Pourquoi le chômage augmente si vite?
Le marché du travail est devenu flexible mais dans un seul sens: la sortie.
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Dire qu'on dénonce en France le manque de flexibilité du marché du travail ! La rigidité de l'emploi explique notre taux de chômage structurellement élevé, entend-on depuis déjà bien longtemps!
Toutefois à regarder les derniers chiffres de l'Insee, il y a de quoi se montrer dubitatif. L'économie française a détruit près de deux fois plus d'emplois salariés dans le privé au premier trimestre 2009 que sur tout 2008. Le taux de chômage a grimpé de manière fulgurante pour atteindre 9,1% en ce début d'année.
Une brutalité sans précédent depuis 1975 ! A tel point que notre ministre de l'économie, Christine Lagarde, a dû remballer cette fois-ci son optimisme légendaire pour reconnaître le caractère brutal de cette hausse inattendue.
Aujourd'hui, preuve a été faite que le marché du travail est devenu souple, en phase avec les mauvaises conditions économiques de l'Hexagone... Mais il est fort probable que cette flexibilité toute récente de l'emploi ne fonctionne qu'à sens unique: pour écrémer le surplus de main d'œuvre en cas de trous d'air. Les gouvernements successifs ont crée une myriade de contrats précaires et des conditions de plus en plus flexibles pour l'employeur afin d'assouplir le marché du travail. Les entreprises peuvent avoir recours aux CDD (contrats à durée déterminé), à l'intérim, aux périodes d'essais renouvelables, aux emplois aidés, subventionnés, défiscalisés, aux contrats en alternance, aux contrats de professionnalisation, au chômage partiel. Bref, tout un éventail de dispositifs permettant de se délester de charges trop pesantes quant les conditions financières et économiques vacillent.
Pour autant, connaîtrons-nous une telle réactivité de créations d'emplois au moment où la reprise apparaîtra ? Verra-t-on repartir le marché du travail de plus bel avec le retour de la croissance ? Pas si sûr... Alors, oui la flexibilité de l'emploi est indispensable pour le dynamisme d'une économie. Oui, les entreprises ne peuvent fonctionner sans cette marge de souplesse: ajuster le niveau de l'emploi en fonction des carnets de commandes et des perspectives de croissance est nécessaire et globalement non contesté.
Les pays anglo-saxons se sont faits les chantres de cette adaptabilité de la main d'œuvre. On a vu au cours des dernières décennies leur niveau d'emploi osciller considérablement. En plein boom économique, les Etats-Unis atteignaient le plein emploi. Ensuite, les conditions se sont tendues, et le taux de chômage est reparti fortement à la hausse avec un niveau record atteint en ce milieu d'année à 9,4%. Mais, déjà en mai des signes rassurants réapparaissaient avec un ralentissement significatif des destructions de postes. Le pire est maintenant derrière eux, affirment la plupart des experts. Selon Marc Touati, économiste chez Global Equities, «le marché du travail américain a touché le fond au premier trimestre 2009 et se situe désormais en voie de renaissance». Les créations d'emplois devraient ainsi repartir pour l'automne 2009.
Mais quid de l'emploi en France? Si la main d'œuvre est la grande variable d'ajustement de cette crise financière des deux côtés de l'atlantique, il est fort à craindre que lorsque les conditions de croissance seront revenues, le dynamisme ne soit pas le même en France qu'aux Etats-Unis. Nous voici, en tête de liste pour notre rapidité à créer des chômeurs, sans parler du chômage partiel, qui s'est réveillé subitement en touchant près de 200 000 personnes entre janvier et mars. Mais, il n'y a aucun signe qui puisse présager une amélioration rapide, bien au contraire. Les risques demeurent que l'on retrouve des taux de chômage à deux chiffres.
Les divers gouvernements n'ont fait que donner des facilités de licenciements aux entreprises et en aucun cas n'ont rendu le marché flexible. L'angoisse du chômage, cette épée de Damoclès qui campe au dessus de la tête du salarié français depuis la fin des trente glorieuses, n'est pas prête à disparaître. Notre croissance est bien trop faible sur le long terme pour être créatrice en emplois. Finalement, le problème ne vient peut-être pas du marché de l'emploi mais davantage du manque de dynamisme et de réactivité des entreprises françaises, invariablement à la traîne dans leurs capacités d'innover, d'exporter, de créer, de croître. Rappelons que le moteur de la croissance en France est la consommation : les salariés joue le jeu. En revanche, l'investissement des entreprises végète depuis des années, et l'Etat cherche toujours des solutions....
Oriane Claire
Photo: Manifestation des ouvriers de Continental Reuters
Mis à jour le 12/06/2009 à 17h31








































Le marché du travail francais n'est pas flexible, malgré les aménagements pour essayer de le rendre plus attrayant. C'est le calvaire des investisseurs, quand dans une multinationale on parle d'emploi en France, la réaction est toujours la même "à éviter autant que possible", ce qui n'est pas vrai pour l'Allemagne et d'autres pays.
Pourquoi? La loi n'est pas lisible, il y a trop de modification, les prudhommes sont clairement en faveur des employés, les couts de licenciemment sont lourds, les charges et taxes démentes, les syndicats font de l'idéologie et la présence de l'Etat moralisateur à tous les niveaux est insupportable sans parler de la feuille de paie de 3 pages ingérable.
La priorité dans les groupes internationnaux est d'alléger les positions en France en terme d'effectif. La crise aide à réduire les postes sans écorner l'image des groupes souvent critiqués; les surproductions sont prioritairement réduites ou les couts sont trop élevés. Aprés la crise, ils ne recréeront pas d'emploi en France mais sur les autres sites plus facile à gérer.
La pratique des fonds de private equity est identique car une prime merveilleuse est donnée au licenciement en France et à recréer les emplois ailleurs, c'est là que se réalise une grosse partie de la plus value. Et tant qu'il reste de bonnes entreprises a acheter bon marché à des chefs d'entreprises rincés par le système cela se poursuivra. Je vous confirme que la sortie de chomage va être difficile, douloureuse et trés lente. Il faut arréter de dire que le système est plus protecteur qu'ailleurs, c'est absurde, pour un an de crise tous les 30 ans le système ne se justifie pas, c'est du bon sens. Il maintient un chomage colossal qui ruine le moral d'un peuple. Tout le monde semble s'en satisfaire, alors il ne faut pas se plaindre.
L'analyse est trop courte qui conclue que le marché du travail serait souple en France.
Tout dépend de qui on parle.
Comme les CDI sont des contrats lourds et chers, les entreprises les contournent en utilisant des CDD et de l'intérim. En cas de mauvaise conjoncture elles coupent ces contrats. C'est d'ailleurs ce que souligne l'Insee. Finalement, les chômeurs d'aujourd'hui payent pour ceux qui sont en CDI en entreprise.
Par ailleurs, quand un salarié est aujourd'hui licencié économique il peut prétendre à une CRP s'il a plus de 2 ans d'ancienneté. Pendant une période de 6 mois; il sera pris en charge par le Pôle emploi et ne sera alors pas compté comme chômeur... Tous les gens partis dans le cadre d'une CRP depuis 6 mois ne sont donc pas comptés.
Enfin, dans les groupes importants qui font des charrettes, le processus de plan social est tellement long que les salariés mettent plusieurs mois à partir sans compter qu'ils passent ensuite en CRP. Cela fait 6 mois que l'on sait que l'usine Continental de Clairoix doit fermer mais les gens partiront en septembre et ceux qui n'auront pas trouvé de travail 6 mois après rentreront dans les statistiques peut-être en février 2010 !
Il est donc faux de dire que le marché du travail est souple en France. On peut par contre affirmer que compte tenu des annonces multiples de licenciements les statistiques du chômage ne sont pas prêt de baisser.
J'adore les arguments anglo-saxons quant aux charges énormes qui pèsent sur le système français et d'un seul coup on se rappel de quelques chiffre que la part du PIB consacré à la santé est supérieur aux Etats-Unis, que le système de retraite par financement sur le marché boursier provoque des désastres sociaux (voir Angleterre, USA...) et que la croissance anglo-saxonne est dû principalement au marché financier ces 20 dernières années (on peut envoir le résultat...). Maintenant on peut discuter du fait que ces cycles de crise ne sont qu'inscrit dans un cycle à moyen terme et aussi dire dans un même temps qu'entre chaque crise la dette économique puis écologique s'alourdit à chaque fois, qui nous mène on ne sait où. Alors je suis sûr que vos arguments sont justes mais o combien peu justifié et qui sont surtout un courant malheureusement dominant de libéralisme économique se fondant sur une méconnaissance du système global. La force des libéraux c'est de ne pas pouvoir et vouloir connaître le système dans sa complexité.
Les entreprises internationales pratiquent la fuite en avant depuis des années, autant il est vrai que le système français doit être remis en cause, notamment et surtout dans sa conception du politique, autant on peut montrer que le comportement des entreprises qu'elles soient françaises ou internationales manquent de sens quant à la gestion de l'emploi, de leur ressource, de leur expansion...
Je dois oublier des centaines d'arguments, veuillez m'en excuser mais faire un cours sur l'économie théoriques et sur l'analyse des chiffres et des situations organisationnelles dans l'entreprise est trop long. Et comme on dit c'est toujours meilleur chez les autres!
Maintenant on peut rappeler que le chômage n'est pas à 9,1% mais est déjà au dessus des 10 %, puisqu'il faut rappeler que l'Etat est champion dans la dissimulation de chiffre et dans l'expulsion de la case actif. La multiplication de l'emploi précaire en France le montre, et ainsi montre la souplesse du marché du travail. Et les charges sociales sont tellement énormes que la part du salaire dans les charges d'une entreprise a diminué...
Parler de manque de l'innovation en France fait sourire, on peut parler de manque d'investissement sans l'ombre d'un doute mais d'innovation, sa laisse rêveur. Ce qui plombera le chômage c'est la relance mal placé de notre gouvernement, parié sur l'automobile, mettre en place le RSA...