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  • Zoé Martin est journaliste. Vous pouvez lui écrire par mail à zoemartin.slate[at]yahoo.fr.
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Le sexe, les riches et nous

Le décès au Bristol, l'assassinat du banquier Stern... L'argent et le sexe feraient-ils mauvais ménage?

Samedi 13 Juin 2009
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Quelle vie sexuelle ont donc les riches? Je me pose cette question après avoir lu deux histoires à la fois sordides et hallucinantes: celle de Kinga Legg, millionnaire de 36 ans retrouvée sans vie dans la baignoire d'une suite de l'hôtel de luxe Bristol, à Paris, tandis que son compagnon Ian Griffin avait pris la fuite en Porsche; et celle du banquier Edouard Stern, assassiné alors qu'il était vêtu d'une combinaison en latex. Un drame survenu en février 2005 en Suisse, en plein milieu d'ébats SM. Le procès de Cécile Brossard, accusée du meurtre, a commencé cette semaine.

Jeu amoureux qui finit mal? Règlement de comptes? Violence pure et simple? Je n'ai pas les éléments pour reconstruire les morceaux du puzzle. Mais ce qui m'a frappée dans les deux cas, c'est ce mélange (fatal) entre sauvagerie d'un côté et luxe de l'autre. (Si j'allais passer une nuit dans une suite du Bristol, je profiterais de la baignoire autrement que pour y coller un cadavre, surtout si elle est assez large. Mais je m'égare...)

Cette semaine toujours, Xavier Gillet, le mari de Cécile Brossard, de 21 ans son aîné, a fait une sortie remarquée à la barre: «Cécile m'avait dit qu'elle n'avait pas de rapports avec Edouard Stern mais qu'elle était sa secrétaire sexuelle (...) Edouard Stern avait besoin de rencontrer beaucoup de jeunes femmes. Cécile était sa rabatteuse.»

Sa «secrétaire sexuelle»???? Jamais entendu parler de cette profession, dont les attributions, vous serez d'accord avec moi, paraissent floues. A croire que les riches n'auraient pas les mêmes fantasmes que les pauvres. Et qu'ils s'inventeraient des métiers pour satisfaire d'insatiables besoins sexuels (ou pallier leurs soucis judiciaires).

Pourtant, les riches n'ont pas plus de coucheries au compteur que les autres. Selon un rapport intitulé «Argent, sexe et bonheur: étude de cas» publié en 2004 par deux professeurs d'économie anglo-saxons, il n'y a aucun lien entre fréquence des rapports sexuels et niveau de revenus.

Et un lien entre CSP+ et pratiques sexuelles extrêmes? Pas plus établi. A ma connaissance, aucune étude fiable n'a été faite sur le sujet, même si on lit ici ou là que les hommes habitués à diriger des entreprises aimeraient, peut-être plus que d'autres, l'idée d'être soumis à leur partenaire. Et donc, de se faire ligoter, insulter, fesser, que sais-je encore? Foutaises, rétorque Agnès Giard, qui tient un blog sexe sur «Libé». Pour elle, cette soi-disant «sexualité d'élite» est un «mythe». Et cela l'énerve d'entendre «de très nombreuses personnes» dire que «le SM (sado-masochisme, ndlr) serait une pratique branchée, cérébrale, sophistiquée, à la limite de la mondanité». La vérité? «Moi qui vais dans les soirées fetish depuis 1995, je peux vous dire qui sont les gens qu'on y voit», reprend Agnès Giard: «la France d'en bas» et «plus de vendeuses que d'avocats».

Moi qui ne viens pas d'un milieu très friqué, je suis sortie une fois avec un type qui gagnait un salaire mensuel à six chiffres. Sexuellement, il était d'un classicisme confondant. Ni orgie façon Kidman-Cruise, ni bondage. La seule chose qui m'a surprise avec lui ne s'est pas passée au lit: avant même notre premier week-end à deux, il m'a annoncé ses revenus hors-norme en prenant des pincettes comme s'il s'était agit de me dire qu'il avait une MST. Une soirée entière passée à parler compte bancaire avec lui, j'ai flippé et m'en suis retournée à mes velléités de roturière. Bien avant de savoir si la sexualité des très riches différait de celle des autres.

Chers internautes, pensez-vous que gagner beaucoup d'argent nous conditionne et nous donne des fantasmes et des désirs plus sophistiqués, pour ne pas dire «borderlines»? Si vous avez eu des expériences qui accréditent ou contredisent cette idée, veuillez les raconter ci-dessous. Si cela vous gêne d'en parler en public, écrivez-moi à zoemartin.slate@yahoo.fr. Anonymat garanti.

Zoé Martin

Image de une: Nicole Kidman dans «Eyes wide shut». WARNER BROS.

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Comments

Fantasmes

La différence, réelle ou supposée, est à la base de nombreux fantasmes parce que l'on prête à celui qui est différent, les pratiques sexuelles que l'on n'ose assumer.
La photographie coloniale en est un des meilleurs exemples:
http://iconoclasse.blogspot.com/2008/01/fantasmes-mauresques.html
On prêtait aux "indigènes" une sexualité d'autant plus fascinante qu'elle était à la fois scandaleuse ici, et qu'on la supposait légitime là-bas. La femme y est dénudée et lascive, la pédophilie très présente, le harem la norme et l'indigène de sexe mâle d'une inquiétante virilité.
Dans le cas des riches, il y a à la fois la fascination pour une sexualité que l'on suppose débridée et hors norme parce que l'argent permet de tout acheter et l'effet "people" qui permet à une certaine presse de si bien se vendre: Qu'est-ce que c'est bon de se dire que les riches eux aussi peuvent être malheureux. Les faits divers sont d'autant plus exploités par la presse qu'il nous reste sans doute un vieux fond religieux et que l'on est secrètement satisfait d'apprendre qu'ils ont été punis par là où ils avaient péché !

Bon maintenant si on considère les statistiques sur la violence domestique, ce n'est sans doute malheureusement que le décor et le coût des accessoires qui distingue réellement les faits divers chez les riches des faits divers chez les pauvres.

El Gato

Chère Zoé

Chère Zoé, vous nous aviez habitué à mieux dans le domaine de la chronique Sexy-sexe.
Franchement à vrai dire que les riches baisent différemment que les pauvres, qui s'en soucie au quotidien ?
Néanmoins, il est vrai que certaines differences peuvent exister. Je me suis donc renseigné (lol) et savez vous qu'une combinaison en latex typée SM peut couter plus de 1500 euros ?
"A croire que les riches n'auraient pas les mêmes fantasmes que les pauvres", point du tout Zoé ! Les riches ont les moyens de réaliser leurs fantasmes, nuance !
Et quand la fortune vous autorise tous les excès, de temps en temps cela finit mal.
Les 2 histoires que vous relatez sont cependant très différentes. D'un coté, au Bristol, un couple riche à la dérive, ivre, une dispute, des coups et crac ! La femme meurt ...
De l'autre, un homme très riche et une femme pas riche, dans une passion malsaine ou s'entremêlent argent, jalousie, fausses promesses, sadomasochisme, armes et crac ! L'homme sexuellement soumis meurt !
C'est pas tout à fait la même chose.

Quant à partager nos experiences sur Slate ou dans l'alcôve internété d'échanges d'émails avec vous, cher Zoé, faudrait voir à pas pousser, vous risqueriez d'être choquée :)

Allez, à vous lire dans une chronique plus sexy-sexe,
cordialement,

ps: pour l'anecdote, j'ai croisé et discuté 5mn, en 2003 avec le dit-Stern dans un salon Air France à Genève, et je dois dire qu'il était, comme cela, tout à fait charmant ! Comme quoi...

dans la lignée de Corto

Corto 74 m'a pris de vitesse quant à sa réaction sur l'article de Zoe Martin que j'ai plaisir à suivre ici en temps normal.
Réaction que j'appouve sur la première partie mais Corto m'a pris de vitesse..
Allez faire un tour chez Demonia à Paris pour vous rendre compte du coût de ces tenues SM.
et pour ce qui concerne Agnes Giard, j'aimerais qu'elle cite les endroits qu'elle frequente..parce que certes, le droit d'entrée n'est peut être pas élevé mais le materiel et les tenues ne sont pas accessibles par tous les porte feuilles..

Dans son "Histoire de l'Erotisme" chez Gallimard, Pierre Marc de Biasi démontre aussi que depuis l'Antiquité, l'erotisme et les pulsions sexuelles en découlant a toujours été l'apanage des classes sociales élevées... Ceux qui ont et avaient l'argent (et a fortiori le pouvoir) peuvent organiser leurs delires sexuels plus ou moins débridés, plus ou moins terrifants aussi..

Donc, les choses ne changent pas et ne changeront pas.

Encore une fois, je précise que fréquentant des leiux de debauche parisiens, la moindre soirée en club revient au minimum à 150 euros... vous n'y allez pas toutes les semaines à moins d'avoir les moyens...
Certes, des clubs en province pratiquent des pris plus atractifs mais il est évident qu'on ne trouve pas forcement les personnes adéquates pour les fréquenter..
Le libertinage est d'abord un état d'esprit mais pas toujours , et loin de là, respecté.
Mais ça, c'est une autre histoire..

Le Zèbre

Réponse aux réponses

Chers internautes,

Vous n'allez pas me dire que vous n'avez pas trouvé cette chronique "le sexe, les riches et nous" affriolante? Je ne vous croirai pas!

En tout cas, quelle "riche" idée que de vous demander de raconter vos expériences de libertinage et de coucheries avec des riches... Car vu la dose de mails que j'ai reçus, débauche et différences de classe au lit titillent pas mal d'entre nous. Moi comprise, comme vous l'aurez noté.

Cher Corto74, rassurez-vous, je n'ai pas été choquée par ce que j'ai lu dans ma boîte électronique, j'adorerais même vous le raconter, mais j'ai promis de garder ces confidences secrètes :-) Je laisse donc les internautes qui le souhaiteraient continuer le débat ci-dessous.

A très vite,
Zoé

zoemartin.slate [a] yahoo.fr

SEXE ARGENT LES DERIVES

Les "faits divers MEDIATISES sont différents en fonction de la place sociale des acteurs.
Sensationnelles pour les riches avec 2 axes principaux le sexe et l'argent, très glauques chez les pauvres: pédophilie, violence sur les plus faibles et en prime les erreurs judiciaires qui ont pour départ le manque d'argent. Mais les pauvres ont droit également aux pb de sexes et d'argent mais est-ce vendable? non, alors pas de sensationnelle de riches chez les pauvres. Pourtant l'argent tue et le sexe aussi mais les accessoires sont aussi pauvres que les personnages. J'oubliais parfois vient se glisser les histoires du clergé pas d'argent pas d' accessoires mais la place dans la socièté.
Le sexe est un bonheur et comme tout bonheur il a ses dérives fatales.
Pour notre internaute le Zèbre 150 € la soirée pas cher pour ne pas dire pauvre si la débauche est des plus ludique, vite l'adresse!!!!!!
Zoe j'aime bien vos articles ils sortent de l'ordinaire et sont écrits avec une forme d'humour sympa à bientôt pour un prochain échange, de commentaires bien sur.

MAYOMBE

pour Mayombe

J'insiste sur le fait que 150 euros c'est un minimum, et pour beaucoup de clubs parisiens, c'est aussi la crise.. et certains d'entre eux ont minimisé leurs tarifs, notamment les dimanche...Bref
Pour les adresses, je vous les communiquerais avec grand plaisir mais je ne sais pas si je peux le faire ici..
aussi le plus simple serait par mail.. zebre-tigrounet@wanadoo.fr.
cordialement

Le Zèbre

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