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Doha: vers le 18e échec sur le climat. On continue?

Temps de lecture : 2 min

L’écologie par les fers et le fouet ne marche pas. Les pays, souverains, refusent. Et la crise économique n’arrange rien.

Ban Ki-moon, le 4 décembre 2012 à Doha. REUTERS/Fadi Al-Assaad
Ban Ki-moon, le 4 décembre 2012 à Doha. REUTERS/Fadi Al-Assaad

La 18e Convention cadre des Nations unies sur le réchauffement climatique, réunie à Doha, va vers un échec. Comme tous les ans.

Le secrétaire général de l’ONU a exhorté, mardi 3 décembre, les délégués des 190 pays présents à trouver un compromis avant la fin, prévue vendredi. Comme tous les ans.

Comme tous les ans, un rapport plus alarmiste encore que les précédents a été livré à la population mondiale sur le réchauffement et ses conséquences désastreuses.

Cette année, il a été écrit par un ancien directeur de Greenpeace. Il demande, comme tous les ans, un accord «contraignant», il propose, comme tous les ans, un gouvernement mondial pour l’appliquer. Sans plus de chance de succès que les 17 rapports précédents et les 17 conventions précédentes.

Dix-huit réunions: toujours le même discours, tenus par des milliers de délégués qui ne servent à rien.

Depuis 1997 et la signature du protocole de Kyoto, il ne s’est strictement rien passé. L’Europe et le Japon, jouant les bons élèves, se sont donnés des contraintes d’émission de gaz à effet de serre. Mais personne d’autre. Les Etats-Unis n’ont pas ratifié le protocole, le Canada l’a signé mais il l’a ensuite dénoncé. La Chine ne veut rien entendre. Les pays émergents attendent vainement que le Nord leur paie leurs avancées vers des productions moins polluantes.

C’est la 18e conférence de l’ONU sur le climat, et quand pour la 18e fois c’est un échec, qu’est-ce qu’on fait? On continue?

Il aurait fallu arrêter bien plus tôt ces réunions inutiles et coûteuses. Des milliers de climatocrates vont à Doha, on parle de 17.000, dans des avions producteurs de gaz à effet de serre. Un économiste néerlandais, professeur à l’université d’Amsterdam, Ricard Tol, a calculé que ces sommets et les réunions intermédiaires revenaient à un milliard de dollars par an.

Que faire d’autre? C’est l’idée d’imposer des «contraintes» de réduction obligatoires aux pays qui est mauvaise.

L’écologie par les fers et le fouet ne marche pas. Les pays, souverains, refusent. Et la crise économique n’arrange rien.

Il faudrait repartir sur d’autres bases, plus volontaires et plus flexibles. Il faudrait et redonner le choix des méthodes et offrir des technologies alternatives crédibles, or elles sont encore embryonnaires ou trop onéreuses.

Dix-huit échecs de suite: de toutes façons, on ne peut pas faire pire que ces protocoles de Kyoto sans suite.

Eric Le Boucher

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Eric Le Boucher Cofondateur de Slate.fr

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