Diminuer le nombre de tués sur les routes, c'est encore possible?
L’objectif de faire reculer l’insécurité routière à 3.000 tués en 2012 n’a pas été atteint, malgré une sensible amélioration en 2012. La répression a été plus efficace que la prévention, mais les deux doivent se compléter. Car les comportements doivent changer.
- Accident en 2004 dans le sud de la France.REUTERS/Regis Duvignau -
Il n’est pas de risque mortel plus banalisé que sur la route. Même si la Sécurité routière révèle pour 2012 une baisse de l’ordre de 6% en un an du nombre des tués, le bilan est difficilement passé au-dessous des 4.000 victimes pour la France seule. Et on doit en déplorer environ 31.000 à l’échelle européenne, pour 1,3 million de tués sur les routes dans le monde, selon la Fédération internationale de l’automobile.
Certes, en quarante ans, la mortalité automobile en France (17.000 tués par an au début des années 70!) a été divisée par quatre, et même plus l’an dernier. Et le nombre de tués depuis 2010 a baissé de moitié par rapport à son niveau de l’an 2000. La nouvelle politique de sécurité routière initiée en 2002 à grands renforts de communication par le gouvernement Raffarin avec Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur pour l’orchestrer a eu des résultats spectaculaires.
Elle a marqué les esprits et s’est concrétisée par le déploiement des premiers radars (on en comptera 4.000 fin 2013 après l’installation de 200 appareils cette année). En deux ans, le nombre de tués sur les routes de l’Hexagone avait alors baissé de 28%.
En fait, même si on peut le déplorer, la répression paie plus en matière de sécurité routière que la prévention. A chaque décision préventive, la répression monte d’un cran. L’obligation de boucler la ceinture de sécurité ou de porter un casque (1973), la limitation de la vitesse (1974), la lutte contre l’alcoolémie (à partir de 1983) et l’instauration du permis à points (1992) ont été suivies à chaque fois d’une baisse de l’insécurité routière.
On pourra pinailler en soulignant qu’une diminution du nombre des tués avait été enregistrée avant même le déploiement des premiers radars… Il n’en reste pas moins que la crainte du flash des mouchards fixes et mobiles incite à lever le pied ou à moins tirer sur la poignée des gaz. En dix ans, la vitesse moyenne en France a baissé de 10%. Et il a suffi d’alléger un peu le dispositif du permis à points début 2011, en réduisant le délai pour récupérer des points ôtés pour de petites infractions, pour que le nombre de tués sur la route reparte à la hausse pendant quelques mois.
La peur du gendarme fait reculer l’insécurité routière, mais ses résultats sont malgré tout insuffisants et elle ne dispense de persévérer dans la voie de la pédagogie. Car avec 64 tués par million d’habitants, la France obtient de bien piètres résultats lorsqu’on la compare en Europe à la Suède et au Royaume-Uni où la route tue deux fois moins, constate la Sécurité routière. En Allemagne, on déplore 45 tués par million d’habitants. Et l’Espagne, longtemps plus mauvaise que la France, enregistre maintenant un niveau de risque plus faible.
Il faut balayer toute idée de fatalité. Mais l’objectif affiché en 2002 de ne pas dépasser 3.000 tués en 2012, n’a pas été atteint. La Suède, elle, est bien plus ambitieuse: objectif «zéro victime». Tout dépend du prix que l’on attache à la sécurité en regard des symboles qui sont attachés à l’automobile, sans parler du coût – de l’ordre de 24 milliards d’euros par an en France – des accidents de la route pour la collectivité.
Réinventer la lutte contre l’alcoolémie et la vitesse
Les statistiques de l’insécurité routière mettent en exergue les facteurs les plus accidentogènes. L’alcool est responsable d’un accident mortel sur trois, c’est la première cause de mortalité routière, martèle la Sécurité routière. Et un accident mortel sur cinq est due à une infraction liée à la vitesse. Les campagnes de sensibilisation se multiplient. Mais sont-elles encore suffisamment efficaces? Car les messages semblent se banaliser et, malgré toutes les mises en garde, les causes persistent. La lutte contre l’insécurité routière cherche un second souffle.
Les chiffres de l’Insee permettent d’identifier les pistes sur lesquelles concentrer les actions de prévention. Si 70% des accidents corporels ont lieu en agglomération, ils ne sont responsables «que» de 27% des tués. C’est donc hors agglomération, là où les vitesses sont plus élevées, que la mortalité est plus grande. Notamment pour les motocyclistes, qui ont représentés 24% des tués et 32% des blessés en 2011.
La formation au pilotage des «gros cubes» est devenue, avec le temps, de plus en plus sélective tant dans la pratique que la théorie. Mais les constructeurs ont exploité une faille dans la réglementation pour contourner ce durcissement du permis moto. Ils ont lancé sur le marché des bolides à trois roues de grosses cylindrées, sans limitation de puissance et qui peuvent être pilotés avec des permis voiture et une formation plutôt succincte. Simplement parce que l’écartement des roues avant est supérieur à 46 cm et que ces engins n’entrent plus dans la catégorie des motos. C’est un signal en contradiction avec les principes d’une plus grande sécurité routière.
La lutte contre l’alcool au volant cherche aussi à se relancer, notamment auprès des jeunes. «L’alcool intervient dans 40% des accidents mortels qui touchent les jeunes de 18 à 24 ans», commente Frédéric Péchard, délégué interministériel à la sécurité routière. La réduction à zéro du taux d’alcool autorisé pour les conducteurs de cette tranche d’âge est à l’étude. Reste à savoir si cette interdiction radicale peut être efficace. Même des associations de lutte contre l’insécurité routière sont sceptiques. Pourquoi l’alcool au volant chez les jeunes fait-il moins de ravages en Grande-Bretagne et en Allemagne, alors que le taux d’alcoolémie autorisé n’est pas inférieur à son niveau actuel en France?
Le vrai défi consiste plutôt à faire appliquer la loi telle qu’elle existe aujourd’hui. D’où la multiplication de contrôles de police ciblés à la sortie des discothèques hors agglomération. Et les campagnes de prudence se multiplient, car c’est bien la sensibilisation des jeunes aux dangers de l’alcool au volant qui doit progresser.
Structurer la prévention routière à l’école
On n’en finit plus de concocter des projets que les défenseurs de l’automobile et de la moto qualifient de liberticides et auxquels ils s’opposent, comme l’obligation d’équiper les véhicules d’éthylotests anti-démarrage. Il est vrai que les pouvoirs publics semblent parfois s’affranchir de leurs responsabilités à peu de frais, en abaissant abusivement les vitesses de sorte que les limitations ne sont plus respectées, ou en voulant obliger les motards à porter des vêtements auto-réfléchissants alors qu’ils réclament des infrastructures adaptées à la pratique du deux-roues et au partage de la voierie avec les automobilistes.
La collectivité gagnerait plus à renforcer la sensibilisation des jeunes en milieu scolaire, jusque dans les programmes. En étudiant les messages en fonction de l’âge pour développer une culture de la sécurité routière. S’agissant de sécurité, cette sensibilisation trouverait sa place dans le cadre de l’instruction civique… ce qui supposerait que celle-ci soit également réhabilitée.
Bien sûr, la Prévention routière développe déjà des actions tant auprès des enfants que des enseignants. Mais elles sont ponctuelles, et insuffisantes. Car rien ne pourra remplacer, dans la lutte contre l’insécurité routière, le changement des comportements. Ceux qui se forgent dès l’enfance et l’adolescence.
Gilles Bridier
Mis à jour le 22/01/2013 à 3h22















































Bonne année, Monsieur Bridier, et qu'elle se passe en toute sécurité sur nos belles routes.
Votre article touche une nouvelle fois un nerf à vif chez nos compatriotes, simples citoyens ou élus.
Quelques observations rapides :
1) La question de l'implication de la vitesse *et* de l'alcool me semble parfois difficile à identifier clairement. C'est plus particulièrement le cas lors d'accidents causés principalement par l'ivresse au volant, mais dont la première manifestation reste celle d'une vitesse excessive. Lorsque des (jeunes) gens (souvent) prennent la route en état d'ivresse, il est très fréquent qu'ils roulent trop vite. Dès lors, l'inévitable accident est-il dû à la vitesse ou à l'alcool ? Juste une clarification statistique/diagramme de Venn.
2) Vous insistez à juste titre sur la nécessité de calibrer et de distribuer les messages en vue des publics visés. Cela me semble essentiel. Les jeunes étant statistiquement surreprésentés parmi les victimes de la route, ils doivent recevoir une dose de communication proportionnelle à cette surexposition au risque. Mais le reste de la population "roulante" ne doit pas s'en tirer à si bon compte. En effet, l'automobiliste/motard moyen prenant de l'âge, un problème commence à apparaître, au moins au travers de mes observations empiriques, sous la forme des mauvaises habitudes prises tout au long de 10, 20, 40, parfois 60 ans de conduite. Qu'il s'agisse d'erreurs anodines ou plus graves, elles s'accumulent.
Dès lors, pour changer les mentalités, il me semble vital de changer radicalement notre approche de la formation des conducteurs/motards. Aujourd'hui, un adolescent de 18 ans peut obtenir son permis, et ne plus jamais être évalué pendant les 60 années qui suivent. Alors qu'il va passer ses 10 premières années de conducteur dans la zone rouge des risques d'accident, avant de s'assagir, puis d'oublier progressivement nombre de leçons pourtant primordiales apprises à l'école de conduite.
Les voitures d'aujourd'hui sont tout simplement incomparables aux productions des années 1990 en termes de sécurité (distances d'arrêt au freinage, précision/répondant des commandes, capacité de reprises, etc.) que d'efficacité (l'effort de concentration nécessaire pour tenir une trajectoire à 130 km/h est bien moindre aujourd'hui qu'il y a 20 ans). Sur la même période, les limitations de vitesse sont allées dans le sens inverse de la performance.
Je pense donc qu'il faut beaucoup plus que 20 heures de conduite en auto-école avant de pouvoir passer le permis. 50 me paraîtraient beaucoup plus raisonnables, pour vraiment comprendre la *technique* de conduite - freinage, trajectoire, évitement d'urgence, etc. De même, un rafraîchissement des connaissances de quelques heures (peut-être 6) en auto-école tous les 5 ans permettrait de corriger les mauvaises habitudes prises. Contrôles se rapprochant à partir de 65 ans.
Dès lors, on pourrait envisager de faire gagner de l'efficacité au système routier en exploitant infrastructure et véhicules de manière plus cohérente.
CE ne sont pas les heures à l'auto-école qui nous apprennent à conduire. Passer de 20 à 50 heures minimales, comme vous suggérez serait surtout une bonne nouvelle pour le lobby des auto-écoles, et une mauvaise pour ceux qui ont à financer leur permis. L'article fait allusion à la Grande-Bretagne qui s'en sort moins mal que nous: dans ce pays, on passe son permis après avoir appris en conduire en famille, et pour le prix de la taxe un examen est passé, et voilà, ça coûte presque rien et ça évite au pays d'avoir un lobby d'auto-école qui fasse pression pour de fausses bonnes raisons. C'est dans les mentalités que le latin est à corriger, et là, vaste programme! Le jour où notre économie se libérera de ces 'professionnels du péage obligatoire' (les auto-écoles, les opérateurs de téléphone faussement concurrents, les sociétés d'autoroute, etc) on aura peut-être les moyens de développer une économie vraiment dynamique, mais je digresse.
Quelle hypocrisie dans tout cela! Plutôt que de dépenser des fortunes en radars, contrôles, etc., , de taxer abusivement les conducteurs, deux mesures simples pourraient faire réellement chuter le nombre de victimes et le faire tendre vers zéro :
- arrêter de fabriquer et de vendre des voitures et motos toujours plus puisantes, et... de plus en plus inutilisables.
- casser le mythe "sportif" des véhicules. Tant que des F1 et des Loeb existeront, tant que voitures et motos se serviront de l'image de la compétition, jeunes et moins jeunes se l'accapareront.
Des véhicules limités en matière de poids/puissance et de vitesse maximale, outre qu'ils auraient un effet bénéfique sur la pollution, seraient le seul moyen d'en finir avec les accidents.
Mais qui aurait le courage politique et économique de prendre de telles mesures, dans un système où il importe avant tout de pousser le citoyen à consommer, et où le coût financier, même élevé, des accidents provoque en fait... une hausse du PIB, vu le mode de calcul de celui-ci!
C'est toute cette société post-industrielle polluante et productiviste qu'il faudrait changer! Le reste n'est que poudre aux yeux!
Même si la vitesse à une part non négligeable sur le nombre de mort sur les routes, cela n'implique pas que tous les accidents de la circulation soient le resultat de voitures puissantes. La majorité de la population ne roule pas avec ce type de vehicule. De plus il n'est pas nécessaire d'avoir un bolide pour pulvériser les limites de vitesses. N'importe quelle voiture normale peut rouler à 130 km/h sur une route limitée à 30, 50 ou 90 km/h. De plus, beaucoup de gens qui achètent de puissantes voitures (souvent chères) sont des gens ayant une/des responsabilité(s) professionelle et/ou familliale, et respecte autant le code de la route que les autres usagers. Autre point, ces voitures puissantes contribuent à l'industrie automobile. Que se soit sur le plan économique ou sur le plan technique.(bon nombre de technologies visant à améliorer la sécurité proviennent directement ou indirectement de la compétition.) Enfin, il y'a des lieux adaptés à ceux qui aiment la vitesse, comme les circuits autombiles.(même si pas assez nombreux pour que tout le monde puisse en profiter)
Donc plutot que d'interdire ces engins qui ne sont pas aussi diaboliques que vous semblez le penser, je préferai former tous les usagers de la route aux situations d'urgence (comme c'est un peu le cas pour le permis moto) ,en leur apprenant à connaitre leur limites ainsi que celles de leur véhicules ,du terrain ,de la météo et du traffic, à savoir gérer leur vitesse (pas forcement très grande), à savoir estimer la vitesse et la trajectoire des autres usagers, à anticiper. Et pourquoi pas forcer ceux qui veulent acheter de puissantes voitures/moto à faire des formations supplémentaires afin qu'ils puissent mieux controller la puissance de ces véhicules. Mais l'interdiction pure et simple, est à mon sens, largement liberticide, contre productif concernant la mortalité routière et complétement utopique.
Il commence mal cet article, parce que justement, les accidents de la route sont tout sauf banalisés. On ne parle que de ça à la télé, dans les journaux, à la radio... Pas une semaine ou même un jour sans qu'on en parle !
Par contre, les 60.000 morts dus à la cigarette, ça on en n'en entend pas souvent parler...
Pascal.
Les médias, c'est vrai, parlent souvent de l'insécurité routière. Mais si on doit déplorer plusieurs milliers de tués chaque année sur les routes, c'est que la collectivité accepte d'une façon confuse ce sacrifice. Question de culture collective, de la place de l'automobile dans cette culture et des valeurs qui lui sont associées. C'est en cela qu'il existe une banalisation.
Bonjour,
Vous avez assez bien résumé l'évolution des choses depuis des décennies : baisse drastique du nombre de victimes, à tel point que la route tue aujourd'hui 5 fois moins que la maison (eh oui !), au prix d'un contrôle policier omniprésent (radars...). Vous vous interrogez à juste titre sur les moyens de faire baisser ce qui est le noyau résistant du danger au volant : les jeunes alcoolisés.
Voici mon témoignage : j'habite depuis 13 ans une ville de l'ouest francilien où sévit une sorte de harcèlement croissant au quotidien, rançon de ce déploiement policier que vous évoquez : 135 € d'amende si votre plaque d'immatriculation a un éclat, 135 € d'amende si vous contournez un véhicule en train de se garer etc. En revanche, vivant dans un quartier noctambule où 365 jours par an, c'est tous les jours à 3h du matin dégradations, tapage nocturne, rixes, tentatives de viol... avant d'aller rejoindre son véhicule avec 2g dans le sang. Et là ? Pas un policier en vue bien sûr. Que ce soit à titre préventif ou à titre répressif...
Tout d'abord, merci pour cette analyse.
Je me permets de réagir également, tout d'abord pour LinoVentura : le fait d'avoir le permis de conduire est, nous le savons tous, uniquement le premier pas ; en effet, nous ne savons pas réellement conduire lorsqu'on a son permis de conduire, on a le droit de continuer à apprendre, mais sur la route ...
Par exemple, j'ai pu me rendre compte que la formation du permis moto est bien plus exigeante que celle du permis voiture ; on nous y forme, notamment (surtout ?) à réagir en cas de problème, contrairement au permis B, où, au fond, on ne nous forme qu'à rouler.
Il serait peut-être judicieux de former les automobilistes à esquiver, à savoir déraper, enfin que sais-je ? Mais pas uniquement à se positionner sur la route, en somme.
Le problème est qu'on ne peut pas, surtout en période de crise comme actuellement, augmenter le nombre d'heures de conduite en auto-école : le prix du permis passerait mécaniquement d'environ 1 500€ à plus de 3 000€ !!
Par contre, je suis plutôt d'accord avec BrunoFischer : pour la lutte contre la mortalité routière (tout comme pour la lutte contre le tabac d'ailleurs, mais c'est un autre sujet ...), il faudrait cesser l'hypocrisie : si l'état interdisait concrètement la commercialisation des véhicules qui ne peuvent QUE rouler plus vite que la réglementation, par ex., si on cessait cette hypocrisie, ce serait LE bon message.
Regardons par ex. les motos : depuis des années, on a bridé en France la puissance des motos ... he bien bridons les voitures aussi !
Limitons la vitesse atteignable par tous les véhicules à, disons 140 km/h, et le rapport poids/puissance ...
Ce ne sont que des pistes, mais à un moment, il faut prendre ses responsabilités : on ne peut PAS dire vouloir lutter contre des comportements dits "à risque" et autoriser les fabricants à produire des véhicules (pareil pour la clope hein) qui nous font exploser les règles en 3ème ...
Je suis entièrement d'accord avec vos propositions. Tout simplement parce qu'elles sont très similaires aux miennes. :-)
Lorsque vous suggèrez qu'il faudrait apprendre aux "automobilistes à esquiver, à savoir déraper, enfin que sais-je ? Mais pas uniquement à se positionner sur la route, en somme.", vous parlez bien de ce que je nomme la technique de conduite. Savoir tenir un volant et utiliser des pédales, en gros.
Hors, la maîtrise de ces techniques ne s'improvise pas. Elle est le résultat d'une formation bien plus poussée que ce qui est demandé aujourd'hui pour obtenir le permis, réclamant bien plus d'heures d'auto-école, sur plateau ou sur circuit, pour apprendre à contrôler un véhicule en situation d'urgence, ou à vitesse élevée (bien au-delà de 130 km/h).
Cette formation a bien entendu un coût, plus élevé que ce qui est facturé aujourd'hui aux candidats au permis B. La seule question est de savoir qui supportera ce surcoût : automobilistes via une tarification routière adaptée ? Contribuables (y compris les employeurs exigeant le permis à l'embauche) ?
Sans remettre en cause la volonté de diminuer le nombre de mort liés a la circulation, je me pose depuis quelques années la question des chiffres.
En effet, même si la mortalité a fortement baissé depuis les années 70, jamais ce chiffre n'est ramené aux nombres de kilomètres parcourus (nbre de mort par km), ni aux efforts consentis sur les infrastructures de transport en commun.
Il me semble, que le transport automobile a subi une forte explosion depuis les années 70 (accès plus aisé, augmentation du trajet domicile-travail, hausse des transports de marchandise), et que dans le même temps la mortalité baissai fortement.
De plus il me semble que cela serai un facteur cohérent de comparaison au niveau européen, le nombre de véhicule en transit l'été sur les routes de France ne se trouve ni en Angleterre, ni en Suede
Si l'auteur dispose de ces chiffres, et de leur évolution, je suis preneur
Tous les points que vous soulevez sont intéressants pour compléter l'analyse. Une partie des données brutes sont disponibles sur le site du ministère des Transports (MEEDAT) une autre sur celui de la Délégation à la sécurité routière. Reste que, même si rapportée par exemple aux kilomètres parcourus, la situation s'améliore, le bilan brut du nombre de victimes n'en est pas pour autant plus supportable.
La seule solution est de remplacer le conducteur... Par un robot. Ou du moins par une voiture automatisée. Ne rigolez pas, les tests sont en cours et vont même parfois plus loin (cf : http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/la-voiture-sans-pilote-passe-une-vitesse-de-plus-en-californie_339967.html)
C'est la seule et unique condition pour que la route ne tue plus, ou n'estropie plus. Ou n'endeuille plus des milliers de familles. Bref, pour que la route redevienne ce pour quoi elle est faite : aller d'un point A à un point B. Avec des voitures automatisées, on peu imaginer des salons roulants, et donc des voyages plus sympas au final (on pourra jouer avec les enfants ou ses amis, discuter sans être obligé de rester concentrer, mais aussi picoler, se droguer, faire l'amour..... sans aucun risque pour soi et les autres !)
Le plaisir de conduire ? Allez sur un circuit !
Peut-être qu'un jour on en arrivera là...
Pour ma part j'espère que non. Si je ne suis pas contre avoir la possibilité de laisser conduire un robot ou ma voiture à ma place lors de certains déplacements, le plaisir de conduire ne signifie pas forcément rouler vite. Et si j'adore rouler vite sur circuit , j'aime aussi me promener et découvrir de nouveaux paysages en voiture ou à moto.
Sans liberté et rêves, nous ne sommes nous même que des machines...
De plus si il y'a déja des prototypes de voitures automatisées, ce concept me parait beaucoup plus difficile à mettre en place pour d'autres catégories de véhicules comme les motos.
Si je suis globalement d'accord avec vous concernant la formation (car la prévention passe par là plus que le nombre de policier sur la route), Je ne peux m'empecher d'avoir des doutes concernant votre avis sur les véhicules puissants.
D'abord parceque ces véhicules (contrairement à ce que vous dites), peuvent tout à fait respecter les limitations de vitesse. En effet, c'est le pilote qui choisit ou non de rouler à telle ou telle vitesse, pas la voiture. Donc si il est vrai que l'on ne peut pas mettre n'importe quelle voiture puissante entre toutes les mains (surtout à quelqu'un d'inexperimenté), les interdires pénaliserait la majorité des possesseurs qui eux respectent le code de la route.Et comme je le disais à BrunoFischer (voir plus haut), il n'est pas nécessaire d'avoir une voiture puissante pour faire de grand exces de vitesse, n'importe quelle twingo peut rouler à 130 sur des routes limitées à 30, 50 ou 90 km/h. (les autoroutes ou la limitation de vitesse est à 110 ou 130 ne sont pas les routes les plus accidentogènes)
Concernant le bridage des 2 roues, beaucoup de motards les débrident même si c'est illégale. De plus 100 chevaux sur une moto est largement suffisant pour se tuer ou tuer quelqu'un d'autre. (pas besoin d'avoir une moto de 180 ch.) Je vois aussi beaucoup de comportement dangereux de la part des pilotes de petites cylindrées (50cc à 125cc) et même si les pilotes de grosses cylindrés ne sont pas tous des anges, ils sont généralement plus au courant des risques qu'ils encourent que ceux qui n'ont pas eut le permis gros cube. Au sujet des accidents de 2 roues, il faut savoir que dans 2 accidents sur 3 impliquant un tiers, le deux-roues n'est pas responsable (d'après les statistiques ).Il apparaît aussi que les détenteurs du permis auto uniquement apprécient rarement correctement l'approche d'un deux-roues contrairement à ceux qui sont en automobile mais disposent néanmoins du permis moto. Donc peut-être faudrait-il insister aussi sur ce point lors du passage du permis auto.
La route appartient à tous (jeunes, vieux, femmes, hommes, motos, voitures, camions) apprenons à nous connaitre les uns des autres, et à se connaitre soit même , à connaitre nos véhicules et ceux des autres, (beaucoup de gens n'ont pas conscience que l'on ne freine pas ou que l'on accélère pas de la même façon en moto, voiture ou camion.)
Ce n'est pas à l'Etat ou aux constructeurs automobile de prendre leurs responsabilités. C'est à chaque usager de la route de le faire. Interdire tel ou tel véhicule n'est pas la solution dans la mesure où la quasi totaité de la production automobile et moto est capable de toutes les infractions qu'on peut leur reprocher.
@rhKill
Bien compris.
Mais je ne suis pas sûr que le lobby, bien réel, des auto-écoles ait quoi que ce soit à voir avec la difficulté que rencontrent beaucoup de nos concitoyens à respecter les autres, la loi, et le simple bon sens.
Vivant dans un pays pratiquant la méthode britannique d'apprentissage de la conduite ("tout en famille", y compris l'incompétence et les mauvaises habitudes), je peux vous assurer que le résultat n'est pas franchement emballant. Alors oui, le nombre de victimes par million de véhicules-kilomètres est inférieur à celui de la France (mais de peu), mais ce résultat est attribuable exclusivement à une communication et à un appareil repressif visant purement à déresponsabiliser les conducteurs.
J'entends par là que l'avalanche de règles, signaux, aides à la conduite et communication "victimisante" fait tour pour que l'initiative technique, la réponse à l'imprévu et le simple bon sens soient extraits de l'équation.
En revanche, les comportements agressifs (drag racing) et, tout aussi grave, la polychronie au volant (téléphone, sms, navigation par satellite, café, sandwich, lecteur de DVD pour les enfants, bref, toutes les distractions possibles et imaginables) sont ultra répandus. Vous ne pouvez pas voir un feu passer au vert sans qu'un abruti ne fasse fumer les pneus de sa propulsion à moteur de 5 litres (et essieu rigide) ou que la moitié des conducteurs autour de vous ne tripotent leur gadget électronique.
Les gens ont peur des radars et des alcootests, mais ne savent pas vraiment conduire. Ici, la plupart des gens ne savent même pas ce qu'est un angle mort et ne connaissent pas les fondamentaux de la technique de freinage. Laisser l'apprentissage de la conduite entre les mains de parents ne sachant pas eux-mêmes conduire ne me paraît franchement pas satisfaisant.
je souhaite juste reagir effectivement le nombres de mort direct sur la route ai en baisse merci a la technologie mais ne sont pas comptabilisé le nombres de deces survenue a l'hospital qui eux ne rentre pas en compte sur le nombres de tué de la route?je ne serais pas supris de voir a la place des chiffres largement en hausse
La réglementation actuelle me parait largement suffisante... pour la simple raison qu'être pris en défaut par les forces de l'ordre relève de la malchance....
Il n'y a qu'à voir la dernière réforme, facilitant la récupération de point... une sorte de tolérance aux petits excès de vitesse en somme... et cette réforme venait d'un camp politique portant réputé pour sa sévérité et le zero tolérance pour les petits délinquants...
Sarko a réussi à casser les comportements routiers grâce à un courage politique et les radars automatiques... Il y a eu un vrai effet.. alors que les radars sont dument signalés... c'est bien en effet lié à la prise de conscience....
Je crois qu'il reste une étape : l'application des lois avec intransigeance...
Encore faudrait il que les lois soient intelligentes...
- parler de vitesse excessive, plutôt que de limitation déconnectée des conditions de trafic... exemple : 90km/h sur une petite route de campagne il il est difficile de se croiser.... et 110km/s sur une 2x2 voies avec peu de circulation un jour de beau temps.... Sur l'autoroute, la notion de vitesse variable est facile à mettre en place...
- parler de distance entre les véhicules, est plus importante et pertinente encore que la vitesse en elle même..
- parler d'effets incompatible avec la conduite, plutôt qu'interdiction partielle et stupide... interdire la conduite sous les effets de l'alcool, des médicaments et des drogues parait raisonnable et compréhensible... pas celle sur la simple présence d'un marqueur indiquant que la personne a fumé du cannabis dans le mois qui précède alors que les effets ne durent que quelques heures.. que les médocs délivrés par ordonnance ne font pas l'objet d'une interdiction de conduire... et je ne parle pas du téléphone en voiture même avec kit main libre.... mille fois plus dangereux que le pauvre cannabique hyper calme et concentré pour éviter les voiture éléphant roses ;-))
Bref, mettre un peu d'intelligence dans une société malade ....
et apprendre aux forces de l'ordre à faire preuve de discernement plutôt que de suffisances...
Une analyse nettement plus profonde a été publiée : http://www.40millionsdautomobilistes.com/Data/upload//SYNTHESE%2040MA%20-%20Accidentologie%20%202011.pdf
Elle montre qu'après l'alcool, la principale cause d'accident mortel est la somnolence, pas la vitesse en soi.
Quant aux motos, il suffit de comparer avec le comportement des motards allemands pour expliquer la différence.