Life

Cinéma: le sanglot de l'écran blanc

Hugues Serraf, mis à jour le 07.11.2012 à 15 h 48

Le cinéma se porte bien, mais ne veut pas que ça se sache parce que ça nuit à son standing. C'est le thème du 16e numéro de Slate.fr-Les tablettes.

La couverture de Slate.fr-Les tablettes spécial cinéma

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Le cinéma, au moins en France, c’est un peu comme l’Education nationale: constamment à l’article de la mort. Asseyez-vous dans le bus près d’un enseignant ou d’un réalisateur et c’est la garantie d’une conversation déprimante à base de déclin inexorable et d’avant c’était mieux…

D’accord, pour l’Education nationale, les profs ont peut-être une ou deux raisons valables de se lamenter, même si la permanence de leur pessimisme incite l’observateur (et même le parent d’élève) à relativiser le malheur qui les frappe. Mais pour le cinéma, zut alors! Les choses ne sont jamais allées aussi bien! Le nombre de films produits, par exemple, n’a jamais été aussi élevé (271 films français en 2011, le plus grand ratio au monde par tête d’habitant); les recettes en salles, c’est-à-dire hors vidéo et droits dérivés, n’ont jamais été aussi élevées (1,4 milliard d’euros); le nombre d’écrans (5.564) et de fauteuils (plus d’un million) ne cesse d’augmenter; la part de marché du film domestique est stable à près de 40% depuis des lustres, ce qui représente une authentique exception française.

Et qu’on ne vienne pas non plus expliquer que c’est un milieu qui ne donne pas sa chance aux jeunes (50% des films sortis l’an dernier étaient des premiers ou des seconds films), aux vieux (Alain Resnais tourne encore à 90 ans) ou aux femmes (20% de réalisatrices en France, 2% dans le reste de l’Europe les bonnes années).

Une industrie prospère, créative, ouverte aux nouveaux talents et que le public plébiscite, ça ne court pourtant pas les rues. «OK, ok, c’était peut-être vrai jusqu’à l’an dernier mais là, ce coup-ci, c’est vraiment la fin des haricots. Entre Internet qui mange la laine sur le dos des télés, lesquelles nous finançaient, et le téléchargement illégal, on sent bien que nous entrons dans une crise terrible.» Hum, après tout, pourquoi pas. Ils ont peut-être raison, les gens du cinéma. Ce coup-ci c’est peut-être la fin pour de vrai. Mais bon, si le cinéma s’arrête, il leur restera toujours l’enseignement, aux réalisateurs. Il parait que l’Education nationale recrute…

Hugues Serraf

(La discussion se poursuit sur vos tablettes!)

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