Sidérurgie lorraine: l'illusion tragique
Bien avant l'accord arraché vendredi soir au groupe Mittal et le maintien à l'arrêt des hauts fourneaux de Florange sans licenciements, les politiques de défense de la sidérurgie ont eu un coût financier considérable. Elles ont eu aussi un coût humain déchirant: celui d'entretenir l'illusion.
- Mars 2012. REUTERS/Vincent Kessler -
A l'issue de difficiles négociations, le gouvernement a obtenu vendredi 30 novembre dans la soirée un accord avec ArcelorMittal qui s'engage à préserver l'emploi à Florange (Moselle) et à investir 180 millions d'euros en cinq ans dans le site, suscitant des réactions mitigées de la part des syndicats. Les suppressions de postes seront seulement liées aux départs à la retraite, qui se feront «au fur et à mesure» selon Matignon mais il n'y aura ni licenciements, ni mobilités forcées. Le groupe s'est engagé à «maintenir les hauts-fourneaux» de Florange «en l'état», c'est-à-dire à l'arrêt dans l'attente de la réalisation d'un projet européen de captage et de stockage de CO2, baptisé Ulcos, a expliqué le Premier ministre. Un compromis qui sauve les faces des deux parties (le gouvernement et Mittal) et évite une nationalisation hasardeuse. Un épisode de plus dans la longue histoire de la descente aux enfers de la sidérurgie lorraine décrite par Eric Le Boucher dans l'article ci-dessous.
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Les premières luttes des sidérurgistes lorrains remontent aux années 1970. Ce qui avait fait la force de la région, du minerai de fer dit minette sous ses pieds et des mines de charbon pas loin, s'était retourné en désavantage: le minerai importé du Brésil ou d'Australie et le charbon lui aussi importé, moins cher et de meilleure qualité, imposaient de déplacer les hauts-fourneaux en bord de mer, à Fos et Dunkerque.
Pendant un temps, on a cru que ces nouvelles usines allaient s'ajouter aux anciennes, la demande croissante d'acier absorbant le tout. Mais dans ces mêmes années 1970 est arrivée la «crise», celle qui a cassé définitivement la belle expansion des Trente Glorieuses. La demande d'acier s'était arrêtée de monter année après année. Pour la sidérurgie lorraine, c'était la fin.
Les luttes ont commencé. Le gouvernement Barre, puis les gouvernements Mauroy et Fabius ont rapidement pris acte de l'inévitable. Peu à peu, les feux lorrains se sont éteints. Une majorité de la population a compris que son destin se jouerait désormais autrement mais d'autres Lorrains, avec violence, bruit et fureur, ont fait peur aux élus et les ont poussés à «défendre» les sites. Ils ont eu, de temps en temps, sans doute encore trop souvent, gain de cause. Ici l'on a investi dans des laminoirs modernes, là dans des centres de recherche. Mais le destin revient frapper régulièrement pour redire que l'acier est moins cher à faire «sur l'eau».
Lutter pour une cause réaliste
Ces politiques défensives ont un coût financier considérable. Elles ont surtout un coût humain déchirant: celui d'entretenir l'illusion. Comment admettre «qu'après tant de luttes» –quarante ans!– il faut abandonner?
Mais voilà: le taux de chômage de la région est resté collé autour de 9% depuis 1980, il est aujourd'hui au-dessus de 10%. C'est la preuve que la lutte pour l'acier a été perdante. C'est la preuve que les sidérurgistes auraient dû apprendre à leurs enfants que leur vie était ailleurs. C'est la preuve, surtout, que les élus n'ont pas été capables de diversifier assez l'économie.
Le volontarisme politique peut avoir du bon. Le Japon a su montrer la voie de bonnes politiques industrielles modernes, voie suivie aujourd'hui par la Corée avec succès. Les nationalisations ne sont pas forcément à exclure, la Grande-Bretagne l'a fait pour sauver ses banques, les Etats-Unis ont remis General Motors sur la route. En France, le bilan des nationalisations de 1982 reste à faire: si la France a tant de grands groupes du CAC 40, c'est aussi parce que plusieurs d'entre eux, menacés de mort par sous-investissement, ont été sauvés par l'Etat.
Encore faut-il que la cause soit réaliste. Le propriétaire d'Arcelor, Lakshmi Mittal, s'est illusionné, lui aussi, sur la demande européenne d'acier lorsqu'il a racheté le groupe franco-luxembourgeois. Il a fait des promesses intenables. Sa situation financière très mauvaise reflète une gestion hasardeuse. Mais la nationalisation de gauche en 1982 n'a pas sauvé la sidérurgie lorraine.
Regardez les tonnages: 11 millions de tonnes coulées par Dunkerque et Fos, 2 millions pour la Lorraine. Les hauts-fourneaux de Florange sont trop anciens et trop petits et la demande s'est écroulée. Reclasser un à un les 620 salariés est une exigence légitime, vouloir maintenir l'usine en exercice ne l'est pas. Le ministre Montebourg ne trouvera comme repreneur que des margoulins qui sauront profiter de la situation de faiblesse dans laquelle il s'est mis en promettant l'impossible.
Quel est le coût en emplois?
Le président de la République qui a soutenu jusqu'ici son ministre devrait s'interroger pour savoir si son entêtement ne coûte aujourd'hui pas plus d'emplois qu'il n'en sauve, ou plus exactement qu'il affirme en sauver. Au moment où François Hollande essaie de se réconcilier avec le monde économique, l'épreuve de force avec le groupe indien, quels que soient les torts de celui-ci, a un impact de réputation très négatif en France comme à l'étranger. Pour 620 emplois qu'on peut reclasser, c'est hors de prix.
Faut-il seulement laisser faire? En défendant le rapport Gallois, même si c'était pour tirer la couverture à lui, Arnaud Montebourg a montré qu'il apprenait. L'industrie française n'est pas «redressable» en multipliant les infirmeries mais en redonnant des marges aux entreprises. Le gouvernement l'a compris, il lui faudra poursuivre et engager les 22 propositions de l'excellent rapport. Son auteur, qui comme directeur général de l'industrie dans les années 1980 a dû gérer la fin de Creusot-Loire, sait le prix des illusions.
L'échec de la politique lorraine trop défensive doit être médité aussi pour la Banque publique d'investissement. Les régions connaissent le terrain et peuvent aider aux fécondations. Mais nourri par des considérations électorales, le danger existe de l'entêtement dans une mauvaise direction. La responsabilité des élus sera grande d'y succomber, de ne pas dire la vérité, et de ne pas anticiper et promouvoir les diversifications indispensables depuis quarante ans.
Eric Le Boucher
Article également paru dans Les Echos
Mis à jour le 01/12/2012 à 7h10














































L'Europe... En finir avec la bien pensante Commission, son dolorisme, ses repentirs... Nous sommes dans une situation de colonie face aux colonisateurs... Il faudrait tout laisser entrer, les produits, les immigrés africains, les roms, les pauvres de tous les pays... "parce qu'ils le valent bien !" C'est le "laisser faire laisser passer" à la mode européenne. Notre politique du dialogue perpétuel est fausse. Pour ne pas se laisser dominer il faut se donner les moyens de dominer. L'équilibre mondial est fait de cette lutte et ce n'est pas en disant des messes laïques que les choses changeront. L'Europe est à l'image de lady Ashton : insignifiante quand elle n'est pas nulle ! On ne peut plus produire d'acier aujourd'hui et demain ce seront les voitures, et après demain les avions... Hier ce furent les télévisurs et appareils ménagers, avant hier le textile... Bravo ! A part le foute, à quoi sert l'Europe ?
Bonjour Gerard : L'UE aujourd'hui n'est, hélas,que le reflet fidèle des hésitations voire l'aveuglement des populations européennes. Ne critiquez donc pas l'UE. Critiquez les Européens.
Je ne crois pas. L'Europe est le produit d'une élite, forcément. Mais trop de gens se sont plantés : Séguin qui était contre Maastricht avait raison, mais c'est Delors qui a gagné ; Giscard a fait un Traité constitutionnel qui est passé à côté du problème posé, la remise à plat des Institutions ; Sarkosy idem pour le truc de Lisbonne &c. Mais ce ne sont pas les citoyens européens qui détiennent la solution (ils valident par leur vote ce qu'on leur propose), ce sont les élites des Etats membres. Cette Commission a eu sans doute son utilité (Delors y jouait au chef d'Etat aux côtés de Mitterrand) mais aujourd'hui elle est HS. Une ou deux grosses pointures sauveront l'Europe, mais on ne les distinguent encore pas très bien dans la foule des technocrates-politiciens qui s'agitent pour faire fonctionner une usine à gaz qui n'en peut plus.
Cher Peter, critiquons surtout ceux qui ont construit cette UE, les Européens eux même ont plutôt du bon sens. Mais ne perdons pas trop de temps en critique et concentrons nous sur l'immense chantier : la construction des EUE, avec constitution et représentation démocratique.
@GerardCursoux : il n'en reste pas moins que l'UE aujourd'hui est le reflet assez fidèle des divisions et des hésitations des Européens aujourd'hui.
S'il a servi à quelque chose le referendum sur la constitution il a au moins montré ces hésitations, pour ne pas dire ce refus.
Tout gouvernement est en quelque sorte une élite. Mais en démocratie c'est une élite que les peuples peuvent influencer et, le cas échéant, remplacer.
Ne nous cachons pas derrière le prétexte que l'UE s'impose sur nous. Nous sommes les maîtres de notre destin - et le capitaine de nos âmes comme disait le poète!
La démarche du gouvernement (?) est incompréhensible ... point d'interrogation car s'agit-il de la démarche du gouvernement ou de celle de m. Montebourg ?
Dans tous les cas, le résultat est catastrophique pour les ouvriers comme l'indique l'article. Il est quasiement meurtrier d'entretenir un espoir, de faire miroiter une solution qui les met à l'abri définitivement... et en plus de mentir au pays en affirmant qu'un repreneur existe !!
Le bilan du ministre Montebourg, sur cette affaire, est effroyable et honteux dans sa partie humaine. Quant à la position du gouvernement et du premier ministre, je ne la comprends pas ; soit il est d'accord avec Montebourg et en menaçant Mittal de nationalisation sans le faire, il a brûlé ses vaisseaux et sa crédibilité ; soit il n'était pas d'accord avec les sorties assassines de Montebourg et dans ce cas il faut le mettre à la porte du gouverment (puisqu'il ne veut pas démissionner).
François Mitterrand III, le Bourgeois Président, applique les leçons reçues de son père spirituel, et l'Affaire Florange l'illustre à merveille : ne rien faire qui puisse laisser penser qu'il ne fait rien, mais tout faire pour laisser penser que rien de bien ne s'est fait sans lui. Le charbon c'est l'inénarrable Montebourg qui l'a brassé ; la communication foireuse c'est Ayrault qui l'a assurée, mais c'est lui, Le Président, qui a fait qu'un compromis favorable aux ouvriers de l'acier et à l'Etat français a été signé. Il est impayable ce François là ! On avait déjà eu un aperçu de son talent de bonimenteur avec le Traité européen (un Bellemare!), signé tel que l'avait négocié Sarkosy, mais qui lui devait tout ! Le « crédit d'impôts » aux entreprises pour relancer l'industrialisation est un exemple d'incompétence car il ne profitera pas à l'industrie (celle qui fabrique des boulons, des machines, des voitures, des avions &c.) mais aux sociétés qui emploient de la main d'oeuvre peu qualifiée, payée au smic, pour exécuter des tâches peu valorisantes dans la grande distribution, la restauration &c. Le Bourgeois Président sait-il d'ailleurs ce qu'est une industrie, une usine, un labo de recherche lui qui n'a connu que les service de l'Etat et la rue Solferino, avec une formation de comptable (un hénarque c'est pas autre chose) ? Et ça va continuer : on est dans le meilleur Mitterrand, celui qui disait qu'il n'y avait jamais eu d'écoutes téléphoniques devant des journalistes médusés et priés de dégager le plancher avec leurs questions idiotes. La dissimulation, le mensonge, la dénonciation, voilà bien les ingrédients de ce pouvoir socialiste qui renoue avec les bonnes vieilles habitudes d'antan, marquées par l'incompétence. Espérons que notre Bourgeois Président ne tombe malade, car le corps médical serait contraint de faire des diagnostics bidons... Décidément cette mafia socialiste est insupportable (ça ne veut pas dire que les autres le sont).
L'illusion n'est peut être pas là où on croit... car comment peut-on imaginer qu'un pays sans pétrole et demain sans filière métallurgique puisse continuer à exister en toute indépendance ?!
C'est l'apparition du métal qui a fait que l'humanité a quitté le néolithique pour rentrer dans l'histoire (ou à tout le moins la protohistoire).
Ce qui était important (voire essentiel) à l'époque, l'est tout autant aujourd'hui, car ce n'est pas avec uniquement des métiers de la "connaissance" (facilement délocalisable ou virtualisable dans le "Cloud" mondial) que notre pays forgera son avenir !
Nous ne sommes plus au néolithique, du pétrole il y en a dans les schistes Français et nous produisons suffisamment d'énergie avec nos centrales nucléaires pour 83% de nos besoins et en plus nous exportons l'énorme excédant dans les pays limitrophes. De l'énergie on en a à revendre. Littéralement et au sens figuré. Libérons nous de cet esprit post-soixantehuitard. Nous devons sortir de notre mentalité Maginot et aller au front là ou est la bataille, soit elle sur le Cloud. L'histoire se rappelle de De Gaulle, pas de Daladier. Si Colbert et Vauban étaient vivants ils inventeraient l'état numérique. Ceux qui veulent arrêter le cours de l'Histoire et se mettre en travers de son chemin ne font que détruire les chances de réussite de leur descendance.
Les brevets industriels sont tout autant "délocalisables".
Les ouvriers ne sont pas idiots. Ils savent bien que la croissance est terminée, que les industries du passé sont condamnées à décliner et auront des besoins en main-d'œuvre toujours plus réduits à l'avenir. Ils savent parfaitement que maintenir à grand frais un outil de production devenu inutile est un gaspillage aberrant.
S'ils se battent de toutes leurs forces pour retarder l'inéluctable ce n'est pas par ignorance, il est donc inutile de leur faire la leçon. Ils ne sont même pas dupes de l'idéologie débile du travail véhiculée par les syndicats ouvriers, complices sur ce point des syndicats patronaux et de la droite.
Leur problème est ailleurs, car ils savent aussi beaucoup d'autres choses qui ne leur laissent pas d'autre choix que de lancer toutes leurs forces dans ce combat désespéré. Ils savent que l'ouvrier qui perd son emploi n'a quasiment aucune chance d'en retrouver un et pire encore, que les indemnités chômage sont très courtes, que l'allocation spécifique de solidarité est réservée aux plus vieux, que le RSA est à un montant misérable, que les préretraites sont supprimées, que l'âge de départ en retraite est sans cesse repoussé, que leurs enfants resteront à leur charge jusqu'à 25 ans avant de pouvoir enfin prétendre au RSA.
Ce ne sont pas les ouvriers qu'il faut blâmer, mais les responsables politiques et l'idéologie débile qu'ils matraquent sans cesse pour justifier leur politique criminelle :
-Indemniser les primo-demandeurs d'emploi, vous n'y pensez pas ! Quel message voulez vous envoyer au jeune ?
-On s'en fiche que la boîte du père ne soit pas rentable, il vaut mieux subventionner un emploi pour permettre à quelqu'un de travailler que de le payer à rien faire, c'est une question de bon sens !
Ah, ce "bon sens" débile et criminel au nom duquel on a gaspillé des centaines de milliards pour soutenir à bout de bras l'acier, le charbon et tant d'autres secteurs ! Pendant que les jeunes crevaient la bouche ouverte !
Si seulement on avait utilisé cet argent pour indemniser décemment tous les chômeurs, comme notre pays se porterait mieux aujourd'hui !
Les pêcheurs ne sont pas idiots non plus.
Ils savent bien que c'est débile à en pleurer de subventionner avec l'argent du contribuable l'achat de combustibles fossiles précieux et en déclin rapide pour aller vider la mer de ses derniers poissons et sacrifer l'avenir de nos petits-enfants. Saccager la planète, à perte et même à crédit, puisque la France est en déficit !
Oui mais voilà, ils sont coincés dans le même piège horrible que les ouvriers :
-le pêcheur qui perd son emploi n'a quasiment aucune chance d'en retrouver un,
-les indemnités chômage sont versées pendant une période très courte, quand elles ne sont pas dégressives,
-l'allocation spécifique de solidarité est réservée aux plus vieux,
-le montant du RSA est misérable,
-les préretraites sont supprimées,
-l'âge de départ en retraite est sans cesse repoussé,
-leurs enfants resteront à leur charge jusqu'à 25 ans avant de pouvoir enfin prétendre au RSA.
Alors ils répètent en faisant semblant d'y croire l'imbécile idéologie officielle du travail : Il vaut mieux payer un homme à pêcher qu'à rien faire, c'est une question de bon sens !
Et ils se battent de toutes leurs forces pour retarder l'inéluctable.
Honte aux salauds qui nous gouvernent depuis si longtemps !
Le dossier Florange est un dossier très difficile, techniquement, économiquement et, bien sûr, politiquement. Eric Le Boucher a raison de prendre de la hauteur en revenant à l'histoire. Le fait est qu'en quarante ans la sidérurgie lorraine s'est rétrécie considérablement pour des raisons de fond. On n'exploite plus la minette et le fer vient désormais d'Australie et du Brésil. C'est pourquoi la plupart des hauts-fourneaux sont au bord de l'eau. Faut-il considérer pour autant que Florange est condamné? Ce n'est pas si évident. Car l'accès aux matières premières n'est pas le seul critère pour une bonne localisation. Il faut prendre en compte deux autres critères fondamentaux : la disposition des compétences techniques et des ressources humaines et l'accès aux marchés. Et là Florange est bien placé, avec de fortes traditions sidérurgiques, des techniciens et ouvriers excellents, un site industriel très intégré et une proximité avec les grands consommateurs européens d'aciers plats. Il suffit de considérer le cas de Duisburg, fief de Thyssen dans la Ruhr, pour voir qu'une production d'acier loin de la mer n'a rien d'économiquement absurde. Si la filière à chaud est sans doute condamnée à Florange, le projet ULCOS étant beaucoup trop aléatoire techniquement et financièrement pour représenter une porte de sortie crédible, Florange garde donc toutes ses chances dans la filière froide, à haute valeur ajoutée. Il faut pour cela que les investissements suivent. C'est sur cette base que repose, semble-t-il, l'accord entre le gouvernement et Mittal. Il est regrettable qu'une gestion politique déplorable est fait perdre de vue cet aspect moins désespérant du dossier.