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Pourquoi la Syrie n'a-t-elle pas préparé son gaz sarin à l'avance?

Brian Palmer, mis à jour le 04.12.2012 à 12 h 42

Selon des sources américaines, le régime de Bachar el-Assad serait en train de préparer du gaz mortel. Pourquoi ce genre de chose ne peut pas être fait en avance?

Des combattants de l'Armée Syrienne Libre et des résidents près d'un tank, qu'ils disent avoir capturé à l'armée syrienne loyale au président Bashar al-Assad, le 2 décembre 2012. REUTERS

Des combattants de l'Armée Syrienne Libre et des résidents près d'un tank, qu'ils disent avoir capturé à l'armée syrienne loyale au président Bashar al-Assad, le 2 décembre 2012. REUTERS

Des sources des renseignements américains indiquent que le régime d’Assad est en train de «mélanger des produits chimiques» pour faire du gaz sarin afin de l'utiliser contre les rebelles syriens. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré que la guerre chimique était une «ligne rouge» et que les Etats-Unis agiraient si le régime d'Assad employait du gaz sarin.

Pourquoi est-ce que les dictateurs ne préparent pas leur sarin en avance?

Parce que c’est dangereux, volatile, et corrosif. Il y a plusieurs recettes pour faire du gaz sarin, mais elles demandent toutes l’assemblement d’une combinaison de composants chimiques, comme de l’acide chlorhydrique, de l’isopropanol, du fluorure d’hydrogène, du trichlorure de phosphore, et du difluor.

Séparément, certains de ces composants constituent une menace minimale pour leurs gardiens ou le public. Mais mixés, une goutte de sarin peut tuer une personne en quelques minutes. C’est pourquoi les Etats-Unis et d’autres pays ont historiquement maintenu les composants du sarin dans des immeubles séparés.

Le sarin est également hautement corrosif. Les Nazis ont utilisé des containers construits en argent solide pour mixer du sarin, et les despotes d’aujourd’hui se servent d'alliages de métaux résistants à la corrosion pour concocter la mixture meurtrière.

Faire du sarin est en fait un processus relativement simple. Dans les années 1960, les Etats-Unis ont développé un projectile appelé le M 687 GB qui possédait deux récipients. L’un était rempli de difluor, et le second d’une combinaison d’isopropanol et d’un catalyste chimique appelé isopropylamine. Quand le projectile était envoyé, l’envol causait la rupture de la membrane séparant les deux substances, et, le vol faisant tourner le projectile, les composants se mélangeaient. Le temps que la bombe atteigne sa destination, la réaction chimique était complète.

En 1969, les Etats-Unis ont testé le M 687 avec du sarin avec succès, et ont conduit des milliers de tests supplémentaires avec des composants chimiques non létaux.

Le défi technique des utilisateurs de sarin réside dans sa dispersion. Quand la secte terroriste japonaise Aum Shinrikyo a lâché du sarin dans le métro de Tokyo en 1995, l’attaque aurait pu tuer des centaines de gens. Mais le groupe avait caché le produit chimique dans des petites boîtes de type gamelles, et les a ouvertes à coups de parapluie. Le fluide qui s’en est échappé a réussi à tuer 12 personnes et à provoquer l'hospitalisation de milliers d'autres, mais le bilan meurtrier dans ces métros pleins à l'heure de pointe aurait été beaucoup plus élevé si le produit avait été diffusé dans l’air.

Brian Palmer

Traduit par Cécile Dehesdin

Brian Palmer
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