Dictionnaire des écolier-e-s du XXIe siècle certifié conforme
Hier, l’Internet découvrait son «Enfer»: un dictionnaire d’écoliers plein de définitions sexistes. Conscients de l'investissement du gouvernement dans la lutte contre les stéréotypes, nous avons pris les devants et réécrit une version socialement correcte de l'ouvrage incriminé.
- Graduated! / ralph and jenny via Flickr CC Licence By -
Le 5 novembre, tout ce que la twittosphère parisienne compte de féministes puritaines et de gauche converse, pour employer l’excellente expression du non moins parisien Technikart, a découvert horrifiée l’équivalent pour Internet de l’Enfer du Vatican.
Pour celles et ceux qui ne sont pas sur twitter ou journalistes ont raté l’info, cela s’appelle le «Dictionnaire des écoliers», publié sur le site du Centre national de documentation pédagogique (CNDP). Il a été rédigé, sous supervision des insituteurs, «par des enfants des écoles maternelles et élémentaires au cours de l'année scolaire 2010 – 2011», nous apprend Le Plus.
Lancé par la «Direction générale de l'enseignement scolaire, dans le cadre du plan national de prévention de l'illettrisme» poursuit FTVi, le dictionnaire a été élaboré en 2010. Il contient 17.000 définitions. Or dans ces définitions «s'esquissent les contours de la domination masculine qui cercle l'univers mental des enfants», s’indigne un contributeur du Plus. L'affaire semble grave. On ne sait plus qui est responsable: les enfants, observateurs mais conservateurs, les «maîtres» qui n'ont pas rectifié les attaques sexistes de nos chères têtes blondes venues d'un autre siècle, l'Education nationale qui a laissé publier un tel brûlot.
Les enfants, ces sales réacs sexistes
Pour montrer l’étendue des dégâts, prenons l’exemple de la femme, cet individu qui «porte des bijoux, une robe» selon le dictionnaire des écoliers. Révoltant. Pourquoi les femmes devraient-elles porter des bijoux? Et pas les hommes? Il n'est venu à aucun pourfendeur du dico des écoliers l'idée que c'était peut-ête l'observation de leur quotidien qui a poussé les enfants à écrire ces définitions. Mais il y a pire...
L’homme y est présenté comme quelqu’un «qui a de la barbe». Une insulte à peine masquée en direction des jeunes prépubères et de tous les imberbes qui se battent jour après jour contre le stéréotype dominant et exclusif d’un homme avec des poils (sauf dans certains boys bands des années 1990 et les pubs de Jean-Paul Gautier, mais ça nous emmenerait trop loin). Dans Le Monde, d’ailleurs, on s'est révolté: «Désormais, nous autres adultes, saurons qu'un homme imberbe n'est pas un homme».
Un Tumblr référence même les définitions jugées les plus effrayantes. Mais rassurons-nous: Internet a été plus fort que le sexisme décomplexé des chargés de mission de l'Education nationale. Le dictionnaire n’est déjà plus disponible en ligne! Il faut dire que la ministre des Droits de femmes, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne Madame questions de société au PS, a annoncé il y a peu sa volonté de lutter contre les clichés et les stéréotypes sexistes à l’école, et ce dès la maternelle, dans le cadre du futur programme dit «ABCD de l’égalité». La ministre s'étant offert les services dans son cabinet de Caroline de Haas, militante néoféministe pro-clito, on peut être certain que les choses vont aller vite et bien.
Le ministère de l'Education Nationalerépare le sexisme du précédent. Le changement, c'est maintenant ! #dictionnairedesécoliers
— Caroline De Haas (@carolinedehaas) Novembre 5, 2012
Réécriture du dictionnaire des écolier-e-s en mode gender-friendly
Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, nous avons imaginé l'email envoyé par la conseillère aux chargé-e-s de mission concernés:
De: CarolinedeHaas@femmes.gouv.fr
A: Claudine.leduc@cndp.educ.gouv.fr
Cc: N.vallaud-belkacem@femmes.gouv.fr
Objet: réécriture du dictionnaire des écolier-e-s certifié conforme
Mme,
Suite à l'inacceptable contenu rétrograde du Dictionnaire des Ecoliers, publié sur votre site et sur les définitions duquel mes services m'ont alertée, je vous prie de bien vouloir réécrire les définitions suivantes dans votre prochaine version, qui sera je l'espère plus conforme à ce que la ministre attend d'une politique éducative anti-sexiste luttant efficacement contre les stéréotypes de genre dans la petite enfance, et ce d'autant plus fermement que l'Education nationale s'est associée au ministère des droits des femmes pour mettre en place un vaste programme transversal de sensibilisation à ces problématiques.
Caroline de Haas
Conseillère en charge des politiques féministes
Ministère des droits des femmes
Suivez-moi sur twitter: @carolinedehaas
Pièce Jointe
Définition scandaleuse proposée par des enfants de primaire et courageusement dénoncée par les journalistes
«Femme
Définition
C'est une maman, une mamie ou une jeune fille.
Elle peut porter des bijoux, des jupes et des robes. Elle a de la poitrine.
Phrases d'exemple
Cette femme va souvent acheter son pain dans la boulangerie de ce village.
Miss France est la plus belle femme de France.»
Bonne définition conforme aux principes de non-discrimination de genre et de lutte contre les stéréotypes de la phallocratie dominante
«Femme
Individu genré abusivement associé au sexe féminin. Fiction sexiste et essentialiste issue d’un biologisme binaire le plus sectaire dans le but d’assigner à ces individus les rôles subalternes de la société et de renforcer les structures de domination du patriarcat hétérosexiste.
L’individu genré ci-défini par le poids du sexisme ne porte ni bijou, ni jupe ni robe. Il-Elle n’a pas de poitrine.
Phrases d'exemple
Cette individu genré achète son pain dans la boulangerie du village en alternance avec l’autre individu genré marié ou concubin selon un calendrier antisexiste du comité d’égal accès à la boulangerie.
Miss France est une potiche rétrograde au service de la domination patriarcale et de la propagande marchande néolibérale.»
Définition scandaleuse proposée par des enfants de primaire et courageusement dénoncée par les journalistes
«Homme
C'est un humain qui a de la barbe.»
Bonne définition conforme aux principes de non-discrimination de genre et de lutte contre les stéréotypes hétérosexistes dominants
«Homme
Individu genré abusivement associé au sexe masculin, dont la pilosité —quand elle existe, car les individus imberbes sont aussi nos amis—est encouragée par la société patriarcale dans la ferme intention de dominer l’individu genré qui n’a pas de poitrine, afin de l’asservir durant une dizaine de siècles à venir en l’envoyant de force à la boulangerie du village.»
Définition scandaleuse proposée par des enfants de primaire et courageusement dénoncée par les journalistes
«Père
C'est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d'enfants. C'est le chef de famille parce qu'il protège ses enfants et sa femme. On dit aussi papa»
Bonne définition conforme aux principes de non-discrimination de genre et de lutte contre les stéréotypes hétérosexistes dominants
«Parent
C’est le conjoint de l'individu avec qui il partage le projet parental. Ca présence est facultative dans l'accès à la parentalité, sinon sous forme de gamètes mâles congelées.
Au sein de l'unité familiale les décisions sont prises selon un processus de discussion paritaire entre les parties prenantes du projet parental. Les tâches de l'unité familiale sont réparties à égalité selon un calendrier (etc.)
Exemple:
Gérer son argent en bon parent à la pilosité faible ou inexistante.»
Définition scandaleuse proposée par des enfants de primaire et courageusement dénoncée par les journalistes
«Mariage
C'est l'union de deux personnes qui s'aiment et qui veulent fonder une famille. Il existe le mariage civil et le mariage religieux.»
Bonne définition conforme aux principes de non-discrimination de genre et de lutte contre les stéréotypes hétérosexistes dominants
«Mariage pour tous
C’est l’union de deux personnes qui partagent un projet de parentalité aux modalités d'accès multiples»
Définition scandaleuse proposée par des enfants de primaire et courageusement dénoncée par les journalistes
«Obèse
C'est une personne malade, qui est tellement grosse qu'elle peut à peine marcher.
Mon papa est obèse, il mange trop gras et ne fait pas de sport
J'ai croisé un obèse dans les couloirs de l'hôpital, il venait se faire aider»
Bonne définition conforme aux principes de non-discrimination de genre et de lutte contre les stéréotypes hétérosexistes dominants
«Personne à embonpoint excédentaire
C'est une personne dont l'IMC est supérieur à 40.»
Mis à jour le 08/11/2012 à 10h03













































Mais enseignant.
Et je trouve effectivement scandaleux que certains de mes collègues aient participé à la propagation de ces clichés du siècle dernier.
Pas de haro sur le ministère, cependant, qui a par contre parfois de bonnes idées : http://astringues.wordpress.com/2010/12/21/les-violences-sexuelles-expliquees-aux-enseignants/
C'est le Centre national de documentation pédagogique et non le Centre national d'education pédagogique. ;) Il existe aussi une version imprimée de ce discutable dictionnaire : http://www.actualitte.com/pedagogies/avec-larousse-les-ecoliers-ont-realise-leur-propre-dictionnaire-29531.htm
Il aurait fallu faire mentir les enfants?
Whaou! Non c'est vrai ne faisons surtout pas d'effort pour corriger les enfants et moquons nous des gens qui essaient de mettre plus d'égalité dans la société.
Monsieur Cassely vous êtes vraiment un rebelle qui s'oppose au politiquement correct en remettant les femmes à leurs place, j'applaudis des deux mains cette incroyable courage humoristique!
C'est vrai que chez vous, l'humour par l'ironie est nettement plus fin et hilarant.
Vous mettez des alertes google pour venir en masse cracher votre mépris des gens dès qu'un article à l'encontre de vos opinions est publié?
je trouve abusif et même odieux que vous écriviez que je remets les femmes à leur place. Il s'agit dans cet article de prendre ses distances avec le jargon des théories féministes radicales qui sont à la femme ce que le socialisme scientifique est à l'ouvrier.
Bravo! Bon exemple de mansplaining débile.
Mais je dois surement être une féministe gauchiste, puritaine, poilue et hystérique. Ah non! j'ai juste un cerveau :)
(Sinon, allez un peu lire du Gianini Belotti pour ce qui est des conditionnements genrés dans l'enfance.)
merci pour les conseils de lecture, mais ça va j'ai eu ma dose!
en fait quand on se moque des tics de langage gender, on tombe vite sur le même type d'indignation scandalisée et de mépris qu'avec la plupart des dogmes... C'est fou d'être à ce point incapable de sortir de son "conditionnement" intellectuel
allez plutôt lire ce que dit Catherine Hakim de l'incapacité des féministes anglosaxonnes à apporter un discours autre que puritain et manichéen sur ces sujets. Mais la référence vous paraîtra bien trop scandaleuse j'en ai peur.
« mansplaining » ? Après rapide recherche chez vos consœurs, si j’ai bien compris, grossièrement, c’est l’attitude d’un mâle expliquant avec condescendance, arrogance, paternalisme et sexisme, son point de vue souvent primaire voir erroné, fort de son statu de dominant et d’autant plus qu’il s’adresse à une femme. Un macho dominateur qui joue les pédagogues de manière déplacée en somme. Or, quel rapport avec cet article et son auteur ? A moins que, selon vous, tout homme qui a l’audace d’émettre une opinion qui tourne en dérision votre mouvement et ses dérives ou n’abonde pas totalement dans votre sens, mérite spontanément d’être discrédité et dénigré de la sorte (même si ce concept n’était manifestement pas assez fort pour vous, vu qu’il fallait que vous lui accoliez « débile »…). C’est amusant parce que, s’il y a bien quelqu’un ici qui fait preuve de condescendance et d’arrogance en s’adressant au sexe opposé, c’est bien vous. Une fois de plus, c’est vous qui êtes prompte à taxer les autres et leurs propos de « débiles » tout en vous auto-congratulant pour votre intelligence autoproclamée, allant jusqu’à conseiller, du haut de votre savoir absolu, vos lectures personnelles pour instruire l’hérétique auteur masculin de cet article.
En ce qui me concerne, je ne vous ai jamais imaginé comme une féministe gauchiste, puritaine, poilue et hystérique, mais clairement pas non plus comme quelqu’un doté d’un cerveau brillantissime de sagesse et tempérance... D’ailleurs, vous étalez fièrement votre riche culture sur le féminisme dans vos messages, comme une preuve de votre intelligence, légitimité et domination absolue des sujets liés au féminisme et au sexisme. Pourtant, un imam, pasteur ou prêtre intégriste n’en fait-il pas autant avec ses livres saints et tout ce qui traite en bien ou en mal de son inattaquable religion ? Or, ça ne fait certainement pas d’eux des personnes qualifiées pour émettre un jugement critique et objectif sur la religion en général et encore moins la leur. Alors, de la même manière, connaitre tout ce qui attrait de près ou de loin au féminisme et y adhérer sans demi-mesure à seulement 20 ans, ne fait certainement pas de vous quelqu’un d’objectif vis-à-vis du sexisme en général et encore moins du féminisme, mais plutôt une potentielle fanatique tout sauf objective. C’est d’ailleurs ce fanatisme et la psychorigidité, l’excès, que le féminisme engendre souvent, qui sont tournés en dérision dans cet article (et c’est probablement ce qui vous a offensé), bien plus que le bien fondé du retrait de ce dictionnaire de la sphère publique ou du sexisme des propos qui y sont tenus. Quand à votre accusation de croisade systématique contre le féminisme, ou autrement dit, de campagne fanatique contre une communauté elle même particulièrement encline au fanatisme et à la misandrie tout en le niant outrageusement, majoritairement prédatrice, ni démocratique, ni elle-même paritaire et qui se voit comme l’incarnation exclusive, sacrée et persécutée de la justice, de l’humanisme et, donc, du bien universel, effectivement c’est relativement drôle. Surtout au moment où un ministère, déjà influent sur les autres et qui donne des cours de féminisme à tout le gouvernement, vient d’être octroyé au féministes et « aux femmes », que le féminisme est omniprésent dans les médias, la politique et la rue, que les femens qui font toujours plus d’adeptes scandent fièrement « notre dieu est une femme » (quel progrès), que l’intelligentsia est globalement acquise à la cause féministe et j’en passe… Mais, bien entendu, que serait un bon fanatisme communautariste sans la conviction profonde d’être éternellement des martyrs ?
Dans tout les cas, en tant que féministe qui semble, pour le moins, très obsédée et acquise sans limites à la cause, je ne pense pas que vous soyez bien placée pour accuser les autres de croisade et encore moins pour vous plaindre d’être critiqués (comme tout mouvement politique d’ailleurs ; il n’y a que dans les dictatures que certains courants politiques ne sont miraculeusement pas critiqués). Bref, vous avez un cerveau ça ne fait aucun doute, mais il me semble bien trop enclin à l’arrogance, l’égocentrisme et l’intransigeance pour être si intelligent, sage et humaniste que vous semblez le croire avec ferveur. En somme, des défauts qui ne sont pas étrangers aux tyrans et, ce, peu importe leur sexe et leur sensibilité politique.
"Noir
C'est une personne qui a souvent des grosses lèvres, un nez large et des cheveux crépus difficiles à coiffer. Son odeur est différente de celle des blancs. Les noirs ont souvent le sens du rythme.
Beaucoup de noirs sont éboueurs ou au chômage."
Ca ne vous choquerait pas?
Des définitions
- directement patriarcales, sexistes, racistes, homophobes, etc.,
- OU (et vous négligez totalement cet aspect) des définitions qui se focalisent sur certaines caractéristiques (toujours les mêmes) entretenant des représentations sexistes, racistes, etc.,
ne sont pas plus justifiés si elles sont proférés par des enfants.
Seulement les jeunes enfants n'ont pas encore l'entière responsabilité de ce qu'ils disent.
Ce dictionnaire est moins un recueil de définitions faites par des enfants qu'un recueil des images mentales qu'ont les adultes qui les éduquent...
Et si l'on voulait vraiment éviter ces images mentales simplificatrices, il appartiendrait normalement aux professeurs de ne pas les entretenir davantage chez les enfants.
Très bonne explication,
et je suppose que lorsqu'un jeune enfant souhaite uriner sans se soucier de l'endroit où il se trouve, il ne fait que transposer le désir inconscient de son père de toute-puissance et d'exhibitionnisme?
Mis a part la définition de Colonie, je ne trouve rien de scandaleux la dedans.
Je ne suis pas barbu et je ne me suis pas sentie insulté par la définition de homme.
Il faudrait juste que les gens comprennent que ce sont des enfants qui doivent avoir entre 5 et 10 ans qui ont fait cela.
La définition de grand-père est adorable.
Ensuite pour ce qui est de la défintion des genres, faut-t-il également blamer les parents qui habillent leurs filles en roses?
OU qui achetent des bulldozers à leurs fils.
Les enfants déjà tout petit vont eux meme faire un distinction entre le féminin et le masculin.
Combien de petite fille ou de bébé vont préféré les poupée et les dinettes alors que les garçons préférent les camions et les pistolets?
«Femme
Définition
C'est une maman, une mamie ou une jeune fille. Elle peut porter des bijoux, des jupes, des robes et des pantalons. Elle a de la poitrine, surtout quand elle est toute nue sur Internet. C'est pour ça que les filles à l'école ne sont pas des femmes.
«Homme C'est un humain et pourtant il a souvent des poils sur les joues. Contrairement aux femmes, il ne porte que des pantalons.»
«Père C'est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d'enfants. Mais des fois, il y a plusieurs mamans pour un papa et plusieurs papa pour une maman. Et du coup, on est plein d'enfants à noël. C'est le chef de famille parce que c'est lui qui utilise la télécommande de la télé. Quand maman est pas contente, elle dit "ton père", le reste du temps on l'appelle papa.»
«Mariage C'est une grande fête où on peut manger tout ce qu'on veut et où papa et maman boivent beaucoup et après ils se disputent pour savoir qui va conduire la voiture pendant que l'on fait semblant de dormir. Avant de manger, on va à la mairie à l'église, à la synagogue, au temple ou à la mosquée. Ca fait des histoires quand on court ou que l'on fait trop de bruits.»
@jlcassely: l'auteur de "Honey Money: The Power of Erotic Capital"?
...Vraiment? C'est ça pour vous le "scandale"? ça me semble être le plus banal et remâché des exemples, dans le genre sensibilité post féministe (j'ai grandi avec ça, j'ai 20 ans), double peine, voire léger déterminisme biologique qui arrange tout le monde. Mais enfin.
On aurait pu dire, je sais pas, Rosalind Gill, Nelly Oudshoorn, dans les trucs récents et critique, si vraiment les années 70 vous semblent automatiquement suspectes. "...l'incapacité des féministes anglo saxonnes à apporter un discours autre que puritain et manichéen sur ces sujets." etc etc. J'en reviens à ce que je disais, ne pas être d'accord avec votre article revient à être taxée de puritaine relou en soi. Ne cherchez pas forcément le manichéisme chez les autres :).
C'est assez drôle comme depuis ces dernières années un nombre croissant de gens nous servent leur mépris et leurs attaques faciles des "féministes anglo saxonnes" (cette catégorie si nette et uniforme), tous avec le même sentiment de courageuse croisade, de dénoncer, de dire tout haut ce que les gens pensent tout bas quoi ! Alors que c'est précisément cette attitude dans son systématisme (et toujours chargée de clichés et de méconnaissance de la réalité de mouvements politiques un chouilla plus complexe) qui est à mourir d'ennui à force d'être vue et revue partout.
Bref, personne ne voulait brûler ce livre en place publique et dénoncer les auteurs de 5 ans au KGB des féminazis, juste rappeler combien ce qui se joue dans l'enfance est absolument crucial pour la suite, en maternelle le gros des conditionnements genrés est déjà profondément ancré, il n'y a plus grand chose à ajouter, alors oui le balayer d'un revers de main avec un rire gras n'est pas forcément brillant, désolée. De la même façon qu'imprimer un bouquin pareil et valider le discours des enfants au lieu de tenter d'ouvrir un peu leurs horizons, c'aurait été la moindre des choses.
Ninon, décidément on ne se quitte plus ces jours ci...
Je ne passe pas ma vie à lire tout le féminisme anglosaxon, dont acte. Je pense juste en savoir bcp plus sur le sujet que la moyenne, et bcp moins que les spécialistes comme vous.
Je dis juste que la définition de la femme et celle de l'homme ne m'ont tjs pas convaincu qu'il y avait du sexisme derrière. Et oui, j'insiste sur l'aspect puritain de la critique de ma critique. Si j'en crois mon trajet dans le metro ce matin, j'aurais rajouté que les femmes peuvent aussi porter des bottes et les hommes la barbe de 3 jours, ça doit être une de ces modes néolibérales à la con, portée par des individus aliénés dès lors plus jeune âge et enfermés dans leur conditionnement... Je n'ai tjs pas compris pourquoi il ne fallait pas "valider" le discours des enfants, sinon à dire qu'il y aurait une bonne manière genristiquement correcte de présenter les choses, et auquel cas, je vous invite à nous l'écrire.
Enfin la présence massive de militant-e-s sur cette affaire depuis l'article me convainc qu'en effet, oui, j'ai assez bien ajusté le viseur en l'écrivant (pas pour faire du mal aux femmes comme certain(e)s l'ont dit, non, juste pour me foutre des discours systématiques et terriblement normés, qui excluent toute remise en question et fonctionnent comme autant de petits dogmes inquestionnables).
Un dictionnaire simple, relativement bien écrit, adapté à son lectorat, et qui répond simplement aux questions simples que peuvent (se) poser des gamins de CP.
Mais il a fallu qu'une armée de bien-pensants crie au sexisme et à la discrimination pour susciter une "action" du ministère !
C'est pourtant simple : pourquoi les coqs ont-il des ailes, et les poules des oeufs ?
Parce qu'ils ont besoin d'elles et qu'elles ont besoin d'eux. C'est ça, le sexisme. Et c'est plutôt sympa...
Je vois que l'ultra-féminisme est toujours aussi détestable dans le sens où il s'en prend aux hommes sans distinction. L'ultra-féminisme, c'est le beaufisme appliqué aux femmes.
Autant ces définitions d'enfants sont en effet déplacées, simplistes et malheureusement un assez bon miroir de ce que les adultes leur ont appris, autant faire de même quand on est un adulte relève de la bêtise pure.
Il faut prendre ce dictionnaire pour ce qu'il est ; une vision d'enfant. Heureusement avec le temps, la plupart ont une vision plus nuancée. Pas tous, bien entendu, certains restent à un stade primitif : mais les définitions que vous donnez mènent à penser que tous les hommes pensent pareil, ce qui est faux.
Ceux qui côtoient ou ont des enfants savent qu'ils n'ont pas de tact : ils disent les choses comme ils les pensent, en public et à voix haute. J'ai le souvenir d'un gamin qui n'avait probablement jamais vu de noir, et qui montre du doigt l'individu en disant tout fort dans le bus "T'as vu maman ! Pourquoi le monsieur il est noir ?"
Tous les passagers se retournent surpris de cette exclamation, la mère morte de honte qui finit par lui expliquer "Et oui, il y a des gens blancs et il y a des gens noirs !"
On ne peut pas faire un procès à l'enfance pour ce qu'elle est. Ce n'est que plus tard que l'on apprend la vie en société, la politesse, les règles de vie et les valeurs morales. Hors contexte, ce dictionnaire serait choquant ; mais si l'on considère qu'il n'est que le fruit de pensées d'enfants, tout de suite on relativise.
Reste que ces pensées sont le fruit de l'éducation inculquée par les parents, et ce point là est en effet beaucoup plus problématique, car ils véhiculent un certain nombre de clichés, tout simplement parce que vous verrez beaucoup plus d'hommes à barbe que de femmes à barbe, beaucoup plus de femmes en juge que d'hommes en jupe. On est libres de porter la jupe ou la barbe, ou de faire ce qu'on veut ; mais culturellement il y aura toujours des a prioris. Il suffit juste d'être mature et de passer outre.
Bravo a l'auteur et a Slate pour cet article drole et bien écrit, qui change du conformisme des autres médias.
la vérité sortait quand même de la bouche des enfants?
Mes enfants étaient plutôt précoce mais je ne pense pas qu'ils auraient dit en maternelle ou en CP "Mariage, C'est l'union de deux personnes qui s'aiment et qui veulent fonder une famille."
Alors je ne fait pas de procès d'intention aux enseignants, et je suppose qu'ils ont essayé de polir le style sans trahir l'intention, mais je serais curieux de lire les participations en VO, telles que les enfants les ont réellement énoncées avant l'intervention des enseignants.
N'allez pas me faire croire qu'aucun gosse n'a proposé comme définition pour l'homme "c'est celui qui a un zizi". Je ne sais pas où sont les puritains, ceux qui choisissent de mettre de côté cette définition là au profit de celle, d'un autre temps, du "père comme chef de la famille", ou ceux qui avancent l'idée que l'on peut être honnête avec les enfants et parler effectivement de sexe quand il s'agit d'une différence... de sexe.
Votre caricature serait drôle si le besoin de caricaturer n'était pas né d'une position elle-même contestable.
Et les enseignants ne sont pas là pour donner la parole aux enfants comme ci ceux-ci étaient des vecteurs de vérité. L'école ce n'est pas là pour diviniser les enfants, c'est un moment d'apprentissage où il s'agit justement de pouvoir discuter avec les enfants pour les faire SORTIR de leur quotidien. L'enseignant est là pour apprendre aux enfants. Et je ne vois pas quel moment aurait pu être plus adapté à une sensibilisation au sexisme et à l'ouverture d'esprit que quand on demande aux enfants de définir "femme" et "homme".
Quand la bêtise dont témoigne l'indignation qui imbibe cet article atteint de tels sommets (ou de telles profondeurs), on se dit qu'effectivement, la fin du monde ne doit plus être très loin.