Au nom de la famille et du droit de l'enfant, oui au mariage pour tous
Le projet ne menace en rien la société française. Et le moins que l’on doive aux enfants, actuels et futurs, est de leur reconnaître le droit à une famille qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle.
- Un mariage célébré à New York en 2011. REUTERS/Lucas Jackson -
Il y aura donc dimanche 13 janvier une grande manifestation à Paris pour tenter d’obtenir le retrait du texte instaurant le mariage pour tous.
Le fait que François Fillon qui, à titre personnel, n’est pas fondamentalement opposé au texte, ait solennellement demandé à François Hollande de retirer le projet nous donne au moins une certitude: il y aura beaucoup de monde dans les rues. Pour un événement à la fois politique et culturel.
Politique: il y aura un avant et un après. Les organisateurs ont l’espoir de faire mieux, ou aussi bien, qu’en juillet 1984 lors de la grande marche pour la défense de l’école privée entre Versailles et Paris.
François Mitterrand avait dû sacrifier l’auteur du projet, Pierre Mauroy, et le remplacer à Matignon par Laurent Fabius. Il y a donc, à cette occasion, classiquement, une épreuve de force droite/gauche qui explique la démarche de François Fillon.
Une manifestation contraire à l'évolution des moeurs
Culturel: tout se passe comme si la société française saisissait chaque occasion à sa portée pour se déchirer, trouver des terrains d’affrontement là où la vie démocratique, au contraire, suppose que l’on accepte de vivre dans l’acceptation des différences philosophiques, religieuses ou de genres.
Va donc se rassembler dimanche une France qui voudrait pouvoir marquer un coup d’arrêt à une évolution des moeurs et des lois que l’on peut symboliquement dater de mai 1968.
Il faut dire que les motifs invoqués ne sont pas anodins: il est question d’anthropologie, des fondements de la société, de la cohésion de celle-ci, quand ce n’est pas l’existence même de la famille et le droit des enfants.
Cette extension infinie du champ de la lutte apporte la preuve, s’il en était besoin, qu’il était pour le moins imprudent de vouloir accoler à une réforme, qui concerne le mariage pour les homosexuels et l’adoption, des questions beaucoup plus lourdes telles que la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui).
Aller dans ce sens, vouloir tout mélanger, c’était prendre le risque de la radicalisation et c’est ce qui s’est produit.
Dans un cas, il s’agit de reconnaître aux couples homosexuels le droit d’exister aux yeux de la loi; dans l’autre, de questions bioéthiques très lourdes et qui nécessitent des débats approfondis pour savoir si la loi dans ces domaines doit, ou non, être modifiée.
Sauf à faire de l'homosexualité une déviance...
Si l’on veut bien s’en tenir à la réforme annoncée, celle-ci ne représente ni une formidable avancée (que certains ont cru bon de comparer à l’abolition de la peine de mort), ni une menace pour la société.
Il s’agit, plus modestement, de porter remède à une situation créée par l’évolution même de la société française, vécue par les intéressés comme une discrimination.
Et la seule question qui vaille devrait être celle-ci: quelle raison aurions-nous de refuser le mariage à celles et ceux qui, homosexuels, le demandent? Sauf à faire de l’homosexualité une déviance…
En quoi le mariage homosexuel perturbe-t-il les croyances et les pratiques philosophiques des uns et des autres? En rien, bien sûr.
Sauf que les Eglises ont fait comme si elles étaient attaquées. En entretenant la confusion entre le mariage comme un sacrement, celui que donne l’Eglise, et le mariage comme contrat civil qui apporte son lot de droits et de devoirs.
L'Eglise en reconquête de son pouvoir séculier
Au sens propre du terme donc, les églises ne sont pas concernées. On ne leur demande pas de s’aligner sur les églises protestantes suédoises, par exemple, qui bénissent les couples homosexuels, et le faisaient même avant que la loi n’autorise le mariage des couples gays; ou bien d’ouvrir, comme dans l’Eglise anglicane, un débat sur l’ordination d’évêques homosexuels, à la condition que ces derniers soient officiellement mariés…
La réalité est que nous assistons, en France, à une tentative de reconquête par l’Eglise catholique de son pouvoir séculier.
Il n’y a, comme exemple comparable d’une intervention et d’une mobilisation aussi fortes des églises et des écoles de l’enseignement catholique, que la situation qui prévaut en Italie, pays où le Vatican et la congrégation des évêques jouent un rôle primordial et parfois même décisif.
Pour une partie de l’opinion française, et notamment pour les évêques de France, la France doit redevenir «la fille aînée» de l’Eglise.
Au-delà de cet enjeu propre à l’Eglise catholique, deux motifs majeurs sont invoqués par les manifestants: la famille et les droits de l’enfant.
Les organisateurs mettent en avant, comme mot d’ordre, moins l’hostilité au mariage gay –laquelle est, quoiqu’on en dise, le fond de l’affaire– qu’un rassemblement pour défendre la famille. Curieux tout de même, alors qu’il s’agit de faire droit à la demande de couples homosexuels qui, précisément, voudraient que la loi leur reconnaisse le droit de fonder… une famille!
Une famille, au-delà du sang et de la biologie
Mais en fait il s’agit en fait d’une méconnaissance et d’un refus de l’évolution de la parentalité.
Car nous vivons dans une société où il n’y a plus de famille nucléaire ayant valeur de norme. Où il existe des formes de pluriparentalité, où la filiation a cessé d’être exclusivement biologique, où la monoparentalité recouvre la réalité de couples homosexuels (j'en reparlerai plus bas).
Rappelons-nous que plus de la moitié des enfants qui naissent en France, pays où la démographie reste dynamique, naissent hors mariage.
L’évolution de la société devrait nous inviter à une vision élargie du lien de famille qui récuse la stigmatisation, ou pire, la «pathologisation» du foyer monoparental ou de la famille nucléaire homosexuelle.
Et il est extrêmement dommageable pour notre société d’opposer filiation biologique et filiation adoptive, hétéroparentalité et homoparentalité, liens du sang et liens du cœur, «vrais parents» et «faux parents».
Classification hélas courante, douloureuse entre toutes pour les enfants comme pour les parents concernés.
L'enfant est-il plus heureux quand il est abandonné?
On manifeste donc au nom du droit des enfants. En expliquant que ces derniers souffriront nécessairement d’être élevés par des parents homosexuels.
Si je comprends bien, au nom d’un malheur futur que l’on décrète certain –celui d’être un jour stigmatisé parce que fille ou fils de parents homosexuels– on s’assure que ces enfants resteront bien ce qu’ils sont, c’est-à-dire des enfants abandonnés ou, à défaut, placés.
Comme si le placement permettait, notamment sur le plan affectif, de construire au mieux une personnalité!
En réalité, une bonne partie de la société veut en rester à une conception exclusivement biologique de la famille. Et l’on ne peut pas détacher cette manifestation d’un courant médiatique de plus en plus hostile à l’adoption. On a même entendu Bernard Kouchner expliquer qu’au fond, l’adoption est condamnable car elle consiste à «prendre les enfants des pauvres pour les donner aux riches»! (c’est la thèse d’ATD quart monde, par principe hostile à l’adoption).
Au contraire, aucune théorie ni idéologie ne pourra jamais me convaincre que la persistance de l’abandon vaut mieux que l’adoption. On préfère donc voir des enfants placés dans des institutions ou des familles d’accueil plutôt que d’être adoptés.
Peuvent adopter aujourd’hui en France soit des couples mariés, soit des personnes célibataires.
Et notre hypocrisie nationale veut que l’on préfère s’abriter derrière le statut du célibat plutôt que d’accepter l’idée qu’il puisse s’agir, en fait, d’une personne vivant en couple homosexuel.
Le moins que l’on doive à leurs enfants, actuels et futurs, est de leur reconnaître le droit à une famille qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle.
Jean-Marie Colombani
» Tribunes, enquêtes, analyses sur le mariage pour tous: un dossier pour en parler
Mis à jour le 11/01/2013 à 15h36

















































Souffrez-donc que l'on ne pense pas comme vous, et que chaque matin j'écoute de la musique grâce à ces quatre techniciens courageux qui ont mit France Inter à genoux, et qui vous empêchent de diffuser vos idées avec lesquelles je suis en désaccord.
Vous savez comme moi que M Hollande n'a pas été élu par un élan du peuple : il a été élu de justesse face à un candidat très impopulaire. Le fait que la loi sur le mariage des homos - oh! pardon, du mariage pour tous - ait été dans son programme est anecdotique. Il s'est déjà allégé de nombre de promesses, par exemple celle de la taxation à 75% - nous avons tous compris que le texte a été mal rédigé exprès.
La majorité de la France est à droite. La majorité des français accepte que les homos, bi, trans et autres ait les comportements sexuels qu'ils souhaitent. Elle n'accepte pas que ces minorités imposent un changement de l'essence de la structure familiale sans que l'on en discute.
Il y a eu une grande mobilisation contre Sarkozy. N'avez-vous pas remarqué que ce n'est pas Hollande qui est impopulaire, mais le parti des bobos du Marais? Fillon n'a pas été impopulaire, ce qui posait problème à Sarkozy. A l'opposé, ce sont Hollande, Ayrault, Harlem et tous les autres qui sont en berne.
Il aurait fallu un débat. Il nous le refuse. C'est sans doute la fin du parti socialiste pour quelques décennies.
-
Vous ne savez pas si la majorité des Français n'accepte pas le mariage pour tous alors parlez en votre nom : cela suffit.
Que le projet de loi porte un coup à l'idée que vous vous faites de la famille c'est une chose, mais j'aimerai que vous m'expliquiez en quoi il "[impose] un changement de l'essence de la structure familiale".
Il me semble bien que Mr Colombani décrit à quel point la structure familiale a évolué ces derniers temps et d'après ce que je sais, qu'un couple (homo ou hétéro) applique sa signature en bas d'un contrat de mariage civil ne mettra pas la structure familiale dans un plus grand désordre que celui dans lequel elle se trouve déjà.
En ce qui concerne le débat, il me semble bien qu'il a lieu non ?
Bonjour,
Parfaitement d'accord avec vous;
Bien que Catho pratiquant et convaincu je trouve que l'Eglise Catho essaie " son coup de pied de l'âne" comme elle a su trop bien le faire pendant des siècles qui n' ont pas grandi son audience !
Il est heureux que la loi 1901/1905 nous ait débarrassé de l'emprise de cette église là !....celle des prélats et des clercs qui sont taraudés par la perte de leur pouvoir ...et voudraient le reconquérir ...bien que l'église soit le lieu de vie de Saints hommes plus nombreux que l'on imagine et hommes de terrain empathiques et doux ...
Merci à la IIIeme république malgré ses débordements en Laïcité ! : elle a sauvé les Français qui devaient choisir auparavant entre la peste et le choléra !
Bien à vous
Enfin un article sensé sur la question. Les milliers d'enfants élevés par des couples du même sexe attendent juste que l'Etat mette en conformité le droit avec leur situation sociale. Ils demandent seulement à vivre en paix avec deux parents. Cette affaire montre que la société est toujours en avance sur l'Etat. La société est plastique, elle s'adapte. L'Etat est toujours en retard.
Ce n'est parce que les mœurs évoluent qu'ils s'améliorent.
Il existe des évolutions vers la dégénérescence. Le mariage pour tous est emblématique d'une dégénérescence multipolaire:
Dégénérescence morale ( il faut lire le grand rabbin Bernheim)
Dégénérescence spirituelle (l'esprit de la loi sur le mariage sera aboli,le lien précieux entre les géniteurs et l'enfant sera supprimé)
Dégénérescence intellectuelle ( les mots sont vidés de leur sens)
Des résistances se font jour. Elles ne pourront que croître et s'organiser pour nous révéler que notre décadence n'est pas encore irrémédiable .....
Quoi que vous en pensiez et quoi que vous en écriviez, dès que l'on s'intéresse au "mariage pour tous" - si fallacieusement nommé pour troubler les esprits - tout le monde comprend, comme l'a proclamé madame Taubira le jour où elle a présenté le projet de loi, que : "C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation."
Car personne ne peut douter que si la loi est adoptée, la prochaine étape ne sera pas la PMA et la GPA qui, même à vous, semblent poser problème.
Quand M.Colombani écrit que ,dans cette affaire,l'Eglise cherche à récupérer son pouvoir temporel,y croit-il lui même ?J'en doute:il sait qu'on est maintenant très loin de tout cela et que l'Eglise c atholique(et les autres) s'accomode(nt) très bien d'une laicité vécue sereinement(pas la laicité de combat anti-religieux qu'on voit à nouveau à la manoeuvre depuis mai dernier).Par contre,que ne réfléchit-il pas à la capacité d'esprits "religieux"(qu'ils soient catholiques mais aussi bien sûr orthodoxes et mêmes protestants - ce qui était plus inattendu - mais encore juifs et musulmans à renoncer à accepter benoitement cette "avancée de civilisation".Comme si les esprits religieux,abreuvés à d'autres sources,formés à d'autres modes de pensée ,étaient mieux armés pour résister à l'ébouillage progressif de la grenouille ,que ceux qui ne respirent plus depuis trente ans que l'idéologie relativiste et subjectiviste qui amène chacun de nous à se concevoir exclusivement comme un simple individu "souverain" dans ses désirs("c'est mon choix !"),consommateur de biens ,de services,de modes de vie, d'idées même , malléable à souhait et...rien d'autre !
--Tout d’abord, l’argument de ‘’l’évolution des mœurs ‘’. C’est l’argument du Sens de l’Histoire, de la modernité et du progrès. Ainsi qu’une façon de traiter l’autre de ‘’réac’’.
Mais argument déjà réfuté : hors la technologie, le progrès n’existe pas.
Dans la sphère du politique d’abord. Le marxisme, dont Sartre disait qu’il était ‘’la philosophie indépassable de notre temps’’, et le communisme, dont on nous assurait dans les années ’60 qu’il allait gagner tous les pays de la planète, sont en voie de disparition. Léningrad est redevenue St Pétersbourg.
Et puis dans la sphère des mœurs ou de la morale ( métaphysique des mœurs pour E. Kant),où chacun sait que le progrès existe encore moins.
L’évolution vers le ‘’mariage homosexuel’’ ne peut s’assimiler à un progrès. En quoi le retour de la polygamie, inéluctablement induit, serait-il un progrès ? La digue ne saurait tenir longtemps, car au nom de quoi refuserait-on à une communauté fondée sur des préférences ou pratiques religieuses certains droits nouveaux que l’on accorde à une communauté fondée sur des pratiques ou préférences sexuelles ?
--Ensuite, l’argument ‘’ Sauf à faire de l’homosexualité une déviance…’’. Argument étonnant, car c’est celui du chantage à l’homophobie. Si refuser le ‘mariage gay’ revient à faire de l’homosexualité une déviance, le citoyen se trouve placé devant le choix binaire : soit accepter le ‘’mariage homosexuel’’,soit affronter la justice pour ce délit, récemment défini, d’homophobie.
--Ensuite encore, l’argument de ‘’l’Eglise en reconquête de son pouvoir’’ !
Argument caricatural, qui voudrait réduire l’opposition au ‘’mariage gay’’ à celle de l’Eglise catholique ! Et qui dénature la position de certaines religions, par exemple celle de l’Eglise anglicane ! Que M.Colombani se rende sur le site officiel de l’Eglise anglicane, et il verra dans la lettre de réponse de l’Archevêque de Canterbury à David Cameron que la position de l’église anglicane sur le ‘’mariage gay’’ est à peu près la même que celle définie par le Grand Rabbin Gilles Bernheim .
--Ensuite toujours, l’argument sur ‘’la famille au-delà du sang et de la biologie’’. Dans lequel M.Colombani, reprochant aux ‘’anti-mariage gay’’ leur méconnaissance de l’évolution de la parentalité, montre qu’il ignore jusqu’à la signification même du mot ‘parentalité’ ! Il semble ignorer que ce néologisme est très récent et fut expressément pour servir la cause de la communauté gay. Dans ‘’Structures élémentaires de la parenté’’ Lévi-Strauss ne parle jamais de parentalité, car celle-ci n’a jamais existé avant la revendication ‘gay’. La parenté, elle, a toujours existé, même déléguée. Le concept ‘’Homoparenté’’ étant impossible à forger (la parenté est nécessairement biologique), on a fabriqué ‘’homoparentalité’’ pour séparer le biologique du social. Mais M. Colombani ignore qu’il s’agit là d’une fausse ‘’monnaie’’, tout comme il ignore qu’elle est de fabrication récente. L’enfant de cette fausse parenté saura toujours que c’est dans le biologique qu’il retrouvera la vraie valeur de la monnaie.
Pour les raisons mêmes qui font du mot ‘’homoparenté’’ une contradiction intrinsèque, le mot ‘’hétéro-parentalité’’ apparaît pour ce qu’il est, une tautologie, car l’hétéro-parentalité, c’est la parenté, toujours hétérosexuelle. Tout comme l’autorité parentale est à la fois sociale et biologique, même lorsqu’elle n’est exercée que par l’un des deux parents.
--Et enfin, le dernier argument : en forme de question sur ‘’l’enfant plus heureux, abandonné ?’’ .
Argument suprême aujourd’hui, puisque compassionnel. Pour mettre fin ‘’à l’hypocrisie , il faut dénoncer comme autant de ‘’sans-cœur’’ tous ceux qui refusent la marchandisation de l’humain .
En résumé, la voilà ! Typiquement bien-pensante, l’argumentation de Jean Marie Colombani ! Il faut être ‘’moderne’’et ne pas ‘’stigmatiser’’, il faut ‘’bouffer du curé’’et ‘’vivre avec son temps’’. Enfin il faut ‘’aimer les enfants abandonnés’’ !
''...fut expressément créé pour servir...''
une erreur de frappe a pu rendre mon post précédent pu compréhensible:
Les naturalistes expérimentateurs (ils sont quelques uns au PS,semble-t-il) savent que pour ébouillanter une grenouille,il y a deux techniques:
la première est de la plonger dans une bassine d'eau bouillante (simultanément mariage"gay"+adoption+PMA+GPA+++) mais ça ne marche pas :la grenouille(l'opinion publique) a le ressort instinctif de sauter ausssitôt hors de l'eau bouillante.M.Colombani le reconnait d'ailleurs mais il écrit que vouloir tout cela à la fois serait"tout mélanger" alors que c'est le déroulement d'une implacable logique ...
la seconde méthode ,efficace et perverse,consiste à la plonger dans l'eau froide en élevant très lentement la température de l'eau jusqu'à ébullition;entre temps la grenouille s'est doucement endormie et ça marche !Sur la base du PACS de 1999(rétroactivement,je me demande maintenant s'il était aussi innoffensif que ça ...) on propose maintenant mariage"gay"+adoption,le gouvernement ayant reporté PMA(et plus encore GPA) de quelques mois au moins pour ne faire sauter brutalement la grenouille.Mais ça risque fort de ne pas marcher:entre temps la grenouille , pas bête finalement, s'est réveillée et se méfie(53% de l'opinion contre l'ensemble mariage"gay" + adoption).
Grenouilles(pas nécessairement de bénitier,d'ailleurs puisque nombres d'entre elles sont juives,musulmanes voire franchement "gaies",mes amies:vivement dimanche ,jour de sortie collective de la bassine d'eau ch
A l'instar du Nouvel Observateur de cette semaine, vous prenez une position franche et éclairée sur un événement social qui rentre dans la logique même d'une société moderne et qui, surtout admet - au delà d'idées ou clivages intimes et personnels - des valeurs qui sont celle de la démocratie.
Certains, qui semblent engoncés dans des idées qu'ils croient justes, continuent à vouloir mélanger, dans un pays où la laïcité a pris le pas sur des concepts trop longtemps inégalitaires, religion et état. D'autres n'hésiteraient pas jusqu'à réclamer une sexualité unique qui serait l'ordre du monde, celle qui devrait dominer l'entendement de tous, celle qui régirait les lois qu'ils disent naturelles, faisant fi en cela de milliers de siècles d'histoire au cours desquels la sexualité n'avait pas la moindre uniformité.
Après bien d'autres pays qui ont franchi le pas et devraient pour nous être l'exemple d'une véritable liberté de pensée, le notre, qui a pourtant éclairé une bonne partie de l'Europe sinon du monde pendant des siècles - voit les uns tirer à hue, les autres à dia, pour admettre cette notion d'une parité devant l'État à tous.
On pourrait sans doute penser que certains cris d'indignation, parfois même vociférations, sont avant tout d'essence politique... Mais est-ce utile de se poser la question ?
C'est la variété même de ceux qui ont constitué dans le temps et dans l'espace un pays qui en font sa richesse. Que cette variété soit ethnique, religieuse ou de toute autre nature. Gardons ce concept à l'esprit quand il s'agit d'une identité de droits pour tous ceux qui le composent.
Décevant de voir qu'un journaliste comme M. Colombani n'oppose pas d'arguments valables. Comme s'il ne connaissait pas les vraies raisons des opposants au mariage homo.
-l'évolution des moeurs n'est pas argument, ou bien faut il en conclure que quelqu'un d'intellgent comme M. Colombani n'a aucune conviction mais fait du suivisme sa seule conviction? La religion catholique, elle, s'appuie sur l'Ecriture et sur la Tradition. Ses convictions restent inchangées sur sa conception de la famille depuis toujours. Sa pensée ne change pas au gré des sondages.
-Les quelques pasteurs progressistes qui ont béni des unions ne constitue pas un argument face à la pratique générale. En outre ce n'est pas une Eglise hierarchisée. Pour finir aucun groupe n'est monolithique, certains curés sont pour le mariage gay et des homo sont contre le mariage, cela dit, le débat n'a pas avancé d'un pouce.
- En outre le code civil ne précise pas l'orientation sexuelle des mariés. C'est se tromper que de dire que sans mariage, les homos n'existent pas, ...ou alors c'est accepter de penser que tout ce que veulent les homo est une quelconque forme de reconnaissance. Doit on reconnaître toutes les différences dans la société? Et toute revendication est elle légitime parce qu'elle provient d'une minorité?
-la question de l'adoption que vous mettez en avant est une fausse question... puisque les homo veulent la GPA et la PMA. Et qu'on pourra adopter l'enfant de son conjoint. Alors cessez de nous faire pleurer sur le sort des enfants abandonnés et malheureux qui hors de France sera de plus, extrêmement difficile.
-enfin, il aurait intéressant que vous expliquiez pourquoi"
il est extrêmement dommageable pour notre société d’opposer filiation biologique et filiation adoptive, hétéroparentalité et homoparentalité, liens du sang et liens du cœur, «vrais parents» et «faux parents»." car c'est le coeur du sujet. C'est à dire deux conception de la famille qui s'opposent.
Je crois résolument que les religions se trompent en tentant de s'opposer au mariage de personnes de même sexe. Elles seraient dans leur droit s'il était question de les contraindre par la loi à tenir des cérémonies religieuses. Or dans ce cas, il s'agit d'une cérémonie civile qui sert à entériner un contrat entre deux deux personnes : le mariage civil est une protection juridique qui fixe les droits et le devoirs de chacune des parties contractantes, tout comme un contrat d'assurance auto, d'assurance habitation, un contrat de location, que sais-je encore. La question se pose différemment lorsqu'on envisage la possibilité d'adoption, de PMA, voire de GPA : cela relève d'une espèce de droit à l'enfant et mérite plus ample réflexion : en effet, pour ce qui me concerne, si je suis résolument pour le droit DE l'enfant,je me pose davantage de questions sur le droit À l'enfant. Mais rien de tel ne figure dans le projet de loi. Alors, va pour le mariage pour tous.
Que les homosexuels soient libres de vivre leur vie en menage, c'est deja acte. Qu'ils puissent celebrer leur union est deja possible.
Mais, il me semble que la reforme ne concerne pas cela mais soit essentiellement un probleme d'optimisation fiscale: quotient familial et droits de succession.
Appeler cette loi mariage pour tous n'est meme pas vrai:
Le mariage reste, par exemple, interdit par la loi pour les freres et soeurs par exemple (risque reproduction) ou parents et enfants.
Avec l'adoption de la PMA et de la GPA, on ne comprend pas pourquoi le mariage resterait interdit entre frere et soeur (avec interdiction de procreer pour limiter les risques de degenerescence?) ou entre parents et enfants. Liberte pour tous! Mariage pour tous! Optimisation fiscale pour tous! ...
Pourquoi refuser aux freres et soeurs et aux parents et enfants les memes benefices fiscaux qu'a tous les autres?
Plus serieusement, pour cause d'absence de lobby puissant, aucune loi n'est prevue pour le probleme de transmission d'heritages pour les familles recomposees (impact fiscal du deces de l'un avant l'autre sur les enfants issus de premiers mariages).
Quant au PMA et GPA, il s'agit probablement d'une mesure de relance de la croissance et d'adaptation a la globalisation. Maintenant que le traffic d'ovocytes et la location de ventres est autorisee dans certains pays, il serait idiot de laisser delocaliser ces activites potentiellement tres lucratives et generatrices de PNB dans les seuls pays permissifs. Certes, il sera difficile d'etre competitif avec le cours de l'ovocyte en Ukraine (100€ d'apres le Monde), mais pour la location de ventres et les activites commerciales et medicales associees (rentabilite accrue si remboursement par la secu?), il est probable que les candidats prefereront peut etre acheter Francais. On pourrait aussi gagner quelques marches a l'exportation en developpant ces activites par de belles campagnes promotionnelles ("pas pire que le tabac"...). Si on ne le fait pas, d'autres le feront!
En considerant toutes les derives possibles avec ces reformes, a t'on prevu de tenir compte du principe de precaution?
A t'on prevu aussi de reformer les lois de nullite du mariage s'il n'est pas consomme? La definition de la "consommation" est il defini dans la nouvelle loi?
Par ailleurs, le legislateur a t'il prevu de nouvelles mesures fiscales afin de compenser le manque a gagner sur le quotient familial et les droits de succession? Une augmentation des charges des entreprises afin de financer, le cas echeant, le remboursement du PMA et du GPA afin de ne pas reserver ce droit fondamental aux seuls foyers aises?
Le sujet nous semble complexe... Mais il me semble que la (les) loi(s) envisagee(s) aient plus a voir avec des raisons fiscales, economiques, electoralistes et de lobbies puissants qu'avec une politique familiale ou une politique fiscale plus juste...
Et pourtant, nous descendons tous de «l'Homo erectus» Ben quoi, j'ai dit quelque chose de mal???...Cela-dit, merci monsieur Colombani de nous rappeler que nous vivons avant tout dans un état laïque et ecoeuménique à la fois, où même si le respect des sensibilités est de rigueur; c'est l'être humain avant-tout qui devrait prévaloir ici dans toutes ses dimensions, aussi complexes soit-t-elles, dans toutes ses multiples composantes, et non pas offert à un réductionnisme aussi intellectualisé soit-il, prophétisé par certains(es) au nom de convictions personnelles d'obédience purement dogmatique, mais non au nom de la connaissance de l'autre grâce à la tolérance et à la recherche improbable de la vérité: Que l'église reste à sa place.
Monsieur,
votre article a le mérite d'être d'un certain côté "apaisant" pour ce débat.
Je souhaiterai juste attirer votre attention que l'adoption est un faux débat.
En france aujourdhui selon les statistiques, il y a 2500 enfants "disponibles" à l adoption, et la moitié de ceux là etant deja en famille d'acceuil avec une procédure ouverte.
Nous avons donc un "stock" (mot peu agréable j'en conviens, foutu jargons de spécialistes!) d environ 1000 - 1500 enfants.
C'est bien évidemment toujours trop, mais le constat est quand même le suivant:
- peu d'enfants à adopter en france
- de moins en moins ("grace" à l IVG entre autres)
Sans compter que sur ces 1000 - 1500 enfants restant, une grande partie d entre eux sont grands et/ou handicapés.
Le fait est que les parents souhaitant adopter préfèrent pour de multiples raisons en général des enfants jeunes et en bonne santé, cette question est un faux débat, l'adoption est TRES compliquée pour des parents aujourdhui. (quelle que soit leur sexualité)
Enfin, pour l'adoption à l'étranger, les lois du pays tiers seront toujours supérieures aux lois françaises (et c'est normal), le projet de loi qui anime la France depuis quelques semaines, ne créera aucune égalité sur la question des enfants, dès lors que l'on n'aborde pas les questions de PMA ou de GPA.
Ces 2 questions là étant bien plus complexes (j y suis opposé bien que favorable au mariage pour les gays), je trouve que la "solution" de Mr Hollande de séparer les problématiques est une tactique d'enfumage un peu étrange qui ne proposera pas d'égalités aux homosexuels et qui ne fait qu'attiser des tensions.
Si on veut améliorer la vie sur Terre et diminuer la souffrance et la misère, il faut diminuer de façon drastique les naissances et donc autoriser de multiples parents adoptifs de sexe quelconque pour chaque enfant, afin que chacun puisse s'impliquer s'il le désire dans l'éducation et le bienêtre d'un enfant. Un enfant n'appartient à personne, même pas à sa mère puisque personne n'appartient à personne, personne n'est l'esclave de personne.
En démocratie, en France plus particulièrement, les femmes ont des enfants si ça leur chante. Elles veulent 10 enfants, 20 enfants, elles les font si leur propre corps le supporte et si les enfants arrivent à terme.
Un(e) homosexuel(le) peut être parent si ça lui chante. La société et la religion ont parfaitement accepté ce fait.
Qu'est-ce que le mariage pour tous? Un engagement devant la société de plusieurs personnes (deux ici en l'occurrence) pour assurer le bien de l'enfant. Qui a-t-il de mal de prendre un engagement social pour assurer le bien de l'enfant? Est-ce que les cathos reprochent la demande de contrat ou bien est-ce qu'ils reprochent aux femmes d'avoir des enfants quand elles le décident, à leur convenance? Qu'ils le disent!