Ce que va changer le statut d'Etat non-membre de la Palestine à l'ONU: rien
Ce geste symbolique ne résoudrait aucune des divergences sur les frontières, la sécurité, le sort des réfugiés, les implantations juives et le statut de Jérusalem, qui empoisonnent les relations israélo-palestiniennes.
- Manifestation de soutien à Abbas, le 25 novembre à Ramallah. REUTERS/Mohamad Torokman -
François Hollande a hésité. Lors de sa conférence de presse du 14 novembre, il n’avait pas encore annoncé de décision. Officiellement, il voulait connaître la formulation de la demande palestinienne. Peut-être s’attendait-il encore que Mahmoud Abbas renonce à soumettre au vote la présence de la Palestine à l’ONU comme Etat observateur non-membre. Mais le président de l’Autorité palestinienne n’était pas prêt à renoncer malgré les pressions des Etats-Unis et de plusieurs pays occidentaux.
L’année dernière, le Conseil de sécurité, seul compétent pour admettre un nouveau membre, s’était prononcé contre la participation pleine et entière de la Palestine aux Nations unies. Seule satisfaction pour Mahmoud Abbas: la Palestine avait été admise à l’Unesco. La France avait voté pour. Ainsi en avait décidé Nicolas Sarkozy.
A l’Assemblée générale de l’ONU, les grandes puissances n’ont pas de droit de veto et il ne fait guère de doute que la motion en faveur du statut d’Etat non-membre pour la Palestine présentée ce jeudi à New York obtiendra la nécessaire majorité des deux tiers.
Israël qui est farouchement contre cette démarche espérait au moins qu’une «majorité morale» s’opposerait à cette admission. C’est-à-dire l’ensemble des grandes démocraties occidentales. La prise de position de la France qui a été officialisée mardi 27 novembre par le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius rompt ce front «démocratique».
Hollande sur les pas de Mitterrand
Les autres pays européens sont divisés. L’Autriche et le Danemark voteront comme la France. La plupart des autres partenaires de l’Union européenne s’abstiendront. Toutefois, la Grande-Bretagne a laissé entendre qu’elle pourrait changer d’avis si l’Autorité palestinienne s’engageait à ne pas profiter de son nouveau statut pour trainer Israël devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre dans le conflit proche-oriental.
La décision française a une certaine cohérence. Elle est conforme au vote de l’année dernière à l’Unesco. Elle va dans le sens du 59e engagement de campagne de François Hollande sur la reconnaissance d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël comme solution au conflit. Il n’a pas oublié que François Mitterrand avait été le premier chef d’Etat à parler d’un Etat palestinien dans un discours prononcé à la Knesset en 1982.
La décision de Paris contribue d’autre part à renforcer la position de Mahmoud Abbas alors que le président de l’Autorité palestinienne est affaibli à la fois par l’ennemi israélien et par ses rivaux du Hamas qui sont sortis confortés par les derniers affrontements avec l’Etat juif.
Mais l’admission de la Palestine à l’AG de l’ONU permettra-t-elle un déblocage des négociations ou aggravera-t-elle encore l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers? Pour ses partisans, c’est une manière de relancer le processus de paix. Pour Israël, les Etats-Unis et les certains Européens, c’est au contraire une démarche unilatérale qui complique la situation.
Les négociations entre Palestiniens et Israéliens au point mort
La conséquence immédiate sera sans doute une suppression au moins provisoire de l’aide américaine aux territoires occupés. Washington a suspendu sa participation financière à l’Unesco à la suite du vote de 2011.
Sur le fond pourtant, la Palestine à l’ONU ne changera pas grand-chose. Le dialogue entre les frères ennemis est au point mort depuis des mois et n’a aucune chance de reprendre avant les élections générales israéliennes de la fin janvier 2013. Après non plus, surtout si Benjamin Netanyahou l’emporte à la tête d’une coalition encore plus à droite que l’actuel gouvernement.
Le Premier ministre israélien a tout fait pour décrédibiliser Mahmoud Abbas sur la scène internationale comme auprès des Palestiniens afin de pouvoir affirmer haut et fort qu’il n’a pas d’interlocuteur pour des négociations. Le vote de l’AG de l’ONU rehaussera quelque peu le prestige du président de l’Autorité palestinienne.
Tout en votant en faveur de la motion palestinienne, la France prend bien soin d’expliquer qu’il ne s’agit pas d’une reconnaissance de l’Etat palestinien. Celui-ci ne peut être que le résultat de négociations et d’un accord bilatéral entre Israël et les Palestiniens. Pas question donc d’une reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien que certains responsables politiques à travers le monde, y compris des membres du mouvement de la paix en Israël, appellent de leurs vœux.
Ce serait une manière de placer au pied du mur le gouvernement israélien qui accepte du bout des lèvres la solution dite des deux Etats tout en mettant tout en œuvre pour l’empêcher. Mais ce geste symbolique ne résoudrait aucune des divergences sur les frontières, la sécurité, le sort des réfugiés, les implantations juives et le statut de Jérusalem, qui empoisonnent les relations israélo-palestiniennes. A cette aune, le vote de l’ONU est une péripétie.
Daniel Vernet
Mis à jour le 29/11/2012 à 10h22
















































Ça ne va rien changer, non. A part à penser que la reconnaissance, c'est tout. Que le sentiment d'être aux pieds du monde, et non pas à sa table, est le meilleur allié du terrorisme.
Un vote en faveur de cette résolution ne ferait qu'accentuer l'agressivité des ultras, que ce soit les Israéliens ou les palestiniens. La solution du conflit actuel ne peut être que la négociation entre les deux entités, malheureusement Mr ABBAS refuse de négocier et tente des manoeuvres qui ne sont pas évidentes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_Balfour_de_1917
La Déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), publiée le 2 novembre 1917 par Arthur James Balfour, le ministre britannique des Affaires Étrangères, en accord avec Chaim Weizmann, alors président de la Fédération Sioniste et qui sera élu en 1948 président de l'État d'Israël. Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif avec le respect des communautés non juives sur le territoire. Cette déclaration est considérée[Par qui ?] de facto comme une des premières étapes dans la création de l'État d'Israël.
@ raimane
-> "par qui?"
Par l'ensemble de la communauté internationale, dont les représentants se sont réunis à San Remo le 25 avril 1920 et ont délibéré sur qui obtiendrait quoi, après avoir entendu les désidératas de l'Organisation Sioniste à Paris en 1919, ainsi que ceux des délégations arabes.
Ce traité de San Remo constitue d'une part l'APPROBATION de la communauté internationale
concernant la Déclaration de Balfour. Le retour d'Israel sur ses terres n'est donc pas le fruit d'une politique uniquement britannique, comme vous le laissez entendre - si je ne m'abuse.
Ce traité constitue également le document fondateur et juridiquement contraignant entrainant la pleine et entière LEGITIMITE de la renaissance de l'Etat d'Israel sur sa Terre ancestrale. A ne pas confondre avec la résolution 181 de l'ONU datant de 1947: les résolutions de l'Assemblée Générale de l'ONU n'ont pas de force juridique contraignante (contrairement à celles du Conseil de Sécurité).
Ce traité de San Remo avait pour but d'attribuer aux juifs un foyer national, bien avant la Shoah, suite à la conquête des territoires Ottomans par Lord Allenby en 1917 (dans le cadre de la première guerre mondiale) aboutissant à l'instaurant de plusieurs mandats dans la région, certains sous supervision Française (Syrie, Liban), d'autre sous supervision Britannique ("Palestine" - notez bien les guillemets, ainsi que l'Irak).
Ce traité de San Remo, signé par la Société Des Nations notamment, comporte une délibération explicite reconnaissant sans réserve les liens historiques du peuple juif avec la Terre Sainte. A cet égard, un recensement réalisé par le consulat Britannique à Jérusalem en 1863 fait état d'une population juive de 8.000 habitants au sein de Jérusalem pour 15.000 habitants au total. Histoire de mieux situer un point crucial -parmi d'autres- du conflit actuel, dans la mesure où l'on accuse les Juifs, notamment, d'avoir dépossédé les arabes de Jérusalem.
Est-ce plus clair dans votre esprit?
@Yirmeyah
Dans la mesure ou la "communauté internationale" n'a jamais condamnée à l'époque les empires coloniaux Anglais et Français c'est à se demander pourquoi les avons nous abandonnés ?
Ça me fait tjrs doucement rire quand on cherche à absolument (notez le "absolument" il est important) à justifier la création d'un état sur un territoire n'appartenant pas à la dite "communauté internationale".
Encore plus quand on avance des justifications mystico-théologique pour valider le droit de certains et pas d'autres sur ces terres.
Et puis c'est pas comme si cette "communauté internationale" n'avait que des intentions humaniste en faisant cela…
C'est une autre communauté internationale qui a crée l'état d'Israël en 47. Même si elle l'a de nouveau fait avec aussi peu de finesse et d'intelligence que la fois précédente elle au moins eu la clarté de le faire sur des bases uniquement politiques et non théologique.
@swergen
"justifier la création d'un état sur un territoire n'appartenant pas à la dite "communauté internationale"."
Je note avec plaisir, que vous parlez d'un territoire et non pas d'un état pré-existant comme beaucoup de palestiniens cherchent à le faire croire, en s'appuyant sur la notion de "Palestine" qui n'est que le nom d'une région.
Les premiers, en fait, à s’être appeler "palestiniens" furent les juifs de Palestine, (terme qu'ils abandonnèrent à la création de l'état d'israel, terme qui resta en "jachère" avant d'être récupérer par l'olp) soulevant l'ire de nombreux chefs Arabes :
En 1937 un chef arabe local, Auni Bey Abdul-Hadi, avait déclaré à la commission Peel (celle qui suggéra ultérieurement la partition de la Palestine) : “Il n’existe aucun pays [tel que Palestine] ! La ‘Palestine’ est un terme inventé par les sionistes ! Il n’y a aucune Palestine dans la Bible. Notre pays a formé pendant des siècles une partie de la Syrie.”
En 1947 le représentant du Haut Comité arabe aux Nations unies avait, quant à lui, soumis, en mai 1947, une déclaration à l’Assemblée générale selon laquelle "la Palestine faisait partie de la province de Syrie" et précisait que "politiquement, les Arabes de Palestine n’étaient pas indépendants dans ce sens qu’ils ne constituaient pas une entité politique distincte".
Quelques années après, Ahmed Shuqeiri, qui allait devenir, plus tard, président de l’OLP, déclara au Conseil de Sécurité: « Il est de notoriété publique que la Palestine n’est rien d'autre que la Syrie du sud. »
Ce "territoire" donc appartenait bien à quelqu'un : l'empire ottoman, puis ses vainqueurs comme la plupart des états constitués dans le temps...
Mais alors à vous lire, quid de la Jordanie, du Liban, de l'arabie saoudite créés par cette même à la dite "communauté internationale" ???
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"C'est une autre communauté internationale qui a crée l'état d'Israël en 47."
Oui et non mon cher swergen.
Un peu de droit international ne fera de mal à personne...
La création de l'ONU se fait sur les ruines de la SDN considérée comme ayant été incapable de prévenir la 2eme guerre mondiale.
Or la plus part des états ont des accords, voire des frontières définies par la SDN.
Il est donc décidé à la création de l'ONU que tous les accords, toutes les décisions, passés par la SDN sont non seulement toujours valides, mais aussi irrévocables par la nouvelle entité.
Cela signifie que les accords de San Rémo sont juridiquement les seuls qui prévalent encore.
Ne pas oublier non plus que l'état de Palestine aurait du être bien plus grand si un roi et sa descendance n'avait gardé pour lui... la Jordanie.
La jordanie est constituée à 80% de réels palestiniens.
@DedZep
"Les premiers, en fait, à s’être appeler "palestiniens" furent les juifs de Palestine, (terme qu'ils abandonnèrent à la création de l'état d'israel, terme qui resta en "jachère" avant d'être récupérer par l'olp) soulevant l'ire de nombreux chefs Arabes."
C'est dommage, à force de croiser des révisionnistes j'ai potassé mon histoire :
- Hérodote évoque une Palestine au 4e s av JC.
- Même la bible parle de territoires des Peleshets, ennemis des Israélites ou des Hébreux (je ne suis sûr de la chronologie sur ce point)
- L'empereur Hadrien nomme à nouveau cette région Palestine au 2e s ap JC, suite aux soulèvements des Israélites et en la nommant ainsi en références aux ennemis des Israélites (Palestine = pays des Filistins - Palestine en arabe = Filistin)
- et ça continue comme ça pendant 2OOO ans : au 4e s, au 8e s, après les croisades (c'est qu'est apparu le concept de Terres Saintes) au 12e s, jusqu'au 19e s avec les Ottomans, et enfin la prise de ces territoires par les Anglais.
Concernant la SDN, je ne vois vraiment pas quelle légitimité lui donner étant donnée que sous cette belle idée se trouve l'association de l'Occident colonialiste. Donc la légalité de leur décisions quand au partage du reste du monde est à mettre entre de grande parenthèse.
Quand au "royaume", les preuves archéologiques démentes le récit biblique (université de Tel Aviv). Aucun royaume uni n'a existé. Le royaume, berceau du judaïsme, ne correspond qu'à la Judée et certainement pas à la "Judée-Samarie".
Alors, si cela ne change rien, pourquoi ne pas accorder à la Palestine le statut d'Etat non-membre de la Palestine à l'ONU...
@ sonolisto
Car en 1995, l'Autorité Palestinienne et Israel on signé les Accords d'Oslo, lesquels interdisent à l'une et l'autre des parties de modifier de manière unilatérale le statut des territoires de Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Ces accords stipulent que le statut définitif de ces territoires doit être NEGOCIE par les parties.
En conséquence, cette démarche unilatérale de l'AP constitue une violation des accords d'Oslo dont elle est signataire.
A cet égard, il est intéressant de noter l'UE est également signataire des accords d'Oslo en qualité de témoin. Pourtant, nombre de pays faisant partie de l'UE envisagent de voter en faveur de cette démarche unilatérale. Ce faisant, ils violeraient à leur tour les engagements pris par l'entité dont ils sont membres.
Enfin, puisque l'AP envisage de saper le stade des négociations avec Israel (ce n'est pas nouveau, Abbas étant coutumier du fait) et donc de violer ses engagements, Israel se trouvera en mesure de revenir de revenir sur les siens.
Je vous laisse donc imaginer les conséquences d'une telle démarche de la part de l'AP.
@Yirmeyah,
Vous dites que l'AP viole les accords d'Oslo avec cette démarche, mais que dire d'Israël qui a continué le développement de ses colonies en Cisjordanie, tout comme l'annexion progressive de fait de Jerusalemn est!
DE surcroit, Israël viole une résolution de l'ONU tout comme l'article 49 de la Convention de Genève, qui interdisent d'établir des colonies dans des territoires occupés. Je sais, je vais avoir droit à la subtilité sémantique que ces territoires ne sont pas occupés mais disputés et autres coquecigrues!
Avec ces occupations, Israël mite complètement le territoire qui devrait revenir aux palestiniens, empêchant ainsi la création d'un état.
Les populations qui vivent là depuis des milliers d'années ont tout de même bien droit à un état, droit qui fut accordé à Israël en 1948.
La Bible, pour respectable qu'elle soit n'est ni un livre d'histoire ni un traité de droit international!
Souvenons nous de "l'initiative de Genève" où des gens de bonne volonté de part et d'autre se sont mis autour d'une table pour définir ce que pourraient être les frontières entre ces deux états, c'était certainement une bonne base pour conclure.
Ce n'est pas pour autant que j'approuve les actes terroristes, mais ne sont ils pas liés au désespoir de ces populations?
Ce vote ne va rien changer sinon de mettre encore plus de difficultes a entamer des négociations directes qui sont les seules a pouvoir aboutir.
d'un état palestinien parce qu'il n'y en aura pas. C'est une fiction.
Entretenu? Compte tenu de la colonisation actuelle la création d'un état palestinien est devenu impossible. Les observateurs avertis le savent. Il faut passer à un autre projet qui ne maintienne pas les palestiniens dans un état de non citoyen pour ne pas dire plus.
Les israéliens sont prêts à des négociations tant que cela n'arrête pas la colonisation
Il n'y aura pas d'alternative à ce conflit tant que les arabes d'Israël et d'ailleurs voudront jeter les Juifs à la mer. Il ne faut pas parler de palestiniens ça serait une usurpation de l'identité grec (les philistins étaient grecs). S'ils veulent vraiment la paix, pourquoi leur propagande prône la destruction d'Israël. En tous les cas ce conflit échauffe la tête de pas mal de gens sur cette terre.