ECONOMIE
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- Par Bruno Askenazi
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Journaliste, spécialiste de la consommation et de la distribution.
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Bruno Askenazi
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Restauration: Ã qui profitera la baisse de la TVA?
Pour payer des additions moins chères, il faudra surtout fréquenter les grandes chaînes.
Tournée générale pour les restaurateurs français. Le 1er juillet leur TVA va passer de 19,6 à 5,5%. Vieille revendication qui devient enfin réalité après des années de lobbying intense auprès des gouvernements français et de la Commission européenne. Mais pour les clients, l'addition sera-t-elle moins salée ? Le «contrat d'avenir» signé en avril entre l'Etat et les organisations professionnelles prévoit des contreparties: créations d'emploi, modernisation du secteur, hausse des salaires mais aussi baisse des prix.
Selon cet accord, la réduction de la TVA devra être répercutée intégralement sur au moins 7 produits génériques («plat du jour», «café», «eau minérale», «entrée», «menu entrée-plat», etc ... ). Le Ministère de l'Economie et des finances annonce ainsi une diminution de 11,8% sur les produits listés. Vous êtes sceptique ? Le Synhorcat, l'un des principaux syndicats de restaurateurs, brandit un sondage réalisé auprès de ses adhérents. D'après cette enquête, 70% des restaurants ou des cafés bars déclarent être prêts à baisser leurs prix.
Et pourtant, pas sur que le consommateur y trouve son compte. D'abord, rien n'oblige les restaurateurs à suivre «le contrat moral» conclu entre leurs représentants et le gouvernement. La liberté des prix avant tout. Seuls les professionnels qui afficheront des mentions comme «La TVA baisse, nos prix aussi» seront tenus de respecter leurs engagements. Ensuite, tous les établissements en difficulté y réfléchiront à deux fois avant de revoir leurs tarifs.
La crise a frappé de plein fouet la restauration. Selon le Synhorcat, à Paris l'activité s'est effondrée de 10% au premier trimestre 2009 et de 20 à 50% selon les régions. La restauration traditionnelle est la plus touchée et le chiffre d'affaires du haut de gamme a chuté de moitié. Pour les cafés bars, c'est l'hécatombe. Plus de 2000 ont été rayés de la carte en 2008, le double des années précédentes, d'après le cabinet Gira Conseil. 2009 s'annonce mal et pour les plus fragiles, la baisse de la TVA est une bouée de sauvetage inespérée. Parions que ces nombreux restaurateurs en perdition laissent leurs prix inchangés afin de combler rapidement les trous dans leur compte. Sans parler de tous les autres établissements indépendants qui ne verront pas l'intérêt d'accorder une contrepartie aux clients. Bénéficier à court terme d'une manne financière: très tentant.
C'est dans les chaînes de restauration que les baisses seront sans doute les plus sensibles. Nul doute que la mesure gouvernementale représente pour les plus puissants acteurs du secteur une belle opportunité marketing. Les enseignes les mieux loties devraient même aller au-delà des engagements de leurs syndicats en proposant par exemple 15 produits en baisse. Entre ces grandes entreprises sous les feux des médias, la bataille de la communication va commencer. C'est à celle qui fera les meilleurs coups marketing autour de la TVA moins chère pour gagner des clients obsédés par leur pouvoir d'achat.
A ce jeu, les tenants du fast-food sont bien rodés. N'oublions pas qu'en moyenne la moitié des repas achetés dans ces enseignes sont consommés sur place. Taxés jusqu'à présent à 19,6 %, ils devraient donc s'aligner sur la vente à emporter (5,5%). De fait, les professionnels de la restauration rapide promettent des baisses de «au moins 5% sur leurs menus phare». Certains annoncent déjà des réductions de 10%. Moralité, si le consommateur veut vraiment en profiter, qu'il mange du hamburger ! La mesure qui va coûter 2,6 milliards d'euros à l'Etat était censée aider les restaurants traditionnels à se développer, elle pourrait surtout doper le business du Big Mac.
Bruno Askenazi
Image de une: Sans un restaurant parisien. Philippe Wojazer / Reuters
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Comments
On a déjà un exemple de baisse de TVA
Il y a quelques mois il y a eu une baisse de TVA dont personne n'a parlé: celle sur les abonnements internet. Alors que la TVA était de 19,6 %, maintenant la moitié de la facture est taxée à 19,6 % et l'autre moitié à 5,5 %.
Mais à la sortie les consommateurs paient toujours le même prix TTC, ce sont donc les opérateurs qui ont augmenté leurs bénéfices. Pire, les consommateurs entrepreneurs, qui récupèrenent la TVA, ont vu le coût de leur facture HT augmenter !
Charité bien ordonnée........
Merci de ces précisions, qui décrit bien le paysage de la restauration. D'un côté, les fast-food et les chaînes intégrées, de l'autre, tous ces indépendants indispensables au tissu de la restauration, garants de la diversité, de la création et de notre renommée mondiale en la matière, mais aussi les premières victimes de la crise. Dans ce cadre, nul doute que nécessité fera loi et qu'une grande partie des consommateurs seront les premiers censeurs face à une absence de répercussion de cette baisse de TVA, conséquence à laquelle nous pouvons rajouter les phénomènes concurrentiels. Néanmoins nous ne devons pas nous bercer d'illusions, car de nombreux "écrans de fumée" seront mis en place. En premier lieu, nous sommes en pleine saison des vacances, avec son cortège de saisonniers ne permettant pas de constater le réel phénomène d'embauche. Deuxièmement, les exploitants disposent d'une telle palette pour appliquer les baisses de prix, qui par ailleurs pourraient être compensées par certaines hausses, que je ne suis pas sûr que cette application se fera sur des "best-sellers", tels que les inévitables, steack frites, pizzas et autres...
Nous ne serons pas en mesure de faire un bilan, avant la fin du quatrième trimestre et dans cette attente, espérons !?
PEAMS
baisse de la TVA
Qui peut croire que les restaurateurs vont baisser leurs prix ? Encore heureux s"ils ne les augmentent pas ! Qui peut croire que les restaurateurs vont créer 40 000 emplois ? Les naïfs ou les sarkozystes sans doute. Cette baisse est un cadeau à un électorat qui aurait pu prendre EVENTUELLEMENT ses distances.
Bénard
baisse de la TVA
Je suis très sceptique.
Au bar restaurant où je prenais un café, le patron se faisait photographier avec le panneau qu'il affichera demain : le café passe de 1,50€ à 1,40€, le plat du jour à 9,90€, trois autres petites choses baissent un peu également. Mais il faut voir la liste de tous les plats: la plus simple salade est à 13,90€, la pizza basique à 12,90€; le reste se veut haut de gamme en composition (raté) et les prix s'envolent.
Nous sommes dans une artère très touristique d'une grande ville du sud-est. Qui a envie de manger une escalope de dinde sauce moutarde/purée, sur une terrasse, à midi, par 28°, même à 9,90€?
Demain j'irai vérifier un peu partout. Mais je m'attends à très peu de bonnes surprises, surtout qu'ici, les tarifs augmentent à chaque saison touristique.
Camarade courant depuis 68