Culture

Trailer est-il? In the Name of the King III, la suite de trop

Temps de lecture : 2 min

Trailer est-il?, c'est LA chronique quotidienne pour amateurs de bandes-annonces diverses et (a)variées: séries B plus ou moins prometteuses, raretés improbables, porno rigolo, docus décalés, etc.

In the name of the king III - DR
In the name of the king III - DR

Cher Uwe Boll,

En tant que metteur en scène d'origine germanique, tu es haï par à peu près tout ce que la planète compte comme gamers et cinéphiles. Les premiers te conspuent car tu t'es peu ou prou spécialisé dans les adaptations ratées de franchises vidéoludiques (Far Cry, Alone in the dark, House of the dead) ; les seconds parce que, adaptation ou pas, un film moisi reste un film moisi.

Pour t'avoir un jour rencontré et avoir papoté avec toi, j'ai appris à m'élever au-dessus de la masse des haters pour voir en toi un gars sympathique et volontaire. D'ailleurs, à ce moment-là, tu venais de signer quelques bons films pas du tout déshonorants (et pas tirés de je ne sais quel jeu vidéo) à l'image de Tunnel Rats, Stoic ou encore le très cool Rampage.

Hélas, te défendre face aux crachats et la vindicte populaire devient de plus en plus difficile, tant ta filmographie continue de vomir régulièrement des productions qui mettent tout le monde dans l'embarras.

Prenons King Rising, par exemple, sorti en 2008 et tiré des jeux Dungeon Siege. Sans être particulièrement réussi, ce film d'heroic fantasy avec Jason Statham se laissait voir sans (trop de) peine. Il a pourtant fallu que tu nous torches en 2011 une suite (sans Statham mais avec Dolph Lundgren!) tellement mal accueillie que le titre original ne mentionnait même plus la parenté avec la saga Dungeon Siege.

D'aucuns se seraient arrêté là, mais les chiffres de ventes sur le marché vidéo ont sans doute été assez potables pour que tu mettes en branle un troisième volet dont on vient de découvrir l'atroce bande-annonce.

Dans In the name of the King III: the last job (par pitié, faites que ce soit vraiment le dernier), tu filmes cette endive humaine de Dominic Purcell (Prison Break) en tueur à gages envoyé dans le passé pour buter du dragon et des ploucs médiévaux. Désespérant.

Le pire, c'est qu'on ne peut même pas t'en vouloir, sachant que c'est sans doute ce genre de projets qui te permettent d'en produire des plus originaux, à l'image du futur Bailout dans lequel tu filmeras un quidam new-yorkais ruiné par la crise économique qui décide de buter des courtiers de Wall Street! Ah, sacré Uwe, tu sais vraiment te faire pardonner.

Alexandre Hervaud

Alexandre Hervaud Journaliste

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