La Ligue de Défense Juive: c'est du lard ou du cochon?
La LDJ, rempart autoproclamé contre la barbarie antisémite en France, n’est-elle qu’une bande d’ados violents mais sans conséquence ou l’authentique milice fascistoïde que décrivent ses adversaires? On peine à trancher.
- Le drapeau de la Ligue de Défense Juive (DR) -
La première fois, et la seule, à vrai dire, que j’ai vu la Ligue de Défense Juive en action, c’était lors d’une réunion publique du JCall (un mouvement de juifs européens militant pour la paix au Moyen-Orient), organisée dans un amphi de la mairie du 9e arrondissement. Quelques jeunes gens lookés «banlieue», stratégiquement répartis sur les gradins, s’étaient levés pendant les débats pour arroser le public de flyers à leurs couleurs avant d’être éjectés par la police sans violence autre que verbale.
Mais à faire le tour de ce que le Web recèle d’infos au sujet de ce mouvement informel (il n’a pas d’existence légale), on peut se demander si les fantasmes qu’il suscite sont justifiés ou non.
Authentique milice fascistoïde qu’il convient de dissoudre pour les uns? Poignée de loubards ponctuellement dangereux mais sans conséquence pour les autres? Rien de tout ça? Les deux à la fois?
On hésite effectivement à se faire une idée. Leur dernier «gros coup»? C’était il y a quelques jours à peine, lorsqu’ils ont aspergé l’Indigène de la République en chef Houria Bouteldja de peinture rouge. La peinture rouge dans les cheveux, c’est plutôt minable, ça s’enlève plus difficilement que la crème pâtissière d’un entarteur, mais ça n’est pas précisément d’une brutalité inouïe.
Pour autant, faire le coup de poing pour de bon, à la LDJ, on semble savoir comment s’y prendre; témoin ce reportage déjà ancien de M6 dans lequel on voit quelques-uns de ses membres jouer à West Side Story dans un quartier de l’Est parisien. Il y a aussi cette agression de l’écrivain d’extrême droite Alain Soral dans une librairie à l’occasion de la signature de l’un de ses bouquins, les menaces (présumées) à l’endroit de la passionaria «antisioniste» Olivia Zemor, le passage à tabac de Dieudonné par des gens qui pourraient être proches de l’organisation, ou encore tout un tas de petites «interventions» dans le Marais –un quartier où le port du keffieh peut vous attirer des bricoles si vous achetez vos bagels à l’heure de la patrouille…
Richard Prasquier: «Le Crif n’a rien à voir avec ce groupuscule»
Richard Prasquier, le président du Crif, l’organisation qui fédère la plupart des associations culturelles et cultuelles juives mais dont la représentativité est fréquemment mise en cause, n’aime pas beaucoup la LDJ lui-même. Dans la foulée de l'agression de Bouteldja, il explique:
— Rien ne m’agace plus que d’entendre qu’il s’agit du “bras armé” du Crif. C’est une absurdité et le Crif n’a strictement rien à voir avec ce mouvement, qui n’est d’ailleurs qu’un groupuscule. On les voit dans des manifestations dont ils tentent de détourner l’objet comme après l'assassinat d’Ilan Halimi par exemple. Mais ils ne sont qu’un petit groupe d’ados un peu déboussolés qu’encadrent quelques adultes que nous n’avons jamais rencontrés.
― On entend pourtant dire qu’elle sert parfois de service de protection de certains immeubles communautaires, de certaines synagogues…
―C’est totalement ridicule. La communauté juive dispose d’un service d’ordre depuis l’attentat de la rue Copernic en 1980, le SPCJ. Il y a des professionnels de la sécurité, puis des bénévoles, surtout des jeunes et quelques pères de famille, mais jamais la LDJ n’a eu le moindre contact avec eux.
―Mais est-ce que vous êtes préoccupé par ce qu’elle fait? Par l’image qu’elle renvoie de la communauté juive?
―Bien entendu. Mais nous ne pouvons pas faire grand-chose, puisqu’elle n’a rien à voir avec une institution juive officielle quelconque. Nous savons qu’elle peut être violente et nous attendons de la police qu’elle la sanctionne ou des autorités qu’elles la dissolvent même si ce genre d’organisation peut renaître sous un autre nom le lendemain de sa dissolution.
Prasquier met tout de même un bémol à sa critique de la LDJ, lorsqu’il s’émeut de la symétrie que l’on peut parfois établir entre elle et d’autres phénomènes violents de la société française:
«Nous n’aimons pas la LDJ, mais nous trouvons grotesque de suggérer qu’elle serait l’équivalent d’un Merah, par exemple. C’est une tentative de renvoyer dos-à-dos un terroriste et une poignée de voyous comme s’il s’agissait d’une sorte de confrontation symétrique entre communautés. Ça n’a pas de sens.»
«Bon, alors, vous êtes des fascistes ou vous n’êtes pas des fascistes?»
La LDJ, pour autant, c'est secret mais ça se contacte et on peut lui demander directement ce qu’elle trame et à quoi elle sert. Son site Internet est accessible (en «.com» plutôt qu’en «.fr») et on y trouve même ses coordonnées assez aisément.
«Oui pas de problème, on peut se rencontrer», me dit d’ailleurs «Yoni» (un pseudonyme) au téléphone avant de me fixer un rendez-vous un dimanche dans le centre de Paris mais après avoir soigneusement épluché mon background de journaliste, histoire d'éviter les mauvaises surprises.
Pas de problème, pas de problème… Faut voir! Le gars me fait finalement lanterner toute la journée, m’empêchant d’aller voir Skyfall au cinéma en déplaçant constamment l’heure du rendez-vous parce qu’il «a un truc important à faire qui prend du temps».
Trois jours plus tard, nous finissons toutefois par nous retrouver dans un café. La petite trentaine, ce responsable du mouvement est grand, d’allure sportive, plutôt cordial et se présente comme ayant effectué son service militaire dans l’armée israélienne lorsque nous nous asseyons autour d’un Coca (il prend du Classic et moi du Zéro, ce qui montre qu’il est finalement moins attentif à sa condition physique qu’un scribouillard dans mon genre). «Bon mais alors, je lui demande en faisant des bulles avec ma paille, vous êtes des fascistes ou vous n’êtes pas des fascistes?»
― Mais non nous ne sommes pas des fascistes, enfin! C’est n’importe quoi...
― Vous avez pourtant décidé d’adopter le nom d’un mouvement d’extrême droite interdit aux Etats-Unis et en Israël comme organisation raciste qui tue des gens à l’occasion... C’est tout de même un choix qui engage un poil au départ.
―C’est parce que nous partageons la même idéologie...
― La même idéologie raciste?
―Non, la même idéologie selon laquelle les juifs sont menacés par les antisémites et la police est incapable de gérer ce danger faute de moyens et peut-être de volonté...
«On ne combat pas l’antisémitisme depuis son canapé»
Yoni m’a justement apporté un petit texte dans lequel il définit la nature de la LDJ, qui s’inscrit dans «la droite lignée des mouvements de résistance juive» et qui, si elle «n'entend pas se substituer aux pouvoirs publics» en France, «invite les jeunes juifs à se rassembler face à la barbarie contre laquelle les gouvernants sont souvent impuissants».
― On peut difficilement prétendre que l’on ne se substitue pas aux pouvoirs publics et décider de faire la police soi-même, non?
― Peut-être, mais on ne peut pas combattre l’antisémitisme et l’antisionisme, qui n’est jamais qu’une forme de judéophobie, depuis son canapé ou de derrière son ordinateur. On ne peut pas non plus se contenter de recenser les actes antisémites comme le fait le SPCJ…
Hum... Mais quel est exactement l’effectif de la LDJ? Qui sont-ils? Et comment sont-ils organisés? Le moins que l’on puisse dire, c’est que Yoni refuse de répondre clairement:
— Disons que nous sommes assez nombreux.
― Assez nombreux, c’est très relatif. Moi, on m’a dit une centaine au grand maximum...
― Plus que ça, mais je ne peux pas être plus précis...
― Et on a l’impression qu’il n’y a que des ados et quelques adultes, comme j’ai pu le constater moi-même à la mairie du 9e et dans différents reportages télévisés. Ou comme semble le penser le Crif, qui doit tout de même être un peu informé. C’est le cas?
―Non, pas du tout. On peut être membre de la LDJ entre 16 ans et 45 ans. Les adultes expérimentés qui encadrent les plus jeunes en constituent une bonne partie. Et on n’appelle pas les médias à chaque fois qu’il se passe quelque chose pour qu’ils puissent contrôler l’âge des uns et des autres.
«Quelque chose qui se passe», ça peut être plein de choses. La première grosse «mission» du groupe, c’est de répondre aux appels de détresse. Quelqu’un est agressé par un antisémite, il ne peut pas se défendre et la police n’intervient pas, il contacte la LDJ qui envoie des gens sur place. Par exemple? Un jeune se fait voler son portable par une bande, le groupe tabasse la bande, et tout rentre dans l’ordre.
― Hum, ça sonne plus comme une bagarre façon cité truc contre cité machin que comme le grand combat multimillénaire contre l’antisémitisme...
―C’est nécessaire tout de même...
― Mais le vol de portable, même sur un juif, même par des antisémites, ce n’est pas avant tout un vol de portable?
― C’est les deux.
A côté de ça, il y a l’activisme pur, comme les bagarres avec les Soral & Co. Les empêchements de manifestations diverses, les interventions bruyantes dans les débats... Hey, ça n’est pas un peu facho, ça, précisément, d’empêcher les gens de débattre et d’exprimer des idées que l'on n'aime pas?
Aïe, Yoni n’est justement pas en phase avec moi sur ce point, mais nous ne nous levons pas pour régler notre différend à coups de bouteilles de Coca parce que, parfois, même avec la LDJ, la discussion semble suffire:
― Non parce que ces propos-là ne sont pas n’importe quels propos. On ne peut pas laisser des antisémites s’exprimer, d’autant plus que l’antisémitisme légitime le terrorisme.
Argh! Le terrorisme? Soral, Bouteldja, Dieudonné, on en pense ce qu’on veut et moi-même, ils ne sont pas exactement ma tasse de thé, mais le terrorisme? Franchement... Bah, Yoni en est convaincu: qui vole un œuf vole un bœuf et si l’on dit, comme Soral, que les juifs sont les premiers responsables de 2.500 ans de discriminations, on est à deux doigts de balancer une bombe dans un lieu public.
― Vous trouvez ça ridicule? C’est bien ce qu’a fait Merah, non? Ou les types de la bande de Strasbourg qui avaient fait sauter le supermarché de Sarcelles, non? Ils sont bien passés de trucs moins graves à des trucs plus graves, non?
― Mouais…
Cachez ce keffieh que je ne saurais voir
Mais dans ce registre du qui vole un œuf vole un bœuf, il y a aussi cette affaire de l’interdiction de séjour rue des Rosiers (cœur du quartier juif historique de la capitale, je précise ça pour les provinciaux qui lisent Slate sur leur Minitel), du keffieh palestinien, que la LDJ assimile à un appel au meurtre potentiel:
― Dans un reportage télé, on voit des gens de la LDJ bloquer un passant parce qu’il porte un keffieh. Une jeune journaliste que je connais, qui venait tranquillement s’acheter un falafel dans le coin, a même reçu un coup de casque au visage balancé par un demeuré excité parce qu’elle se baladait avec un ami arborant le fameux foulard.
― Cette personne, rien ne dit qu'elle ait été agressée par un membre de la LDJ et on nous attribue trop souvent des actes avec lesquels nous n'avons rien à voir. Mais le keffieh, c’est un symbole de terrorisme. Au Moyen-Orient, les gens qui le portent se font sauter dans les bus. Ce que nous voulons, c’est que les gens qui le portent sans savoir ce qu’il représente le sachent. Nous voulons aussi empêcher ceux qui savent de faire de la propagande en faveur du terrorisme.
―Tu penses vraiment que le port de keffieh [là, ça fait un moment qu’on parle et on se tutoie désormais en sirotant nos Cocas] est l’antichambre du terrorisme? Même Arafat portait le sien en serrant la main de Rabin...
― Arafat le portait, oui. C’est bien la preuve que c’est un symbole du terrorisme.
J’ai de plus en plus de difficulté, à la longue, à expliquer qu’à mon humble avis, considérer qu’il y a une bonne et une mauvaise façon de voir le monde et que l’on peut empêcher ceux qui pensent mal de le faire par la violence est effectivement, dans un contexte politique, quelque chose qui ressemble sacrément à du fascisme. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Yoni n’est pas bouleversé par ces tirades pour bobos bien-pensants dans mon genre qui ne vivent pas, selon lui, la réalité de l’antisémitisme contemporain.
Dans le petit manifeste qu’il m'a transmis, on trouve d’ailleurs une citation de Golda Meir («Nous préférons vos critiques à vos condoléances»), variante du «ils ont les mains blanches mais n’ont pas de mains» de Péguy et paravent cynique légitimant l’action violente autant que le refus de rester des victimes tendant l’autre joue pendant qu’on les fait monter dans un wagon à bestiaux...
Krav maga: une salle d’entraînement «officielle»?
L’action violente, justement, ça se prépare, d’où les cours de krav maga que les membres du groupe s’imposent. Ce sport de combat mis au point par un officier de l’armée israélienne et adopté par de nombreuses forces de police dans le monde au titre de son efficacité, fait d’ailleurs presque autant fantasmer que la LDJ elle-même, même si sa pratique est de plus en plus populaire en dehors des cercles juifs. Moi qui vous parle, j’en ai même un peu tâté jusqu’à ce que mon ostéopathe me conseille de passer au macramé ou à la pyrogravure parce que je prenais trop de beignes et que je passais ma vie à me faire rafistoler dans son cabinet.
Dans un numéro de «Complément d'enquête» au ton apocalyptique, que France 2 prend lorsqu'elle fait du TF1, on voit d’ailleurs le groupe s’entraîner dans «un bâtiment officiel protégé par la police française»; autrement dit, mais Yoni refuse de le confirmer carrément par goût du mystère, un bête local communautaire devant lequel est posté un planton comme souvent pendant les périodes agitées...
Cette ambiguïté volontaire à propos de ce lieu d’entraînement est justement un excellent exemple de l’entre-deux dans lequel flotte en permanence la LDJ: passer pour de vrais durs, structurés comme une armée et prêts à tout d’une part (parce qu’il faut bien terrifier l’ennemi), mais refuser l’étiquette de skinheads sans cerveau qui découle de cette image (parce que ce n'est tout de même pas ce qu'il y a de plus chic pour promouvoir sa cause).
Ainsi, un récent papier du magazine Respect, intitulé «Les fachos juifs», énerve passablement le militant de la LDJ, qui peine à saisir le malaise que provoquent, dans un pays démocratique, des bastonneurs aux idées trop binaires. Lorsque que nous nous séparons, Yoni s'inquiète d’ailleurs de ce que je vais écrire, me recommandant de m’appuyer sur son petit communiqué et s'avouant perturbé par l’idée que je puisse exprimer mon opinion sur son mouvement:
― Mais enfin, un journaliste doit rester objectif, il ne doit pas donner un avis personnel...
C’est assez ironique de la part de quelqu’un qui n’hésite pas à en venir aux mains en cas de désaccord, mais on me fait souvent la remarque, y compris chez des interviewés (en principe) plus attachés à la liberté d’opinion alors ça glisse un peu.
― Je suis comme James Bond: j'ai une licence spéciale du comité de déontologie alors j'ai le droit de dire que je préfère le débat à la bagarre et au jet de peinture dans les cheveux...
Pour autant, en le quittant, je n'ai toujours pas de religion et je n'ai pas vraiment déterminé si la LDJ était du lard ou du cochon, ce qui est assez rigolo quand on y pense. Je crois que je vais laisser planer le doute. Mais si on me pique mon portable, c'est sûr, j'irai plutôt voir les flics...
Hugues Serraf
Mis à jour le 09/11/2012 à 12h29














































- JCall est (au même titre que "l'Union juive française pour la paix") un groupe apparenté à la gauche anti-sioniste, leur "appel pour la paix" est une condamnation de l'état d'Israël dans son existence même et non pas uniquement de sa politique.
- Soral et Dieudonné soutiennent effectivement le terrorisme et en particulier le Hezbollah Libanais (responsable, entre autre, d'attentas meurtriers contre nos soldats au Sud-Liban déployé sous mandat de l'ONU et d’innombrables attentas contre des civiles israéliens ainsi que des cibles juives partout dans le monde) les deux ne s'en cachent pas ( http://kamerunscoop.files.wordpress.com/2010/06/mahmoud.jpg?w=468 le logo avec l'AK-47 en vert sur fond jaune en bas).
- Le keffieh est un symbole politique ce n'est pas un vêtement anodin, porter un keffieh revient à soutenir le combat des Palestiniens et à apporter son soutien à leurs revendications (en titre de comparaison c'est comme porter un drapeaux Israélien sur son t-shirt) personne ne m'hérite d’être agressé pour ça, mais sachant que la majorité des Juifs de France ont de la famille en Israël porter un keffieh dans une rue juive de Paris c'est purement et simplement de la provocation.
- Avant d’être un politique Yasser Arafat était, je le rappelle, un terroriste qui organisaient des attentas visant les civiles Israéliens.
Voilà, bonne journée.
L'idée que JCall soit une organisation remettant l'existence d'Israël en question est tellement absurde que je ne sais pas par quel bout commencer pour expliquer le contraire. Mais j'invite les gens intéressés à visiter son site pour voir de quoi il s'agit : www.jcall.eu/
Par ailleurs, il n'y a pas de rue juive à Paris, pas plus qu'il n'y a de rue catho ou de rue musulmane où l'on ne pourrait pas dire ou penser quelque chose de spécifique.
@Hugues_Serraf
Merci de me répondre, JCall est une organisation remettant l'existence d'Israël en question via son militantisme pro-application du droit au retour des réfugier Palestiniens qui seraient alors majoritaires. Cela serait la fin de l'autodétermination Juive, du projet sioniste et de l'existence même de l'état d'Israël.
Il existe des rues juive comme il existe des rues chinoises, une rue ou la population est majoritairement d'un groupe ethnique/d'un peuple précis. Cela ne veux pas dire que c'est leur propriété, mais le nier est ridicule il existe évidemment des rues fréquentées majoritairement par les Juifs comme la Rue des Rosiers.
@Cactus
Ce que tu dis est en partie faux.
JCall c'est avant tout dénoncer la politique d'un gouvernement israélien qui ne représente pas forcément les juifs de diaspora et dont la politique est loin de faire l'unanimité en Israël. Il s'agit d'un appel à la paix et certainement pas d' une négation de l'existence d'Israël. Sinon je ne l'aurais jamais signé.
Il ne s'agit pas d'être un ange et de se faire marcher sur les pieds mais de dire que sans une réelle volonté de paix de la part du gouvernement israélien c'est aussi Israël qui est menacé.
Eh oui, aucun probleme a critiquer des éléments de la politique israélienne (et nnon pas "la politique israélienne", syntagme fallacieux qui finalement reflete le sentiment d'un mouvement homogene et inertiel ce qui est totalement trompeur).
Et bien entendu que des israéliens, juifs comme arabes, en soutiennent comme en rejettent des éléments. Tout comme les juifs de la diaspora.
Mais ce que ne comprennent pas les bonnes ames (y compris israéliennes), c'est que leur rejet d'apparence total de la politique de leur pays (tout comme les gauchistes rejettent en bloc la politique sarkoziste ou les droitistes rejettent en bloc mittérand, jospin et hollande) qui est compréhensible de l'intérieur sert a l'exterieur a s'engouffrer dans une délégitimisation la plus totale, la dénégation meme de l'existence de l'"entité sioniste".
Réveillez vous donc un peu, messieurs, relativisez un peu, essayez de changer un peu de paradigme et de naviguer entre les contextes, peut etre alors vous serez un peu moins caricaturalement posturaux.
Ce groupe ne fait pas peur il est à mon humble avis ultraminoritaire. Par contre leur façon de penser fait froid dans le dos, un juif qui se fait voler son portable c'est d'abord une victime de vol pas d'antisémitisme. Mais une question subsiste : pourquoi certains juifs font appels d'abord à eux et pas à la police? Je pense qu'il faut s'intéresser au sentiment d'insécurité des juifs en France, il est pas anodin et il est certainement légitime (mais pas liée exclusivement et systématiquement à la population immigrée maghrébine comme on peut le lire souvent, l'histoire de la France et son comportement avec les juifs y est pour beaucoup aussi)
Je pense qu'aucune communauté ne se sent en sécurité en France et les médias anxiogènes n'aident pas à apaiser ce sentiment. On a toujours l'impression d'être hais par le reste de ses concitoyens parce qu'on est musulmans, juifs, catho, gays, ect. Vivement la fin de la crise économique que les gens se détendent.
Concernant le commentaire précédent :
1) Le kefieh est une coiffe portée par tous les habitants de la péninsule arabique. Elle n'est pas l'expression du terrorisme ou du soutien aux palestiniens, il est l'expression d'une culture, d'une tradition. Surtout qu'aujourd'hui il est portée partout dans le monde car il est à la "mode", des tas de personnes le portent et ne savent même pas d'où il est originaire.
2) Yasser Arafat était terroriste et alors? Les indépendantistes sont toujours vu comme des terroristes par les colonisateurs. Sauf que le colonisateur même s'il s'appuie sur une armée n'est pas moins coupable d'acte terroriste. Les ferveurs défenseurs de la politique Israélienne profitent un peu trop de la guerre "anti-terrosiste" pour assimiler des palestiniens qui se bâtent pour avoir un état et vivre dignement à des terroristes sanguinaires.
Après je suis pas fan des discours de Dieudonné et Soral qui selon moins ne sont que des discours haineux et dangereux que les médias ne devraient même pas relayer. Parce qu'à part leur faire de la pub et raviver la haine des uns ou la peur des autres ça sert à rien.
Enfin on peut être pro-palestinien et ne pas être antisémite.
Ca veut rien dire etre "pro-palestinien".
La Palestine étant une région, englobat Israel, Gaza, les Jordanie (cis et trans), une partie de la Syrie, et du Liban ...
Les juifs de Palestine sont également des Palestiniens. On ne va tout de meme pas leur enlever ca, non plus.
Pro-arabe est plus juste donc. Et ca, il n'y a a priori aucun souci pour l'etre, a fortiori en France. Et a fortiori chez les gaullistes. Et les socialistes. Etles communistes. Et les altermondialiste. Et les écologistes. Et les conspirationnistes. Et les frontistes. Bref. Partout en somme.
Sauf que cette terre a été partagée - plus que justement envers les arabes par ailleurs - entre les différentes composantes qui y étaient installées et qui y ont immigré (y compris les Arabes, et oui). Une bonne fois pour toute, il serait temps de cesser de remettre cela en question sinon faut pas s'étonner de générer des réflexes de repli.
Les pro-arabes, pro-juifs, pro-palestiniens, pro-bla-bla-bla, tout ca ne veut rien dire ... La seule chose qui vaudrait la peine d'etre prononcée et entendue est la pro-justice. Mais bon, ca, le maniement des médias et du symbole sont bien plus forts, et les hamastan ou le fatah (tant du terroriste pédophile arafat, que du révisioniste abou mazen, que des terroriste des martyrs d'al aqsa) les manient a la perfection.
Et le keffieh a la mode, c'est bien le kefieh palestinien, pas le keffieh rouge de la péninsule.
Le keffieh n'est pas un symbole terroriste, c'est une coiffe traditionnelle arabe. Arafat le portait, non pas pour revendiquer son hostilité a l'encontre d’Israël, mais en signe de nationalisme arabe. C'est devenu un accessoire de mode. H&M en produit et en vend, il faudrait donc plastiquer tous les H&M de France ? J'en ai d'ailleurs acheté un dans le quartier juif du vieux Jérusalem. Le vendeur était un juif comme on n'en fait plus beaucoup, cela fait-il de lui un antisémite ? Bien sur, porter le keffieh, surtout quand on est journaliste(qu'on est censé comprendre un peu de quoi il s'agit, hein ?)n'est pas anodin, mais qu'y a-t-il de mal a soutenir la cause palestinienne ? Brutaliser quelqu'un en pleine rue, parce qu'on n'aime ni ses idees, ni son style, ça c'est du terrorisme. Si la LDJ s'inscrit dans la droite lignée de la "résistance juive", qu'ils aillent résister en Israël. La France et ses juifs n'ont pas besoin d'eux.
Bonjour M SERRAF,
Bravo pour ce bel article qui sort du lot. Cela change des articles consensuels et manichéens sur les tensions communautaires qui malheureusement s’installent de plus en plus dans notre pays.
Je suis stupéfait par ces révélations, certaines friseraient le ridicule si ce n’était pas si grave !
Le sujet du keffieh en est un parfait exemple ! Faut-il rappeler que cet accessoire est avant tout un vêtement folklorique au même titre que le fez ou tarbouche de la région ??
Cela reviendrait à dire que tous ceux qui portent un col « Mao » aujourd’hui sont des sympathisants communistes !
Je ferais attention à ce que je porte la prochaine fois que j’irais acheter des fallafels rue des Rosiers. Comme quoi l'état de droit ne se pert pas que dans les cités!
C’est vraiment triste d’en arriver là !
Ce qui me fait peur dans ce genre de discours, c'est que ça légitime l'antisémitisme,
De toute façon si vous faites une phrase contenant juif ou Israël, et à peine négative,
Bref si vous dites, que c'est difficile de se garrer en face de la synagogue pendant la ??? (ça s'appelle comment une messe juive ?) vous n'êtes qu'un affreux nazi.
Si vous reposez des poivrons produit en Israël car vous voulez consommer local, vous êtes un copain des Iraniens qui veulent balancer une bombe atomique sur Israël.
Bref quitte à se faire traiter d'antisémite, autant ressortir un uniforme de SS plutôt qu'un simple keffieh ! de toute façon ces gens là réagiront de la même façon.
Bof, ben sors le, ton uniforme de SS, si ca peut te la faire durcir ... Pardon, je suis vulgaire.
Quand on ne se sent pas grand chose, et ce pour des raisons qui peuvent être parfaitement valables, l' être humain semble nécessiter une 'identité" extérieure à lui pour pouvoir se sentir quelqu' un.
Fier d' être un truc machin chouette, Franc- Maçon ou Musulman, Juif ou Biker, Redneck ou Intellectuel, Régionaliste ou nationaliste, gauche ou droite, ou un panaché commode, ou un panaché selon.
Respect ou tolérance ( il y avait des maisons pour cela), pluralité ou exclusivité, gagnant- gagnant ou conquérant et soumis et/ ou ... ...
C 'est comme pour les partis politiques. On croit adhérer à quelque chose tandis qu' en fin de compte on essaye que de se retrouver.
On n'est plus dans l'antiquité, et il serait vraiment bien que l'on modifie la constitution française pour ne plus respecter des croyances débiles qui en arrivent à ce genre de situation où des idolâtries génèrent encore et toujours de la violence.
Il est tant d'expliquer réellement que l'univers n'a pas été crée pour l'humain et encore moins pour un sous groupe d'humains. Et de le reconnaître officiellement.
Nous sommes tous issus de la même espèce, et que dans le passé, à l'époque où les voyages se faisaient à pied, des gens aient eu besoin d'organiser leur société en se référant au surnaturel est une chose, mais là, basta. On sait à quoi ce genre de débilité mène.
Tous ces cons qui pensent que dieu qui n'existe pas est au ciel, et les reconnaît d'en haut parce qu'ils ont un petit chapeau ridicule ou un keffieh, qui pensent que lorsqu'ils prient, l'évènement qui a crée l'univers il y a 14 milliards d'années les écoute ou encore qui considèrent que manger du porc n'est pas bon parce que ça a été écrit par des tarés il y a 5000 quelque part dans un désert sans réfrigérateurs :) nous rendraient un grand service en arrêtant de nous emmerder avec leurs conneries.
Quand je dis grand service, ça serait par exemple continuer de vivre en paix. Et cette paix, elle est à l'échelle locale (quand des cons, comme ceux là, ou d'autres barbus en viennent au main pour défendre leurs idées débiles) et à l'échelle globale (quand des pays en viennent à faire tuer des millions de gens qui auraient peut être vécus tranquilles s'ils avaient été un peu éduqués).
La solution du problème posé par la création d'Israel n'est pas une guerre d'extermination, personne ne gagnera avec cette option, mais par la reconnaissance par les israéliens de leur invasion d'un lieu qui n'était pas le leur, et par l'assimilation dans une seule nation, athée, enfin débarrassée des mythes religieux, de toutes les personnes qui vivent sur le même sol. Il y a du chemin, mais pas d'autre solution viable.
Je ne suis pas loin de penser que la solution contre l'invasion démographique de la France est similaire mais plus facile. L'extension des lois de 1905 (remplacer le fait que l'état ne doit pas supporter les cultes, par le fait que "les états" ne doivent pas supporter les cultes) serait vraiment salutaire. Il est immoral que des puissances étrangères construisent des mosquées en France.
Un jour des socialistes, comme ceux de 1905, reviendront au pouvoir en France... :)
Halte aux barbares !
Vous voulez l'assimilation dans une seule nation, athée des Juifs et des Arabes ?
Le premier dirigeant palestinien, Hadj Amin el Husseini, était un collaborateur nazi qui fut personnellement responsable des pogromes antijuifs en Palestine en 1929 et en 1936 et il est c'est le nom qui est donné traditionnellement aux écoles et aux universités arabes.
Le fait que "les Protocoles des Sages de Sion" et "Mein Kampf" soient les meilleurs tirages de librairie en Palestine, dans les capitales arabes et que les média et les prêcheurs palestiniens décrivent les Juifs comme des « fils de porcs et de singes » et qu'il faut les « égorger et les jeter à la mer » est de mauvais augure pour des Juifs sans état dans le "Dar el Islam".
Oui, la solution d'une grande République laïque et démocratique assurant l'égalité de TOUS les citoyens, sans distinction de race ou de religion, est la seule solution long-termiste viable pour la région.
Quant à la collaboration avec les nazis, je serais vous je ne ferai pas trop le malin, parce qu'il y a aussi des juifs et des sionistes qui ont collaboré avec eux :
Voir le livre de Maurice Rajfsus (juif polonais): Des juifs dans la collaboration http://www.enquete-debat.fr/archives/des-juifs-dans-la-collaboration-lu-g-i-f-1941-1944-de-maurice-rasjfus Vous y retrouverez l'ancêtre du CRIJF
Sinon vous pouvez aussi consulter le remarquable ouvrage d'Edwin Black (juif américain) : Le contrat de Transfert ; qui parle de l'accord effectué entre des juifs sionistes allemands et le Reich en 1933 pour organiser une immigration juive et l'installation en Palestine. Divers accords commerciaux s'étaient alors mis en place...
http://lessakele.over-blog.fr/article-1933-l-accord-de-transfert-controverse-entre-sionistes-et-nazis-39643457.html
http://www.youtube.com/watch?v=9FfhAdy9ydU
Je suis journaliste et j'ai une formation d'historien. Avant de vous exciter, je vous encourage donc à vérifier ces faits. Car j'avance rarement quelque chose sans que ce soit avéré.
Cher confrère,
Votre article est malheureusement bien incomplet sur la Ligue de Défense Juive...
J'avais monté une vidéo il y a quelques semaines à propos des méthodes d'agression de cette organisation juive sioniste que je vous recommande de consulter... http://www.youtube.com/watch?v=eSEibmMfxRE
Mais je n'étais pas encore à imaginer que la LDJ pourraient envoyer des mineurs aller poser une bombe artisanale sous ma voiture et me menacer de mort...
Tout est détaillé et sourcé..
http://www.cercledesvolontaires.fr/2012/09/27/la-ligue-de-defense-juive-commet-une-nouvelle-attaque-anti-juive-retour-sur-les-faits-et-analyse/
Cela vous avait-il échappé ? Ou aviez-vous sciemment décidé de ne pas parler de tous ces juifs qui sont la cible de la LDJ ?
Car lorsque vous acceptez cette réalité, vous comprendrez que la LDJ n'est aucunement au service des français juifs, mais plutôt au service d'une puissance étrangère, afin de protéger son image et ses intérêts.
Je met au défi votre probité, et si vous souhaitez discuter de ce sujet que je connais bien, je vous laisse me contacter.
Je viens de lire une article qui me redonne confiance dans l'humanité... bien écrit, fendard, un peu moqueur... mais plein d'humanité et d'auto dérision. Comme j'aime. Merci Monsieur Serraf.
@cabaleb @ Cactus « Réveillez-vous donc un peu, messieurs, relativisez un peu »
A vous de vous réveiller cette nuit, Monsieur ou Madame, quand la Palestine sera reconnue par l’ONU comme un état, si ce n’est que Etat Observateur.
C’est grâce au veto américain que toute tentative légale pour reconnaître la Palestine comme état membre de l’ONU à part entier n’est pas encore envisageable. C’est dire à quel point « l'autodétermination Juive » mentionné par Cactus et le « projet sioniste et de l'existence même de l'état d'Israël » dépend totalement de la volonté des USA. Mais passons.
Par contre il est certain que les groupuscules juives dénoncées par le CRIF ne représentent pas l’ensemble de la communauté juive en France ou ailleurs et ne servent qu'à montrer que les Hamas etc. de ce monde n’ont pas un monopole des cons.