Séisme d'Aquila: De la stupidité du verdict condamnant les experts
Les villes risquent d'être plus souvent évacuées qu’habitées. A la moindre alerte, séisme, tempête, crue, canicule ou épidémie de grippe, nous irons tous aux abris. Pour y rejoindre les experts.
- L'Aquila, le 8 avril 2009. REUTERS/Alessandro Garofalo -
Si le jugement du tribunal de l’Aquila est confirmé, en Italie, les prochains experts nous enverront systématiquement aux abris à la moindre alerte.
Le 22 octobre 2012, Franco Barberi, Enzo Boschi, Mauro Dolce, Bernardo De Bernardinis, Giulio Selvaggi, Claudio Eva et Gian Michele Calvi ont en effet été condamnés à six ans de prison ferme et à l’interdiction de tout office public pour homicide involontaire.
Leur faute? Ne pas avoir alerté la population, avant le 6 avril 2009, de l’imminence d’un tremblement de terre. Ce jour-là, un séisme de magnitude 6,3 sur l’échelle de Richter s’est produit près de L’Aquila et a fait 309 victimes et plus de 50.000 sans-abri.
Après la grippe aviaire (H5N1) de 2004, la grippe H1N1 en 2009 et les OGM au cours des dernières semaines, ce jugement achève de plomber un dossier déjà passablement lourd. Au-delà des 7 sismologues victimes de la vengeance d’un juge, c’est bien l’expertise scientifique toute entière qui se retrouve mise en cause.
Manque d’indépendance pour les tests sur les OGM. Incompétence pour la prévision des séismes, avec responsabilité pénale à la clé. Le compte est bon.
Comme l’ont dit plusieurs scientifiques après le verdict de L’Aquila, plus personne ne voudra prendre le risque d’endosser le rôle d’expert après cette condamnation. Surtout si elle est confirmée en appel.
Et s'ils sont nommés d’office, les experts choisiront, dans le doute, de prévoir la catastrophe pour éviter tout risque de poursuite.
On aurait pu le prévoir...
Cette attitude sévit déjà au niveau politique. On se souvient de la coûteuse stratégie de vaccination nationale de Roselyne Bachelot lors que l’épidémie de grippe A en 2009… En cas de doute, direction les abris.
En fait, la consternante mésaventure des sismologues italiens était écrite. Tout comme un tremblement de terre, on aurait pu prévoir qu’elle arriverait un jour, sans pouvoir préciser lequel.
Dès lors que la confusion entre expertise et science sévit, il fallait s’attendre à ce dérapage majeur. La frontière entre ces deux domaines devient de plus en plus poreuse et floue. En grande partie en raison du manque de culture scientifique des responsables politiques et, visiblement, des juges. Mais le public, aussi, joue un rôle dans l’engrenage qui a conduit à la condamnation de L'Aquila.
Désormais, l'imprévisible est devenu intolérable. En cas d’inquiétude, comme face aux secousses sismiques ressenties par les habitants des Abruzzes au cours des mois qui ont précédé le drame du 6 avril 2009, les experts sont convoqués pour prédire l’avenir. Comme les oracles grecs. Or, les séismes font encore partie des phénomènes à la fois les plus dangereux et les moins prédictibles. Du moins avec précision. Un tremblement de terre peut se produire dans 24 heures, 24 mois, 24 ans, 240 ans ou 2.400 ans.
Que faire? Les sismologues italiens ont choisi de rassurer la population au vu des données dont ils disposaient. Sans doute avec maladresse, étant donné les termes employés. L’un d’entre eux invitant des habitants à «boire tranquillement un verre de montepulciano».
Face à cette assurance des «experts» de la Commission nationale des grands risques, les autorités locales n'ont pas décidé d'évacuer villes et villages de la région.
Pourtant, une voix plus alarmante s'était élevée. Celle de Giampaolo Giuliani, scientifique étudiant l'évolution de la concentration de radon 222 émise dans la région. Il avait alors envoyé des messages sur Internet pour alerter sur la possibilité d'un séisme fin mars 2009. Guido Bertolaso, responsable de la protection civile, l'avait alors qualifié d'imbécile. L'histoire rappelle celle du film Le Pic de Dante de Roger Donaldson sorti en 1997 dans lequel un volcanologue est seul à prédire le drame à venir.
Certains se souviennent du débat musclé de 1976, en France, qui avait opposé Haroun Tazieff à Michel Feuillard, directeur de l'observatoire volcanologique de la Guadeloupe au sujet d'une éruption possible de la Soufrière. A Paris, Claude Allègre, était alors directeur de l'Institut de physique du globe à Paris. Finalement, contre l’avis d’Haroun Tazieff, 70.000 personnes furent évacuées.
Et rien ne se passa. On peut penser qu'il s'agit là de la bonne solution. Bien entendu, mieux vaut une évacuation pour rien que des centaines ou des milliers de victimes. Après coup, ce calcul paraît évident, mais il l'est beaucoup moins lorsqu'il s'agit de prendre la décision. Sauf à évacuer à la moindre alerte.
Tout le problème de l'expertise réside... dans l'expertise des connaissances scientifiques. De nombreux phénomènes physiques sont prévisibles. Sinon, il serait impossible d'envoyer un robot sur Mars avec une précision de quelques centaines de mètres.
Le paradoxe, c'est que d'autres phénomènes physiques plus proches de nous restent très difficiles à anticiper, essentiellement parce qu'ils relèvent d'une multitude de facteurs et tombent sous le coup du chaos ou de la complexité, deux notions délimitant les frontières de la science.
Des connaissances limitées
L’homicide par imprudence, en France, est défini comme une infraction consistant à «causer par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements, la mort d'autrui».
Il n'est pas question d'ignorance ni même d'incompétence. Dans le cas des sismologues de L'Aquila, il s'agit, au pire, d'une erreur de jugement dans un domaine... à haut risque d'erreur. Les connaissances scientifiques en matière de prévision de séismes restent en effet très limitées malgré les efforts considérables réalisés dans ce domaine, largement justifiés par le nombre de victimes des séismes majeurs.
Malgré la multiplication des moyens de mesure sur Terre avec les sismographes et autres détecteurs de variations du champ magnétique terrestre, de la météo, des nuages ou des émissions d'hydrogène ou de radon, ou dans l’espace avec les satellites, la prédiction à moyen terme des tremblements de terre reste aujourd'hui impossible.
Celui qui s'est produit au Japon le 11 mars 2011 suffit à démontrer cette limite des connaissances. Le pays repose sur la conjonction de trois plaques tectoniques. Les tremblements de terre y sont quotidiens et le sort de Tokyo est suspendu à un «big one». Pourtant, personne n'avait prévu le séisme de magnitude 9 qui s'est produit l’an dernier et qui a engendré un tsunami faisant plus de 18.000 victimes et plus de 200.000 personnes évacuées. Il en va de même pour des villes comme Los Angeles ou San Francisco (3.000 morts en 1906) construites sur la faille de San Andreas.
Stupidité
Ces informations sont connues de tous. Mais pas, semble-t-il, du juge italien Marco Billi, qui, seul, a prononcé la sentence du 22 octobre. Aux six ans de prison ferme pour chacun des 7 condamnés, s’ajoute une somme de 7,8 millions d'euros de dommages et intérêts à verser solidairement aux parties civiles.
Avec ce verdict, Marco Billi entre dans l'histoire des décisions de justice les plus stupides. La seule solution pour en éviter des répercussions catastrophiques sur les relations entre la science et la société réside dans un acquittement, en appel, des scientifiques italiens. Mais ce processus judiciaire pourrait durer pas moins de 6 ans...
Le mal est donc largement fait, quoi qu'il arrive. Pas plus que les tremblements de terre, les plus intenses manifestations de la bêtise humaine ne sont pas prévisibles.
Michel Alberganti
Mis à jour le 24/10/2012 à 18h46
















































Bonjour,
Y aurait-il moyen de fournir le détail du jugement ?
Il y a sur cette affaire beaucoup d'indignations... mais personne ne donne les raisons invoquées par le juge. Conclusion sans données brutes -- Démarche pas très scientifique.
Pour ma part, je pense que le jugement n'est pas nécessairement consternant.
C'est une chose de dire : "la science ne peut pas répondre à votre question", une autre de dire : "soyez tranquilles, allez boire un verre". Dans le second cas, vous sous-entendez que vous savez, et qu'il ne se passera rien.
Ceci n'est pas une simple maladresse : si vous dites, ou sous-entendez, qu'il ne se passera rien, les politiques ne déclareront pas l'évacuation (sauf à se prendre pour plus savant que les experts).
Si le jugement est de cet ordre (et seulement si ! d'où l'importance de récupérer le texte du jugement), alors il est cohérent : les experts, en s'exprimant d'une façon rassurante alors qu'ils n'avaient aucune donnée pour le faire, se sont effectivement rendus coupables de négligence.
@ bemerit
Pas facile de répondre à votre judicieuse question... Dans la presse italienne, j'ai trouvé l'original du jugement rendu par le juge. Malheureusement, pas d'attendus. Il s'agit juste de la sentence. Essentiellement consacrée aux allocations des sommes à verser aux plaignants:
http://www.abruzzo24ore.tv/documents/2012/sentenza-grandirischi_abruzzo24ore.pdf
Je suis moi aussi très mal à l'aise face au verdict. Ses conséquences possibles sont en effet dangereuses. Mais l'argument de la stupidité du juge me semble un peu léger pour l'expliquer. Pour un avis plus nuancé et plus clair, je vous recommande cet article (en anglais) de Nature:
http://www.nature.com/news/2011/110914/full/477264a.html
Citations des parties civiles:
["I'm not crazy," Picuti says. "I know they can't predict earthquakes. The basis of the charges is not that they didn't predict the earthquake. As functionaries of the state, they had certain duties imposed by law: to evaluate and characterize the risks that were present in L'Aquila."]
["This isn't a trial against science," insists Vittorini, who is a civil party to the suit. But he says that a persistent message from authorities of "Be calm, don't worry", and a lack of specific advice, deprived him and others of an opportunity to make an informed decision about what to do on the night of the earthquake.]
Donc pour résumer l’argument, ce que les parties civiles reprochent aux experts, ce n'est pas de ne pas avoir prévu le tremblement de terre, mais d'avoir minimisé le danger plutôt que de donner des instructions à suivre en cas de tremblement de terre.
Avouez que ce n'est pas pareil...
Si j'ai bien compris, un "lanceur d'alerte" autodidacte aurait tellement affolé la population avec de fausses alertes que les autorités ont cru bien faire de dédramatiser en faisant venir une commission qui n'a pu que tenir des propos relativement rassurants.
Le degré de risque sismique et la fragilité des constructions étaient connus depuis longtemps, mais on trouve toujours un lampiste pour porter le chapeau.
Une réflexion de fond sur les fausses alertes serait d'utilité publique quoique peu politiquement correcte en ce moment.
@ Jdbjdb - Les propos que vous rapportez à partir de l'article de Nature n'ont pas été prononcés par le juge mais par le procureur, Fabio Picutti, qui n'avait requis "que" quatre ans de prison. Il s'est dit lui même surpris par le jugement et attend l'explication de ses conclusions par le juge Marco Billi qui a trois mois pour les faire connaître.
Le risque de tremblement de terre à l'Aquila est historique. La ville est victime de séismes majeurs une ou plusieurs fois par siècle. Elle a ainsi été rasée en 1703 (3000 morts) et en 1786 (6000 morts). Au 20è siècle, un seul fort séisme magnitude 5 en 1956. Le drame de 2009 aurait donc pu se produire... n'importe quand.
Il y avait le scientisme et sa confiance aveugle dans la science, voilà que nos sociétés ne peuvent plus subir l’impondérable des catastrophes naturelles sans désigner des têtes responsables. A vouloir toujours plus de précaution on atrophie la part exploratrice de notre âme, la prise de risque qui est à la source de toute évolution. Une civilisation du prévisible, quelle mortifère perspective : heureusement que notre indomptable Terre nous rappelle la loi de la Nature. Cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/search/label/Nature
Il est fort interessant de tenter une comparaison de la rhétorique utilisée pour commenter cette triste affaire avec celle, récente, des OGM.
Ici on défend des experts victimes d'une justice stupide et de la faible prédictibilité de leur discipline. C'est le Bien, ce sont de bons experts.
Dans l'autre débat, les experts, sur la base d'une montagne de données théoriques et expérimentales convergentes, sont unanimes à prédire un risque nul ou dérisoire, la réalité le confirme...Mais c'est le Mal, ce sont de mauvais experts...
Intéressant parallèle, en effet. Il révèle comment un raisonnement en apparence juste est en réalité faux.
Contrairement à ce que vous dites, il n'y a pas les bons et les mauvais experts. Si c'est le cas, ce n'est pas aux journalistes d'en juger mais à leurs pairs. En revanche, il y a les experts indépendants et les experts non indépendants.
Lorsque toutes les études réalisées sur les OGM Monsanto sont payées directement par Monsanto, la dose d'indépendance des experts se rapproche de celle des principes actifs dans les médicaments homéopathiques.
Lorsque des experts se prononcent sur la probabilité d'un séisme, ils ont, a priori, tout à perdre à se tromper. La preuve : L'Aquila.
Pour résumer, le Bien, c'est l'indépendance, le Mal, c'est le conflit d'intérêt.
Vous ne trouvez pas?
Non je ne trouve pas, car je fais partie de ces experts que soupçonnez de conflit d'intérêt. J'expertise des dossiers pour l'ex CGB et le HCB et je suis à l'origine de la tribune publiée par les chercheurs du CNRS, INRA, IRD.
Donc si vous voulez bien, on va travailler proprement. Je vous propose de mettre à votre disposition tous les éléments nécessaires afin que vous puissiez définir si je suis en situation de conflit d'intérêt (il faudra s'entendre sur ce qu'est un conflit d'intérêt). Je vous propose aussi de procéder de la même façon pour mes collègues du HCB ou d'autres experts du domaine qui accepterons de se prêter au jeu. Suivant les résultats de vos investigations, comme je suppose que vous avez le souci de donner un information objective, vous en tirerez les conclusions qui s'imposent et vous les publierez. OK?
Christophe Robaglia Professeur Université Aix Marseille.
Monsieur Robaglia,
Merci pour votre proposition que j'accepte, bien entendu, avec très grand plaisir. Votre démarche me semble très bien venue dans ce débat. Je me suis interrogé, dès le jour de sa parution, sur l'indépendance de l'étude de GE Séralini. Je n'ai pas été convaincu par les arguments de la tribune à laquelle vous faites référence.
Mon seul souci est, en effet, de donner l'information la plus objective possible. Je m'y engage donc très volontiers en ce qui concerne vos travaux ainsi que ceux de vos collègues du HCB. Je vous contacte rapidement pour mettre en place les modalités de cette enquête dont les lecteurs de Slate.fr auront la primeur.
Michel Alberganti
Sauf votre respect, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. D'abord, les tenants du complot trouveront toujours que votre définition du conflit d'intérêt est trop restrictive, et malheur à vous si vous avez oublié une collaboration ponctuelle datant de 20 ans.
Ensuite et surtout vous acceptez de placer le débat sur le faux sujet des personnes plutôt que sur les faits scientifiques Vous laissez croire que le discours scientifique est un discours comme un autre et que sa qualité n'est pas intrinsèque mais s'appuie nécessairement sur un argument d'autorité. Dans l'affaire Séralini il existe suffisamment d'arguments simples et compréhensibles pour que quelqu'un comme M. Alberganti puisse se faire une opinion sur le fond. Vous ne devriez pas l'en détourner.
Cordialement.
Pour ceux qui voudraient s'informer sur ce qui s'est passé vraiment voir l'article du journal " La repubblica" ( en italien) http://www.repubblica.it/cronaca/2012/10/28/news/protezione_incivile-45416212/. Je ne sais pas si ces scientifiques, pas tellement scientifiques, devaient etre condamnés, mais je pense que la réaction de l'univers scientifique et des mass média, à la limite de l'hysterie, ne peut pas etre acceptée. Ils auraient pu utiliser des arguments, et il y avait matière pour le faire, d'un plus grand serieux et un peu plus courageux. Le 99% des lecteus de cette avalanche de messages seront induits à conclure que les juges italiens ont condamné le victimes ( c'est à dire les scientifiques et non, il va de soi, les 29 citoyens labda qi se sont couché chez eux après avoir été abondamment scientifiquement rassurés et qui ne se sont jamais plus reveillés) parce que " ils n'avaient pas prevu" ce qui est bien le contraire puisque " les scientifiques" ont été condamnés pour avoir trop prevu.
GC
@ giuliomichelino - Merci pour ce lien. Néanmoins, votre conclusion apparaît fausse pour deux raisons:
- les scientifiques n'ont pas été condamnés pour avoir trop prévu.
- d'autant que la science ne peut guère prévoir en la matière.
Pour plus d'explications sur les événements, veuillez lire le billet de notre blog, Globule et Télescope:
http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2012/10/27/proces-de-laquila-une-confusion-des-responsabilites/
Vous verrez que la fameuse Commission italienne des risques majeurs ne comptait que 3 sismologues. Ces spécialistes ont émis des avis très mitigés en disant, en substance, que l'on ne pouvait être sûr de rien. Ni de la survenue d'un séisme majeur, ni de son absence.
En revanche, un personnage semble être à l'origine de la déplorable information qui a induit la population en erreur en lui faisant croire qu'il n'y avait aucun risque. Il s'agit de Bernardo De Bernardinis, alors directeur adjoint du Département de la protection civile, ingénieur en mécanique des fluides.
Le juge aurait pu faire la distinction entre les vrais spécialistes et ceux qui se sont exprimés contre leur avis.
Pour M Alberganti.
Je vous remercie de votre réponse. Ce que j'ai écrit est bien établi depuis pas mal de temps et les dernières écoutes qui concernent entre autre M Bertolaso n'on fait que confirmer cet état de fait.
Le "scientifiques" avaient non une tache scientifique à accomplir, mais une tache politico-médiatique: tranquilliser la population en "prévoyant" qu'il n'y aurait pas eu de secousses. Pour ce qui est du rapport de la réunion en question, malheureusement le rapport, à ce qu'il parait, à été établi et signé après coup et donc il ne correspond pas aux déclaration fournies le jour de la réunion, déclarations hyper tranquillisantes. Decidémment le jour de la réunion ils ont trop prévu, mais, à part une trop grande insistance dans l'écarter pratiquement tout risque majeur, j'ai l'impression que ces messieurs ont, dans l'ensemble, adopté une ligne de conduite non trop éloignée de celle d'autres scientifiques dans des pareilles circonstances. Ce qui par contre m'étonne et surprend ce n'est pas tant l'attitude de ces messieurs, mais la chorale indignation de la communauté scientifique et des mass media qui, dans pas mal de cas, ont osé affirmer que les scientifiques en question ont été condamnés " uniquement" pour ne pas avoir prevu le tremblement de terre. A part ce type d'audacieuse extrapolation, globalement le message de la communauté scientifique et des mass media a été de telle nature à enduire en erreur le public, ce qui est bien décevant spécialement de la part de personnes qui, par leur métier, devraient etre habituées à l'exactitude des propos.
Je n'exclut pas que l'action de M Giuliani puisse avoir poussé ces scientifiques à commettre des imprudences en exagérant dans leur role de tranquillisants, mais un juge ne peut pas tenir compte des pareils problèmes psychologiques. Le jugement en question aurait mérité d'etre traité avec des arguments autrement sérieux et non simplement maltraité.
OK ca marche, tenez moi au courant, vous avez mes coordonnées
désolé d'avoir perturbé ce sujet
C. Robaglia