Civitas contre Femen et Caroline Fourest: les suites judiciaires de la manifestation anti-mariage pour tous
Plaintes contre X pour coups et blessures d'un côté, contre Femen pour «violences en réunion avec armes» de l'autre...
- Des militantes de Femen et des membres du service d'ordre de la manifestation organisée par Civitas, le 18 novembre 2012. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD -
La manifestation organisée dimanche 18 novembre par l’institut d’extrême droite Civitas contre le mariage pour tous et plus largement l’«homofolie» a été marquée par des incidents violents.
Des militantes du mouvement féministe ukrainien Femen et des journalistes, parmi lesquelles Caroline Fourest, ont été frappées, comme le montrent de nombreuses photographies et vidéos.
Le jour même, Caroline Fourest et Inna Shevchenko ont porté plainte contre X pour coups et blessures, tandis que deux jours plus tard Civitas annonçait porter plainte contre les membres de Femen pour plusieurs motifs. On fait le point sur les suites judiciaires de la manif.
Inna Shevchenko et Caroline Fourest
L’activiste leader de Femen France et ses co-militantes sont arrivées au tout début de la manifestation, à 14h30. Vers 14h40 elles ont enlevé leurs vêtements, révélant des slogans comme «In gay we trust», «Fuck god», «Marie marions-nous» ou «Occupe-toi de ton cul» sur leur torse nu, se sont mises à scander «In gay we trust». Avançant parmi les manifestants, elles ont appuyé sur des petits extincteurs peints en argent et décoré des mots «holy sperm».
Inna Shevchenko nous raconte qu’en «moins d’une seconde», les Femen se sont retrouvées «à terre»:
«Ils nous ont frappées avec leurs pieds, ils m’ont cassé la dent, toutes les filles ont été battues, certaines ont eu la lèvre ouverte, d’autres le nez qui saignait, donc une fois qu’on s’est rendu compte que c’était trop dangereux, on a essayé de s’échapper. On continuait à crier nos slogans et à leur envoyer des baisers, mais ils se sont mis à nous courir après et à nous frapper […] Ils couraient et criaient comme des animaux sauvages, et certains nous ont dit qu’ils nous retrouveraient et qu’ils nous frapperaient.»
La journaliste Caroline Fourest était à la manifestation de dimanche pour filmer les militantes de Femen dans le cadre d’un documentaire qu’elle tourne pour France 2 sur «le féminisme aux seins nus et les Femen», nous explique-t-elle.
«J’ai été agressée parce que je filmais les agresseurs des Femen quand ils ont attaqué les militantes, qui faisaient une contre-manifestation», raconte-t-elle.
«L’agresseur m’a mise à terre, m’a tabassée, et on m’a arraché mon bonnet.»
Sans bonnet, elle a été rapidement reconnue par les agresseurs, qui lui ont crié entre autres choses: «Cours, sale pute, on va te tabasser.»
Si «la bestialité qui s’est dessinée n’était pas réfléchie, pas politique, mais homophobe», elle refuse le mot de «voyous» pour qualifier ses agresseurs parce qu’il y avait des mots d’ordres «politiques», comme lorsque ils ont crié «Allons-y mes camarades!». Elle affirme que «beaucoup de militants de Civitas ont joui du spectacle et se sont joints aux insultes».
Le mouvement catholique affirme dans un communiqué qu’aucun membre de son organisation «ne s’est rendu coupable de la moindre violence envers ces FEMEN».
En s’échappant, les militantes et Caroline Fourest ont aperçu «plein de policiers qui protégeaient des activistes LGBT» et ont couru vers eux, raconte Inna Shevchenko. «Ils nous avaient rassemblées dans un coin avec toutes les personnes qui pouvaient se faire péter la gueule», complète Caroline Fourest, «dans un cordon de CRS pour nous protéger des agresseurs, puis ils nous ont fait monter dans deux fourgons pour nous éloigner et nous ont libérées plus loin».
La militante et la journaliste sont ensuite allées porter plainte contre X au commissariat pour coups et blessures. Caroline Fourest précise qu’elle va faire examiner par un avocat toutes les déclarations de Civitas pour voir s’il y a diffamation.
La plainte contre X pour coups et blessures
Après une plainte pour coups et blessures, qu’on appelle plus officiellement pour «violences volontaires», le commissariat fait un compte rendu téléphonique au procureur de la République, qui déclenche ensuite une enquête.
Le parquet de Paris ouvre alors une enquête préliminaire: les policiers entendent les plaignants, les font examiner par des médecins des unités médico-judiciaires, qui vont déterminer les blessures et les jours d’ITT, ou d’incapacité totale de travail –Inna Shevchenko dit être allée avec Caroline Fourest à l’hôpital pour «des preuves»– et tentent d’identifier les personnes qui auraient commis ces faits.
Du nombre de jours d’ITT déterminé dépend la peine encourue par les agresseurs: de la contravention (entre 0 et 8 jours d’ITT) à 15 ans d’emprisonnement (la mort de la victime) en passant par 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende (plus de 8 jours d’ITT), sachant que ces peines peuvent être aggravées si l’auteur a agi en bande ou avec des armes par exemple.
Les policiers pourront utiliser les photographies et les vidéos prisent pendant la confrontation pour tenter d’identifier les hommes qui ont frappés les militantes et la journaliste.
Si les policiers n’identifient pas les auteurs, la plainte est classée sans suite, mais s’ils y parviennent, les accusés sont convoqués pour être entendus et peuvent par exemple être placés en garde à vue. Si le procureur pense qu’il n’y a pas assez d’éléments, il peut classer la plainte, explique Matthieu Bonduelle, président du Syndicat de la Magistrature.
Civitas
Dans un communiqué publié mardi 20 novembre, l’institut d’extrême droite Civitas a annoncé porter plainte auprès du procureur de la République contre «les membres parfaitement identifiables des FEMEN» pour plusieurs motifs:
1. «Exhibitions sexuelles notamment à la vue d’enfants»
L’article 222-32 du code pénal punit «l’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public» d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.
Civitas vise ainsi assurément le mode de manifestation des Femen, qui protestent seins nus (des enfants avaient été amenés par leurs parents à la manifestation). Pendant le dernier Paris Plages, la Préfecture de Paris a rappelé que «toute tenue qui laisserait entrevoir les parties génitales ou la poitrine constitue une exhibition sexuelle», et Matthieu Bonduelle estime en effet que manifester seins nus peut tomber sous le coup de la loi.
Reste que le parquet a l’opportunité des poursuites, c’est-à-dire qu’il n’est pas obligé de poursuivre les militantes pour exhibition sexuelle, explique-t-il, même si les faits sont constitués. La motivation (ici, une manifestation ou un happening) peut alors entrer en compte dans sa décision.
2. «Diffusion de message à caractère violent ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine et susceptibles d’être vus par des mineurs.»
L’article 227-24 du code pénal punit une telle offense de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende lorsque ce message est «susceptible d’être vu ou perçu par un mineur».
Les militantes scandaient un slogan en anglais –«In gay we trust»–, et avaient inscrit sur leurs poitrines des messages en anglais ou en français («Marie marions-nous», «Saint esprit étroit», «Occupe-toi de ton cul»).
C’est là aussi au procureur de décider si ces slogans sont violents ou «de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine».
3. «Violences en réunion et avec armes, y compris contre des enfants»
L’article 222-13 du code pénal prévoit que les violences n’ayant pas entraîné d’ITT ou des ITT de moins de huit jours peuvent être punies de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende si elles sont commises «sur un mineur de quinze ans», «par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice» ou «avec usage ou menace d’une arme».
Les militantes étaient une dizaine et elles ont actionné des petits extincteurs. Civitas affirme qu’un des extincteurs a visé un enfant dans une poussette, s’appuyant sur cette photographie. Si ceux-ci ne sont pas des armes par nature, comme les pistolets par exemple, ils peuvent être considérés comme des armes par destination à partir du moment où ils sont utilisés comme des armes (c’est le cas pour tous les objets, si vous vous servez d’une poubelle pour tabasser quelqu’un, c’est une arme par destination), explique Matthieu Bonduelle.
Quand j’ai traduit les motifs de la plainte à Inna Shevchenko, elle a répondu que les Femen avaient des photos de ce qui s’était passé, ajoutant:
«C’est une blague de dire que 10 femmes nues ont été violentes contre cinquante hommes qui étaient physiquement préparés et qui font ce genre de choses tous les jours.»
Là encore, dans l’esprit du droit, cet argument ne change rien. Mais le procureur (et le cas échéant, au tribunal) peut décider de l’opportunité de poursuivre vu le contexte. Il peut aussi décider de poursuivre tout le monde, les Femen et les agresseurs, personne, ou les uns mais pas les autres.
4. «Entrave concertée à la liberté de manifestation par menaces, violences et voies de fait»
D’après l’article 431-1 du code pénal, «le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de faits» l’exercice de la liberté de manifestation est puni de trois ans d’emprisonnement de 45.000 euros d’amende (un an et 15.000 euros «à l’aide de menaces»).
5. «Injures envers CIVITAS et les manifestants en raison de leur appartenance à la religion catholique ainsi que les messages écrits sur leur poitrine et les aérosols utilisés le démontrent aisément»
L’article 33 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881 prévoit que «l’injure commise […] envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée» est passible de six mois de prison et de 22.500 euros d’amende.
Difficile ici de voir à quoi se réfère Civitas. Les messages sur les torses et les extincteurs des militantes de Femen ne peuvent probablement pas être considérés comme des insultes, étant donné qu’ils ne visent pas directement les manifestants ou Civitas. Ecrire «Fuck Dieu», ce n’est pas pareil que d’écrire «Connards de manifestants».
Matthieu Bonduelle retrouve dans cette partie de la plainte un schéma récurrent:
«Une offensive de la part de l’extrême droite qui consiste à retourner contre les militants anti-discrimination les outils pour lutter contre les discriminations. C’est une tendance assez préoccupante parce que ces outils ont été créés pour défendre des minorités, des personnes réellement mises en cause dans leurs orientations –notamment religieuses– et sont instrumentalisés par des gens de l’extrême droite qui ne sont eux-mêmes pas avares de discriminations.»
Quant à Caroline Fourest, elle estime que «les Femen seront même en France attaquées pour blasphème, comme en Russie ou en Ukraine», et ajoute:
«J’ai porté plainte moi aussi, et ils n’ont pas offensé mes sentiments religieux, ils ont offensé ma liberté de la presse et ils ont massacré mon intégrité physique, c’est un peu plus douloureux que leur intégrité religieuse.»
Cécile Dehesdin
Mis à jour le 22/11/2012 à 12h19
















































La manifestation publique est un droit.Mais toute manifestation sur la voie publique doit être déclarée et autorisée.
Ceux qui ne sont pas d'accord avec l'objet d'une manifestation ont tout à fait le droit d'en organiser une autre.
Mais la contre manifestation ne peut être un droit, parce qu'elle oppose la violence à une expression publique autorisée.Que ceux qui s'engagent dans la violence en soient les victimes, aussi regrettable que cela puisse être, semble un juste retour.
Ah que j'aime Slate et sa belle partialité. Quand on lis ce genre de daube il est aisé de se rendre compte à quel point on prend le lecteur pour un c** incapable de penser par lui-même... Je ne suis pas catholique ni croyant en général, mais lire que de pauvre filles n'ayant rien à faire de leurs vie, venue en France alors qu'elles n'ont rien à y faire pour y cracher leurs invectives contre des gens porteurs d'une idéologie opposée à la leur est tout bonnement inqualifiable...
Quand à Caroline Fourest, depuis le temps qu'elle cherche les caméras, elle a fini par les trouver... Dommage que les gens n'en aient reien à faire.
Bref, slate fait du slate et c'est bien dommage.
les extrêmes se touchent, souvent même physiquement. Tous pareils quant à la forme et, qui sait, peut être aussi quant au fond : avoir raison!
Idée : vu que toutes ces manifestations dérangent le citoyen paisible pourquoi ne pas créer un espace, style Colisée, où toutes les manifs, contre- manifs pourraient se rencontrer et joyeusement se taper dessus.
On pourrait prévoir des loges de presse complètement équipées, des tribunes, pourquoi pas, pour ceux qui aiment ce genre de spectacle, à leurs propres risques et périls moyennant un ticket d' entrée (bracelet blanc).
L' organisateur paie un forfait, les participants paient une entrée ( bracelet bleu), les contre- manifestants paient un peu plus (bracelet rouge), le coût d' un service d' ordre, de sécurité, de para- médicaux, de nettoyage, d' assurances sont des suppléments à charge de l' organisateur. Un service de média (P.R.) peut être commandé à leurs frais. Bien entendu les revendeurs de mal- bouffe, de colifichets sont libres, à leurs risques et périls, de s' y installer dans les espaces prévus moyennant redevance. Armes de quelque catégorie que ce soit interdites et pas à louer ou à acheter sur place, quand même.
Tout bénéfice pour la municipalité, créateur d' emplois et surtout, source de tranquillité pour les citoyens paisibles ... ne vivant pas aux alentours du Colisée.
Mieux que du paint ball, pas aussi perturbateur qu' une manifestation.
Civitas fait peur. Dans notre contexte de crise à la 1929, ce petit mouvement rappelle de très mauvais souvenirs et nous devons être très vigilants. La bête ne meurt jamais, au mieux elle hiberne. Voire ces curés et ces jeunes hommes en Bomber Jacket et rangers frapper de jeunes femmes fait peur. Notons au passage que leur code vestimentaire était très en vogue chez les gays fan de Bronski Beat et les Communards dans les années 80, ce qui est étrange.
Maintenant, que viennent faire ces filles Ukrainiennes en colère dans le débat sur l'homoparentalité, je me le demande. L'Ukraine n'est pas la France. Nous somme une vraie démocratie et les homosexuels ont leur place dans la société. Elles sont en fait le faire valoir de Civitas : sans Femen, la manif de Civitas n'existe pas dans les médias. Elles servent la soupe au fachos. Je ne sais pas ce qu'elles combattent exactement, mais je suis sure qu'elles sont là pour l'opportunité d'auto promotion. Elles sont dans l'insulte et la la provocation, et honnêtement, il n'y a rien qui soit arrivé qui n'était pas 100% prévisible. Pour le Femen c'est une opération médiatique réussie, leur "marque" est passée comme elles le désirent. Mais elles provoquent inutilement l'immense majorité des chrétiens modérés pour qui nos changement de société, que je souhaite personnellement, posent des problèmes qui sont bien compréhensibles. Sur l'échelle de la provoc (bombes de sperme sacré, Marie marions nous etc.) c'est bien plus haut que la pire des caricature de Mahomet. On est dans l'insulte pure. Je suis un fervent athée, mais jamais ne me viendrait à l'esprit d'insulter les croyances de quelque religion que ce soit. Des gens que j'aime et respecte croient en Dieu.
Femen est un mouvement féministe né en Ukraine (au départ pour combattre la prostitution endémique en Ukraine) et qui fait tâche d'huile chez une génération de femme européenne (moins de 30 ans) qui comprennent (enfin ?) que le combat pour l'égalité des sexes, le respect des droits ne sont pas gagnés !
Et pour avoir vu ce que j'ai vu, et ce que je vois tous les jours en France, je suis convaincus que depuis les années 90, nous reculons sans cesse !!
@zergotine je comprends ce que vous dites mais je ne vois pas comment le combat de Femen s'articule contre celui de Civitas et leur opposition au mariage pour tous et l'homoparentalité.
Loin de moi l'idée de défendre ces fachos de Civitas, mais il ne faudrait pas non plus que cela fasse de Femen de pauvres oies blanches victimes du machisme ambiant.
Militantes pseudo-féministes (on peut entendre l'une des fondatrices dire dans un reportage que son mouvement a pour but que l'on associe désormais le féminisme à une jolie fille nue plutôt qu'à une grosse moche tatouée... ça vole haut !), les Femen ne sont qu'une poignée d'attention whores (excusez l'anglicisme... j'en utilise toujours moins que les Femen, qui passent leur temps à vociférer en anglais à la one again), financées par on-ne-sait-qui (en voilà, une idée de reportage) pour faire le buzz.
En septembre dernier, elles inauguraient leur "centre d'entraînement" à Paris, avec punching ball pour s'entraîner à casser du macho et tout et tout (elles l'avaient même ouvert à la tronçonneuse, on allait voir ce qu'on allait voir)
http://www.youtube.com/watch?v=Z0fDSgEmYus
On se demande aujourd'hui à quoi peut bien servir ce fameux centre ouvert par une dizaines de pin-ups aux seins nus devant trois fois plus de caméras. Personne ne leur a appris que, quand on va taquiner une manif d'extrême droite, il faut s'attendre à une réponse musclée, provenant le plus souvent de jeunes brutes aux idées encore plus courtes que leurs cheveux ?
Quand on choisit d'aller asperger les fachos avec des extincteurs, on ne vient pas pleurer ensuite parce qu'ils ont eu l'audace de répondre, surtout si on s'en est pris à leurs enfants.
Ce fait-divers ne mérite vraiment pas une telle couverture médiatique. Il faudrait expliquer à tous ces imbéciles (aux cathos ultras comme aux bimbos pseudo-féministes) que ce n'est pas avec ce genre de clowneries que l'on fait avancer sa cause (voir votre article sur la manière dont les homos américains ont conquis les urnes dans plusieurs Etats pour obtenir le mariage gay)
Au-delà des faits violents, je ne trouve pas sa très malin de la part de ces activistes, de se joindre à la manifestation et d'insulter la foi des manifestants par des slogans racoleurs, qui ont parfois peu de rapport avec le sujet du mariage, "fuck god" est vraiment plus que limite. Dommage que l'article soit un peu partisan, sa gâche un peu sa lecture alors que le sujet aurait pu aussi aborder ce nouveau mode de contestation, parfois quelque peu violent, mais qui s'adapte très bien à nos sociétés actuelles.
De plus, s'habiller en bonne soeur au sein nu à l'intérieur de la manifestation rajoute à la provocation. A l'extérieur de la manifestation, cela m'aurait paru normal mais à l'intérieur, je trouve une partie de la plainte de la civitas, fondé. Même les extincteurs auraient eu un coté artistiques, fondé dans l'action et l'impact de l'image mais-là... aucunes excuses, c'est mauvais.
J'adore le mouvement des Femen et ce qu'ils font est d'une grande utilité dans bien des cas mais-là, elles se sont plantés, mauvais moyen d'action, peu approprié et franchement, même si je n'appartiens à aucun mouvement politiques et/ou religieux, insultants. L'incitation à la haine est limite applicable sur un plan moral dans ce cas-là.
Il est vrai que certains groupe extrémistes utilisent la lutte contre la discrimination à leur avantage, et qu'il faut s'en méfier mais c'est aux juges de faire la part des choses. Et il doit condamner les deux pour montrer que la violence doit être punis autant que l'incitation à la violence, même si les "participants" à la manifestation étaient violent par nature. Quant à l'agression de la journaliste, une peine plus lourde serait presque logique, mais le cerveau humain tape sans distinctions quand la violence fait homme.
Ces propos peuvent être lus comme une acceptation de certaines montées des extrémismes même si n'est pas le cas mais merde s'inclure à la manifestation, c'est d'une connerie dantesque ! Donc un article, sans jeu de mots, de mauvaise foi, quoique si car c'est une foi envers ce mouvement qui brouille l'esprit de l'auteur de cet article.
Bravo Mme Dehesdin, votre article explique clairement la situation, l'illustre parfaitement.
Vous exposez le contexte et les arguments des deux parties. J'aimerais qu'il existe davantage d'articles comme celui-ci et plus de journalistes comme vous.
Merci en tout cas pour votre professionnalisme.
Le seul problème : Melle Dehesdin donne la parole à C. Fourest, aux Femen (qu'elle a rencontré, elles) et au président du Syndicat de la magistrature (http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/27/le-syndicat-de-la-magistrature-appelle-a-voter-contre-sarkozy_814832)
Mais... pas aux autres.
Au delà du fait que Civitas apparait comme une organisation bien peu sympathique, la contre-manifestation organisée par la poignée d’excitées était franchement ridicule: pourquoi provoquer ainsi, autant et aussi grossièrement? Je parle ici d'excitées et non de femmes ou de féministes volontairement : j'ai trop de respect pour ces deux concepts pour les mêler à ce carnaval de la vulgarité.
L'usage d'extincteurs supposés pleins de sperme, l'exhibition sur des corps nus de slogans orduriers et injurieux et la violence des propos illustre un niveau d’agressivité et de bêtise remarquable. Je doute que de tels débordements aient apporté quoi que ce soit au débat, si ce n’est la certitude encore vérifiée que, quelle que soit la cause, les intégristes de tous bords sont toujours aussi idiots. Il y en a quelques uns des deux cotés qui devraient méditer le fameux adage « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire », plutôt que de tabasser allègrement des jeunes femmes ou de s’arroser les gens avec un extincteur avec peinturluré « fuck god » sous la poitrine.
Pour terminer, je crois savoir qu'aucune contre-manifestation n'a jamais perturbé la gay-pride. Pour le coup, si les réactionnaires sont pleins de défauts avérés, ils semblent au moins un peu plus respectueux de la liberté d'expression que ces petites bobos-rebelles qui se rêvent en « pussy riots » des beaux quartiers et dont la subversion de pacotille incite plus au mépris qu’à l’admiration.
bonjour bon articles réaliste , pas romancé et assez clair... cependant il est vrai que les militants civitas n'ont pas réellement participé aux violences physiques ,ils ont cependant engendrés la situation qui a mise en danger les femen et fourest.... nous avons de sources sures la certitude que les agresseurs sont du GUD et des Jeunesses nationalistes.. les identités sont connues et reconnues , la police en charge des enquêtes ne pourra pas nous dire qu'ils ne savent pas qui sont les agresseurs puisque nous , citoyens , le savons d'ores et déjà. En espérant que les réponses à ces violences ne se feront pas attendre trop longtemps ,au quel cas , les citoyens s'en chargeront :).
Qui pourrait m'expliquer pourquoi le visa de tourisme de Mme Inna Shevchenko, fondatrice des Femen, n'est pas abrogé pour trouble à l'ordre public ?
La violence et l'outrance sont leur terrain de jeu : le Nouvel Observateur nous présentait ainsi les Femen il y a seulement deux mois, alors que se passe-t-il ? On ne joue plus ? Déja ?
Provoquer des cathos étant généralement moins risqué que d'aller faire chier des barbus en pantacourt avec des taches de sang sur les chaussettes, peut-être n'avaient-elles pas prévu de se faire botter le cul, mais le but de la provocation est bien de déclencher une réaction, ces péronelles servent-elles à autre chose ?
Dans les années 70 les féministes étaient généralement des boudins courts sur pattes brandissant des pancartes "je ne veux plus être un objet sexuel" auxquels on avait envie de dire "touche à rien, c'est gagné". L'image est cette très fois différente : toutes jeunes et sveltes, le casting est manifeste, derrière il y a encore du maquillage, de la communication, et surtout BEAUCOUP D'ARGENT.
Quelle machine de propagande finance ces clowns intégristes de l'avancée sociétale à marche forcée ?
(et bien vu pour le visa...)
Ces manifestations de skins et ces contre-manifestations me rappelle ma jeunesse! C’était autre chose que trois donzelles à poils. A l’époque on savait se servir des extincteurs correctement… J’ai un petit coup de nostalgie, je vais peut être organiser une contre-manifestation à l’ancienne histoire de montrer aux chancres du "c’était mieux avant" comment ça se passait au bon vieux temps. "A toutes les manifestations nazis, soyez là, soyez présent et empêchez les". http://www.youtube.com/watch?v=GlbDGs8h9yY
Bonjour Cécile je regrette que ton article (je te tutoie, on était dans la même promo à Sciences Po) soit aussi orienté.
En fait, plus que ça, je regrette les petites manipulations qui n'ont l'air de rien mais qui, finalement, changent tout!
Pour disqualifier d'office, tu accoles immédiatement à Civitas... "extrême droite"! (bon courage pour trouver ça officiellement) En revanche pour le syndicat de la magistrature qui se positionne lui-même à gauche... rien! (http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/27/le-syndicat-de-la-magistrature-appelle-a-voter-contre-sarkozy_814832)pourtant tu donnes la parole à son président sans jamais mettre en doute ses jugements!
Pareil pour la photo. Les pauvres Femen se font pousser par le service d'ordre créant une confusion. Les vidéos sur Internet montrent clairement 3 phases différentes:
- Provocation des FEMEN, seins nus, avec des extincteurs (qui sont toujours "petits" dans ton article d'ailleurs), "fuck God" et "fuck Church"
- Réaction du service d'ordre dont le but est de... maintenir l'ordre! C'est à ce moment que ta photo a été prise
- Poursuite et agression des FEMEN par des militants d'extrême-droite (GUD, Jeunesses Nationalistes)
Le truc, c'est que tu mets tout dans un même paquet parlant simplement de "l'agression de Caroline Fourest" sans remettre en cause l'idée qu'elle ait été agressée.
Comme le montre cette photo : http://fikmonskov.files.wordpress.com/2012/11/femen-et-fourest.jpg
2 gros problèmes: Caroline Fourest dit s'être fait agresser "la tête contre le trottoir" et "tabasser" or on la voit juste après sans aucune trace lever le poing avec les Femen (ce qui interroge sa déontologie journalistique)
Mais j'imagine que de ta part c'est involontaire, pas le reflet de tes opinions personnelles.
Je me permets alors de rappeler le 4e principe de l'éthique du journalisme (tel qu'exprimé par le Parlement européen):
"Les nouvelles doivent être diffusées en respectant le principe de véracité, après avoir fait l'objet des vérifications de rigueur, et doivent être exposées, décrites et présentées avec impartialité. Il ne faut pas confondre informations et rumeurs. Les titres et les énoncés d'informations doivent être l'expression le plus fidèle possible du contenu des faits et des données."
Bonjour! Je regrette que cet article soit aussi orienté.
En fait, plus que ça, je regrette les petites manipulations qui n'ont l'air de rien mais qui, finalement, changent tout!
Pour disqualifier d'office, tu accoles immédiatement à Civitas... "extrême droite"! (bon courage pour trouver ça officiellement) En revanche pour le syndicat de la magistrature qui se positionne lui-même à gauche... rien! (http://www.liberation.fr/politiques/2012/04/27/le-syndicat-de-la-magistrature-appelle-a-voter-contre-sarkozy_814832)pourtant tu donnes la parole à son président sans jamais mettre en doute ses jugements!
Pareil pour la photo. Les pauvres Femen se font pousser par le service d'ordre créant une confusion. Les vidéos sur Internet montrent clairement 3 phases différentes: - Provocation des FEMEN, seins nus, avec des extincteurs (qui sont toujours "petits" dans ton article d'ailleurs), "fuck God" et "fuck Church" - Réaction du service d'ordre dont le but est de... maintenir l'ordre! C'est à ce moment que ta photo a été prise - Poursuite et agression des FEMEN par des militants d'extrême-droite (GUD, Jeunesses Nationalistes) Le truc, c'est que tu mets tout dans un même paquet parlant simplement de "l'agression de Caroline Fourest" sans remettre en cause l'idée qu'elle ait été agressée. Comme le montre cette photo : http://fikmonskov.files.wordpress.com/2012/11/femen-et-fourest.jpg 2 gros problèmes: Caroline Fourest dit s'être fait agresser "la tête contre le trottoir" et "tabasser" or on la voit juste après sans aucune trace lever le poing avec les Femen (ce qui interroge sa déontologie journalistique)
Mais j'imagine que de la part de l'auteur ici, c'est involontaire, pas le reflet de ses opinions personnelles.
Je me permets alors de rappeler le 4e principe de l'éthique du journalisme (tel qu'exprimé par le Parlement européen): "Les nouvelles doivent être diffusées en respectant le principe de véracité, après avoir fait l'objet des vérifications de rigueur, et doivent être exposées, décrites et présentées avec impartialité. Il ne faut pas confondre informations et rumeurs. Les titres et les énoncés d'informations doivent être l'expression le plus fidèle possible du contenu des faits et des données."
A bon entendeur...
Les contributions ci-dessus montrent que les observateurs non prévenus ont parfaitement compris le montage médiatique autour de l'incident,qui est lui-même une provocation pure et simple organisée sans doute par Caroline Fourest elle-même (plus polémiste que journaliste d'ailleurs):comment croire qu'elle n'était là que pour "filmer les Femen en vue d'un futur reportage " qu'il sera instructif de voir !Je crains qu'elle n'ai pu trouver personne d'autres pour cette provocation que ce groupe mystérieux ,salarié par une organisation non transparente(ce ne sont pas des "militantes" ! )parait-il considérée comme "suspecte" par les Pussy Riots russes,si chères à nos journalistes français .
Quant au point 5 de l'article ("on ne voit pas à quoi se réfère Civitas (mouvement que ,par ailleurs,je n'apprécie nullement) pour identifier un délit de haine religieuse":"fuck the church" ne vous suffit donc pas ?
Je me pose plusieurs questions sur cet article.
Quand Charlie Hebdo a publié sa caricature de Mahomet, des islamistes ont menacé de faire sauter/bruler le siège de ce journal. finalement Charlie Hebdo a été condamné pour "non respect de la religion de la religion musulmane".
OK.
Maintenant, j'aimerai qu'on condamne Femen pour "non respect de la religion catholique". Vous faut'il autre chose que "Fuck the Church" ?? En parodiant Mahomet, Charlie Hebdo ne visait pas directement les islamistes qui ont proféré ces menaces, mais c'était tout comme.
«J’ai porté plainte moi aussi, et ils n’ont pas offensé mes sentiments religieux, ils ont offensé ma liberté de la presse et ils ont massacré mon intégrité physique, c’est un peu plus douloureux que leur intégrité religieuse.»
Depuis quand les sentiments religieux sont inférieurs à la liberté de la presse ? Qui est cette journaliste pour ce permettre ce jugement ?
" finalement Charlie Hebdo a été condamné pour "non respect de la religion de la religion musulmane". "
Ah oui?
Quand? par qui?
Par quelques "piposophes"? Par des personnes autorisées qui s'autorisent à penser des trucs?
NON, le droit de Charlie Hebdo à la caricature a été défendu en France.
Dans votre pays, je ne sais pas.
J'espère que dans un soucis de justice et d'impartialité que les auteurs des coups portés contre les FEMEN, et les membres des FEMEN qui se sont livrés à cette agression armée et incitation à la haine seront poursuivis avec la même sévérité pour l'ensemble des charges qui leurs sont reprochées que vous avez énumérées.
L'avocat de civitas va se marrer quand, pour donner la qualité de ces Femen qu'a soutenu Caroline Fourest, il va parler de sa porte parole, vue partout dans les médias, que le site Egalité & Reconciliation a identifié comme étant aussi une call girl à 350 dollars de l'heure…
Sa vie, son corps, elle en fait ce qu'elle veut… mais venir nous parler de féminisme, respect des femmes, anti capitalisme, lutte contre la prostitution et domination phallique après cette découverte, eux et leur marraine Carolien Fourest vont avoir un peu de mal...
Tous les éléments sont sur le site Egalité Et Reconciliation.
Et c'est trash de trash.
On apprend que la porte parole, elle fellationne nature et qu'elle avale.
Yep, en ce moment, elle avale sec.
Aller dans une manifestation d'intégristes religieux à poil avec écrit partout sur le corps "Fuck Dieu" cela relève de la démence. Désolé mais franchement je pense que les Femens sont vraiment violentes et qu'on peut être une femme et être violente. Il faut arrêter de tout mélanger en disant que 10 femmes nues sont inoffensives et de pauvres petites choses alors que les hommes sont fort et redoutables. C'est contre ce genre d'images d'épinales qu'il faut lutter pour l'égalité de tous. Je ne me reconnais pas dans les femens, car je suis féministe pour l'égalité et pas par sexisme, au contraire on a l'impression qu'elles se battent contre les hommes, contre les religions, contre tout en fait. Je suis pour le respect de tous et pour que tout le monde me respecte, ce qu'elles font ce n'est pas du respect, dire 'Fuck Dieu' ou encore 'Holy Sperm' ce n'est pas du respect, c'est forcément vécu comme une provocation inacceptable par les croyants et je ne trouve pas que ce soit tellement mieux que l’antisémitisme au début du siècle ou le racisme contre les peuples africains. On peut jouer sur les mots et peut-être qu'elles ne seront pas condamné, mais il ne faut pas être sortie de Polytechnique pour comprendre qu'elles sont archi-violente et que leurs propos et leurs actes sont inacceptables et irrespectueux de l'autre. En démocratie c'est tout de même un problème.
Quand à Caroline Fourest, que j'aimais beaucoup il y quelques années, je ne la comprends plus, elle portait de beaux combats et aujourd'hui elle s'est complétement radicalisé, perdant de vue les objectifs de son engagement premier : un monde ou tous peuvent vivre dans le respect les uns des autres, dans l'égalité et la fraternité. Il semble qu'elle utilise aujourd'hui les mêmes armes que nos adversaires de toujours. C'est vraiment dommage...