Monde

New York après Sandy: Coney Island dévastée, Staten Island oubliée, le marathon annulé

Daphnée Denis, mis à jour le 03.11.2012 à 0 h 58

L'ouragan a dévasté les infrastructures de la côte Est.

Un restaurant détruit par l'ouragan Sandy à Staten Island, New York. (REUTERS/Mike Segar)

Un restaurant détruit par l'ouragan Sandy à Staten Island, New York. (REUTERS/Mike Segar)

Le bilan humain de la tempête Sandy s'est alourdi, atteignant 95 morts aux Etats-Unis et au Canada qui s'ajoutent aux 71 morts dans les Caraïbes. Le bilan matériel, aussi, est impressionnant: il pourrait causer des pertes de 50 milliards de dollars, estime le New York Times. Les états de New York et du New Jersey seront les plus touchés: le premier devrait souffrir 34% des pertes, le deuxième 30%, d'après la société Eqecat qui estime les dommages causés par les ouragans.

A quoi ressemble New York après Sandy? 

  • La ville de New York est encore paralysée, bien que certaines lignes de métro aient repris un fonctionnement très limité (en évitant downtown Manhattan).
  • 3,5 millions de personnes demeurent sans électricité à New York. Le maire Michael Bloomberg a affirmé que ConEdison devrait s’être occupé de «presque» tous les foyers de Manhattan vendredi 2 novembre à minuit.  Un peu plus tard, ConEdison a revu les attentes des New Yorkais à la baisse: Manhattan devrait s'allumer à nouveau samedi 3 novembre à 23 heures. 
  • Le marathon de New York a été annulé, suite à l'indignation des habitants de la ville, exaspérés de voir les ressources mises en place pour l'événement sportif plutôt que pour secourir les victimes.  

Si les banques et les marchés financiers sont à nouveau en marche, les services et les transports risquent des pertes plus durables.  

Des employés du métro New Yorkais pompent 43 millions de gallons d'eau sous le tunner Hugh L. Carey (via FlickR/CC/MTAPhotos)

Le confluent de la Baïe de la Jamaïque et de l'océan Atlantique, au sud de Long Island. (via FlickR/CC/MTAPhotos)

Des bateaux et d'autres débris bloquent la voie de la New Jersey Coast Line. (REUTERS/Handout

La station de métro South Ferry, au sud de Manhattan (via FlickR/CC/MTAPhotos)

La queue pour le bus allant à Manhattan depuis le Brooklyn Bridge, jeudi 1 novembre (via @virginialaird).

Annulation du marathon

La ville était loin d'être prête à accueillir un marathon, mais le maire Michael Bloomberg a longtemps défendu l'idée de maintenir la compétition annuelle dimanche 4 novembre. L'événement a pourtant été annulé l'après-midi du vendredi 2 novembre, après que plusieurs pétitions ont demandé à ce qu'il soit reporté.

La Une du tabloïd New York Post avait provoqué l'indignation des victimes de l'ouragan, révélant que deux gigantesques générateurs d'électricité approvisionneraient la tente principale du marathon.

A l'origine, Bloomberg avait défendu sa décision: 

«Il faut que la ville aille de l'avant, avait-il expliqué. New York doit montrer que nous sommes toujours là, que nous allons nous remettre.»

Il avait ajouté que l'évènement sportif permettrait à beaucoup de commerces de générer des revenus. Mais les réactions scandalisées des New-Yorkais, y compris l'avocat public de la ville Bill de Blasio, l'ont fait changer d'avis. «Je ne voudrais pas que cette ombre plane sur les compétiteurs», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse. 

Coney Island dévasté

En dehors de Manhattan, les zones côtières des Rockaways et de Coney Island sont complètement dévastées. Les habitants demeurent sans électricité et presque sans vivres. Dans la péninsule des Rockaways, 43.000 personnes sont privées d'électricité et d'eau.

Sur cette vidéo, un homme explique:

«Je ne voulais pas partir quand on a dit à tout le monde d’évacuer. Tout ce que j’ai est dans cette maison.»

Puis la mer montante a brisé ses fenêtres et il s'est retrouvé avec de l'eau jusqu'aux genoux.

Le 30 octobre, un feu causé par des bougies a détruit au moins 80 maisons inondées

La péninsule est isolée et les commerces sont fermés depuis trois jours. Certains refusent d'ouvrir car ils ont été vandalisés. «Nous avons faim», expliquaient au New York Daily News les habitants de la zone venus chercher des vivres de secours distribués par la FEMA (Federal Emergency Management Association).  

A Coney Island, un quartier touristique mais aussi pauvre que les Rockaways, les boutiques ont également été détruites par des vandales. Le maire de Brooklyn Marty Markowitz a demandé la présence de la garde nationale dans cette zone pour éviter plus de dégâts.

Staten Island oubliée

Une femme évalue les dégâts dans le quartier de Staten Island (Reuters/Lucas Jackson)

Le quartier de Staten Island, enfin, se sent délaissé après l'ouragan. C'est dans cette île de New York qu'il y a eu le plus de morts, 20, à cause de Sandy. Pourtant, les habitants estiment qu'ils n'ont pas reçu la même attention ni les mêmes aides que les habitants de Manhattan ou d'autres parties du New Jersey. Encore une fois, le marathon, censé commencer dans ce borough avait énervé les riverains. Sur CBS, une habitante de Staten Island expliquait ainsi: 

«On est loin d'aller bien. Etle fait que le maire veuille organiser un marathon, alors que certaines personnes ont perdu la vie ou leurs maisons, ça me semble incroyable.»

Cette fois-ci, ils ont été entendus. 

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Pénurie d'essence

Autre problème: la pénurie d'essence dans le New Jersey comme à New York. Le 1 novembre, CNBC estimait que 80% des pompes à essence du Garden State étaient fermées. 

Résultat: des voitures à perte de vue dans les stations ouvertes.

(via mccarthyryanj)

Jeudi 1 novembre, les ports de New York et du New Jersey ont rouvert afin de permettre que les bateaux transportant de l'essence puissent livrer leur marchandise. Cela n'a pas empêché les queues de conducteurs paniqués de s'allonger encore vendredi 2 novembre, rapporte Reuters. Les prix se sont envolés bien au dessus de 4 dollars le gallon, même si le gouverneur du New Jersey Chris Christie a menacé de poursuivre les personnes qui profiteraient de la situation pour augmenter leurs prix.     

Philip Gourevitch, journaliste du New Yorker, se demande, par ailleurs, pourquoi les ressources de l'armée n'ont pas été mises à disposition des conducteurs pour éviter la panique actuelle. 

D'après le New York Times, la police (NYPD) fournirait de l'essence aux services publics de la ville.

Mise à jour à 19H30, heure est-américaine: L'administration Obama vient d'autoriser que le Département de Défense américain livre 24 millions de gallons d'essence (moitié gazole, moitié diesel) dans le New Jersey dans des centaines de camions loués pour l'occasion.

Daphnée Denis (à New York)

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