Monde

Tuerie du Connecticut: les attaques dans les écoles primaires sont rarissimes

Justin Peters, mis à jour le 15.12.2012 à 0 h 30

Aux Etats-Unis, les tueries dans des établissements scolaires semblent se répéter assez fréquemment. Mais au sein des écoles primaires, elles sont extrêmement rares.

Devant l'école Sandy Hook après la tuerie de Newtown, dans le Connecticut, le 14 décembre 2012. REUTERS/Michelle McLoughlin.

Devant l'école Sandy Hook après la tuerie de Newtown, dans le Connecticut, le 14 décembre 2012. REUTERS/Michelle McLoughlin.

Ce vendredi matin, heure américaine, un tireur a ouvert le feu sur une école primaire du Connecticut. Le dernier bilan fait état de 27 morts, parmi lesquels 20 enfants et le tueur.

Si les informations données actuellement sont confirmées, cette attaque sera l’une des plus mortelles de l’histoire des Etats-Unis, juste derrière la tuerie de Virginia Tech, qui avait fait 32 morts, et l’attentat de Bath Consolidated School en 1927, qui avait fait 45 morts.

Des attaques pareilles, dans une école primaire, sont extrêmement rares. Jessie Klein, auteur d’un livre publié en 2012, The Bully Society: School Shootings and the Crisis of Bullying in America's Schools, [La société des brutes, les tueries à l’école et la crise de la brutalité dans les écoles américaines] a compilé des données exhaustives sur 191 tueries ayant eu lieu dans des écoles américaines entre 1979 et 2011. Seulement 18 tueries sur les 191 (soit environ 9%) ont eu lieu dans des écoles primaires.

Des tueurs jeunes

Sur les 191 tueries, 95% des auteurs sont des hommes, mais seulement environ 25% d’entre eux sont des adultes (les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies ont aussi des données sur les homicides liés aux écoles, commis entre juillet 1999 et juin 2006. Seulement 25 des 116 personnes tuées –soit 22%– dans ces homicides étaient des élèves d’écoles primaires.)

On en sait encore peu sur le tueur de Newtown, mais l’Histoire nous enseigne qu’il était sans doute très perturbé psychologiquement.

Les lundis endeuillés

En 1979, Brenda Spencer, 16 ans, tua 11 personnes dans une école primaire de San Diego; quand elle fut arrêtée, elle expliqua ses crimes d’un laconique: «Je n’aime pas les lundis.» En 1996, cela tombait aussi un lundi: Thomas Hamilton, 43 ans, tua 17 personnes à l’école primaire de Dunblane en Ecosse. Hamilton, connu comme un type dont on se méfiait, avait été soupçonné de faire des avances à des garçons de son camp scout.

En 2006, un camionneur laitier nommé Charles Roberts tua dix filles Amish dans une école de Lancaster County, en Pennsylvanie. Avant de mourir, il appella sa femme et admit être rongé par la culpabilité après l’agression sexuelle de deux jeunes filles, vingt ans plus tôt (la famille, désorientée, nia par la suite leur agression sexuelle).

Traumatismes

En 1988, une femme perturbée nommée Laurie Dann s’introduisit dans l’école Hubbard Woods de Winnetka, dans l’Illinois, et tira sur six jeunes enfants, en tuant un.

J’étais en CE1 à l’époque, et mon école se trouvait à 15 miles au nord de Hubbard Woods. Cet événement est l’un de mes plus précoces et plus vifs souvenirs –votre première expérience de l’horreur a tendance à vous rester en mémoire. Dann s’échappa de l’école, et pendant un moment, on ne sut pas où elle se trouvait. J’étais absolument terrifié à l’idée qu’elle puisse venir jusqu’à Sheridan Road, à la recherche de nouvelles victimes. Lorsque l’on apprit son suicide, un peu plus tard ce jour-là, je ne fus pas rassuré. Encore aujourd’hui, son nom me terrorise.

Justin Peters

Traduit par Charlotte Pudlowski (adapté par Cécile Chalancon pour le bilan)

Justin Peters
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