu comme père ou mère de famille. Ce n'est pas un détail. Je ne vois pas pourquoi mon droit serait inférieur à celui des homosexuels. En plus il s'agit d'enlever un droit à une majorité de citoyen pour satisfaire une ultra-minorité. Au passage, le plus grave est la disparition de la notion même de famille puisque l'Etat ne reconnaîtra plus de père ni de mère. La famille deviendra une simple association d'individus. Je trouve que c'est une régression grave.
Être homosexuel c'est être séparé des autres.
C'est parce que cette séparation est réelle que les homosexuels revendiquent un droit à l'égalité avec les hétérosexuels....
Reste, quoi qu'on fasse, la séparation. Elle restera une souffrance pour les familles, les entourages, et les homosexuels d'abord.
Bien sûr, la société française est encore institutionnellement homophobe, et cette loi visant à faire reculer un peu cette homophobie institutionnelle est l'occasion de le constater.
Bien sûr, l'homophobie est très présente socialement, et pour cause: l'homophobie se trouve être une des composantes fondamentales de la construction de la masculinité.
La différence avec cinquante ans en arrière (la majorité de l'opposition à cette loi e trouve chez les plus de 65 ans), c'est que les voix des femmes et des homosexuels, jusqu'alors étouffées, ont depuis quelques décennies commencé de se faire entendre. Assez pour que les propos homophobes et sexistes, pour que les apologies des discriminations et stigmatisations, autrefois normales parce que pleinement constitutives de l'ordre social, soient désormais devenus un minimum honteux.
Mais seulement un minimum: aussi ceux qui les profèrent sont ils avant tout soucieux de ne pas les voir qualifiés comme ils le méritent. Ils entendent aujourd'hui disputer de l'appellation, et de l'appellation seulement.
Ceux qui les tiennent n'ont compris qu'une chose: l'homophobie, le sexisme, autrement dit, le mépris et la haine pour une partie de l'humanité c'est pas glorieux.
Cela ne les intéresse pas de comprendre pourquoi ils en sont encore à mépriser et haïr effectivement les homosexuels, pourquoi ils en sont encore à mépriser et haïr effectivement les femmes, pourquoi ils en sont encore à penser que l'hétérosexualité des hommes blancs serait le nec plus ultra de l'humanité, pourquoi ils s'imaginent encore légitimes pour juger de ce qui pourrait être bon pour les femmes, les homosexuels et lesbiennes, les noirs. Car ici, il s'agit avant tout d'hétérosexuels entendant refuser aux homosexuels l'accès à un type de contrat dont ils jouissent.
Mais les média, les journalistes ne sont pas là pour dire à la société ce qu'elle est, ils ne sont pas là pour parler crûment des rapports de domination existant, ils ne sont pas là pour mettre la démocratie en face des saletés qu'elle héberge en son sein - l'inégalité de traitement imposée aux femmes, aux homosexuels, aux noirs. Ils ne sont pas là pour nommer et faire reculer la bêtise ahurissante, l'ignominie, l'imbécilité, l'amnésie et l'aveuglement volontaires lorsqu'ils viennent ouvrir leurs tristes gueules, et parler à tort et à travers de zoophilie, d'inceste, ou d'enfance en péril lorsqu'on parle d'égalité des droits.
Non: ils leurs prêtent leurs colonnes.
Ils sont là pour flatter - flatter le confort des démocrates, le confort des dominants qui voient leur domination et leurs privilèges nommés et désignés, qui voient les inégalités dont ils profitent apparaître au grand jours, et qui s'accrochent au passé.
Ce qu'est l'homophobie, ce sont les luttes féministes et homosexuelles qui nous l'ont appris. Mais pour l'essentiel,les média reflètent les hiérarchies sociales: ils ne sont donnent guère honnêtement la parole à celles et ceux qui luttent pour être seulement enfin traités en êtres humains par ces semblables qui trouvent tout naturel de juger du haut d'une hiérarchie sociale. Et pourquoi le feraient ils? Ils reflètent avant tout les rapports de force existant.
Mais les femmes, les homosexuels, les noirs, les arabes savent désormais que, quoi que dise toujours d'eux la société, quoi que disent d'eux les média, quoi que disent d'eux les racistes, les sexistes, les homophobes, ils sont eux aussi pleinement des êtres humains. Les dominants ne les convaincront plus aussi aisément qu'autrefois d'accepter une place subalterne; et ces mêmes dominants commencent de comprendre que le jour où ils ne jouiront de plus aucun de leurs privilèges pourrait bien finir par arriver.
La loi ouvrant enfin le contrat de mariage aux couples homosexuels n'aura été qu'un incident parmi tant d'autres dans l'histoire laborieuse de la conscience humaine.
Mais cet incident a lieu maintenant.
Vous stigmatisez et faites un amalgame purement et simplement malhonnête et dégoûtant des opposants à ce projet de loi. D'ailleurs, je vous invite à en parler un peu, du projet, plutôt que de la personne en face qui discute avec vous.
Je discuterais très volontiers de la question de ce contrat particulier qu'est le mariage, par exemple, si telle était la question.
Mais la revendication principale et première qui sous-tend l'élargissement du mariage, tel qu'il existe, est tout simplement l'égalité en droit: le fait qu'enfin les personnes homosexuelles ne soient plus institutionnellement stigmatisés du fait de leur sexualité, et se voient ouvertes la même possibilité de contracter un mariage que le peuvent les hétérosexuels.
Si le "débat" s'est égaré sur tant de terrains très nauséabonds, s'il a donné lieu à un festival d'inepties, de bêtise et d'insultes copieusement relayées, s'il n'a de fait jamais été abordé en les termes que j'ai employé ci-dessus, sauf rares exceptions, cela a bien été le fait de ceux qui se sont opposés à cette loi, et de média qui se sont complus à leur donner de l'écho, et à parler de "mariage gay" à tort et à travers.
Que l'on m'explique pourquoi la société continuerait d'exclure du mariage les couples homosexuels avec des arguments raisonnables, et je suis prêt à les entendre. Mais au vu des statistiques des naissances, du concubinage et des divorces, persister à parler d'enfants et de reproduction pour justifier le de réserver le mariage aux seuls hétéros est aujourd'hui, et depuis un certain temps tout de même, du dernier des grotesque.
Que l'on m'explique donc, avec des arguments honnêtes, avec un raisonnement étayé, pourquoi des opposants essentiellement hétérosexuels et tenant de l'hétérosexisme montent au créneau avec une telle virulence face à une loi qui ne les privera de rien, si ce n'est du privilège d'être les seuls à accéder aux avantages matériels du mariage?
L'homophobie, cela commence tout simplement avec la stigmatisation et la discrimination. L'enjeu du mariage « pour tous » est essentiellement la fin d'une forme de discrimination. Et c'est bien là ce qui reste en travers de la gorge des opposants.
L'outrecuidance avec laquelle la société hétéronormée, comme un seul homme, prétend savoir mieux que les personnes homosexuelles ce qui est bon pour elles, n'en parler qu'en ses propres termes - "mariage gay", etc - et décider de leur vie à leur place, est vertigineuse. Elle caractérise, par sa bonne conscience, son mépris et ses certitudes, une posture de dominant. Je vous invite à lire quelques auteurs représentant de dominé-e-s – des féministes radicales comme Delphy par exemple, ou des Memmi, Baldwin, Fanon - pour vous faire une idée de ce que cela signifie.
Refuser l'égalité en droit aux personnes homosexuelles est hélas la définition d'une posture homophobe, quelles que soient les justifications que l'on imagine de proposer. Cela peut certes être désagréable à entendre.
Si l'on ne veut effectivement plus défendre de positions homophobes, ce qui est assurément louable, ça n'est pourtant pas très compliqué: il suffit de commencer par renoncer à l'idée de légitimer toute discrimination des personnes homosexuelles.
Cela n'empêche pas de discuter, débattre et disputer autant qu'on le veut des contrats, des couples, des enfants, de l'adoption, du mariage, de l'Etat et de la PMA. Simplement, on refuse alors de faire de ces discussions un instrument pour stigmatiser les homosexuels.
Il faudra pourtant un jour que l'on cesse de légitimer, de justifier que qui que ce soit catégorise et hiérarchise les êtres humains, que ce soit en fonction de leur orientation sexuelle, de leur sexe ou de quoi que ce soit. Cela n'empêchera bien sûr personne de le faire quand même.
Mais cela lui ôtera enfin la caution d'une société entière.
Le chemin est long pour le respect et l'égalité.
"l'homophobie se trouve être une des composantes fondamentales de la construction de la masculinité."
Vous ne faites pas un peu d'androphobie là ?
Prière pour la Paix
Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître,
que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer,
car c’est en donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on trouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.
Saint François d'Assise
Afin d'être réellement égaux face à la loi, il faut supprimer le mariage qui crée une hiérarchie parmi les citoyens. Lorsqu'on est mariés, le couple dispose de plus de droit que la somme de droit des individus. Pour cette raison, le mariage est une source d'inégalité citoyenne.
- Il faut laisser le mariage aux institutions religieuses.
- Il faut supprimer tous les avantages des foyers bipersonnels
Mais surtout, que les politiques arrêtent de dire que les gens se marient par amour, ils n'en savent rien et l'amour ne justifie rien dans un contrat social.
Le chiffre de l'augmentation des appels à SOS homophobie me fait prendre conscience que certains homosexuels se sentent vraiment agressés par les arguments de ceux qui sont contre le mariage homosexuel. Ca me fait mieux comprendre pourquoi ils répondent tant par l'insulte, le mépris et la victimisation à des argumentations. Mais ça n'excuse rien.
Je ne pensais rien de cette réforme avant le début du débat mais ce déluge d'agressivité de la part de ses partisans m'a rapidement fait pencher du côté des opposants.
Rien que cet article, qui est loin d'être le plus méchant qu'on ait pu lire dans la presse ces dernières semaines, est un énorme crachat au visage de tous les opposants sincères et sans haine de cette réforme.
Homophobe, cela veut dire dire quelque chose. C'est un délit, et pour ceux qui en sont accusés c'est une insulte pas particulièrement agréable à recevoir, une atteinte à l'honneur. Mais de la souffrance que cela peut provoquer, il n'y aura pas grand monde pour s'émouvoir.
Alors que pour la majorité des partisans tous les opposants sont des homophobes (et ce texte en est encore la preuve), je ressens bien une grande violence dans ce débat.
Seulement pour moi, elle se trouve du côté des partisans, et ceux-ci sont ultra-majoritaires dans les médias.
Ha tiens, moi aussi je me sens agressé depuis le début de ce débat par ceux qui ne jurent que par "un papa et une maman pour élever un enfant" sans tenir le moindre compte des orphelins.
J'imagine leur police des bonnes moeurs forçant ma mère à se remarier ...
"Homophobe, cela veut dire dire quelque chose."
"Etre contre l'égalité des droits homme/femme, c'est être sexiste. Etre contre l'égalité des droits hétéro/homo, c'est être homophobe. Ca vous ennuie, mais c'est la réalité. Etre homophobe ne veut pas forcément dire agresser verbalement ou physiquement un homo, ça veut aussi dire leur refuser les mêmes droits."
Je suis athée, apolitique. Je n'ai aucune revendication.
1. Je ne comprends toujours pas le terme mariage "pour tous". Ne peut-on pas essayer d'être simple et d'appeler ce projet mariage "homosexuel" ?
2. Je ne comprends toujours pas en quoi l'ouverture d'esprit commune ne nous entraînerai pas à accepter le mariage entre frères/soeurs/cousin, puisque l'amour est universel et sans frontière ? Le texte évoque le point au début mais ne répond pas à la question.
C'est peut-être idiot penserez-vous, mais c'est finalement peut-être moi le plus ouvert d'esprit d'entre tous.
1) Le projet de loi ne concerne pas le mariage pour homosexuels mais le mariage pour hétérosexuel ou homosexuels. "Mariage pour tous" c'est plus rapide à dire mais malheureusement on aboutit au point 2 chez ceux qui jouent les andouilles.
2) La liberté des uns s’arrête aux limites de la liberté des autres or les mariages consanguins produisent des enfants à queue de cochon (selon Garcia Marques) et tout homme est libre de ne pas avoir de queue de cochon.
Sur ce, je suis partisan du "mariage naturel" souvent pris comme référence. Mais à mon avis le mariage naturel c'est plutôt "le mâle le plus costaud du groupe qui s'accapare toutes les femelles pendant que les demies portions restent loin du feu". Pas grand chose à voir avec ce qu'a codifié la société au cours des siècles, non ?
Je les suppose (car ils le disent) amoureux de la vie, de leurs voisins, de l’homme tout entier malgré ses péchés. A priori ils aiment aussi les homosexuels pour qui ils sentent un certain désarroi.
Pour défendre leur foi il sont prêts à manifester dans la rue (un peu contre nature) quand une loi menace de mettre en cause un de leurs principes de base.
C’est fait. 800 000 selon eux. Et c’est normal.
Mais contre la pauvreté personne.
Pour aider les SDF personne.
Pour soutenir les mal logés personne
Pour aider les sans papiers personne.
L’amour des Chrétiens, semble-t-il, a ses limites.
Ainsi, mon cher Peter, vous nous confirmez sans hésitation que vous n'avez jamais entendu parler ni du Secours catholique, ni de L'armée du salut, ni des Petits frères des pauvres, ni de l'abbé Pierre et d'Emmaüs, ni de tous les autres, qu'un simple clic sur "associations caritatives chrétiennes" sur Google aurait pu vous permettre de découvrir.
Est-ce bien digne d'un des grands commentateurs de Slate ?
contre la pauvreté personne, contre les mal logés personne ?! Mais vous êtes bien mal informé !
Je vous rappelle que c'est bien un homme d'Église, l'abbé Pierre, qui a lancé l'appel de l'hiver 1954. Et c'est bien la Fondation Abbé Pierre qui pond chaque année un rapport sur le mal logement !
La conférence des religieux et des religieuses de France organise chaque année des opérations pour loger les sans abris.
L'association des cités du Secours catholique a ouvert cette année un centre d'hébergement d'urgence en région parisienne, les bénédictines du monastère de Notre Dame de Jouarre (seine et marne) on cédé une aile de 1000m2 de leur monastère, et 26 logements de réinsertion sociale vont bientôt être ouverts par le secours catholique.
Votre raisonnement a aussi beaucoup de limites...
Je vous laisse y réflechir, mais pensez vous serieusement que les 800 000 sont uniquement chrétiens ?
Et que savez vous de leur quotidien ? Sont-ils tous très bien logés et "riches" ?
L'amalgame est décidément à la mode en ce début d'année.
@Marianne : un peu de provoque, je l'avoue. Je suis très au courant des efforts de l'Abbé Pierre, du Secours Catholique et de l'Armée du Salut (organisation à laquelle, malgré mon athéisme, je contribue financièrement mensuellement en reconnaissance de son dévouement et son honnête)
Mais avec une précision, qui pour une fois rivalise le votre, j’ai seulement constaté que leur présence n’était pas évidente parmi le 500 000.
D’ailleurs ces excellentes organisations n’ont jamais pu réunir tant de gens dans la rue pour des causes que je considère beaucoup plus grave que l’ouverture du mariage aux homosexuels. Ils connaissent, semble-t-il, leur communauté.
Vous pouvez me narguer, mais je considère qu’il y a quelque chose de fondamentalement indécent chez les Chrétiens quand une réaction si massive est possible pour refuser des droits à certains et rien de la sorte en faveur des pauvres et le démunis.
Pourquoi ne parler de la violence que dans un camp ? Ce n'est pas honnête.
Il n'y a qu'une ligne dans l'article qui l'évoque avec ce slogan "un hétéro une balle, sa famille une rafale".
Mais il y en avait d'autres : "des planches et des clous, Jésus l'a fait pourquoi pas vous", "la sodomie, ça ouvre les esprits", "bébés dans les congélos, c'est pas le privilèges des hétéros", "vous êtes justes des connards"(!)... D'ailleurs, il s'agit de slogans vus lors de contre manifestations pendant une manifestation pacifique des opposants au mariage pour tous.
Il y a-t-il eu des contre-manifestations des opposants au mariage pendant la manif des pro-mariages ? Je ne crois pas.
Et enfin, les slogans des Femen lors de leur contre-manifestation illégale (encore une) fin novembre : "holy sperm", "fuck jesus", c'est une violente agression vis-à-vis de la religion catholique. Le tout à poil devant des enfants, en aspergeant les manifestants de leur bombes lacrymogènes (avec de la poudre blanche dedans?)... ce n'est pas violent, ça ?
Auraient-elles osées de tels slogans vis-à-vis de la religion juive ou musulmane ?
Par ailleurs, Xavier Bongibault, l'organisateur homosexuel (oui, il y a des homosexuels opposés à ce projet de loi) de la "manif pour tous" s'est lui-même fait agressé à la sortie d'un bar. Donc oui, la violence existe aussi dans le camp des pro-mariage pour tous. Ne pas en parler est faire preuve de malhonnêteté journalistique.
=> voir les slogans dont je parle à la photo 8 de ce diapo du Monde.fr http://www.lemonde.fr/societe/portfolio/2012/11/19/les-manifs-anti-mariage-pour-tous-du-week-end-en-images_1792509_3224.html
=> xavier bongibault ("Plus gay sans mariage") affirme recevoir encore des menaces de mort, d'agression ou de viol.http://www.directmatin.fr/france/2013-01-13/xavier-bongibault-peut-etre-homo-et-contre-le-mariage-gay-332716
J'aime assez bien le coup du "hiérachie de la sexualité" auquel tout individu à peu près censé va répondre non.
Il me paraît assez évident que le mariage va être accepté tant sa signification se perd pour les couples (bha quoi, on fait une fête c'est marrant, on invite les potes et tout ! ).
De même pour l'adoption dans quelques années dans une continuité même si la notion est fondamentalement différente. Le mariage est une question culturelle que nous seuls pouvons comprendre. L'adoption c'est placer l'homme au-delà de la nature comme on l'avait pas trop vraiment fait jusqu'à présent.
La société de retard va donc décider pour un problème "mineur" de 1/5% de la population le plus gros débat philosophique depuis le début de la civilisation (platon, rousseau, strauss qu'on écoute en dormant en Terminale ), gg les gens.
J'étais hier parmi les 800 000.
Je suis une femme de 42 ans, ouvertement athée, célibataire, sans enfants, non homophobe: l'antithèse du portrait que l'on nous rabache du parfait manifestant d'hier.
D'ailleurs, il n'y avait pas que des hétéros hier : j'ai rencontré un homo (parmi d'autres) qui disait ouvertement "j'ai choisi d'être homo ce n'est pas pour vivre une vie d'hétéro".
Il y avait aussi des couples hétéros en attente d'adoption qui manifestaient également car si cette loi passe ils perdront le droit d'adopter dans certains pays étrangers car ces pays n'accordent pas d'adoption aux pays autorisant le mariage entre personne du même sexe. Il y aura donc moins d'enfants adoptables en France.
Personnellement, je pense qu'il est tout à fait normal que des gens qui s'aiment, quel que soit leur sexe, veulent officialiser leur amour et protéger leur conjoint. Ce qui se passent entre deux adultes consentants ne regardent qu'eux et point barre. La religion et la morale n'ont rien à faire là dedans (comme si on choisissait son orientation sexuelle...), encore moins dans un pays laique.
Mais l'enfant n'est pas un droit et ne doit jamais le devenir.
Il faudra toujours une partie femelle et une partie male pour créer un enfant n'en déplaise à certains. Les femmes sont les mieux placées car elles n'ont besoin que de la partie la plus facilement obtenue, le sperme. Pour les hommes, c'est bien plus difficil. Monsieur Bergé peut bien dire "on loue bien des bras pour travailler, alors pourquoi ne pas louer un ventre" c'est ridicule, méprisant et totalement débile. Le bien être de l'enfant doit toujours primer sur les envies des adultes aussi naturelles soient elles.
Depuis la nuit des temps la famille idéale pour élever un enfant, pour son équilibre, sa protection et son bien être c'est la famille classique, homme + femme.
Est-ce que toutes les familles hétéros sont parfaites, bien sur que non, car nous en conviendrons tous, il y a des vasectomies et des ligaturages de trompes qui se perdent mais lorsqu'il y a un père et une mère équilibrés, le positif pour l'enfant est énorme. Une homme et une femme apportent chacun à leur manière quelque chose de part leur différence sexuelle même ce qu'il est difficile d'envisager dans un couple homoparental du fait de cette absence de différence sexuelle même si l'un des pères est plus féminin ou si l'une des mères est plus masculine.
Avoir envie d'un enfant est naturel que l'on soit homme ou femme. Mais entre vouloir un enfant et vouloir ce qu'il y a de mieux pour le bien être de l'enfant, il faut bien réfléchir.
Si la PMA est autorisée, il existe un principe en droit français qui est l'égalité devant la loi donc la GPA sera obligatoirement adoptée tôt ou tard (dans le cas contraire ce sera un cas flagrant de discrimination basée sur le sexe). Qui fournira les ovules et les ventres?
Les mères porteuses, il ne faut pas l'oublier, ne sont dans l'immense majorité des cas que des couveuses et rien d'autre. Elles ne fournissent pas l'ovule (dans le cas contraire, il existe un risque légal important du au lien biologique avec l'enfant, car le lien biologique maternel prime sur le reste dans la plupart des pays autorisant la GPA). Sinon il reste égalant des pays comme l'Inde où la GPA est une industrie rapportant 2 milliards par an mais où de plus en plus d'états indiens interdisent également l'utilisation de la GPA aux couples de même sexe. Et comment dire plus tard à un enfant que sa "mère" n'est en fait qu'une femme qui l'a porté sans amour juste pour du fric????
Concernant la PMA, la plupart des lesbiennes voulant un enfant n'ont pas attendu tout ce débat. Elles font ce qu'il faut depuis des décennies, soit avec donneur soit via l'insémination artificielle. Du coup il existe un vide juridique pour ces enfants qui lui me gêne énormément car une fois de plus l'enfant n'est pas protégé. Là il faut faire quelque chose afin qu'il soit mieux protégé légalement.
Je cherchais un endroit où poster mes réactions sur ce débat de société qui prend bien trop d'ampleur à mon goût. Alors je vais m'adresser à tous, j'espère que les "pro" mariage pour tous me comprendront, et que les "antis" me répondront.
Je me sens blessée dans mon coeur, dans mon âme, dans mon corps, depuis plusieurs semaines déjà, et encore plus ces derniers jours, quand je regarde aux infos, sur internet, sur le papier, les slogans qui fusent, les foules qui me dénigrent, qui m'enferment dans une case que je n'ai pas voulue, qui m'interdisent d'être ce que je suis, et qui me mettent à l'écart, parce que je n'ai pas le "droit" d'être comme eux.
Je m'appelle Sophie, j'ai 27 ans, et je suis lesbienne. J'ai presque envie de m'en excuser à force de lire et d'entendre ce qu'on dit des homos. Mais déjà, il faut bien comprendre une chose, c'est que je ne l'ai pas choisi. Est ce que les hétérosexuels choisissent d'être hétérosexuels ? Toi qui me dénigre, as tu décidé, un beau jour, d'aimer les hommes si tu es une femme, d'aimer les femmes si tu es un homme ? Si c'est réellement un choix que tu as fait, j'ai quelques bonnes adresses de psys pour toi, parce que tu as un problème. Moi j'ai pas choisi. Si j'avais pu choisir justement, j'aurais fait le choix d'être hétérosexuelle. Ca aurait été tellement plus simple, j'aurais eu une vie tellement plus facile. Pas besoin d'avoir a affronter ma famille et la société, pas besoin d'avoir à me battre quotidiennement pour faire accepter ce que je suis, dans mon environnement professionnel, personnel et amical. Si j'avais pu, j'aurai choisi d'aimer les hommes. Mais fallait-il que je me force à aimer un sexe, un genre, un corps, pour faire partie d'une pseudo "normalité", pour satisfaire une société conservatrice, quitte à être malheureuse toute ma vie ? C'est ça que tu me souhaitais ? Désolée, j'ai été assez forte pour ne pas laissé ton carcan m'emprisonner.
Désolée si je m'égare. Mais je suis furieuse. Furieuse de voir les amalgames que ce débat engendre. Furieuse de lire les banderoles qui décorent les rues. "Un père, une mère, une famille". Dans cette phrase, où sont les orphelins, ceux qui n'ont ni père ni mère ? Elles sont où les familles monoparentales, dont la mère, ou le père, est décédé, disparu ? Ces enfants là n'ont donc pas de famille... Ou ils ne sont pas "normaux"... Je suis bien triste pour eux. Je suis furieuse parce que la France, ce beau pays que je veux croire empli de tolérance, est en retard par rapport à ses voisins européens. L'Espagne, la Belgique et bien d'autres encore, ont voté depuis longtemps ce fameux "mariage pour tous", appelons le mariage homosexuel si ça vous chante, l'adoption pour les couples homos, la procrétion médicalement assistée pour les couples de lesbiennes. Ces pays, des royautés qui plus est, un état ultra catholique pour ce qui est de l'Espagne, ces pays sont ils devenus des états pervers et malsains ? Même le Pape a du s'y accomoder ! Il peut toujours hurler pour la France, a t'on vu la décadence dans les populations espagnoles et belges ? Il me semble que leurs lois n'ont rien changé à la vie du peuple. Ces lois ne vous enlève rien, ni à vous les pères, ni à vous les mères, elles ouvrent juste un peu plus les frontières de vos perceptions. Et finalement, c'est ça qui vous dérange. Vous prônez la protection des enfants, vous n'avez rien contre les couples de mêmes sexes, laissez moi rigoler, nombreux sont les homophobes dans vos rangs, même si vous le cachez bien.
Mon texte devient trop long pour réagir à ce débat. J'espère que je pourrais finir ce que j'ai à dire dans un autre texte...
La protection des enfants donc... Parce que d'après ce que je vois, ce que je lis, le débat est bien là non ? Alors elle est où la protection des enfants issus des familles homoparentales ? Pour tous ceux qui sont nés d'une union hétérosexuelle, mais dont l'un des parents a refait sa vie avec une personne de même sexe ? Ce parent de substitution ne mérite donc pas le grade de beau père, ou de belle mère ?
Allons bien plus loin... Nombreux sont les enfants nés dans des familles homoparentales "dès le début". Parce qu'on a pas attendu que la France autorise la PMA pour nous les lesbiennes. Heureusement pour nous que l'Espagne et la Belgique nous ont ouvert leurs portes. Vous refutez notre droit à avoir des enfants. Ecoutez une minute le témoignage de ceux qui ont été élévés dans une famille homoparentale, ils ne sont ni plus heureux ni plus malehureux que ceux élévés dans le schéma de votre normalité. Ce ne sont ni les délinquants, ni des psychopathes, et ils ne sont pas homos ! Hé oui, désolée, ce n'est pas contagieux et l'homosexualité ne s'inculquent pas. Sinon mes parents seraient homos ! Ils ne m'ont rien dit, dois je me poser des questions après 30 ans de mariage ??
Elle est où la protection pour ces enfants là ? Ceux qui sont nés avec deux mamans, ou deux papas ? Eux ne méritent-ils pas autant de droit que les enfants nés dans des familles "normales" ? Ces enfants ne sont pas minoritaires, arrêtez de fermer les yeux. Rien que dans mon tout petit cercle d'amis, j'ai 5 familles homoparentales autour de moi. Multipliez donc ce chiffre au nombre de lesbiennes en France. C'est une réalité. Vous voulez protéger les enfants ? Alors protégez ceux là aussi. Pour que si leur mère biologique venait à disparaître, ils ne soient pas confiés à l'assistance alors qu'une autre mère les a élévés en leur donnant tout son amour. N'oubliez pas non plus que pour un couple de lesbiennes qui décide d'avoir recours à la procréation médicalement assistée en Espagne ou en Belgique, ou pour celles qui décident de faire un enfant par insémination artisanale (et oui, ça aussi ça existe !), ou pour un couple de gay qui aurait recours à une mère porteuse ou à la coparentalité, l'envie d'un enfant est une décision murement réfléchi, milles et unes fois retournée dans tous les sens. Il n'existe aucun "accident" de parentalité dans les couples homos. Nous y avons, toutes et tous, infiniment réfléchi. Ce qu'on va pouvoir offrir à l'enfant, les figures qu'il aura dans son développement, les manques qu'il aura peut être et comment les combler. Comment lui expliquer sa naissance, comment pallier à toutes les embuches qui ponctueront son parcours. Il n'en aura pas plus que les autres, il fera face, comme tous les enfants, à la méchanceté. On saura expliquer, à la crèche, qu'il a deux mamans, de la la même façon qu'on explique qu'il est noir, ou qu'il porte des lunettes !
Voilà... Mon discours est personnel, mais je sais que je parle aux noms de plusieurs.
Je suis lesbienne. Je ne veux pas forcément me marier, mais je veux avoir le choix de le faire, ou non. Je veux qu'on me donne ce choix. Pour être comme tout le monde, parce que je suis comme tout le monde. Je ne veux pas forcément des enfants, mais si j'en veux un, je veux pouvoir y réfléchir mûrement, peser le pour et le contre, et voir si je peux lui offrir une vie agréable, juste, et lui inculquer de belles valeurs. Comme n'importe quelle famille.
Il faut vivre avec son temps. Le temps est à l'évolution, la tolérance, l'abnégation. Ce combat est bien futile comparé à d'autres.
Le fait de sentir blessé, parfois profondément et durablement, par la maladresse, l'incompréhension, ou tout bonnement la violence de ses proches, qu'il soient parents, enfants, conjoints, ou amis, n'est pas l'apanage des homosexuels. Les hétérosexuels y ont largement droit, eux aussi.
Est-ce que le fait d'être homosexuel en rajoute une couche ? Peut-être. Il y a tout de même une distinction à faire entre les dérapages verbaux de certaines personnalités publiques et nos problèmes d'incommunicabilité avec notre entourage, qui est le lot de tous, me semble-t-il.