En Iran, Ahmadinejad largement réélu

Slate.fr, mis à jour le 13.06.2009 à 17 h 04

Selon des résultats provisoires, le président sortant a bénéficié de la forte participation

L'occident espérait un changement en Iran. Elle aura probablement la contitinuité. Selon les premiers résultats, non définitifs, l'Iran reconduit le sortant. Avec 78% des bulletins dépouillés, Ahmadinejad a rassemblé 64,9% des voix, tandis que son principal rival Mir Hossein Moussavi en obtiendrait 32%.

Ce dernier, vu comme un réformateur, semblait pouvoir davantage contester la réélection Ahmedinejad, comme l'écrivait Jean-Pierre Perrin dans Libération. «Certes, Ahmadinejad reste le favori des couches les plus populaires, ceux qu'on appelle les mostazafin («déshérités»), des campagnes et des milices (le bassidj). Mais même chez les bassidji («mobilisés»), des hésitations percent, comme si, découvrant leur héros en difficulté, les miliciens cherchaient un candidat de remplacement.»

Moussavi et ses partisans ont immédiatement crié à la fraude, «alors que la participation record constatée par les autorités était censée favoriser sa candidature». Si la victoire de d'Ahmadinejad devient officielle — son avance est telle que personne ne voit Moussavi rattraper le sortant, les partisans du candidat centriste pourraient manifester leur déception, après avoir envahi les rues de Téhéran lors de la soirée électorale.

Les bureaux de vote devaient fermer vendredi à 18h en Iran. Mais le formidable taux de participation pour cette élection présidentielle a conduit à reculer la clôture du vote.

Que se passera-t-il désormais en Iran? Il n'est pas dit qu'Ahmedinejad ait toute la latitude qu'il voudrait, écrivait Robert F. Worth dans le New York Times, vendredi. Ses adversaires pourraient l'accuser de corruption et de mauvaise gouvernance. L'ayatollah Ali Khamenei, chef suprême, pourrait aussi le contraindre à conduire une politique plus modérée s'il est réélu.

«Les élites ne laisseront pas Ahmadinejad tranquille» explique Muhammad Atrianfar, un journaliste iranien. «Les institutions officielles seront en conflit avec lui, Parlement y compris». Sans compter que le pouvoir présidentiel en Iran est de toute façon limité, puisque c'est le chef suprême qui a véritablement le dernier mot.

JH

Image de une Sharham Sharif CC Flickr, déposée le 11 juin.

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