Les infos que vous avez manquées en 2012: La riposte hongkongaise [7/10]

Les tensions avec la Chine ont pris un affreux tour nationaliste.

Hong Kong, le 24 juillet 2012 après le passage d'un typhon. REUTERS/Tyrone Siu

- Hong Kong, le 24 juillet 2012 après le passage d'un typhon. REUTERS/Tyrone Siu -

A l'occasion de la fin d'année, nous revenons sur dix tendances et événements qui ont été négligés cette année, mais qui pourraient bien faire les gros titres en 2013.

7. Dans les années 1980, le leader chinois Deng Xiaoping avait avancé le concept d'«un pays, deux systèmes» pour Hong Kong, quand la région serait rétrocédée par les Britanniques. Tout en appartenant formellement à la République Populaire, Hong Kong allait pouvoir préserver sa plus grande ouverture politique et économique.

Depuis la passation de pouvoirs officielle entre le Royaume-Uni et la Chine, en 1997, l'arrangement avait plutôt bien fonctionné, mais ces derniers temps, son avenir semble compromis.

Début 2012, des Hongkongais ont battu le pavé pour protester contre les déclarations d'un éminent professeur chinois qui les qualifiaient de «chiens», nourrissant toujours un état d'esprit colonial. Ces déclarations suivaient la publication d'un sondage mené par l'université de Hong Kong, où seuls 16,6% des Hongkongais se considéraient comme Chinois –le chiffre le plus bas depuis 1997.

Ces dernières années, les tensions entre Hong Kong et le continent ont pris un affreux tour nationaliste. Les Hongkongais qualifient parfois les voyageurs venant de Chine continentale de «sauterelles», et vilipendent une pratique répandue consistant, pour les mères chinoises, à venir accoucher à Hong Kong pour que leurs enfants jouissent du permis de résidence hongkongais tant convoité.

Un cas emblématique de ces tensions se voit dans cette vidéo devenue virale, enregistrée par téléphone portable, où les passagers d'un métro hongkongais s'en prennent à une femme du continent parce qu'elle laisse sa fille manger dans le wagon. L'altercation devient si violente qu'un des passagers tire le signal d'alarme pour faire venir les forces de l'ordre.

Mais tout ceci ne fut qu'un simple préambule quand, cet automne, la cité-Etat s'embrasa après l'annonce par le chef exécutif du territoire, avalisé par Pékin, d'un plan d'«éducation morale et nationale» pour ses programmes scolaires.

Les nouveaux programmes étaient censés promouvoir un patriotisme chinois global, mais de nombreux hongkongais ont interprété la manœuvre comme visant à décérébrer leurs enfants et à abaisser le niveau de leurs écoles, qui comptent parmi les meilleures du monde.

Une foule exaspérée, estimée à 100.000 personnes par les organisateurs et 27.500 par la police, a déferlé dans les rues en septembre, des manifestations qui ont continué même après le retrait officiel des nouveaux programmes. Signe des temps révélateur, certains manifestants agitaient l'ancien drapeau colonial lors de ces rassemblements hostiles à la Chine.

L'an dernier, aux Etats-Unis, les passes d'armes chinoises dans la Mer de Chine méridionale sont devenues une préoccupation nationale. Mais peut-être devrions-nous faire davantage attention à ce qui se passe dans la propre arrière-cour de Pékin.

Joshua E. Keating

Traduit par Peggy Sastre


Mais qu'y a-t-il donc dans les manuels chinois?

Pour le lycée, la série de manuels intitulée «Pensées politiques» peut nous donner quelques indications. Avec des titres de chapitre comme «La destruction de la bourgeoisie et la victoire du prolétariat sont inévitables», ces livres défendent l'idée que, dans une société harmonieuse, les citoyens «ont besoin d'un gouvernement autoritaire qui comprend l'opinion publique, reflète la volonté du peuple, distille la connaissance du peuple et chérit la force du peuple». Dans un Hong Kong à l'ouverture d'esprit plus manifeste, certains parents ne sauteront peut-être pas non plus de joie en lisant ce genre de passages sur les défauts du capitalisme:

«A l'époque moderne, l'avènement de systèmes capitalistes a permis le développement de l'Europe et des Etats-Unis. Mais en Chine, le capitalisme n'apportera que la douleur et  la destruction des rêves. La Chine est une nation ancienne et civilisée, avec plus de 5.000 ans d'histoire, qui a largement contribué au progrès de la politique et de la civilisation humaines.»

Isaac Stone Fish

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Publié le 21/12/2012
Mis à jour le 21/12/2012 à 13h05
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