Viols, meurtres, avortement des foetus féminins... La femme, ce sous sous-continent indien
Passée la vague d'indignation après le viol collectif d'une jeune étudiante de 23 ans, décédée dans la nuit du 28 au 29 décembre, le pays fera-t-il évoluer la place qu'il réserve aux femmes?
- La femme d'un policier tué lors des manifestations en réaction au viol de la jeune étudiante à New Delhi. REUTERS/Adnan Abidi -
La jeune femme indienne victime d'un viol collectif à New Delhi le 16 décembre 2012 est décédée dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé l'hôpital de Singapour où l'étudiante luttait contre la mort. Nous republions l'article de Françoise Chipaux paru le 26 décembre.
Le viol collectif et sauvage d'une jeune étudiante de 23 ans a déclenché une vague d’indignation et de manifestations en Inde mais au-delà de l'émotion, ce crime devrait pousser à une réflexion sur l’état de la société et de ses institutions. Le fait que ce viol se soit déroulé dans la capitale, dans un bus en circulation en début de soirée, a certainement joué dans cette réaction massive face à un phénomène qui ne cesse de croître ces dernières années.
Delhi, plus de 16 millions d’habitants, détient le record du nombre de viol dans les grandes villes, 635 officiellement depuis le début de l'année. Face à ce crime très médiatisé, des voix s'élèvent chez les politiques comme dans la société civile pour appeler à la pendaison des violeurs, à leur castration chimique ou leur lapidation. Mais les faits montrent que les condamnations pour viols sont rares et, à Delhi, ces 635 viols enregistrés cette année n’ont donné lieu qu’à une seule condamnation.
Plutôt que de surenchérir sur les peines, qui ne seront pas appliquées ou si elles le sont de façon très sélective, peut-être faudrait-il se pencher sur le comportement de la police et de la justice. En Inde, avec quelques connexions et de l’argent, on peut échapper à tout châtiment, quelle que soit l’ampleur du crime. Dépolitiser la police, renforcer son professionnalisme, sont des conditions préalables à une police crédible et efficace. La corruption effrénée qui règne dans la police comme dans la justice est un obstacle à toute amélioration du système.
Les politiques pourraient d’ailleurs commencer par eux même puisque siègent au Parlement fédéral et encore plus dans les chambres provinciales des dizaines d’élus accusés de vols, viols, meurtres. La criminalisation de la politique est un fait avéré dénoncé régulièrement avant chaque élection sans qu’aucune mesure d’envergure n’ait jamais été prise. Le seul frein à une candidature politique est d’avoir été condamné mais comme la durée d’un procès peut s’étendre sur 20 ans, que les condamnations sont rares, tous les partis politiques ont des criminels sur leurs listes.
Au delà de l’arme sécuritaire et judiciaire, c’est aussi l’attitude de la société vis-à-vis de la femme qui devrait faire réfléchir. Le fait que l'Inde ait été gouvernée pendant plus de 15 ans par Indira Gandhi, fille unique du libérateur Jawaharlal Nehru et depuis près de dix ans, derrière la scène, par sa belle fille Sonia Gandhi, ne saurait faire oublier le sort réservé aux millions de femmes dans toutes les couches de la société.
Le préjudice commence avant même la naissance, puisque facilité par les examens échographiques l'avortement des fœtus féminins est une pratique illégale mais courante. Selon le dernier recensement de 2011, le ratio entre fille et garçon dans la tranche d’âge de zéro à six ans s’établissait à 914 filles pour 1.000 garçons, le pire chiffre depuis l’indépendance.
Le garçon est élevé dans l’idée qu’il est supérieur et que la femme est là pour le servir et le satisfaire. Dans les familles pauvres, si la nourriture fait défaut, le garçon est prioritaire sur la fille et c’est la même chose pour l’éducation.
La dot que doit apporter au mariage la fille est un autre sujet de harcèlement pour les femmes. Le phénomène s’est accru ces dernières années avec l’ouverture économique du pays et sa modernisation qui ont fait naitre des désirs de plus en plus grands. Près de 10.000 femmes officiellement, beaucoup plus en réalité tant il est parfois difficile de percer la cause d’un décès déguisé, sont tuées chaque année dans des incidents liés à la dot. Ces meurtres touchent particulièrement les classes moyennes émergentes dont les aspirations sont plus grandes.
Plus libres et plus actives que dans le passé, les femmes tentent de surmonter les obstacles qui se dressent à chaque étape de leur vie. Très doucement la société évolue, mais il reste difficile aujourd’hui à une femme, de vivre seul et de façon indépendante. Les cris d’indignation poussés par ce viol risquent bien de se perdre dans les méandres de la politique une fois l’émotion retombée.
Françoise Chipaux
Mis à jour le 29/12/2012 à 9h06














































"Les cris d'indignation poussés par ce viol risquent bien de se perdre dans les méandres de la politique une fois l'émotion retombée ", dit Françoise Chipeaux.
Mais qu'en serait-il alors des "cris d'indignation" de l'Occident ?
Chaque société ne peut compter que sur elle-même pour se réformer, et ce qui est vrai pour les sociétés occidentales, l'est aussi pour la société indienne.
En Inde, le Satï était un rite funéraire traditionnel au cours duquel l'épouse devait se jeter sur le bûcher calcinant le cadavre de son époux, pour y mourir brûlée vive…
Au 19° siècle, les colonisateurs anglais ont interdit cette "pratique culturelle". De nos jours, les cas de Satï sont extrêmement rares.
Dans la société traditionnelle indienne, la condition de la femme était peu enviable, comme dans presque toutes les sociétés traditionnelles mais, fort heureusement, les mentalités évoluent.
Parmi les archaïsmes et les arriérations de la société indienne (par ailleurs d'un dynamisme et d'une modernité extraordinaires), le système des castes, qui est en régression, demeure cependant une réalité humiliante et douloureuse pour des millions de citoyens de ce grand pays.
L'article et certains commentaires pointent du doigt l'Inde comme un pays où les femmes sont particulièrement mal traitées. Mais, sur le plan du viol, les femmes ne sont guère plus reconnues en France. Les femmes violées ou battues qui ne portent pas de stigmates visibles sont parfois découragées par les policiers de porter plainte. Y'a vraiment pas de quoi faire la morale aux autres... Il faut que la condition féminine évolue et ce partout dans le monde.
Le gouvernement de la République d'Inde, et ceux de ses différentes régions luttent avec acharnement contre les archaïsmes hérités du passé tels que le Satï, le système des castes mais également les sacrifices humains à Kâli qui sont absolument prohibés depuis très longtemps... comme nous avons chassé de nos moeurs la crémation des sorcières, l'exécution des homosexuels, l'esclavage, l'intolérance religieuse, le racisme, la torture et autres horreurs.
Cependant ce genre de pratiques monstrueuses, liées à des traditions archaïques ainsi qu'à des superstitions régressives et aliénantes, survivent clandestinement sur plusieurs continents, non seulement en Inde mais encore en Afrique et en Amérique du sud.
Il ne s'agit pas de faire de la morale, ni de stigmatiser qui que ce soit, mais d'observer simplement que la condition féminine doit faire encore l'objet de luttes et de progrès, certes partout dans le monde, mais sans doute encore plus dans les pays où perdurent d'antiques traditions .
Le problème est certes celui de l'inégalité entre tel ou tel groupe en Inde.
Mais le facteur EXACERBANT de toutes violence donc de toute inégalité en Inde est dû à l'extraordinaire corruption de la classe politique qui jouit des privilèges de la Royauté au Moyen-âge !
La solution serait une destruction de la classe politique Indienne, destruction qui ne peut provenir que de l'extérieur comme c'est le cas en SYRIE actuellement.
Le problème vient donc de la respectueuse non-ingérence des Occidentaux en Inde sur les droits de l'homme et une trop grande considération(voire complicité) par les étrangers de la pire classe politique que compte l'Humanité !!!le parti communiste CHINOIS QUI ESCLAVAGISE SES CONCITOYENS FAIT PALE FIGURE à coté DU CYNISME DES POLITICIENS INDIENS!!
Au delà de la polémique sur les violences faites aux femmes dans le monde entier (en Egypte par ex, ce n'est pas mieux qu'en Inde), à part les citoyens Indiens et les autres citoyens d'autres pays, avez vous seulement vu un SEUL GOUVERNEMENT ou même UN SEUL POLITIQUE réagir à ça? En Belgique, personne en tout cas! Et les droits de l'homme? Ils en disent quoi? Ils sont vite là pour critiquer les pays européens mais ici, pour cette pauvre étudiante qui était à l'aube de sa vie et pour son petit ami (ne l'oublions pas, lui aussi est une victime), vous avez entendu les droits de l'homme vous passer dans les médias, dénoncer ces faits? peut être que je suis sourde et aveugle?
Et les fameuses féministes de toutes sortes qui montent au créneau pour une publicité qu'elle trouve humiliante mais elles non plus, on ne les entend jamais sur les droits des femmes ailleurs où c'est tout de même bien plus grave qu'une pub!