Champagne: 24 bruts pour les fêtes

Une sélection de bouteilles de 35 euros à 250 euros et plus.

Du champagne, à la Vinexpo de Hong Kong, en 2006. REUTERS/Paul Yeung

- Du champagne, à la Vinexpo de Hong Kong, en 2006. REUTERS/Paul Yeung -

Plus de 50% des ventes annuelles du vin des sacres royaux (180 millions de col en 2011) sont effectuées pour les fêtes de Noël et Jour de l’An: le champagne, vin de réjouissances, du partage et de la joie –c’est le vin symbole par excellence.

Quel champagne? Il y a plusieurs types de vin blond: le brut sans année (BSA), la signature d’une maison, le brut millésimé d’une seule vendange (2002), la grande cuvée, le meilleur du champagne, et le brut rosé (ajout de vin rouge tranquille à la cuvée), très en vogue depuis deux décennies. A vous de choisir selon votre palais et votre portefeuille –de 35 euros à 250 euros et plus.

Bruts sans année, les plus commercialisés par les marques

Moët et Chandon, brut Impérial

Un bouchon saute toutes les minutes, dit-on à Epernay. Quelque 30 millions de bouteilles par an, record absolu. Il y a du brut Impérial dans tous les pays développés. Le goût ne varie pas selon les continents. A Shanghai, le Moët est le même qu’au George V à Paris. En dépit de la quantité, la qualité ne fait jamais défaut, un fruité savoureux, une authentique séduction. 39 euros.

Bollinger Spécial Cuvée

Logée dans une nouvelle bouteille inspirée des flacons du XVIIIe siècle, le vin cher aux Anglais plaît par sa vinosité, son gras, sa légère amertume, peu de sucre, l’archétype du champagne de connaisseur. 43 euros.

Krug

La Grande Cuvée est la quintessence du style maison, ample, riche, plein. Pour la table et les amateurs de champagne qui tapisse bien le palais. Il y a Krug et les autres marques. 165 euros.

Pol Roger Brut Réserve

La maison d’Epernay produit des vins corpulents, élégants, de bonne longueur, d’allure anglaise par leur intensité. Ce type de champagne convient aux champagnophiles en quête de vins effervescents plus puissants qu’aériens. Pour la table. 36 euros.

Ruinart brut R

Le plus ancienne maison de champagne (1729). Privilégie la fraîcheur crayeuse, la minéralité et le fruité racé. Un beau flacon idéal à l’apéritif qui ouvre l’appétit et prépare le palais. Superbe. 38 euros.

Deutz Classic

Dynamisée par l’équipe de Roederer, cette marque d’Aÿ affiche de constants progrès dans toutes ses cuvées. Le brut non millésimé exprime une pureté, une amplitude et une longueur de grand vin des coteaux. 36 euros.

Taittinger Brut Réserve

Demeurée familiale grâce à l’énergie de Pierre-Emmanuel Taittinger, le PDG, la marque de la place Saint-Nicaise à Reims développe un Brut Réserve harmonieux, accessible et charmeur: un verre en appelle un autre. Pour l’apéritif. 35 euros.

Bruts millésimes, composés de vins d’une seule année

Lanson Gold Label 2002

La maison de Reims, réanimée par Philippe Baijot et Jean-Paul Gandon, le grand œnologue, mémoire de la marque, s’est spécialisée dans les champagnes millésimés, un rien mordants, dotés d’une belle longévité. À servir à table sur une poularde ou un turbot. 35 euros.

Duval Leroy Femme de Champagne 2000

Cette maison de Vertus est dirigée par Carole Duval, devenue avec le temps et l’expérience une grande dame des coteaux. Les vins ne cessent de gagner en élégance et en précision, ils reflètent à merveille les terroirs champenois. La cuvée Femme millésimée 2000 a toute la profondeur et la vibration d’un noble flacon. 95 euros.

Charles Heidsieck Blanc des Millénaires 1995

La grande cuvée toujours millésimée de cette maison ancestrale de Reims est sur le marché dix-huit ans après son lancement. C’est un champagne de plaisir pur, d’un raffinement exceptionnel, et une finesse qui laisse pantois: une certaine idée de la perfection. Chapeau bas. 145 euros.

Bollinger Grande Année 2004

Mise en marché après huit ans de maturation, cette noble cuvée séduit par son onctuosité, sa longueur épanouie: le traitement des vins, la manière Bollinger au sommet. Grand millésime. Vin proche du rêve. 85 euros.

Cuvées de prestige: the best of the best

Dom Pérignon 2003

La marque mythique d’Epernay, hommage au père célérier d’Hautvillers, l’abbaye au-dessus d’Epernay, réussit, grâce à Richard Geoffroy, l’œnologue savant, à concilier la spécificité du millésime requis et le style du vin, rondeur, subtilité et plénitude. Du beau travail pour des bouteilles en nombre: combien? Mystère. L’archétype du champagne de fête. 130 euros.

Cristal Roederer 2004

Toujours familiale, cette maison rémoise s’oblige à restreindre la production de la grande cuvée partout célébrée, millésimée selon la vendange, car son succès est planétaire. Voilà l’archétype du champagne de luxe comme son rival Dom Pérignon, un vin d’une fraîcheur, d’une allonge confondante. Hélas cher. 190 euros.

Grand Siècle de Laurent Perrier

Inventée par Bernard de Nonancourt, génial concepteur de la marque, disparu l’an dernier, cette cuvée baptisée dit-on par Charles de Gaulle réunit toutes les facettes d’un grand champagne, finesse, rondeur, fruité et persistance: une leçon de savoir-faire. Ne déçoit jamais quel que soit le millésime, pas obligatoire. 170 euros.

Pol Roger Sir Winston Churchill 1999

En hommage au Premier ministre de Grande-Bretagne, fidèle de la marque partout où il allait, cette cuvée spéciale allie la fraîcheur, l’aspect crémeux, la finesse en bouche et la longueur: un sommet pour le champagne et pour les amateurs. 140 euros.

Perrier Jouët Belle Epoque 2004

La bouteille aux anémones, créée en 1902 par Emile Gallé, a beaucoup fait pour la maison d’Epernay riche de beaux hectares de chardonnay, quarante à Cramant. Cette cuvée de luxe est un «must» pour tout champagnophile en quête d’un champagne de fines bulles, aérien et charmeur, logé dans un flacon de collection. Un vrai vin de séduction. 140 euros.

Mumm R. Lalou 1999

Reprise par Pernod-Ricard, la maison de Reims proche de l’église Foujita, a dédié cette cuvée prestigieuse à René Lalou, le grand concepteur des bruts de la marque. Le champagne affiche générosité, opulence et se boit avec une allégresse contagieuse. Bon prix. 118 euros.

Amour de Deutz 2002

Cette cuvée à base de chardonnay d’excellente origine est l’orgueil de la maison d’Aÿ en plein boom. Encore dans sa jeunesse, ce champagne d’une magnifique pureté peut conquérir n’importe quel amateur par sa finesse, l’éventail des saveurs et une longueur expressive. Du grand art champenois. 140 euros.

La Grande Dame 2004 de Clicquot

La cuvée de prestige de cette marque historique a été relancée par Joseph Henriot, l’ex-PDG, et le chef de cave Jacques Peters qui se sont donnés les moyens de produire le meilleur champagne possible dans un style empreint de vinosité et de finesse. Nicole Clicquot, la grande dame de la maison du XIXe siècle, peut être fière de ce champagne qui lui rend hommage avec un grain de génie. 140 euros.

La cuvée Louise de Pommery 1999

Une vraie cuvée de prestige qui magnifie le style Pommery –c’est le meilleur de la fameuse maison rémoise réanimée par Paul-François Vranken et Thierry Gasco, le chef de cave. La délicatesse du vin à l’effervescence bourdonnante emballe et réjouit tout champagnophile. 130 euros.

 

Les bruts rosés

(«qui font trembler les chefs de cave et briller les yeux des femmes», disait Pierre Ernst, ex-directeur général de Perrier-Jouët)

Billecart-Salmon rosé

La marque familiale de Mareuil-sur-Aÿ s’est forgée une spécialité dans l’élaboration du champagne rosé –deux cuvées. Ce simple brut rosé sans excès de saveurs conjugue le fruité, la fermeté et la souplesse: le vin est enchanteur, il a dynamisé tous les bruts de la maison, certains extraordinaires d’équilibre. Un «must» pour les fêtes. 58 euros.

Clicquot rosé

La vénérable maison de Reims a été pionnière dans l’élaboration du premier rosé champenois, un vin complexe dont le fruité framboise, cerise, fraise écrasée, doit rester discret, ce qui n’exclut pas une certaine gourmandise et le croquant en bouche. Idéal à l’apéritif pour préparer la suite des événements. 50 euros.

Dom Pérignon rosé 2002

L’un des meilleurs rosés de Champagne, mûri en cave d’où ce bouquet épanoui d’un charme extrême, associé à une ampleur, une finesse qui laissent pantois: une sorte de chef-d’œuvre de la maison Moët chère à l’Empereur. A réserver pour un beau moment de convivialité. Cher. 230 euros.

Laurent Perrier brut rosé 2002

Le regretté Bernard de Nonancourt a été l’un des initiateurs du champagne rosé, millésimé les grandes années, L’élégance, la fraîcheur, la féminité du vin sont conformes au style maison qui n’a cessé de plaire à l’élite des champagnophiles –et surtout aux femmes. Un «must». .

Nicolas de Rabaudy

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L'AUTEUR
Nicolas de Rabaudy est le critique gastronomique de Slate.fr Ses articles
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Publié le 16/12/2012
Mis à jour le 16/12/2012 à 10h15
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