Culture

Trailer est-il? Zombeo & Juliécula, le Shakespeare reste à venir

Alexandre Hervaud, mis à jour le 15.11.2012 à 16 h 54

Trailer est-il?, c'est LA chronique quotidienne pour amateurs de bandes-annonces diverses et (a)variées: séries B plus ou moins prometteuses, raretés improbables, porno rigolo, docus décalés, etc.

Zombeo & Juliécula - Moonhill Productions

Zombeo & Juliécula - Moonhill Productions

L'histoire de Roméo et Juliette est sans aucun doute l'une des œuvres les plus adaptées au monde, et ce à peu près à toutes les sauces: parfois piquantes, parfois amères, souvent ratées. L'histoire de tonton Shakespeare est tellement universelle qu'est est bien évidemment déclinable ad nauseam et ce dans n'importe quel univers, qu'il s'agisse de ninjas, de gangs new-yorkais ou d'animaux.

On se permettra au passage de signaler que le tordu et tordant Tromeo & Juliet, adaptation frappée écrite par James Gunn (L'Armée des morts, Super), est visible légalement et gratuitement sur YouTube.

Mais revenons à ce qui nous amène aujourd'hui à évoquer la pièce culte et ses rejetons filmiques. Si le caractère tragique du final paraît fort peu compatible avec une version enfantine, l'idée d'une adaptation édulcorée destinée aux plus jeunes ne serait tout de même pas une trahison si pénible à avaler. Après tout, why not.

Là où les limites du convenables sont clairement franchies, c'est en faisant des deux jeunes protagonistes principaux un zombie et une vampire!

Zombeo & Juliécula (quel horrible titre) narre donc les émois sentimentaux des deux bambins du mêmes noms, respectivement mort-vivant et suceuse de sang. On sent bien la volonté de marcher sur les plate-bandes moisies de la saga Twilight, elle-même grande pompeuse shakespearienne devant l'éternel.

Là où un pervers comme le précédemment cité James Gunn aurait pu imaginer quelque chose de tordu et déviant à souhait (un Famille Adams puissance 1000, par exemple), Zombeo & Juliécula reste un film pour enfants, qui plus est cheap à souhait: il faut voir la tronche des «zombies», dont la seule caractéristique (du moins pour les enfants) est d'être habillés en SDF, le visage légèrement boueux! Même notre regretté Jean Rollin national faisait mieux avec un pot de peinture verte.

Les fans de Lucio Fulci et autre George Romero devraient sans aucun doute tirer la tronche devant pareille trahison: on leur suggère plutôt de montrer la chose à leur progéniture (si elle a moins de dix printemps) avant de leur faire découvrir quelques œuvres plus énervées...

Alexandre Hervaud

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